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Difussion en ce moment: Autonomie Ouvrière ? Commentaires discussion débat autour du texte: Qu'est-ce que l'Autonomie Ouvrière de Lucia Bruno

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mercredi 31 décembre 2014

Sem Mestres, nem Chefes, o Povo tomou de José Hipolito Santos


Sem Mestres, Nem Chefes 
o Povo Tomou a Rua. 
As Lutas dos Moradores no Pós-25 de Abril


A paraître prochainement de notre camarade et ami

José Hipólito Santos. 

Editions Letra Livre, Lisboa, 2014.

Pour en savoir plus (commander à la librairie Letra Livre)

*
Mais aussi sur son parcours.

 José Hipólito dos Santos. 
Ancien membre de la LUAR (Liga de Unidade e Acção Revolucionária) - Des Cadernos de Circunstancia.
Acteur de la révolte da Sé en 1959 et du "Golpe de Beja" le 1er Janvier 1962.



Sur les expériences d'auto-organisation.
Commissions de "moradores", commissions de travailleurs, commissions inter-entreprises, occupations des terres, sur le non grand-parti.
-
TELECHARGER LA 2ème PARTIE
136 minutes

+ Itinéraire En 5 parties.

1- Premiers engagements - Seara nova et Antonio Sergio - La révolte da Sé - Golpe de Béjà, la prison.
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2 - L'Exil - de L'Algérie au Maroc.
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3 - Les Cadernos de Circunstância et Mai 1968.
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- La LUAR.
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5 - Retour au Portugal en 1974 . Des "moradores" au PRP.
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Sur les Cadernos de Circunstância - 
41 minutes -

TELECHARGER LA 3ème PARTIE
(Les 5 parties de l'itinéraire en 1 fichier compressé)
274 minutes

dimanche 14 décembre 2014

SACCO ET VANZETTI (EN VERSION RESTAURÉE INÉDITE) - Un film de Giuliano MONTALDO

SACCO ET VANZETTI
 (SACCO E VANZETTI) 


Un film de Giuliano MONTALDO | Drame | Italie-France | 1971 | 124mn | Couleurs |
Version Italienne / Version Française • Sous-Titres Français
EN VERSION RESTAURÉE INÉDITE 
CARLOTA FILMS

Massachusettes, avril 1920. Deux employés d'une manufacture de chaussures perdent la vie suite à un braquage qui tourne mal. La police met rapidement la main sur deux suspects : Nicola Sacco, cordonnier, et Bartolomeo Vanzetti, marchand de poissons, tous deux Italiens anarchistes. Le procès a lieu quelques mois plus tard et la sentence tombe : les deux hommes sont condamnés à mort. Ils font néanmoins appel, espérant que le manque de preuves et les approximations des témoins feront basculer la prochaine sentence en leur faveur...

Scénario : Fabriozio ONOFRI, Giuliano MONTALDO, Mino ROLI, Ottavio JEMMA Avec : Gian MARIA VOLONTÉ, Riccardo CUCCIOLLA, Cyril CUSACK, Rosanna FRATELLO, Geoffrey KEEN et Milo O'SHEA dans le rôle de "Moore" Musique : Ennio MORRICONE Directeur de la photographie : Silvano IPPOLITI Décors : Aurelio CRUGNOLA Montage : Nino BARAGLI Producteurs : Arrigo COLOMBO et Giorgio PAPI.

« J'ai plus souffert pour ma famille et pour ceux qui me sont chers que pour moi-même, mais je suis tellement convaincu d'être dans le juste que si vous aviez le pouvoir de me tuer deux fois et si par deux fois je pouvais renaître, je vivrais de nouveau pour faire exactement ce que j'ai fait jusqu'à présent. » Bartolomeo Vanzetti
                                                                          





mardi 2 décembre 2014

Deux livres sur la Révolution et la contre-révolution en Espagne (Parutions)

Il faut noter la sortie de deux forts volumes importants sur la "Révolution et la contre-révolution" en Espagne ou la Guerre d'Espagne c'est selon.

Juan Garcia Oliver
L'écho des pas


Enfin traduit en français, le livre/épopée des mémoires de Juan Garcia Oliver 
"L'écho des pas est resté jusqu'à ce jour inédit en français. A sa parution originale en espagnol en 1978, « le pavé de Garcia Oliver - 650 pages - y produisit quelques effets, dont l'irritation ne fut pas le moindre. C'est que le bonhomme avait l'avantage d'exaspérer d'abord les siens, et ce depuis longtemps » comme l'écrit Freddy Gomez qui signe la préface de cette édition française. Quand il proposa au Plenum du 23 juillet 1936 que la CNT prenne tout le pouvoir en Catalogne, Garcia Oliver ne fut pas suivi. Seul le canton du Bas Llobregat vota pour sa proposition. C'est le ralliement à l'idéologie de front républicain qui prévalut...
Pour Garcia Oliver, tout s'est joué ce 23 juillet. « Je n’en revenais pas. C’était le Plénum de fédérations locales et cantonales le plus insolite. Des délégués convoqués dans l’urgence et ignorant ce dont on allait parler dans cette assemblée, venaient d’adopter des positions qui jetaient par terre tous les accords fondamentaux de la CNT ignorant les aspects les plus élémentaires de son histoire d’organisation fortement influencée par le radicalisme anarchiste (...) écrit-il .
Le témoignage de celui qui fut, depuis 1919, un des hommes clé de la CNT, tour à tour garçon de café, organisateur de syndicats, homme d'action revolver au poing et... ministre de la justice est incontournable(...)"

640 pages - 25 € éditions  Editions du Coquelicot.


* * *


Burnett Bolloten 

La Guerre d’Espagne

Révolution et contre-révolution (1934-1939)  



« La révolution espagnole fut la plus singulière des révolutions collectivistes du XXe siècle. C’est la seule révolution radicale et violente qui se soit produite dans un pays d’Europe de l’Ouest et la seule qui ait été, malgré l’hégémonie communiste croissante, véritablement pluraliste, animée par une multitude de forces, souvent concurrentes et hostiles. Incapable de s’opposer ouvertement à la révolution, la bourgeoisie s’adapta au nouveau régime dans l’espoir que le cours des événements changerait. L’impuissance manifeste de leurs partis incita très vite les libéraux et les conservateurs à rechercher une organisation capable d’arrêter le courant révolutionnaire lancé par les syndicats anarchiste et socialiste. Quelques semaines seulement après le début de la révolution, une organisation incarnait à elle seule tous les espoirs immédiats de la petite et moyenne bourgeoisie : le parti communiste. »

Maîtrisant une immense bibliographie, ce livre offre non seulement une synthèse de la guerre d’Espagne, mais aussi la possibilité de dépasser un stade où la mémoire était trop étroitement mêlée à l’histoire pour permettre de déceler les enjeux de cette période cruciale du XXe siècle.

