mercredi 28 août 2019

Conscience de classe, une définition - Matériaux pour une émission (25)

Conscience de classe 
Dans le cadre de notre réflexion sur la conscience de classe nous proposons un:

Extrait de  
Dicionário do Pensamento Marxista (Tom Bottomore) 
Zahar Édition électronique 2013.

https://www.mediafire.com/file/u66370jn3qppd9k/Conscience_de_classe_une_definition_Vosstanie_25.pdf/file


Traduction Vosstanie 08/2019

lundi 19 août 2019

Marx/Bakounine de Maurício Tragtenberg

Marx/Bakounine

Maurício Tragtenberg (1929-1998) 
Article publié à l'origine dans Nova Escrita Ensaio. Marx Hoje Ano V, nº 11/12. São Paulo: Editora Ensaio, pp. 279-299. (1983). Il a été republié dans Marxismo e Autogestão Ano 03, num. 05, jan./jun. 2016.
Traduction du Portugais du Brésil par Vosstanie 08/2019.

Texte au format PDF - 29 pages


"Il est nécessaire de situer, dans un premier temps, que le débat entre Marx/Bakounine n'a pas uniquement signifié la fin de la Première Internationale, mais qu'aujourd’hui il reste à l'ordre du jour, dans la mesure où le système capitaliste demeure dans la majeure partie du monde et l'État comme un élément redistributeur de la plus-value sous forme de surtravail, de taux de profit et de rente de la terre."

Ce texte sera disponible en version papier dans Fragments I

dimanche 4 août 2019

La démocratie des conseils / Cajo Brendel


La démocratie des conseils - Cajo Brendel
Juin 2019 - 58p.


A l'heure où le mouvement social remet en avant la démocratie directe, le mandat impératif, les assemblées, la méfiance envers les représentants, revoici une forme d'organisation qui fut fondamentale dans les révolutions russes et allemande, dans les tentatives révolutionnaires en Italie des années 1920, mais est restée méconnue en France: celle du communisme de conseils. Elle s'inscrit dans l'histoire de la lutte de classe, du mouvement de protestation contre l'exploitation de l'homme par l'homme.
Les conseils, ce furent notamment les assemblées de travailleurs à Petrograd (avant leur récupération par les bolcheviks) ou à Turin en 1920, en Angleterre en 1916-1917, en Hongrie en 1956, celles des marins révoltés en Allemagne en 1918 ou à Cronstadt en 1921.
Certains diront que les conseils peuvent apparaître comme dépassés parce qu'ils correspondent à l'organisation de la production du deuxième âge du capitalisme, aux grandes concentrations ouvrières qui semblent avoir disparu de notre horizon, après les fermetures d'usines des industries européennes. Mais qu'on observe les milliers d'ouvriers des usines d'électroniques ou de textile, en Chine ou au Bangladesh : on ne peut pas dire que les masses de salariés exploités ne soient plus là ; les usines se sont modifiées et déplacées.
- « Les communistes de conseils ont [pensé] que le vrai problème n'est pas de changer la propriété des moyens de production, de les transférer des mains des capitalistes aux mains de l'État, mais de changer la société de façon qu'il n'y ait plus de vente de la force de travail, ni à des capitalistes privés, ni à l'État » (p. 34).
- « Le rôle des sociaux-démocrates [des partis de gauche] se distingue très clairement de leur façon d'agir, de leur propagande. La social-démocratie n'est que 1'aile gauche et progressiste des entrepreneurs » (p. 36).
- « On combat le capitalisme, non parce qu'on rêve d'une autre société idéale, meilleure, mais parce qu'on est exploité, parce qu'on est dans la nécessité de vendre sa force de travail » (p. 38).

