Diffusion: LA LUTTE DES CLASSES PENDANT LA LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (1ere partie 1789)

Diffusion: LA LUTTE DES CLASSES PENDANT LA LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (1ere partie 1789)
Diffusion: LA LUTTE DES CLASSES PENDANT LA LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (1ere partie 1789)

mercredi 11 janvier 2017

Notre ennemi: Michéa

Notre ennemi: Michéa 
et sa conception du monde.

A propos de Jean-Claude Michéa sur France Culture le 11/01/2017.


Certains réveils son plus désespérants que d'autres, surtout quand en fond sonore l’infâme brouet michéiste vous est déversé à jeun, sans précautions et pratiquement à date fixe c'est à dire quand le sieur s'autorise à commettre son opuscule nécessaire à son transit d'après les fêtes, par une filiale du groupe holding Madrigall.

Quelque peu fatigué ce matin du 11/01/2017 dans les matins de France Culture, J-C Michéa  s'enorgueillit de parler aux, et des classes populaires, et étale des références intellectuelles d'une culture historique dont il n'a jamais été proche ou alors que dans ses salles de classes....

Quand ses références virent à l'archéologie des débats de la Ière et de la IIème Internationale dont les classes populaires ou son "peuple" se fout totalement, c'est pour continuer à coupler/amalgamer libéralisme économique et politique qu'il associe au bobïsme des classes supérieures mais pour mieux nous vendre son idéologie version bobo-réac, c'est à dire celle de la décroissance, idéologie doloriste, alter-capitaliste des petits-bourgeois coupables. (1)

Ceci à coup de réclame ouverte pour Podemos (on est plus à une contradiction prêt, même chez ses fans anars), un Parti, c'est à dire la forme typique de structure politique bourgeoise ! Tout en étant faussement critique du caudillo sous-chavezien (Mélenchon). Chavez n'oublions pas ! (2) Que Michéa affectionnait particulière comme promoteur d'une "valeur" propre à la common decency: le nation, le patriotisme. Ainsi Mélenchon serait sur la bonne voix mais pas la bonne voie ! S'il s'agit de la Vénézuélienne on nous permettra de douter au vu du désastre.

Dans les écuries Michéennes on y trouve toujours un nouveau fumier étonnant, aux compositions aussi originales que puantes.

L'avant-dernier avait des relents de Krisis revue théorique de la Nouvelle droite. Le dernier sollicité par le journaliste Guillaume Erner touche plutôt à la catégorie du renvois, plus précisément du vomis bien dégueu.

A la question du journaliste sur ce qu'il le distingue d'avec le fasciste Patrick Buisson et plus précisément sur le constat commun qu'ils font sur le truisme de l'atomisation par le marché (3) (on doute plus que fortement que Buisson soit anti-capitaliste même le journaliste interrogatif semblait en douter) la seule chose qu'a pu nous trouver Michéa sur ce qui le différencie, serait "sa" lecture du 3eme livre Capital de Marx (sic) dont Michéa rejette d'ailleurs le matérialisme historique ! Tout un programme, qu'il qualifie d'ailleurs de néo-marxisme, lui "l'Anarchiste Tory" (on est pas à un paradoxe prêt, cela en fait des contradictions) avec en prime une belle récupération/caution de feu Robert Kurz ! ("Théoricien" comme ils aiment à se dire dans le "milieu" de la "Valeur" mais on y reviendra). Aux oubliettes la lutte des classes Jean-Claude ?

J.C Michéa passe bien sûr à la trappe qui est Patrick Buisson ! c'est à dire un militant d'extrême droite notoire, l'inspirateur du ministère de l'Identité nationale de Sarkozy (et de l'Immigration) un ancien rédacteur en chef avec François Duprat des Cahiers européens, publication nationaliste révolutionnaire. etc...

Donc si l'on pige bien en écoutant le réac Michéa rien de plus ne l'oppose à ce dernier, pas même une certaine conception de l’Égalité ? le rejet de la xénophobie ? l'universalisme ? une critique de la nation (mais cela on le savait). On ose même ! L'Internationalisme prolétaire ? ... Qu'est-ce donc que "l'anti-capitalisme" de ce petit prof retraité de l'éduc nat que nous propose Michéa ? on en sera pas plus.

Il faut croire qu'il doit y avoir un "terrain" commun avec ce Buisson, on pense plus précisément à celui de 'l'Identité' (nationale) que n'a pas arrêté de défendre Michéa pendant l'émission, et ceci sous toutes les coutures. Dans une optique qui ne déplairait pas à un Onfray, autre apôtre du "réel" et des livres.... qui se vendent. Du "vrai" de l'enraciné avec des "vrais" hommes qui ne tolèrent pas le flottement, l'indistinction, le trouble dans le genre. 

Il faut quand même bouffer pendant la Décadence (4) !

Voila pourquoi la nouvelle critique du capitalisme version michéiste s'est maintenant faite catastrophiste, version critique de la valeur. (Voir le dernier chapitre de son livre).

Le marché de la parousie ne semble pas encore saturé semble t-il, mais en convoquant quelqu'un qui ne pourra pas répondre de sa "récupération" (Robert Kurz est décédé en 2012) sous le ciel brun de "l'Identité" nous pensons qu'il s'agit d'une nouvelle l'offensive idéologique menée par Michéa, ce proche de Serge Latouche. Ce dernier s'était déjà autorisé à convoquer Alain De Benoist au débat sur la "décroissance" sous le soleil du ni de gauche ni de droite.