Editions Agone  / 1280 pages - 35.00 €

Editions de 1977 - Ruedo Iberico

vendredi 21 novembre 2014

G.A.R.I ! 1974 de Nicolas Réglat


Un petit reportage/doc sans prétentions en forme d'hommage / reconnaissance. D'une époque qui s'efface un peu plus. Cette période avait "l'avantage" d'avoir quelques ennemis clairement identifiés. On hésite entre Les Pieds nickelés et la révolte post-ado. Le recul et le second degré sauvent presque les choses. Comme l'arrivée de la gauche au pouvoir.... Il n'y a bien sûr ici pas de héros, et la phrase utilisée comme accroche et tirée d'une déclaration des GARI, éclaire aussi toute cette prétention à notre avis erronée (1). Le combat pour les libertés ne vise pas l' Héroïsme mais relève de quelque chose de tout aussi vital que de manger, boire, se rencontrer ou faire l'amour. A voir donc au moins pour toutes les questions ouvertes (la lutte armée, le cloisonnement, l'illégalisme/banditisme, l'infiltration policière, l'anti-fascisme, l'autonomie, la répression) et pour une critique de toutes les dérives avant-gardistes et politico-militaires qui ne sont que les signes annonciateurs d'échecs ou du reflux général.


(1) Qui fait de qui des héros à posteriori ? Les GARI ou les spectateurs de la révolte ? on flirt ici avec une forme de moralisme.

vendredi 14 novembre 2014

Le blog d’infos, Brest Luttes !

Nous relayons ici l'initiative de camarades de la région de Brest.

Brest luttes
Le blog d’infos, Brest luttes


Nous sommes quelque-un-e-s à se réunir depuis quelques semaines au sein de ce que nous avons appelés, assemblée de lutte*, de cette assemblée a émergé plusieurs initiatives, dont celle d’élaborer un blog d’information.

Ce blog est pour nous un outil, nous l’espérons parmi d’autres, pour tenter de répondre à de nombreux besoins dans nos actions politiques. Ces besoins dont nous avons pu discutés au sein de l’assemblée, mais aussi avec de nombreux autres camarades brestois et d’un peu partout ailleurs, c’est, entre autres,l’inefficacité de nos moyens de communication.

Par moyens communication, nous entendons d’abord le relais des différentes actions qui sont entreprise, par nous ou d’autres camarades (manifestations, assemblée générale, discussions, projections, lieux d’activités …). Nous espérons pouvoir dépasser la logique affinitaire qui prévaut souvent lorsque qu’il s’agit du partage des informations, même si elle n’est pas forcément voulue, ainsi qu’être le plus réactifs possible sur l’actualité. Même si cela peut sembler évident dans d’autres villes, c’est un outil qu’il manquait à Brest.

Nous espérons aussi acquérir une meilleure visibilité en dehors de ce que sont les milieux et réseaux Militant actuels, même si nous sommes conscients que cette question dépasse de loin le simple défaut de communication, se doter d’outils capable de cela, c’est une étape indispensable pour y arriver. Nous ne voulons plus dépendre des grands médias locaux (Télégramme, Ouest France …) pour relayer les informations qui nous semblent importantes, nous souhaitons faire entendre ce que nous avons à dire, face aux grands médias comme face aux médias dit « alternatlfs » d’Extrême Droite, qui prennent de l’importance, localement comme partout ailleurs

Cet outil n’a pas pour but d’être l’organe d’expression d’un collectif isolé, nous vous invitons donc a envoyer les informations que vous voulez voir relayer à assemblee.brest@riseup.net en rappelant que nous n’avons pas l’intention d’être le relai de n’importe quelle information, nous nous situons résolument dans une perspective de Révolution Sociale et de lutte des classes.




* * *

Assemblée de luttes


Nous sommes une assemblée de travailleurs.euses avec ou sans emploi en lutte contre le système d’exploitation capitaliste et toutes les formes d’oppression: patriarcale, raciste, etc…

Pour espérer un jour autre chose que la misère de l’exploitation et la guerre de tous.tes contre tous.tes, il nous faut agir en tant que classe. Ce n’est qu’au travers des luttes et des solidarités que nous pourrons construire un rapport de force qui nous soit favorable et tendre vers une révolution sociale qui abolisse la propriété privée, l’Etat, les genres et les classes.

L’objectif de cette assemblée est d’avoir un espace de discussion, d’information et de coordination dans le but d’élaborer des outils pour lutter.

Un blog d’information a été mis en place, et nous avons commencé à discuter de la forme que pourraient prendre ces outils: temps d’échanges et de débats, caisses de soutien, journal, infokiosque mobile…

L’assemblée est indépendante de toute organisation politique ou syndicale, elle est ouverte à toutes celles et ceux qui se retrouvent dans cet appel.

L’assemblée se tient le premier et le troisième mardi du mois à 19h au PL Guérin, 1 rue Alexandre Ribot à Brest.

Le blog d’info sur les luttes: brestluttes.noblogs.org

jeudi 6 novembre 2014

Révolution bourgeoise et luttes de classes en France, 1789-1799

Révolution bourgeoise et luttes de classes en France, 1789-1799

1ère partie : De la crise de l’Ancien Régime à la chute de la monarchie (1789-1792)


L'histoire grand public montre la Révolution française comme un moment de violence extrême et aveugle exercé par les classes populaires manipulées par des leaders révolutionnaires, tout en focalisant sur l'épisode fatidique de la Terreur vue comme une dérive regrettable. Loin de ces clichés servant des intérêts de classe, les faits montrent comment les travailleurs urbains et ruraux ont mené des luttes autonomes pour un monde meilleur dépassant ainsi le contenu bourgeois de la Révolution, et forgeant des expériences pour les combats à venir.

Cette approche de la période révolutionnaire française entend rappeler que la lutte des classes n'est pas un concept construit de toute pièce. Aujourd'hui, face aux ravages du capitalisme, qui puise ses racines dans ce moment-charnière que constitue la fin du XVIIIe siècle, les prolétaires d'ici et d'ailleurs ne peuvent rien attendre d'un réformisme qui n'en finit pas de nous resservir les mêmes recettes miracles pour « humaniser » ce système. 

