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jeudi 20 mars 2014

Le "néo-marxiste" c'est l'Autre

Le "néo-marxiste" c'est l'Autre *

Il fut un temps pas si lointain où, dans le milieu dit anarchiste au seul mot de plus-value vous pouviez recevoir un de ces coups de boule digne de cette fameuse fraternité, étalée en veux tu en voila, jusqu'à plus soif, dans une presse qui a toujours su, et c'est son art, maculer de noir le papier pour nous faire croire qu'il s'y passait quelque chose.

L'apparition du dessin vectoriel couplée d'un bi-colorisme comme seul identifiant idéologique, nous à fait oublier jusqu'à la table chromatique. Il a permis à cet art qu'est la prestidigitation éditoriale de fasciner un lectorat, qui n'a pas l'air d'être bousculé par des titres toujours plus chers, mais surtout par le concentré de vide et de faux sujets exhumés comme de mauvais résumés / discussions pour classe de première (1).

Un sujet trendy chasse l'autre, ceci grâce aux managers de l'esthétique subversive et la complicité de pourvoyeurs affolés, en perpétuelles quêtes de publications et de reconnaissance de leur petite entreprise personnelle.

Notre écoute somnolente et désolée d'une émission de radio couplée de quelques liens amicaux (qui n'ont rien à voir avec le propos radiophonique) nous fait ou nous faisait passer, nous et quelques individus de notre entourage, ceci dans notre démarche critique du Goubli-Boulga soit-disant "radical" (2) , pour des "néo-marxistes" !

Pourquoi pas dirons certains, que nenni dirons d'autres. Moi ce que je sais c'est que je ne suis pas "néo-marxiste" déclarerait encore un autre. Le problème c'est que nous ne sommes pas à vendre et que nous ne refourguons aucune camelote autogérée. Ainsi nous refusons toutes les étiquettes (particulièrement celle-ci) qui ne sont bonnes qu'à vendre des produits certifiés dans les officines, les boutiques et autres lieux de perditions.

Le plus troublant dans ces propos pérorés doctement par quelque "spécialiste" aux allures bourdivinnes, c'est qu'ils émanaient d'un individu qui fait un commerce Etatique de sa spécialisation en debordisme aigu et autres objets spectaculaires étalés littéralement ! dans les fnac. L'Internationale situationniste, soulignons le ici pour les abrutis, et ceci est bien sûr notoire, étaient des "néo-anarchistes" ! Il suffit d'ailleurs de le constater par la lecture du bréviaire du/ de/la  petit(e) situationniste des bars à tapas de Montreuil, qu'est La société du spectacle pour s'en convaincre.

La bêtise côtoie souvent la mauvaise foi propre aux milieux intellectuels, qui font de leur chasse gardée un précieux garde-mangé copyrighté. Peu d'entre eux ont souvent tenu un balais si ce n'est pour la parade radicale de la "division des taches". Mais arrêtons ici de pousser notre phrase au risque de nous voir qualifiés de "néo-staliniens", ou de chantres du goulag pour tous.

Précisons quelques pistes. Notre propos, notre démarche s'inscrit dans les pas des groupes et des individus qui un temps se sont réclamés du communisme des conseils, contre toutes les formes de luttes fétichisées et leurs chefs. Nous n'avons pas peur, n'en déplaise aux sectaires marxistes ou anarchistes (3) de nous réclamer du mouvement libertaire, ceci dans la diversité de ses composantes, et dans toutes ses tentatives de combats contre l'ordre capitaliste.

Au pâté d'alouette un temps composé maladroitement par un marxisme-libertaire nous n'opposons pas un éclectisme post-moderne désincarné où les classes auraient disparues, ceci au profit d'une multitude de thèmes à investir selon les modes médiatiques et la capacité des petites-bourgeoisies intellectuelles à les faire sonner plus fort que le voisin.