Désavoué assez clairement mais tardivement par le courant de la critique de la "valeur-dissociation" Latouche fait revenir la Nouvelle Droite par la porte médiatique d'un Michéa toujours par le biais de leur maison commune, celle du Mauss (Mouvement anti-utilitariste en sciences sociales) et de l'anti-utilitarisme.

Il sera nécessaire d'ici quelques temps que le courant "critique de la valeur" désavoue énergiquement cette nouvelle récupération opérée par un "théoricien" proche de la Nouvelle Droite ce qu'est Michéa.

Ce que n'a jamais réussi à faire pour le moment le Lanturlu de la "critique radicale" des estrades et des places républicaines. Pourquoi ?


Notes  

(1) Le communisme ce n'est ni la pénurie ni la décroissance pas plus la fausse abondance capitaliste.


(3) La meilleur matrice des identitarismes, ce qu'est d'ailleurs incapable d'analyser le laborieux scoliaste Michéa.

(4) Titre du dernier truc machin livre d'Onfray. Décadence que vous pouvez aussi subventionner en vous abonnant à la web Tv de Michel (sans Jacky !) à 4€/ mois....la fin est proche autant prendre l'argent ou il est.


* * *


Addendum : au risque de nous répéter


On peut légitimement se poser la question de savoir s'il faut s'occuper du troll Michéa ? Dont le public est quasi exclusivement composé de cette petite bourgeoisie intellectuelle qu'il critique d'ailleurs en totale connivence avec ses représentants médiatiques.. Ce jeu de miroir bien compris et efficace, est le propre du discours de l’épicier moraliste ou du commerce “équitable”des idées. (De France Culture aux Inrocks.)

Nous prenons acte de ses déversements (livres, interviews, émissions). Ainsi on ne voit pas au nom de quoi nous ne devrions pas réagir et nous laisser vendre sa camelote frelatée. Surtout dans un rapport de force qui est largement en sa faveur. (Nous nous situons en dehors des joutes du microcosme universitaire et des jeux de réponses courtoises entre sociologues d’État, et autorisés à se répandre dans la presse bourgeoise)

Peu importe que celui-ci se revendique d'un "anarchisme tory", d'une soit disante démarche "libertaire" ou d'un certain marxisme debordisé par ses soins, et selon les moments, plus certainement d'un Orwell qu'il truste depuis plus d'une décennie, et dont il ontologise la pensée en la dé-historicisant.

Nous n'avons pas de plates-bandes à défendre car il y a autant de "libertaires" que d'individus, que "d'associations". Que celles-ci soient plus proches du réformisme ou d'un pédagogisme fonctionnarisé fait parti d'un certain folklore militant qui n'épuise que ceux qui un jour partiront vraiment à l'assaut du monde marchand.

Mais que d'autres discutent avec les "catégories" de la Révolution sociale, et le fassent pour que l’on cesse définitivement d'en parler, voilà une arnaque qu'il nous faut au moins prendre au sérieux.

Que les individus et les groupes qui se revendiquent de la pratique et de l'idéal de la transformation radicale c'est à dire révolutionnaire, se fassent les relais a-critique du discours réactionnaire Michéiste nous pose un vrai problème. (Même si cela permet à certains de remplir leurs petits commerces de librairie, et leurs maisons d'éditions)

La xénophobie de Michéa illustrées par ses "scolies" et notes de bas de page sur le "sans- papiérisme", le "sans frontièrisme", les “jeunes” de banlieues. Son "nationalisme" et son "patriotisme" travesti par une chemise Orwellienne vire à la novlangue. *Ainsi le "commun" serait la nation et l'esprit patriote ! La catégorie de “peuple” dont il nous rabâche les oreilles prend toute les tonalités de l’inter-classisme du fascisme historique, tout comme sa critique catastrophiste du “capital” qu’il pense pathétiquement pouvoir concilier avec des îlots d’espaces marchands. Troisième voie ?

Ses références à Constanzo Preve, à la revue Krisis d'Alain de Benoist, à Chavez, au propos masculinistes de Christopher Lasch ne semblent déranger personne dans le "milieu" libertaire, qui se pique pourtant de réagir au quart de tour contre les “frontistes”. N’ont-ils donc pas lu l’auteur qu’ils encensent à longueur de référence (le selon Michėa!) dans leurs propos mondains et pseudo érudits ?

On minimisera peut-être être son poids (et à juste titre) en disant qu'on a jamais vu un Michéa (ou un Onfray) dans nos grèves et luttes, ou distribuer un tract comme beaucoup d'entre nous prolétaires anonymes.

Mais en l'absence de perspectives communistes, et parce que l'idéologie dominante est toujours l'idéologie de la classe dominante, ou de celle qui vient, et parce que nous pensons que le pire des poisons est bien l'identitarisme (national, racial) de "gauche" ou pas.

Parce que les conceptions se relaient et infusent par capillarités jusqu'au plus profond de la société par différents types de relais, qui transforment et vulgarisent ce type de discours dans des moments ou les luttes offensives et collectives sont en retrait.

Ne pas les combattre, c’est permettre aux fausses communautés du capital, ses fétiches de se présenter et d’enfoncer le clou de l'exploitation et de l'aliénation, pour liquider encore plus profondément le combat de classe contre le capital sous couvert de l'intérêt supérieur de la république, de la nation (ou de la race).