Cette brochure constitue la 1ère partie d'un travail sur la Révolution française et couvre la période 1789-1792, de la crise de l'Ancien Régime à la chute de la monarchie. En 1789 la monarchie absolue les structures socio-économiques issues du féodalisme sont en contradiction avec la montée en puissance de la bourgeoisie. Pour les classes populaires, la crise économique présente depuis des années se traduit par la montée des prix, le chômage, le manque de terres. Aussi, l’État est face à une grave crise financière. Les conflits sociaux dans les villes et les campagnes se multiplient. Dans le même temps, la bourgeoisie espère des réformes : constitution, égalité des droits, libertés individuelles et politiques. Au fond, elle souhaite secouer le carcan féodal pour parvenir à une liberté économique totale. Afin de régler le problème financier, les Etats généraux sont convoqués le 5 mai 1789. Les événements qui en découlent vont permettre à la bourgeoisie d'accéder au pouvoir politique, et entraîner la mobilisation des classes populaires, menant à une radicalisation du processus révolutionnaire. 

La Révolution française s'inscrit dans un tournant majeur de l'histoire: la période qui s'étend de la fin du XVIIIe siècle au début du XIXe siècle est marquée en Europe occidentale et en Amérique du Nord par l'instauration du mode de production capitaliste, les prémices de l'industrialisation et l'avènement de la bourgeoisie. Il s'agit dans cette brochure d'aborder la Révolution française comme processus induit par la lutte des classes, à travers un récit plus ou moins chronologique. La période qui suit la chute de la monarchie jusqu'au coup d'Etat du 18 brumaire fera l'objet d'une autre publication, à suivre...


Brochure format A5, 104 pages. Prix libraire: 3,50 euros, prix libre ailleurs.


Voir http: //classesenlutte1789.noblogs.org

jeudi 23 octobre 2014

Reprint du Journal Combate (A paraître en 2015)


Nous travaillons actuellement sur un reprint / publication complète du Journal Combate  (en Portugais Jornal Combate ) un volume à paraître pour 2015. Edition limitée. (Prix entre 25 et 35€) plus pratique et économique que la version PDF.

Suivra aussi au format papier l'émission sur la Lutte des classes au Portugal retranscrite en un volume peut-être complétée par le cd audio de l'émission.

A suivre....

mercredi 15 octobre 2014

Point de vue image de classe (9)

Plus de batterie. La conversation s'arrête nette. Je n'ai pas pu dire l'essentiel de mon propos à F. qui, pendant qu'il prenait des nouvelles de tous, me disait que mes arguments politiques étaient très durs, implacables. Il me balance enfin ce mot lourd qu'il rumine depuis quelques minutes, un terme qui chargerait mon propos d'une forme d'intolérance: "radical".

Je lui rétorque alors ce qu'est la "radicalité" au sens étymologique, ceci pour dévitaliser la supposée violence du mot qu'il emploie à mon encontre, en insistant bien sur le fait que l'on peut être violemment réformiste mais aussi mollement révolutionnaire.

J'insiste pour qu'il comprenne que la phraséologie n'est rien, qu'elle est finalement à portée de tous. Mimétique. Que l'on frôle presque toujours le prêt à penser avec ses codes de reconnaissance.
Qu'il ne faut pas être impressionné par des effets rhétoriques qui trop souvent ne relèvent que de fantasmes ou d'histoires oniriques que se racontent les "révolutionnaires" qui ont le goût du romanesque. Pour convaincre définitivement F. de mon propos je lui brosse rapidement et de manière empirique une sociologie des individus que je croise dans les milieux "militants".

Il en vient alors à s'interroger.
Lui dans sa petite maison (achetée à crédit) à son poste de cadre confortablement payé, il n'a pas oublié ses origines sociales, le labeur de ses parents, le clapier ou il vivait ce qu'il a pu voir et subir du mépris social et de la désinvolture d'une classe sûre d'elle-même, de ses représentations et de son bon droit à dominer les pauvres, les subalternes, dont sa famille faisait partie. Cette morgue ou suffisance structurée et appuyée par le rapport social qu'est le capitalisme.

F. apprécie le "message", cette “perspective”, mais considère tous cela comme inaudible par tous ceux qui, comme lui, partagent ce petit confort aussi précaire que doux tant que rien ne vient le bousculer. La gestion urgente des affaires quotidiennes et "normales" devient presque rassurante et hypnotique. L'aide journalière assurée par le benzodiazépine télévisuel, distillé en doses massives et à heures fixes, assure la continuité d'une vie qu'un simple sms peut bouleverser...tant il ne s'y passe rien entre deux épisodes du journal télévisés ou d'un feuilleton suréel. Le macabre s'épuise et nous épuise.

Je sais F. incapable de se comporter comme un souteneur du capital.

Après mon écoute attentive de F. de ses paroles presque coupables, je lui réponds alors comme une évidence que:

- Je m'en fou de la réception, de la compréhension par toute cette couche de cadres et contremaîtres, celle des corporate, de ceux qui y croient ou encore des petits patrons qui veulent réussir, du petit loup plein d'illusions, du prolo "qui veux se faire lui même". Je lui objecte que le ressentiment, la frustration et l’envie générés par le monde enchanté des marchandises, ceci comme carburant d’une promotion illusoire, ne mènent qu'a des hauteurs plutôt irrespirables ou l'air n'exhale que de potentiels cadavres.


Quelques fois ça craque, ça pète, ça fissure, mais est-il possible de transformer les blessures, les traumas en quelque chose de combatif et généreux, de solidaire, quand le seul horizon c’est la néantisation ?

Pour illustrer mon propos je lui raconte le genre de préoccupations propre à la petite-bourgeoise, aux cadres et autres larbins de la machinerie capitaliste que je côtoie quotidiennement comme subordonné, c'est à dire tout en bas de l'échelle hiérarchique.

Alors que je change les cartouches d’un copieur, les mains pleines de toner une de mes collègues cadre (et promise à de haute fonction) vient alors pour faire des photocopies. Elle ôte les agrafes dont elle laisse traîner les cadavres sur un coin de table, supposant certainement dans un élan humaniste que cela donnera du boulot à la femme de ménage. Les quelques autres agrafes qui jaillissent et traînent à ses pieds ne suscitent pas plus de réactions mais l’interpellent sur son "trop petit" salaire, et son intention de gagner bien plus à l'avenir. Pris à partie quant à ses velléités professionnelles, j'interviens alors amusé et sarcastique (presque socratique) mes uniques armes face à la bêtise satisfaite.