Curieusement, c'est aux Pays-Bas qu'ont été théorisés ces conseils. Cajo Brendel, dont nous présentons ici un article et des entretiens qui tentent de cerner les conseils à partir de l'expérience ouvrière, appartient à la deuxième génération de ces théoriciens, après l'astronome Anton Pannekoek et l'ouvrier métallurgiste devenu enseignant Henk Canne Meijer.

jeudi 18 juillet 2019

Dans la rubrique ce que n'est pas le communisme (2)

Dans la rubrique  
ce que n'est pas le communisme (2)
La commune comme esprit de clocher


Il a peu nous fûmes confrontés à un slogan ou une accroche d’un texte que nous serions tentés de retourner en une question :
“L’autonomie, au sens révolutionnaire, est la volonté et la capacité d’une communauté de s’organiser et de s’autogouverner sur un territoire restreint, la commune, qui, fédérée à d’autres communes, forme la commune des communes”... ?
Outre le fait que le sens “d’autonomie” n’est pas vraiment explicité ou que nous l'interprétons  comme une forme de séparatisme issu de la bonne volonté, c'est à dire de ceux qui “veulent” s’organiser, il reste tout à fait discutable et même nécessaire de combattre cette mode du “restreint” ou du petit espace, donc des petites ambitions des révolutionnaires.
Car le “restreint” n’est que le pendant de l’efficacité ou du gérable.

On sait d’expérience ce qu’il en est de ceux qui nous vendent la fameuse efficacité, on pourra donc l'étendre aux amateurs du restreint.

L’humanité serait dans le petit. Le restreint serait-il plus auto-gérable et donc en conformité avec ce qui est de l'ordre d'une échelle dite humaine ? Le problème de  l'échelle de cette humanité c'est qu'elle est issue d'un type de bois façonné au XIXe siècle et extrait du moyen-âge.

Qui sait de nos jours ou peut bien commencer l'humanité. Pourquoi pas au niveau de l'individu ? De la région ou de l’Europe ? Surtout à une époque de la démocratie de marché numérique.

Cette fumeuse communauté socialiste de clocher n’est que l’antinomie du centralisme et de la nation ou de sa pré-structuration, la contre-réponse réaliste aux injonctions bourgeoises sur la possibilité d'une autre société.

Par exemple si la séparation ville/campagne devra être critiquée cela ne sera pas pour retrouver la ville dans la campagne ou la campagne dans la ville, mais pour envisager la négation et de la ville et de la campagne. Pour quel espace ? Espérons déjà qu’il ne sera pas restreint….

Si le mot commune reste une référence et on pense alors immédiatement à la Commune de Paris, il nous semble que le problème de la dimension même de ce qu'impose une société débarrassée de la marchandise, est qu’elle se devra de composer avec la nécessité de la libre association, mais aussi avec l'explosion des formes de communautés volontaires et ce n’est pas le plus léger des paradoxes. Ceci sous peine de sombrer dans le pire des tribalismes fussent-ils affinitaires ou de ceux qui n’ont que la “volonté” de s'organiser.

Cette “échelle”, même si elle fait référence à cette mode du glocal n’a pour ambition que d’intersectionaliser les sécessionnismes particuliers ou souvent flottent des drapeaux de nations en gestations ou dont le caractère ethnique et traditionnel est ouvertement revendiqué par les gauchistes romantiques - et qui se retrouvent à faire les porte-étendards “des racines” et du pire des “traditions” sous prétexte d'un localisme totalement relativisé.

Le bolchevisme stalinien avait réussi à proposer le socialisme dans un seul pays. Les anarchistes à la traîne et sans imagination, l’idéologie communaliste/municipaliste c'est-à-dire l'anarchisme sur “territoire restreint” et entourés de marchandises, de théocraties ou de narco-États ou encore également le socialisme par le retrait c'est à dire par l'exemple (le sien) contre les philistins, mais pour le “peuple”, les "gens". On s’amuse comme on peut pour éviter de s'intéresser un peu à ce que pouvait être là perspective de la Première Internationale.

Il est trop facile de dire que le communisme sera planétaire ou ne sera pas. Mais il en finira avec le “restreint” et les nations, le centralisme. Il en fera de même avec le  fédéralisme planifié et bureaucratique des néo-gestionnaires et abolira toutes les entités administratives bourgeoises comme la commune et liquidera toutes les communautés restreintes. Il sera dicté moins par la volonté que par la nécessité consciente parce que nous n'avons pas le luxe (comme prolétaires) de nous retirer du monde.