Soyons francs les projets s’affirment moins (en ce moment) sous les escroqueries historiques du capitalisme à visage humain dans un seul pays ou socialisme de caserne dans un seul pays. Mais de plus en plus ouvertement sous le drapeau de la guerre des races, communautés, identités réifiées pour et par la marchandise et pour le pouvoir / plus-value.

L’identitarisme (nation, race, religion) est la meilleure porte d'entrée de toutes les problématiques et positionnements réactionnaires. Elles peuvent toutes s’y engouffrer. Mais il ne fait que masquer une nouvelle fois les intérêts historiques de la bourgeoisie et du processus infernal et immanent à l’accumulation du capital. Il s’agit du meilleur dissolvant toxique de la conscience de classe révolutionnaire. Le prolétariat à toujours été historiquement vaincu sur ce terrain. (Voir labyrinthe du fascisme)

Le seul qui lui permettra de s’auto-abolir (comme classe) demeure celui de la destruction du totalitarisme marchand et de ses fétiches. Le prolétariat ne peut jamais séparer son projet historique d’émancipation qu’est le communisme d’avec la destruction immédiatement de toutes les frontières, hiérarchies, partis, États. Pour en finir définitivement avec la séparation de sa pratique.



 - Épisodes précédents 

jeudi 5 janvier 2017

Contre la politique : Pas un seul cheveu blanc n'a poussé sur nos rêves - Maresia DALLUA (parution)


Éditions Séléné 69p. 4€
contacter les éditeurs leshabitantsdelalune@yahoo.fr


Après une trépidante saison de batailles contre le monde de l'argent, alors que l'initiative collective a tissé les fils d'une communauté possible, comment éviter que le retour de "la politique" ne dévore nos cœurs et nos têtes ? Alors que les luttes sociales s'éteignaient les unes après les autres, nous avons continué à nous battre et a nous organiser. Mais quelques années plus tard, absolument indifférents aux conséquences qu'engendrait la paix sociale sur nos organisations, notre histoire basculait dans l'aliénation militante et le sectarisme le plus absolu. 
Aujourd'hui. nous ressentons le besoin brûlant de soumettre cette expérience à la critique de tous ceux qui agissent dans une perspective d'abolition de la calamité capitaliste. (...)
Nous ne voulons pas d'une "liberté" qui consiste a être libre d'exploiter ou d'être exploité, nous ne voulons plus d'exploitation. 
Nous ne voulons pas de riches moins riches et de pauvres moins pauvres, nous ne voulons plus qu'existent les classes sociales. 
Nous ne voulons pas être libres de travailler ou faire travailler, nous voulons la seule véritable liberté imaginable : celle que possède une communauté d'hommes et de femmes, disposant librement du temps comme champ d'épanouissement de leur activité humaine. 
Pas un seul cheveu blanc n'a poussé sur nos rêves!


NOTE VOSSTANIE

Aussi stimulant que plombant. On nous avait déjà prévenu il y a longtemps. Une piqure de rappel c'est toujours bon et bien. Histoire simplement de ne pas oublier qu'il ne faut pas trop perdre son temps...On pouvait déjà conclure pendant une émission sur le Portugal de 1974 "A l'époque dès que se créait une organisation elle en venait toujours à être manipulée par des avant-gardes ou des chefs qui n’étaient bien souvent pas des prolétaires et qui donc, ne comprenaient rien aux raisons de la lutte. Ceci est même valable pour des groupes dont les positions étaient justes historiquement et dont les prétentions et l’arrogance était entretenue par leurs fragilités. Mais il n’en était pas moins léniniste et autoritaire dans leur manière d’être. Les révolutionnaires ont aussi démontré dans leur grande majorité qu’ils sont une partie du problème et non une partie de la solution." L'Histoire réfléchissante est-elle possible ?


mardi 3 janvier 2017

Prochain son de Radio Vosstanie: Qu'est-ce que l'Autonomie Ouvrière ?

Prochain son de Radio Vosstanie:

[Février 2017 ]

Qu'est-ce que l'Autonomie Ouvrière ?
(O que é Autonomia Operária)

Avant la publication de la brochure*
nous proposerons un son (brochure version audio). 
Suivra également une émission dont l'objet sera un commentaire critique du texte de Lúcia Bruno.

Traduction du portugais du brésil: O que é Autonomia Operária - Lúcia Bruno. Editora Brasiliense - 1986 . 91p.
La version portugaise sera également publiée.

* Nous procédons en ce moment à des corrections de notre propre travail. Cette nouvelle version sera disponible dans les prochaines semaines.

VOIR
 L'introduction et la première partie.
 Qu'est-ce que l'Autonomie Ouvrière ?







dimanche 18 décembre 2016

Éthique, tactique et esthétique Lukacsienne (A propos de Pourquoi Lukács ? de Nicolas Tertulian)

Éthique, tactique et esthétique Lukácsienne.

A propos de Pourquoi Lukács ? 
de Nicolas Tertulian
Éditions de la Maison des sciences de l'homme, Paris. 2016. 384p.


Le livre de Nicolas Tertulian est une forme de justification mais aussi le témoignage d'un esthéticien *. La manière même dont il présente et défend son "objet" (György Lukács) par le biais d'une pudique autobiographie, en est la preuve, ce qui est tout à son honneur.

Il nous est permis de comprendre (non sans difficultés) toutes les subtiles et souterraines “luttes” de la scolastique marxiste qui ne furent pas, par certains aspects sans importances idéologiques c’est à dire comme formes de résistances face au rouleau compresseur stalinien tant dans les pays du bloc de l'est que les pays dits "libres”.