Je lui demande:

- Tu ferais quoi avec un meilleur salaire ? 
- Et bien j'achèterai un appartement pour le louer.
- Ah d'accord et après ?
- J'en achèterai un autre !
- Pourquoi faire ?
- Et bien pour en avoir un en plus !
- D'accord mais à ce petit jeu là c'est quoi ton "but" être la plus riche du cimetière ? c'est interminable !

Interloquée la voila stoppée dans son raisonnement chrématistique par réccurence. Son regard se vide. Mais la voilà qui reprend sa tache. Elle était venue faire des photocopies. Elle repart alors avec un vague - Ah Ouais ! au coin de la bouche en forme de moue méprisante.

J’aurai pu terminer mon échange avec F. en face à face ou je lui aurai affirmé bien des choses mais surtout celles-ci: 

Il ne suffit pas d’avoir les mains calleuses et d’être courbé toute la journée pour avoir une légitimité particulière quant à la contestation de ce monde merdique. Il est vrai que cela te donne un rapport au réel qui est tout autre, un point de vue épistémologique ou de classe * dans la compréhension de ce qu’il faut détruire, combattre et dépasser ou simplement ne plus tolérer. Peut-être une acuité sur les besoins. 
Les points d'entrés pour le “rejet” et le combat sont multiples et imprévus. Ils s’affirment avec le temps, l’âge et les expériences, les limites qui se dégagent. Il y a aussi les rencontres et la rupture d’avec l’isolement. C’est aussi une question de philosophie politique et de dépassement de son point de vue parcellaire et étriqué; c’est à dire d’abolition de sa propre condition (1). Il est difficile de ne pas entretenir une forme de schizophrénie politique et/ou éthique. Mais tenir le “manche” (2), se complaire et alimenter un double discours c’est bien le comble du terrorisme politique, surtout quand il se déguise en moralisme, en une forme d’aristocratisme qui pointe systématiquement un prolétariat jamais à la hauteur de ses “taches” tout cela en se drapant d’un révolutionnarisme verbal qui s’exprime à profusion sur les papiers à forts grammage. L’imposture politique ne se révèle jamais aussi intenable que dans des moments de reflux.

Je préfère encore ta cohérente, sincère, interrogative. Je sais qu’en cas d’assaut général tu seras là.

Qu’une partie de la population (les “classes moyennes”, cette classe de la reproduction, la petite bourgeoisie et les larbins du capitalisme) n’entendent pas la pratique critique posée par les prolétaires en luttes ou qui tentent de réfléchir collectivement à la transformation du monde, à sa perpétuelle remise en question n’est pas une chose étonnante. A un certain niveau il faut même s’en moquer car la révolution ne se revendique pas plus de la “démocratie” du plus grand nombre que de la dictature d’une minorité. En revanche il faut aussi activement la combattre au niveau de ses représentations et de sa capacité à faire de son mode de vie, de ses “valeurs” un faux universel au service de la marchandise. L’acte le plus radical pour cela c’est d’attaquer le coeur, c’est à dire les rapports de production. (3) 

Notes.

* Objet d'une grande émission de Radio Vosstanie dans les mois qui viennent ou Qu'est-ce que la conscience de classe ?

(1) Le communisme n’est possible que grâce au déblayage effectué par le capitalisme. Il est non pas la défense des prolétaires, mais l’abolition de la condition prolétarienne. Il ne porte pas les ouvriers au pouvoir et ne nivelle pas l’ensemble de la population au même revenu. Il en finit avec l’esclavage salarié, le productivisme, l’opposition travail/loisirs. Il permet la réunification de l’activité humaine sur la base de tous les acquits techniques et humains. L’ouvrier n’est plus enchaîné à l’usine, le cadre n’est plus rivé à son attaché-case. Le besoin d’agir n’est plus soumis au besoin d’argent.

(2) C’est à dire assumer des fonctions de répression, de pouvoir (et de sa représentation) dans la production idéologique de la domination ou de l'exploitation n’est pas une chose acceptable.

(3) Ce qui n'empêche pas d’être sur les différents fronts de la guerre de classe. Sans perdre de vu le coeur de la cible.

mardi 7 octobre 2014

L'agir communicationnel Michéen

Prochain titre avec Alain Minc ?
Ou l'indécence à son comble

Rien de plus risible, de paradoxal voir "d'indécent" que d'entendre le chantre de "l'anti-libéralisme" labellisé par les éditions Flammarion, prônant en direct * sur une antenne culturelle d'Etat, l'autonomie du "Peuple" avec une pointe de mépris social  pour une autre partie de ce même "peuple" mais qui parle le verlan, ceci en donnant du Tu et du je ne suis pas d'accord avec "Jacques" (Julliard) cet éternel thuriféraire du libéralisme de gauche, éditocrate de profession, laquais historique de la CFDT et actuel pisse copie de différents torchons blindés de pubs.

Jean-Claude ! ce qui nous sépare nous (prolétaires) de toi (publiciste-mondain-médiatique) quant à notre critique-pratique du monde c'est que nous discutons pas et ne produirons/créerons (1) jamais quoi que ce soit avec des Juillard ou avec des Causeurs, mais nous leurs crachons au visage. Décidément J-C tu es trop "libéral" pour nous ! Surtout quand tu fais passer des coopératives de petits commerces dits "autogérées" (dans un monde capitaliste) comme une forme avancée et transitoire qui pourrait déboucher en "douceur" (2)  vers ton arrière-monde peuplé de fantômes à la morale de curés. 


Note: Bien sûr nous sommes étrangers à ce concept droitier de peuple. Concept fourre-tout.
Voir aussi  De l'ontologie de Michéa et Conversation sur les spécialistes radicaux des penseurs radicaux


* Emission Les Matins de France Culture du 1 octobre 2014.

(1) Dernière production michéiste d'un livre en collaboration (épistolaire) avec J.Julliard. Nous attendons son prochain dialogue fraternel avec Pierre Gattaz ou François Hollande...

(2) "Par le haut ou par le bas" [sic] Plutôt mal à l'aise avec sa métaphore footballistique qu'il ne se sent pas de filer sur le champ politique.

jeudi 2 octobre 2014

Emission La Lutte des Classes au Portugal

Emission La lutte des classes au Portugal
(Sur la révolution dite des "oeillets" ou la transition démocratique portugaise)


Cette émission est dédiée aux prolétaires anonymes, aux insoumis, déserteurs, objecteurs, à ceux qui ne dissocient 
pas les moyens et les fins.