Vosstanie le 18/07/2019

Lire également

Dans la rubrique ce que n'est pas le communisme (1)

mardi 2 juillet 2019

Un site pour Vosstanie Éditions (Nouveau Site)

Nous ouvrons un nouveau site pour Vosstanie Éditions.
On y trouvera certains ouvrages en version PDF


mardi 25 juin 2019

La réalité de la conscience - Matériaux pour une émission (24)

La réalité de la conscience*

Fétichisée la catégorie de « réalité » a d'immenses inconvénients. Elle détruit les spécificités et les différences. A l'abri de ce concept, et de l'abus du qualificatif « concret », on aligne le réel humain sur la nature, ou le réel de la nature sur celui de l'homme. Des confusions naissent, propices aux excès philosophiques. En dialectisant le concept, on peut esquisser une réponse aux questions concernant la réalité de la conscience.
La conscience ne semble ni « réelle » à la manière d'une substance ou d'une chose, ni « irréelle » à l'instar d'un reflet, ou d'un épi-phénomène, doublure accidentelle de la chose. Les consciences sociales naissent, croissent, dépérissent et meurent comme les consciences individuelles (dont elles ne peuvent se séparer). L'existence et la conscience sociales (comme toute existence et toute conscience) ont quelque chose de transitoire. Elles surgissent et vont vers autre chose ou quelque chose d'autre. Toute conscience s'illumine ou s'éteint, se transforme ou demeure (jamais longtemps, même lorsqu'elle est incarnée dans une œuvre). Elle naît d'un problème lorsque l'accompli — le « réel» au sens étroit – ne se suffit plus. En ce sens, elle nie le « réel » d'une négation concrète et spécifique. Elle surgit avec une possibilité de la question pratique posée au réel par le possible, et réciproquement. Apparence ou apparition, elle se change en acte, c'est-à-dire en « réalité » pour autant qu'elle résout le problème posé. Une de ses conditions, c'est donc l'ébranlement de la « réalité » accomplie et structurée. Dans la solidité et la substantialité du « réel » qui se suffit et se satisfait, la conscience s'endort. Elle « est » et par conséquent n'est plus conscience. Nous ne disons pas : « Toute conscience est conscience de quelque chose », mais : « Toute conscience est conscience d'un possible » ; ce qui fait son acuité, sa chance et son malheur. Sans possibilité, pas de conscience et d'ailleurs pas de vie. La présence implique le possible dans l'actuel et le présent ne va pas sans la lumière et l'horizon du futur. Jamais la conscience ne peut s'établir dans le réel, le stable, le satisfait . et pourtant elle cherche dans le réel ou plutôt la réalisation, la stabilité, la satisfaction.

La conscience naît des problèmes, contradictions et conflits, options et choix à la fois nécessaires et libres. Il faut choisir entre tels possibles, c'est la nécessité. Il faut risquer, parier sur l'aléatoire, jouer : c'est la liberté. La conscience se présente donc une « réalité » spécifique, mais non donnée, non immédiate conscience. La conscience de soi naît en l'autre, de l'autre, par l'autre. Elle « est » et cependant n'est pas. Elle « est » acte et rapport non substance ; elle « est » confrontation entre les données des problèmes, exigence de solution et acuité de l'attente, perspective et choix entre les possibles (et les impossibles). Elle naît dans l'acte et de l'acte, de l’œuvre et dans l’œuvre. Productrice, elle se produit; elle résout des problèmes qui s'inscrivent dans ce qu'elle crée. Elle est son œuvre, et cependant s'enfuit aussitôt de l’œuvre accomplie et finie. Elle nie et dépasse, mais ne se définit pas par la seule négativité absolue.