Le cas de la Roumanie dont est originaire N.Tertulian est à ce niveau emblématique, même s’il garde ses spécificités.

Lukács fait donc parti de la trame de la compréhension de sa vie d'engagements, et des combats contre une doxa dominante et pour le pluralisme dans les idées. Cet ouvrage lui donne aussi une nouvelle possibilité de mise au point sur les mensonges et approximations, dont fut la cible G.Lukács "le maître" que N.Tertulian a toujours défendu.

Il nous fournit donc une explication de ce qu'impliquait les attaques contre un G.Lukács comme conception du monde dans cette “guerre froide” des idées.

A cette fin il nous livre quelques témoignages de ses rencontres, mais fait également état des débats avec certains intellectuels du temps (Adorno, Sartre, Heidegger, Gadamer, Cioran etc.. ) qu’il passe au travers de la moulinette Lukacsienne.

Un Lukács que N.Tertulian n'épargne pas dans ces égarements ou points de vue, débats, sur la question Esthétique. Ce qui est moins le cas il nous semble dans le domaine du politique, et c'est peut-être d'une certaine manière le grand reproche que l'on pourrait faire à l'auteur.

Mais cette “indulgence” peut certainement être mise sur le compte de situations relativement comparables, d’une certaine empathie, c'est à dire sur celle de deux intellectuels dissidents en "pays socialistes" ? C'est ce que finalement suggère le parallélisme du livre.

Mais quand page 293, N.Tertulian indique que dans une lettre à Benseler:

"Lukács parle des "compromis" qu'il a été contraint de faire, en acceptant au moins à deux reprises (en 1930 et en 1950) de publier des autocritiques insincères, il justifie les deux gestes par la nécessité de se sauver dans des circonstances menaçantes. La première fois il voulait éviter de partager le sort de Karl Korsch et de se voir exclu du mouvement, à un moment où le danger fasciste montait en puissance et où il tenait à poursuivre son combat à l'intérieur du mouvement communiste; la deuxième il espérait ainsi conserver la possibilité de défendre sa ligne de pensée sans se voir rejeté et condamné au silence total, ou même tout simplement ne pas partager le sort de László Rajk et être menacé dans son existence. Il s'agissait dans les deux cas d "autocritiques tactiques", qui doivent être placées dans "la série des compromis, qui étaient indispensables pour un penseur tel qu['il] étai[t] pour prévenir une catastrophe dans la période stalinienne" p.293 (1)

Il n'est reste pas moins que cette "stratégie" trouve sa justification dans un antifascisme d'un pur “frontisme" aussi démocrate que paradoxale, et qu'elle n'en fut pas moins un échec (voir les thèses Blum). Quant à sa peur d'être "exclu "on doit s’interroger de quoi au juste ? de son statut et position d’intellectuel ? En ce qui nous concerne, le propos vient surtout souligner que certains "intellectuels" de la même époque ont payé le prix de cette exclusion du "mouvement" et il fut fort. Il est ainsi tout à l'honneur d'un Karl Korsch et de bien d’autres de n'avoir pas cédé ni au "fascisme brun" ni au "fascisme rouge" (Voir Otto Ruhle) pas plus à l'antifascisme stalinien. Si cette  position de Lukács à ce sujet n'en fait pas pour autant un stalinien ontologique, elle fait de lui un vrai “partitiste” c'est à dire un vrai léniniste (2) au sens de Que faire ?, avec ses exigences de discipline et de ligne à suivre. Quid alors de la "vérité " mise au rencart de l’efficacité et de l'esprit de Parti ?

On attendra des Lukácsiens une analyse sérieuse de la genèse du stalinisme rendu possible par le léninisme. Au delà des auto-critiques fussent -elles de "bonne foi" ou "stratégiques".

Rien n'interdit pas même à l'intellectuel de garder le silence, de prendre du recul. Quand d'autres choisissent aussi l'exil.

Mais peut être n’y a t-il rien de pire pour un “intellectuel” que l'absence de reconnaissance.

Voilà pourquoi au fil des pages le portrait du "dialecticien marxiste”, et critique de la "nécessité historique " du communisme, comme messianisme a du mal à percer.

La "dialectique" se trouve ainsi mise au niveau d'un détestable "outils" intellectuel, mais surtout de ses propres justifications. (Au delà de sa survie personnelle bien sûr ce que l’on peut tout à fait comprendre)

Il en va de même des fameuses "médiations" Lukacsiennes ! Qui d'une certaine manière peuvent s’interpréter comme une apologie du pire, comme "nécessaire" .

Il nous semble impossible de sortir de la lecture de ce livre en restant sur des positions manichéennes et en quelque sorte voilà le propos du livre plutôt réussi. Car éviter la caricature nous semble la seule méthode d’investigation du réel qu'il nous faille indiscutablement développer sans trêves.

La piste qu'a toujours défendu N.Tertulian aura été la défense de la dialectique "marxiste" (3) et de la totalité.

On ne peut ignorer son combat, comme par exemple quand il publiera dans une Roumanie stalinienne des extraits de l'oeuvre de H.Marcuse. Peut-être qu'ici le terme de "pratique théorique" trouve un sens plus adéquat que dans les écrits des Althusseriens en chambre.

La "dialectique du réel" est tout aussi surprenante que "prévisible" en quelque sorte, surtout pour ceux qui abandonnent la dimension " éthique" de l'engagement.