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Téléchargement
Des parties 1-2-3-4-5
durée totale 17h26 minutes

+
REDIFFUSION 
A partir de 7h le matin


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Emission du  6, 13, 20 septembre 2014


*
 Pour la trame de notre émission nous nous inspirons de l'ouvrage de Phil Mailer.
Portugal: The Impossible Revolution ?  First published by Solidarity (London) 1977.
 Portugal: a revolução impossível ? - Porto Ed Afrontamento 1978.




1ere partie du 6 septembre 2014

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Présentation
Objet et but de l'émission - A propos de Le Portugal ...? et Après ! - ArqOperaria ?
De la mémoire à l'enterrement. Nos propres limites....

Situation historique et 
données économiques de l'époque.
-
La conception putschiste 
de la révolution sociale. 
Le rôle de l'armée ou la conception bourgeoise de la révolution.
Avec Charles Reeve 
(Autour de l'ouvrage édité aux Editions Spartacus en 1976) 

Voir aussi notre émission du 25 janvier 2014 
(Itinéraire bio-bibliographique)

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TELECHARGER LA 1ère PARTIE
227 minutes

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Sur les expériences d'auto-organisation.
Commissions de "moradores", commissions de travailleurs, commissions inter-entreprises, occupations des terres, sur le non grand-parti.

Témoignage sur les commissions 
de "moradores" et parcours de:
 José Hipólito dos Santos. 
Ancien membre de la LUAR (Liga de Unidade e Acção Revolucionária) - Des Cadernos de Circunstancia.
Acteur de la révolte da Sé en 1959 et du "Golpe de Beja" le 1er Janvier 1962.

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TELECHARGER LA 2ème PARTIE
136 minutes


+ Itinéraire En 5 parties.

1- Premiers engagements - Seara nova et Antonio Sergio - La révolte da Sé - Golpe de Béjà, la prison.
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2 - L'Exil - de L'Algérie au Maroc.
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3 - Les Cadernos de Circunstância et Mai 1968.
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- La LUAR.
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5 - Retour au Portugal en 1974 . Des "moradores" au PRP.
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- Sur les Cadernos de Circunstância - 
41 minutes -

TELECHARGER LA 3ème PARTIE
(Les 5 parties de l'itinéraire en 1 fichier compressé)
274 minutes


 Felizmente Houve a LUAR - Para a História da Luta Armada Contra a Ditadura     A Revolta de BEJA


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2ème partie du 13 septembre 2014


L'expérience du Journal Combate (1974-1978)
Avec João Bernardo.
Les forces "politiques" en présence.

Régressions, récupérations et limites. 
De "l'autogestion" au capitalisme d'Etat, de l'autonomie aux élections, la non-révolution culturelle, Une expérience Portugaise ? Pour une critique de la chronologie "politique".

40 ans après quelles perspectives ?
Débat et point de vue autour de "Les Portugais face à la crise - Grèves, manifestations, occupations 2010-2013 " traduit du portugais par le collectif Les Ponts Tournants et édité  par les Edições antipáticas.  Avec le GARAP.

(Discussions sur "les Portugais face à la crise" du 11 et 13 avril 2014 avec des membres du Collectif des Edições antipáticas)

Télecharger
Rencontre du vendredi 12 avril 2014 à Paris  [Télécharger]
- Rencontre du dimanche 13 avril 2014 au Rémouleur à Montreuil [Télécharger]

Conclusion de l'émission

João Bernardo, Charles Reeve, José Hipólito dos Santos, Eduardo de Sousa de librairie Letra Livre à Lisbonne, au Garap.

Mais aussi à 
Brunel, Blek, Henrique, Lino, Ben, Rosa, Anne-Emilie de Radio Panik, Manuel, Tonio, Judith et les autres....




A suivre...

Pour suivre la compilation de documentation en cours:



Photographie de José Marques

Série de cartes postales éditées sous: A Esquerda da Esquerda documentos para a História de uma
Revolução



mardi 2 septembre 2014

Album RPM (Solo Etnas)


Diffusion de l'album lundi 8 septembre 2014 à 20h.
Sur RADIO VOSSTANIE

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nuovo album da scaricare / nouvel album à télécharger

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En téléchargement sur le site du groupe Epines

Diffusés en ce moment (en rotation) les morceaux 

N°4 - Senza Radici.
N° 5- A contre-courant
N° 12 - Interlude ça suffit


dimanche 31 août 2014

La synthèse des faux-culs

La synthèse des faux-culs
A propos de: Affinités révolutionnaires Nos étoiles rouges et noires. Editions Mille et une nuits

*

Quand un adorateur du stalinien Guevara, adepte du plateau de M.Drucker, vient expliquer dans les shows mondains qu’il ne confond pas la gauche et la droite et donc invite à voter Hollande ceci entre deux trois commentaires sur la belle passe de tel ou tel joueur de foot payé des millions, s’associe avec le promoteur de la théologie de la libération, défenseur depuis 45 ans du christique Che en cumulant le pompeux titre de professeur émérite expert en embaumement de la pensée des révolutionnaires,   tout en adhérant au NPA (1), il y a de quoi se demander de quelle came (encore) frelatée il s’agit ici de nous refourguer ?

Pour un anarchiste intelligent la “synthèse” ça le connaît. Solution de détresse du mouvement anarchiste en décomposition, elle a été la gélatine intellectuelle sortie du cerveau de Sébastien Faure, qui a permis de faire se maintenir dans la flasquitude, toutes les tentations d’inaction ou d’actions molles. Mais elle a aussi permis toutes les audaces caricaturales à faire rougir un bolcheviks, comme celle d’un Georges Fontenis lassé de tant de jelly politique et de Joyeux-series.

Peut-être aussi n'est-til  pas question de résoudre toutes les “antinomies” dans une perspective toute Proudhonienne. Proposition que n’a manifestement souhaité suivre Piotr Archinov.

Pour un marxiste non moins idiot, une synthèse puise sa source dans les fondements d’une problématique Hegelienne et sonne comme dépassement de la contradiction des éléments opposés, qui sont à la fois affirmés et éliminés et ainsi maintenus, non hypostasiés, dans une synthèse conciliatrice voir même réconciliée. Ceci donnant lieux à toutes les “subtilités” c’est dire la recherche “professionnelle” et militante des contradictions dans les innombrables recoins de la matière sociale ceci jusqu’au niveau moléculaire. La synthèse “marxiste” a aussi été un moment Loi d’Etat et justification de la saloperie, au nom d’une dialectique rédemptrice qui allait dans le sens de la flèche du temps en direction de L’Histoire faite par le Parti.