Nous préférons aux synthèses boiteuses et toutes théoriciennes, le retour au réel constant qui nous permet de pointer les discours mystificateurs et les positions de pouvoirs, mais aussi les simplifications qui relèvent du prêt à penser des attrapes radicaux tendance BNF par derrière. Celles-ci s’emboîtent parfaitement avec la logique marchande dont sont si friands les boutiquiers alter qui sirotent de l'autonomie en pensant pouvoir se ré-approprier le commerce et le travail ! pourquoi pas la famille...

Il n'est même plus étonnant de lire sur certains sites dévolus au culte de vertes personnalités et "critiques"  « Il faut aussi sortir des structures psychologiques qui guident notre adhésion au déroulement du capitalisme" tenons-nous le pour dit....toutes ces histoires c'est dans la tête que ça se passe.


* Il y a aussi de la lutte des classes même dans le microcosme des "révolutionnaires". Ceci entre des fractions de classes le plus souvent en recompositions. Entre la petite-bourgeoisie et des courants plus prolétaires. Entre des déclassés et des classes ascendantes.

(1) Désolé pour les classes de première. Si tu es en première tu changes la phrase en y mettant 3ème ...etc.

(2) Tambouille proche d'une forme d'ascèse anachorétique, dont les fondements sont tirés de courants proches de l'Ecole d'Uriage et du personnalisme chrétien. A force d'articuler un anti-post-modernisme sans fondement matérialiste voila ce beau monde proche de positions simplement antimodernes par extension anti-lumières.

(3) Il y a autant d'anarchistes et de marxistes que d'individus mais aussi de marchandises.




On est tous le marxiste de quelqu'un...
A toi donc de trouver le Véritable en cliquant sur l'image si-dessus. 

Image tirée de  Os proletários não têm pátria.

lundi 30 septembre 2013

Il faut sortir Rosa Luxemburg des facs et autres cimetières

Nous nous étions déjà bien gaussés quand 140 ! intervenants tous profs de facs et petits spécialistes, en vrac de: la bicyclette chez Karl Marx ou du parapluie jaune chez Adorno s'étaient réunis en panels et autres plénières à Lausanne pour ne rien moins que "Penser l’émancipation".(1)

Comme le ridicule ne tuant pas, bis repetita, l'année 2014 verra l'expérience aussi ubuesque que drolatique se reproduire sans ouvriers et autres prolétaires, qui c'est bien connu ne peuplent que les livres poussiéreux et autres documentaires pour "alter" du 6eme arrondissement de Paris. 

Entre temps nous aurons le droit dans les jours prochains à une entreprise de panthéonisation  Sorbonnarde s'il vous plait de Rosa Luxemburg.(2)

Rien de plus terrible finalement que les oeuvres complètes, ou des rayonnages morts complétés par ces experts en expertises qui cultivent une marotte, comme marchepied d'une carrière universitaire.

Il est grand temps de sortir Rosa Luxemburg des universités et autres cimetières de la pensée.

Ainsi,  méfions nous des momifications et des mausolées, des temples fussent-ils laïcs, ils servent toujours aux gourous et prophètes ou aux boutiquiers de la radicalité.

Il nous reste encore le rire face à ce pathétique pantomime, qui sera certainement balayé par l'auto-praxis des prolétaires, et qui n'ont que foutre du blablatage marxologique pinailleur et mondain de la petite-bourgeoise intellectuelle.

En attendant que la fureur prolétarienne balaie le vieux monde il est toujours plaisant d'avoir une liste presque complète d'idiots utiles et de tartuffes de la pensée critique d’État.

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notes:

Le lot des récupérateurs (voir Jaime Semprun et son Précis de récupération illustré de nombreux exemples tirés de l'histoire) a toujours été important. A ce niveau et à ce sujet il est peut-être salutaire de relire Paul Mattick et son marxisme dernier refuge de la bourgeoisie.

(1) PENSER L’ÉMANCIPATION. Théories, pratiques et conflits autour de l’émancipation humaine. Colloque international Université de Lausanne 25-27 octobre 2012.

(2) Conférence Internationale sur Rosa Luxemburg dans le triste amphi Cauchy à la Sorbonne.