Sans contestation possible N.Tertulian est resté fidèle à son idéal de jeunesse c'est à dire à dire à ce que l'auteur de Rhinocéros (4) exigeait; "la suppression à la racine", du patrimoine idéologique de l'extrême droite (" la maladie nazie ", la spécificité ethnique", la haine de l'universel ") .

On avouera volontiers moins s’intéresser à l'ontologie Lukassicenne qu'au débat esthétique qui donneront à Lukács, la possibilité de défendre une optique politique critique du stalinisme paraît-il. Mais dont les subtilités nous échappent, tant le vocable semble jouer à notre époque de trop de ce métalangage lié à des catégories de son ontologie qui ne nous concerne pas et finalement peuvent même nous fatiguer. D'autant plus qu'il répondait à une époque ou la persécution imposait probablement un certain art d'écrire.

L'époque du totalitarisme diffus impose pensons nous une autre approche de l'expression, c'est à dire notre capacité à dire simplement et collectivement des choses moins complexes qu'il n'y paraît. Ceci nous permettra peut-être d'en finir avec une certaine verticalité. Celle des "maîtres" à penser qui trouvent toujours aussi facilement toutes sortes d'adeptes prêts se donner aveuglément pour toutes les "causes", fussent-elles “généreuses”.

En ce cela une certaine critique de l’irrationalisme, de la réification, de l’aliénation nous semble plus que jamais être à l’ordre du jour. Ceux qui s'intéressent ou s'intéresseront à ces questions trouveront inévitablement Lukács sur le chemin de l’unité la théorie et de la praxis.

NOTES

* Voir par exemple Georges Lukacs, étapes de la pensée esthétique de Nicolas Tertulian, traduit du roumain par Fernand Bloch, Paris, Le Sycomore, Arguments Critiques, 1980.

(1 ) La lettre de Lukäcs à Frank Benseler figure dans le recueil publié par Rüdiger Dannemann et Werner Jung intitulé Objektive Möglichkeit: Beiträge zu Georg Lukács’,Zur Ontologie des gesellschaftlichen Seins“. Frank Benseler zum 65. Geburtstag, Opladen, Westdeutscher Verlag, 1995, p. 92-95.

(2) Si Histoire et conscience de classe reste un ouvrage majeur il n'en demeure pas moins l'ouvrage d'un "défenseur" du Parti "la conscience de classe prolétarienne, c'est le parti." p.63 in Histoire et conscience de classe. On y reviendra dans nos matériaux pour une émission.

(3) On n’utilisera pas ici le mot “marxien”.

(4) Eugène Ionesco.

samedi 17 décembre 2016

Vous reprendrez bien un peu de souffrance ?

Vous reprendrez bien un peu de souffrance ?


La source de tout opportunisme*, c’est justement de partir des effets et non des causes, des parties et non du tout, des symptômes et non de la chose même.

György Lukács dans Histoire et Conscience de Classe. éd de Minuit. p.99







Le déploiement du langage "politique" [1] interpelle à deux niveaux, celui de ses intentions explicites et implicites. L’énonciation peut être littérale, stratégique mais aussi s'exprimer comme comme inconscient de classe. Les niveaux s'interpénètrent le plus souvent joyeusement.

Si les mots de la politique le plus souvent politiciennes, mais pas que, peuvent être dits parfois de “bois”, c‘est à dire relativement rigides, ils n’en conservent pas pour autant certaines de leurs caractéristiques premières, comme la polysémie par exemple ou une certaine souplesse qui leurs donnent la capacité de s'assembler avec d’autres “matériaux” en dépit de la typologie syntaxique.

Cela impose la nécessaire analyse des champs sémantiques, de la plasticité des mots, et de leurs agencements et usages par les managers du capital et leurs larbins, pour comprendre ce qu’impliquent leurs performativités, le plus souvent accompagnées de coups de matraques.

Comme l’utilisation des procédés rhétoriques par exemple, plus particulièrement de la figure de la redondance qui se trouve être, depuis quelques temps, le summum de l'analyse du “social”, et des soi-disant nouveaux symptômes de ce début de siècle.

Dont le but confine à une sorte de phénoménologie au mieux compassionnelle, et typique de ce qui caractérise la bonne “conscience” de gauche et dont les prétentions actuelles sont uniquement sociétales [2]. Mais à ce sujet peut-être serait-il nécessaire d’en dire plus sur le double langage ? Plus certainement sur cette capacité historique de la gauche du capital à dédoubler ou à travestir les “maux”.


Travail, souffrance et merde


"Travail de merde", "souffrance au travail" il faut croire que répéter des mots proches (Travail/merde) (Souffrance/travail) et interchangeables, presque identiques ! doit relever d’une forme d’auto-persuasion dont on ne sait quelle forme de vérité l’on tente de nous asséner.

Il ne s’agit pourtant que de truismes qui s'apparentent à une forme de méthode Coué de l'introspection, de l’analyse. Un type d’approche qui mène sur un étonnant chemin philosophico-cognitif par le biais de termes synonymes, et n'aboutit in fine qu’à une sorte de questionnement fermé, par le truchement d’une proposition de synthèse merdique, c’est à dire la rumination sur de fausses antinomies à résoudre. Il n’y a en effet rien d’antinomique dans souffrance et travail, boulot et de merde.

Pour s'auto-convaincre de quoi finalement ? D’évidences que nous vivons déjà au quotidien ? [3] Que le travail c’est forcément de “la merde” et de la “souffrance” ? non ! Mais que le travail “pourrait” ne pas être merdique et même doux aux pays des capitalistes, qui pourraient être bien plus sympas quand même.