Guevara éternel.... policier.
Pour quelqu’un qui ne serait pas particulièrement anarchiste ou marxiste il y a vraiment de quoi se méfier du mot de “synthèse” surtout quand celui ci est manié par des politiciens d’extrême-gauche (2) qui tapinent pour la gauche du capital tout en pleurnichant ensuite sur la nième “trahison”. 

Nous n’avons bien sûr pas attendu M.Löwy et O.Besancenot pour regarder les faits historiques le plus objectivement possible, c’est à dire au delà de toute justification historique, loi de l’Histoire ou des jeux de pouvoirs, ceci sans tomber dans le panneau du qui a tort ou raison.

Les courants dont ils sont les héritiers ont pour matrice un sens de la “stratégie” qui nous est étranger, lit de tout les opportunismes. Qu'ils déguisent cet opportunisme en auto-critique ou en repentir n'a pour conséquence que de nous conforter dans cette tentative de contre-façon politique qui s'incarne toujours dans la même démarche publicitaire et médiatique.

L’illustration de cette assertion c’est aussi de déformer les parcours. Comme par exemple celui de Walter Benjamin qui s’il peut être considéré comme un “libertaire” dans l’acception très très large du terme ceci en comparaison d’une orthodoxie marxiste d’une époque, n’est pas le “marxiste libertaire” qu’ils prétendent. Car l’étiquette racoleuse ne dit rien de la complexité de ses influences, de son parcours et ne participe que d’amalgames et de raccourcis surtout quand on sait ses relations avec Adorno, Bloch, Brecht etc... 

C’est ici que nous attaquons cette notion de "marxisme-libertaire" chère aux deux promoteurs de ce faux dépassement forcement foireux, qu’ils ont bien sûr préféré à “communisme libertaire” ou soyons aussi délirant qu’eux “d’anarcho-marxisme”.

Obligatoirement foireux car qui sont-ils pour proposer cette invitation en dehors des pratiques radicales des prolétaires? Cette invitation aux odeurs d’oeucumenisme politicien n’est en rien aux couleurs de l’intelligence. 

Même si nous avons nourri notre imaginaire du fameux livre sur l’Anarchisme de Daniel Guérin nous ne faisons pas de celui-ci un “théoricien” particulièrement averti de Marx et dont les aventures et les compagnonnages politiques ont été aussi divers que complexes et n’ont à notre avis, fait qu’apporter de l’eau au moulin de la confusion politique. D’ailleurs nous ne lui connaissons pas (de sa plume)  d’ouvrage équivalent “marxiste” à sa célèbre et stimulante anthologie de l’anarchisme

Le projet des deux compères s'inscrivants dans la proposition de Daniel Guerin s’affirme finalement assez clairement. Dans son sillage peut-être s’agit-il de créer un nouveau PSOP ? pourquoi pas un nouveau laboratoire / auberge espagnole de la récupération politique comme le PSU, dont les ambitions n’ont finalement consisté qu’a être la voiture balais du PS.

S’il faut un jour dépasser quelque chose cela ne sera pas avec leurs propositions au relent de pâté d’alouette électoraliste. La seule chose dont il faut faire l’éloge et non la synthèse c’est de la nuance et de la complexité. De la mise en adéquation des moyens et des fins. C’est à dire de dénoncer la manière qu’ont les partis à vouloir contrôler, structurer et synthétiser, c’est à dire réduire la richesses des pratiques et des idées. 

Le “marxisme libertaire” n’existe pas et nous ne le cherchons pas particulièrement dans un Marx libertaire pas plus que nous nous intéressons de “marxiser” l’anarchisme. Il existe autant de dépassements que d’individus qui se rencontrent et se rencontreront dans le combat de classe, et c’est à notre avis sur ce seul dépassement qu’il faut compter.


(1) Parti "anticapitaliste" qui pense que détruire le capitalisme c'est taxé le capital.
(2) Politicien d'extrême gauche c'est à dire l'extrême gauche du capital.


samedi 28 juin 2014

Emission de Radio Vosstanie du 28/06/2014

RADIO VOSSTANIE ÉMISSION 

DU 28 JUIN 2014 à 21H 


DU SON - DE L'ACTU - ET DES DÉBATS...

INVITES


Emission en Téléchargement 
291 minutes

Thèmes:

Intro - Remerciements - Présentation des invités - Le "bom" foot comme contre feu des luttes au Brésil - A propos de Manhattan folk story de Dave VAN RONK - Le 1er Mai libertaire à Paris comme toujours: rien...- L'actu du "28 Juin": L'autogestion et sa foire - L'anti-fascisme sauce Conex et les dix thèses sur l’extrême droite en Europe de M. LOWY- Un étrange tract d'un groupe "Luxemburgiste" - La grève des cheminots et L'appel du 19 Juin (in situ avec le Garap) - A propos d'une incursion dans un débat/farce de présentation du livre La Grande dévalorisation de Ernst Lohoff et Norbert Trenkle - S'organiser pour quoi faire ? (introduction sur la brochure Le militantisme stade suprême de l'aliénation ) - Sur le mode d'organisation grandeur et limite - Quoi faire et quoi dire ? - Du communisme comme perspective. etc ...

dimanche 22 juin 2014

Du "bom" foot jusqu'à la nausée.

De CQFD à Libération c'est le consensus. Il y a d'un côté le bon foot, le "populaire" avec ses idoles aux idées généreuses, un foot des favelas, des miséreux, des petits qui rêvent, "le foot qui relie les hommes", (Nous éviterons ici de parler de la bêtise du foot auto-géré et autres débilités du même acabit *) de l'autre le mauvais, le foot de la finaaance, le foot des puissants, des capitalistes, un foot pervertit par les salaires astronomiques des joueurs (qui gagnent trop), la corruption des instances d'administration du foot planétaire etc...

Dans cette histoire religieuse du foot il y a eu un âge d'or et des saints. Dont l'un des apôtres "non-progressiste" comme Jean-Claude Michéa, nous livre ici et là quelques psaumes aux versets Camusiens. Un foot Maussien (donner recevoir rendre le ballon) un foot "pur", dont il faudrait se débarrasser des mauvais côtés pour retrouver son essence, son esprit.

Le comble de la peste émotionnelle sportive (1) c'est de voir se côtoyer par médias interposés un Cohn-Bendit et un Michéa pour défendre le "beau jeu".