Pleinement réelle à sa manière (mais non point comme une « région » descriptible séparément du « réel »), la conscience a des conditions nécessaires et non suffisantes dans d'autres réalités (biologiques et physiologiques, économiques et historiques). Elle ne se réduit pas à ces conditions « réelles ». Dès que l'on calque la notion de réalité sur la substance ou la chose, on s'enferme dans un dilemme. Ou bien la conscience échappe à la catégorie de « réalité », ce qui se traduit caricaturalement dans les théories qui la déréalisent et la réduisent au pur reflet, ou à la pure négativité ; ou bien elle se conçoit elle-même comme chose et substance et se découpe en processus (historiques, psychologiques, sociologiques) ou en états et en représentations (individuelles ou collectives).

Extrait de : Critique de la vie quotidienne II, Fondements d'une sociologie de la quotidienneté - Henri Lefebvre, L'Arche éditeur, 1961. p.199-200.

*  Titre Vosstanie.

mardi 18 juin 2019

Dans la rubrique ce que n'est pas le communisme (1)

Dans la rubrique 
ce que n'est pas le communisme (1)


De la gauche dite “radicale” en passant par l'extrême gauche jusqu’aux anarchistes il y a comme un consensus sur un mot d’ordre qui pose un sacré problème ou plutôt une ligne de fracture qui touche à la critique de l’économie politique et dont les conséquences ne sont pas des moindres au niveau de la philosophie de la praxis. C'est la question du slogan de la “redistribution des richesses”.
Toute cette gauche du capital s’imagine sous le drapeau national de la “justice sociale” qu'il s'agit de partager les parts d'un gâteau pourri. En cela, elle enfourche (malgré elle ?) les litanies assénées par les capitalistes qui nous font savoir régulièrement que le “gâteau” n’est pas assez gros pour être redistribué équitablement, tout en indiquant qu’il pourrait l’être à condition de fournir plus d’efforts, c’est-à-dire d’accroître le niveau d’exploitation général.
Les dissertations sur la taille de la part de ce gâteau ne semblent pas être remises en questions ou bien explorées dans les ingrédients mêmes qui le compose et qui sont toujours avariés.
Tout cela laisse entendre que la gauche du capital s'imagine que la taxation (verte) du pillage des ressources planétaires, des ventes d'armes, de l'industrie, du luxe et des mafias, de la finance “régulée” (sans paradis fiscaux !), des produits polluants, que de toutes les taxes donc elle pourra en tirer une juste ponction pour compenser “l’injuste” ou le misérable ou pour équilibrer sa répartition des “richesses” à “redistribuer”.
Pour s’en convaincre s’il faut encore et encore questionner de quelles “richesses” on nous parle, on se doit aussi une nouvelle fois de dire comment elles sont ‘générées’.
Elles le sont par l’exploitation, la domination, le contrôle, la répression, les meurtres, par la misère et la pénurie organisée, faussement structurées par le chaos de la production capitaliste et la division internationale du travail.
Tant que nous ne sortirons pas de cette approche, de ce slogan erroné, il reste certain que nous n’aborderons jamais correctement la résolution de la question sociale sans parler ici de ce que ne peut pas être le communisme.
Il n’est jamais également abordé dans cette approche les critiques des hiérarchies, du travail, de la séparation d’avec les moyens de production, de la spécialisation, du militarisme et de l'enfermement sous toutes ses formes (religieux, frontières, identités et autres espèces de prisons).
On peut effectivement rêver de taxer sans fin les “riches” et le capital pour compenser nos dégradations de nos vies, mais encore faut-il que cela soit possible.
D’ailleurs ne sous-consommons-nous déjà pas en séries des d'ersatz frelatés dans des conditions insupportables ?
Tout ceci, n’est-il que la conséquence de notre impossibilité à mettre en actes nos combats parce que l’horizon ne fait que s’affirmer de plus en plus sous les signes des théories de la catastrophe et de la peur ? 
La gauche du capital ne pourra jamais nous proposer autre chose que de nous mettre sous sa lugubre et vieille banderole, c’est-à-dire celle de la marchandise, autrement dit celle de l’aliénation généralisée dont elle tire un certain profit (il en va de même sous sa forme tiers-mondiste) mais cela, il semble que certains fassent semblant de l’oublier régulièrement pour tenter de gratter des miettes des miettes des miettes des miettes….