On ne s'étendra pas ici sur le commerce journalistique et de ces vérités banales et circulaires, qui bondissent de journaux en fils twitter “Santé Travail”, en lien facebook “Burn-Out” pour terminer dans une chronique fait-divers du Parisien, et dont la conclusion sera une invitation à vous rapprocher d’un néo-coach le plus proche de chez vous, votre psychiatre, ou une boîte d’anti-dépresseurs.

Alors, "ça va mieux en le disant" et en le redisant paraît-il ? On y reviendra.

90% (Au minimum!) de l'activité "Travail" effectuée dans un monde capitaliste est ou inutile ou nocive, toxique (ici on pense aux collègues...) quand à la “souffrance” qu'elle génère quand on connaît l'étymologie même du mot Travail cela peut renvoyer le reste du débat dont il est question ici à une simple dissertation sur le plaisir masochiste.

Toujours est-il qu’au delà des figures de styles, des fausses antinomies, le plus choquant n'est pas l'utilisation abusive de l’ouvrage de Pierre Fontanier (sur les Tropes), mais que le cœur, même des questions ou des réponses soient toujours minimisés, évacués, ou simplement niés. Parce que c'est de cela qu’il s’agit en dernière instance.

 Minimiser et nier


Vous “souffrez”, vous êtes harassé et surchargé ? Vous travaillez dans la perspective d’objectifs “intenables” et individualisés ou tributaires d’une chaîne infernale de coresponsabilités (ou auto-flicage) C’est peut-être que votre “boulot” est mal “réparti “? Ou que vous n’êtes simplement pas assez bien “formé” ? Ou que vous ne savez simplement pas dire NON ! Et si tous prenaient leur “part” du “mauvais” labeur ? il pourrait ainsi l’être moins, de “merde” ce travail, dans un monde décidément un peu trop “néo-libéral” qui sécrète décidément trop de “micro boulots” de chiottes, répétitifs et sans buts.

En Résumé: Il pourrait y avoir moins de souffrance dans le monde du travail (de merde) si le monde était moins “libéral” et un peu plus “de gauche de gauche”.

Car voyons ! La responsabilité incombe au “nouveau” management pas assez “humain”, trop rigide, à la “dérégulation du marché du travail” [4] et de l’Europe. etc….et du tournant de la rigueur de 1983, et de l’idéologie "ultra-libérale", et des thinks-tanks acquis au “libéralisme” et de la “trahison ” de la “fausse gauche” etc...

S’il ne s’agit pas de nier qu’il existe des “techniques” d'administration de la force de travail et des offensives idéologiques, il faut quand même souligner que l’argumentaire débouche décidément trop systématiquement sur le sempiternel crypto-keynésianisme propre à la gauche du capital, et sur le mensonge du compromis utopique capital-travail ou du “gagnant gagnant” ou de “l’effort”. Ou de celui qui se sort les “doigts du cul” pour “la boîte” (version plus droitade) la défense de sa "conscience professionnelle", ou le service de la “communauté nationale” ou du consommateur/client/usager genre défense du “service public” retournée en ce moment comme arme au service de la rigueur budgétaire et des “sacrifices” au nom de la défense/sauvetage du “modèle sociale français”. (version plus subtile du droitarisme). Sous entendu le travail pour « L'intérêt général» payé au lance pierre c'est pas du "travail" c'est un sacerdoce, une vocation, un plaisir qu'on assume pour les autres sans moufeter.

On ne poursuivra pas ici le développement du roman photo de l’époque mythico-productiviste où les boulots n’étaient pas de merde ou l’on se faisait des bonnes bouffes avec le patron.

L’argumentaire du point de vue du capital, vient ici occulter, en inversant causes et conséquences, et même nier, le fait que le travail soit soumis aux catégories immanentes au capitalisme. Même si les individus font l’histoire, ils l'a font tout de même dans des formes qu’ils ne choisissent que très rarement.

Qu’il s’agisse de diminuer les effets catastrophiques de la pénibilité ou de la précarité, on aura évidemment rien contre, mais pourquoi ne pas ou plus parler de capital à valoriser et de capitalisme ? Et donc de ne pas mettre les mots les plus justes au cœur de cette “souffrance”, et des “boulots de merde” ? A savoir ce qui est en fait indissociable des rapports de production capitalistes, mais surtout la logique qui soutient celle-ci, à savoir l’extraction de la survaleur (anciennement plus-value !). Au delà de “l’avarice” et de “l’envie” que bien souvent l’on naturalise comme pseudo catégorie économique pour justifier l'éternité de la quête du profit.

Ce qu’évite ou nie également le fait de ne pas parler de capitalisme, c’est la manière dont la survaleur et le profit sont redistribués, ou pas ! et donc on occulte ainsi ce que représente par exemple les faux-frais du capital dans la logique de la reproduction, crise etc...et donc la création des boulots improductifs, de sous-fifres et larbins divers dans l'industrie du luxe par exemple (dépenses somptuaires, parasitisme, rente).

Ce qu’imprime également la logique du capitalisme c’est la productivité, et forcément l’exploitation du travail par son intensité liée à la guerre de tous contre tous, au chaos de la production marchande. Qui va se nicher dans ce qui est le plus “rentable “ mais pas forcément le plus utile. Bien qu’une relation unisse la valeur d’échange à celle de l’usage dans le monde de la marchandise.