Quant au révélateur de cette "actualité" c'est finalement de comprendre que le dispositif intellectuel et politique des milieux "radicaux professionnels de la démerde" ainsi que celui des défenseurs du marché à visage humain, est le même. Tous sont d'accord pour retrouver ce bon vieux "foot de papa". Celui du bon "vieux temps", celui de l'après guerre, un foot de type CNR quoi ! (Conseil national de la Résistance).

Le problème c'est que le foot n'a pas de visage même si le ballon est rond. Car le terrain de foot c'est la guerre, les frontières et les drapeaux, la xénophobie mais aussi et surtout ....le capitalisme. "Le mondial" en est sa manifestation aussi sémantique que concrète.

Le foot des "riches" comprend celui des "pauvres" et son roman populiste. Comme l'accumulation des richesses d'un coté sous-tends la pauvreté à crever des autres, et dont la figure démagogique est celle petit patron individuel démerdard ou celle du "petit radical filou" qui passe au travers les gouttes du salariat. Pour les amateurs de foot de "gôche" ou "radical" peut-être faudrait-il simplement liquider les pauvres pour que nous soyons tous riches ou pour se débarrasser de la misère ? C'est hélas les conclusions qu'ils nous font tirer avec ce genre d'analyses ras le gazon.

La "radicalité"(2) n'est pas une "pose", il s'agit simplement de tirer des conclusions honnêtes d'un raisonnement ici politique. Le seul avantage d'avoir des nausées dans ces moments-là, c'est de savoir qui nous allons bientôt "vomir" mais surtout, elles nous permettent de comprendre très rapidement que les épiciers de l'esthétique subversive ou branchés ne peuvent servir qu'une soupe rance faite avec les légumes pourris du Marché. Le consensus marchand et la survie du petit commerce obligent.


*

NOTES


* Comme "la boxe populaire anti-fasciste" ! Grand fantasme militaro du milieu gauchiste qui sur ce terrain s'est toujours fait dépasser. Alors que le "coeur" se trouve au niveau de l'attaque collective des rapports de production pas du corps à corps individualiste. Nous attendons avec une certaine impatience le prochain groupe de zozos qui sortira un "Rugby communiste libertaire" ou le "free fight anarchiste". mdr.


(1) On pourra lire: Les Meutes sportives : Critique de la domination Jean-Marie Brohm Editions L'Harmattan ou La tyranie sportive : Théorie critique d'un opium du peuple Editions Beauchesne ou visiter le site de la revue Quel Sport ? et les contributions de Fabien Ollier à ce sujet.

(2) Radicalité au sens de: prendre les choses à la racine. Pour être assez franc l'actualité foot-babalistique ne nous intéresse absolument pas. En revanche cette manière de traiter des questions de l'économie-politique par le biais d'une technique de vendeur d'aspirateurs et du pied dans la porte ou la technique du "versus" celle du "contre" ou du mauvais et du bon coté "de" est des plus qu'affligeante intellectuellement. Par exemple pour les aficionados de ce genre de proudhon-neries voici une liste de thèmes qu'ils peuvent traiter comme ils le souhaitent. (L'esclavage, le fascisme,  la coupe iroquoise, les jeans, la musique folk, l'énergie nucléaire, la guerre d'Espagne, François Ruffin, la samba, etc...)




 Copa para quem  


Complément.

Pour affiner le propos et pour ceux qui veulent réfléchir au-delà des facilités de lectures ou d’interprétations. Entendons ici que les figures du "radical filou" ou "des professionnels radicaux de la démerde" sont comprises dans le "spectacle"  de la "réussite sociale" ou "du travailleur fier et digne" elles s'articulent, s'entretiennent. Vouloir dénoncer l'une sans l'autre c'est comme de dénoncer le "mauvais foot" sans liquider le "bon". Ces figures s'alimentent comme de fausses oppositions, contestations, qui restent toujours dans le cadre de la saloperie marchande et permettent à cette totalité de se légitimer. Ne pas le comprendre (alors que nous sommes nous mêmes précaires et/ou sous-payés à faire des boulots de merde) c'est ne rien comprendre au totalitarisme de la marchandise et de ses messages, injonctions ou de sa mystification. Moraliser les moralisateurs, du foot, de "l'idéologie de la démerde" comme esthétique ou fausse subversion ou de la "finance à réguler", c'est aussi dénoncer les tartufes de la critique sociale et de l'économie politique, qui font toujours la moitié du chemin ! Le véritable question c'est pourquoi ? Un "pourquoi" qui tire à plus de 10.000 exemplaires et dont nous devrions sans broncher accepter le point de vue (et son "vu dans la presse"). Pour ceux qui veulent polémiquer avec nous quant aux "vertus" du salariat et du "travail comme valeur" (c'est à dire comme idéologie mortifère) et pas comme "Valeur travail" (là il faut relire Marx) veuillez vous rendre sur l'onglet nos positions pour éviter toute perte de temps. 
L'ironie de l'histoire c'est de faire passer toute critique pour du "ressentiment" ceci dans un rapport de force en notre défaveur. Le "psychologisme" en politique est une arme bien connue du déni du rapport de classe et des déterminismes. Nous pouvons ainsi élargir notre propos sur le foot jusqu'à l'idéologie de la "démerde individuelle" car cette approche méthodologique et critique que nous adressons aux postures "anti-travail" (1) n'est absolument pas souhaitée, désirée (2) par la majorité des prolétaires, mais subie ! (3) Attitude que nous renvoyons ainsi à son pendant, c'est à dire l'idéologie du travail
Nous ne défendons pas plus une position politique qui serait celle de "l'anti-anti-travail" tout aussi inconséquente, mais la disparition du monde qui permet ce types d'idéologies mainstream, comme celles de la caricature volontariste de l'écolo-gauchiste à poncho ou de l'honnête travailleur à salopette bleue. 

(1) Qui esthétise sa situation de classe, comme rapport au monde surtout quand elle intervient dans les structures journalistiques de "gauche" pour vendre des discours "radicaux" aux classes moyennes, qui sont elles dans des situations de confort. Stade suprême de la marchandise...comme toute l'industrie de la subversion d'ailleurs qui vient alimenter des représentations, mais aussi entretenir une certaine passivité dans cette consommation de succédanés de luttes, attitudes, modes.

(2) Et qui n'arrive décidément pas à "romantiser" cette situation contrairement aux "décroissants joyeux" souvent profs de facs ou aux mondains lookés précaires avec le porte-feuille de papa.