Car le travail est une marchandise, de cela non plus il n’est jamais question puisqu’il ne s’agit que d’humaniser un aspect du travail son coté négatif en quelque sorte, mais qui ne pourra jamais être épanouissant sans liquider ses deux aspects unitaires, c’est à dire étroitement liés puisque le travail est une marchandise (bis repetita), à savoir que son utilité même factice (mais concrète) et merdique est aussi la possibilité qui donne à un individu de survivre et de reproduire sa force de travail (ou de crever lentement.).

En résumé: L'utilité “rêvée” ou ce “mauvais côté” dont on veut se débarrasser dans les boulots (de merde) et sans souffrances et que l’on voudrait voir disparaître n’existe simplement pas. Sous le travail aliéné du monde marchand, il n’y a pas de joyeuse activité libérée ou à libérer. L’essence du travail c’est la séparation d'avec son “ produit ” et l’exploitation.

Sauf d’un point de vue de la critique du “néo-libéralisme” ou de "l'ultra-liberalisme" ! et de ses catégories et de son “projet”.

D’un point de vue de la critique de l’économie politique (anti-capitaliste) elles sont inséparables.

Sous le travail aliéné et merdique, source de souffrances, il y a aussi une ambivalente socialisation produite par le travail même de merde, et qui s’oppose à l’expulsion, à sa propre dé-valorisation et est même la condition de sa survie. C’est ce qui rend difficile toute critique radicale pratique du travail sauf à être rentier, à prendre des poses ou être un prof de fac décroissant. (Quand à faire nécessité vertu nous l'avouons très nettement c'est une attitude religieuse que nous n'aimons que très peu. On ne ressortira pas donc pas non plus ici le speech bidon de la sur-consommation)

“A bas le travail” cela ne mange pas de pain, et même si l’on peut souscrire à ce slogan il reste réducteur. Sauf à déblayer ce que propose la morale du travail comme dressage ou comme nœud essentiel de reproduction de la société capitaliste, ce qui implique une critique radicale de la marchandise.

Vouloir liquider la souffrance ou la “merdicité” du travail sans liquider le travail (et son aliénation) et le capitalisme, sous couvert de valoriser les aspects les plus sociaux ou les plus “utiles”, c’est ne pas poursuivre le chemin de la critique jusqu’au bout de sa radicalité et tutoyer au mieux le plus plat des proudhonnismes.

Mais d'où parlent donc ceux qui font profession “d’humaniser” le travail ? Que les journalistes et autres spécialistes / militants [5] se saisissent d’une marchandise presque inépuisable voilà les premiers servies dans cette juteuse affaire. Ils produisent d’ailleurs une très bonne matière première à destination d’autres officines commerciales comme les coachs, et autres psychologues de la “souffrance au travail” qui alimentent eux mêmes la chaîne de la boucle du recyclage des éléments de langages balancés à la figure des prochains chômeurs par les DRH.

Petite digression : La question de l'opposition au travail (que certains veulent libérer dans le monde marchand) par rapport à l'activité, pose le débat de l'objectivation, c'est à dire sur le devenir-objet de l'activité, que Marx concevait comme positif et que Lukács interprétait sans avoir la totalité des éléments comme synonyme de réification. La seule condition du travail aliéné ne réside t-elle que dans le type de rapports qui s'institue avec le produit objectif ? C'est à dire la séparation des moyens de production, l'aliénation du produit ? Et cette problématique ne pose t-elle pas l'activité comme une nécessité anthropologique ? La propriété collective des moyens de production semble esquisser une piste de réflexion aussi fertile qu'énorme, comme : faut il « produire » et quoi ? Sous quelles modalités ? Mais celle-ci ne semble pas fournir de pistes sérieuses sur le fait que certaines « activités » ne seront pas pénibles ou alors cette pénibilité sera « égalitairement » redistribuées pour qu'elle cesse de peser sur les mêmes. C'est la totalité des critères « l'utile » par exemple qui seront repensés. Mais cessons ici de faire bouillir les batteries de casseroles de l'histoire...
  
Digérer et évacuer

Les capitalistes, managers de la force de travail et autres serviteurs idéologiques de la bourgeoisie et de ses intérêts, ont aussi cette très bonne capacité à ingurgiter “les plaintes” par le biais du mouvement de fond liée à la judiciarisation (gouvernance ?) comme forme de “privatisation du droit” qui ouvre donc concomitamment un marché de la reconnaissance. [6]

La reconnaissance, comme forme ultime de l’éclatement, absorption, évacuation de la conflictualité de classe déjà bien mis à mal par tout un tas de dispositifs de contrôles, chantages, ceci au delà de la pression exercée par le capital.

Que les espaces d’écoutes, d’entraides se mettent en place, ou que les individus soient aidés individuellement et pragmatiquement pour éviter des drames personnels, on n'aura rien à dire à ce sujet.

Mais cela nous force finalement à nous interroger sur le niveau du combat collectif de classe qui se trouve encore une fois dissous par d’individualisation des problèmes, et qui se trouve ramené à des logiques d'inadaptabilités personnelles ou de psychologisations des solutions, et n’interrogent pas le niveau systémique ce qui permet donc une fois de plus d’élever le degré de tolérance de ce qu’il devient de plus en plus est difficile de “refuser” [7]

Qui posera le curseur ?

Finalement l'agencement des dispositifs aussi bien pratiques qu’idéologiques peuvent aisément se résumer à : ok ok tu souffres, ton boulot est de chiotte, d’accord ….mais maintenant ferme ta gueule !





NOTES
* Nous soulignons que le mot “opportunisme” utilisé ici par György Lukács doit être compris comme comme “ réformisme”. Même si finalement il y a aussi de l’opportunisme ( comme calcul, pragmatisme) compris comme opportunité dans le réformisme.

[1] Et par certains aspects la langue sociologique dont la dimension “policière” est toujours sous-évaluée. La sociologie est-elle le pendant de l’enquête ouvrière ?

[2] On ne dit pas ici qu’il ne faut pas se préoccuper de certains sujets, mais ne pas les mettre en perspectives dans une dimension égalitaire économique et sociale et de remise en cause du monde marchand n’est pas la caractéristique de l’optique révolutionnaire.

[3] On ne parle pas ici des individus qui se sentent bien dans leur aliénation et qui le font savoir en se vautrant dans la fange, à longueurs de satisfecits sondagiers.

[4] Lu dans l’introduction du livre ! Boulots de merde !Du cireur au trader, enquête sur l’utilité et la nuisance sociales des métiers. Julien BRYGO, Olivier CYRAN éd. La Découverte. (On y trouvera rien sur la capitalisme pas même le mot ! ou peut-être l’expression de la bonne conscience radicale-opportuniste dont fait état Lukács)

[5] Le militant est souvent coupable de son confort. Il imagine bien des fois le travail comme le sien généralisé. Surtout quand il est plaisant et n’est pas confronté à des impératifs moindre de production et de productivité. Pourquoi pas...Mais les choses se corsent quand il s’agit d’aborder la question “productive” et la fin de la division des tâches.

[6] Que l’on pourrait d’ailleurs analyser plus longuement. Voir à ce sujet la littérature abondante et les conclusions problématiques auxquelles mènent la philosophie d'Axel Honneth.

[7] Dans le cadre économique actuelle, qui plus est à un moment où la bourgeoisie attaque frontalement le code du travail.

jeudi 15 décembre 2016

SORTIE DES CLASSES, L’IDENTITÉ MENACE - LA RACE À LA CASSE (GARAP)

NOUS RELAYONS ICI LE COMMUNIQUÉ N°53 de NOS CAMARADES DU GARAP 


SORTIE DES CLASSES, L’IDENTITÉ MENACE
LA RACE À LA CASSE



TEXTE DE 19p 
EN TÉLÉCHARGEMENT

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Je crois qu’il éclatera un conflit entre ceux qui veulent la liberté, la justice et l’égalité pour tous et ceux qui veulent maintenir le système d’exploitation. Je crois qu’il y aura un conflit de ce genre, mais je ne pense pas qu’il sera fondé sur la couleur de la peau.
Malcolm x


Nous ne devons pas rougir de trouver beau le vrai, d'acquérir le vrai d'où qu'il vienne, même s'il vient de races éloignées de nous et de nations différentes. Pour qui cherche le vrai, rien ne doit passer avant le vrai, le vrai n'est pas abaissé ni amoindri par celui qui le dit ni par celui qui l’apporte. Nul ne déchoit du fait du vrai mais chacun en est ennobli.  
Al Kindi
Le vendredi 28 octobre l’offensive néo-stalinienne menée contre les tenants de la lutte des classes par certains identitaires de « gauche », représentants auto-proclamés des « racisés », et par leurs soutiens, a franchi un nouveau cran... Après la bibliothèque anarchiste La Discordia à Paris, c’est donc l’association Mille Bâbords qui a été la cible d’une attaque, dirigée cette fois-ci non seulement contre les locaux mais aussi, grande première, directement contre les individus. Le message est clair : ou vous vous censurez vous-mêmes ou bien nous vous forcerons, par la violence s’il le faut, à vous taire.
Le postmodernisme dévoile donc aujourd’hui son véritable visage, celui du fascisme ou, plus exactement, du sous-fascisme, c’est-à-dire d’une version diffuse et plurielle de celui-ci, plus adaptée aux besoins de la société actuelle individualiste et libérale. Le « bouquet » postmoderne répond mieux, en effet, à la demande actuelle que le totalitarisme historique, un peu trop monolithique, et permet une diversification de l’offre, de nature à satisfaire les clients les plus exigeants. Sur le sol dévasté de la société de classe, des « communautés » se dressent, des chasses gardées se constituent, sur lesquelles veillent jalousement les gardiens du sommeil. Des idéologies apparaissent, des théories, des concepts nouveaux, qui prennent très rapidement une dimension religieuse.
Les nouveaux prêtres, issus de l’université, de la politique ou du monde associatif, fournissent en effet à ceux qu’ils appellent les « premiers concerné » une identité en toc (par exemple « racisés »), un vocabulaire, une idéologie et une cible. Pas question, pour eux, de perdre la main sur leur « communauté ». Se réservant le monopole de certains sujets, ils œuvrent à empêcher par tous les moyens que certaines questions soient traitées par d’autres qu’eux-mêmes, ou bien sous une forme et en des termes autres que ceux qu’ils auront fixés. Il s’agit pour eux de rendre obligatoire leur appareil conceptuel et leur interprétation, et de confondre ceux-ci avec la réalité. Ce sont les défenseurs du dogme et de la foi, et leur travail complète admirablement celui des anciens prêtres et des vieilles religions. Nouvelles ou anciennes, les religions seront toujours la principale force de séparation des hommes.



SUITE DU TEXTE DE 19p