(3) Mot d'ordre toujours à remettre dans son contexte c'est à dire à historiciser, sous peine de virer au moralisme, mépris, élitisme de ceux qui ne pas peuvent assumer ce "choix" d'une période qui a été favorable à ce type d'attitude et qui reste de l'ordre de l'éthique et pas une solution politique, obligatoirement collective.




jeudi 12 juin 2014

Pour une critique de l'idéologie acataleptique

Pour une critique de l'idéologie acataleptique

"Il discourait un jour sérieusement et personne ne l’écoutait; alors il se mit à débiter des balivernes, et vit une foule de gens s’empresser autour de lui : « Je vous reconnais bien, leur dit-il, vous accourez auprès de ceux qui vous content des sornettes, et vous n’avez qu’insouciance et dédain pour les choses sérieuses." 


DIOGENE LAERCE, Vies et doctrines des philosophes de l’antiquité.
Livre VI - Chapitre II. DIOGÈNE - Livre VI (1 Antisthène - livre VI.


De nos jours l'accès à un courriel peut s'avérer être l’équivalent d”une véritable boite de pandore. Entre les réclames qui vous promettent un priapisme contrôlé et bon marché ou la perte inopportune de quinze kilos en quarante-huit heures, ont y trouve aussi très régulièrement des sujets qui éveillent autant la perplexité que l’interrogation, surtout quand ils vous convoquent sous la bannière de la provocation. Procédé si cher à la démarche publicitaire ! Ainsi il y a peu, nous trouvions, à coté d'un truc de “mère au foyer” pour avoir les dents blanches, cette invitation à la méditation acataleptique (1) : "Douter de tout… pour tenir l'essentiel".(2)

Ne nous revendiquant pas particulièrement de l'École du « marxisme des foutaises » et ne nous rendant que trop rarement sur les hauteurs de la Montagne Sainte-Geneviève.

Nous décidons alors de reprendre nos quelques vieilles leçons désignées par les anciens de propédeutique.

Nos idées bien plus claires, il nous fallait donc nous attaquer à cet ersatz d’aphorisme dont les ambitions imagées, flirtent plus avec le conte morbide pour enfants qu’avec la sagesse antique. Nous voila donc plongés dans une étrange science des interprétations. Trop peu familiers de la tradition occultiste, nous décidons alors d’en rester au niveau littéral de son interprétation. Laissant ainsi aux adeptes des acronymes foireux, le soin de tenir conférence, sans nous il va sans dire.

Ainsi comment peut-on “douter de tout, pour tenir l'essentiel” ? Parce que si l'on doute de "tout", l'essentiel doit aussi être "mis en doute" et alors avec ce "doute" plus rien n'est sûr....même cet "essentiel". Et nous voila alors à douter de tout comme de l'essentiel. Car la conséquence intellectuelle, (gageons ici de parler d'honnêteté) ne peut que nous pousser à interroger cet “essentiel” sous peine de faire la moitié du chemin de la remise en question. L'essentiel faisant forcement partie du Tout, pourquoi doit-on y "tenir" ? N'est-ce pas plutôt lui qui nous "tient" sauf à se balader tranquillement dans le "ciel" des essences et du doute. Enfin bref, etc...

N'avons nous pas là ce que nous pourrions appeler une forme de sophisme ?

Le propre de ce genre de figure rhétorique, proche du slogan (ou de la flûte théorique) n'a pour objet que de déclencher la sidération et de provoquer l'anéantissement de l'intellect et de la réflexion. Ceci au bénéfice d’une théorisation para-doxa-lement dogmatique puisque définitive. Le doute étant érigé en méthode d'analyse systématique. (comme nous l’avons démontré : voir ci-dessus).

Douter (surtout de tout) ne peut pas être une approche du réel et de sa complexité. Il faut lui préférer la construction d’une méthodologie pour éviter les régressions scolastiques. Mais surtout une pratique nourrie d'une théorie critique d'investigation du monde qui doit déboucher sur l’élaboration d'outils tranchants qui seront certainement émoussés et qu'il faudra perpétuellement aiguiser. Ceux-ci serviront à cette compréhension nécessaire d’une totalité en mouvement, dont il ne faut pas “douter” mais qu’il faut comprendre, expliquer, pour enfin se ré-approprier et donc dépasser l’Objet (ou son Sujet) qui permettra de transformer le réel existant. Car le doute systématique ne mène qu'à la contemplation et à l'inaction, au psittacisme (3). C'est un affect à peine pré-cartésien (4) du rapport au monde que nous pouvons volontiers qualifier de mystique, quand il s’applique au champ politique.

La lutte de classe ne se nourrie pas de « doutes » mais de combats et d'une praxis-processus. Cette lutte est le produit des rapports sociaux de production subit quotidiennement et du dressage total marchand. Son école c'est la rage et la souffrance, l'humiliation constante de notre Etre objectivé à chaque instant. C’est l’'impossibilité de joindre les deux bouts. Se sentir aussi merdique que ce que l'on “produit”. La haine de classe ne laisse pas de place aux doutes. Seulement à une tension rebelle vers le dépassement,  car nous n’en pouvons plus d’attendre. Le combat de classe impose plus qu’il ne remet en cause ou ne se tortille autour du doute, ce luxe. Voila pourquoi nous ne doutons de rien...n’en déplaise aux douteurs et aux douteux.


(1) Doctrine philosophique qui fait profession de douter de tout.

(2) Il faudra que l'on nous entretienne plus longuement sur ce Tout et sur cet essentiel…

(3) Pour s’en convaincre il est bon de se rapprocher de l’école antique de philosophique sceptique et plus précisément de Pyrrhon d'Élis "qui renvoyait à ses disciples ou à son entourage des perceptions paradoxales des situations les plus simples c’est à dire l’indifférence devant les trous ou autres dangers entravant son chemin, ou encore devant la noyade d’un de ses amis incapable d’embrasser l’ataraxie du sage au milieu d’un bourbier marécageux."

(4) Descartes écrivait déjà en son temps « Au lieu de cette philosophie spéculative qu'on enseigne dans les écoles, on en peut trouver une pratique, par laquelle, connaissant la force et les actions du feu, de l'eau, de l'air, des astres, des cieux, et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. » critique toujours féroce et valable de qui vous voudrez ceci pour le sujet qui nous intéresse. Pour une critique du scientisme (l’idéologie de la science) possible avec ce type de perspective, ou du reste, précisons ici que ce n’est pas l’objet du texte.