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« LOI TRAVAILLE ! » - Émission des 8 mai & 14 mai + Émission impromptue !

jeudi 18 mai 2017

« LOI TRAVAILLE ! » - Émissions des 8 et 14 Mai 2017 de Radio Vosstanie !

« LOI  TRAVAILLE ! »
Chronique d’une offensive antisociale annoncée.

Prochaine très longue émission de 
Radio Vosstanie !

Avec le Garap, Zones subversives, Vosstanie
et différentes interventions de Dieppe, Marseille, Paris.


Les 8 et 14 mai à 14h.
puis en re-Diffusion (Pendant deux mois )

ou

TÉLÉCHARGEMENT


durée 9h52 minutes.

Quelques liens et textes pour alimenter le propos.


Un hommage à Carlos da Fonseca (1940-2017)

Hommage à Carlos da Fonseca (1940-2017) que nous avions rencontré il y a maintenant très longtemps, souvent ici et la....il prenait le temps. Des rencontres, des discussions qui marquent forcement votre existence. Il avait été marqué par deux livres dont il parlait souvent La dialectique négative d'Adorno et L'increvable anarchisme de Louis Mercier-Vega.

Nous reprenons les propos de la librairie Letra Lde Lisboa.


Carlos da Fonseca (1940-2017)

O historiador Carlos da Fonseca faleceu em Paris, no dia 9 de Maio, na sequência de uma doença com que se debatia, quase secretamente, há muitos anos, e que a partir de certa altura muito debilitou a sua actividade de autor.

Historiador do movimento operário e do anarquismo em Portugal, lega-nos, em particular neste domínio, uma obra considerável, das reedições comentadas de «textos esquecidos» aos quatro volumes, essenciais, da sua História do Movimento Operário e das Ideias Socialistas em Portugal (Europa-América), passando por volumes como Integração e Ruptura Operária (Estampa). Os seus últimos livros conhecidos, Para uma Análise do Movimento Libertário em Portugal e O 1º de Maio em Portugal, foram publicados pela Antígona.

Carlos da Fonseca nasceu em Peniche, onde começou a trabalhar aos 11 anos de idade, passando por diversos e provisórios ofícios. Nos anos 60, refractário ao exército colonial, exilou-se em França,
onde fez longos estudos universitários, primeiro na Universidade de Paris VIII (Vincennes), depois na École Pratique des Hautes Études, onde se acentuou a sua vocação investigativa. Foi professor de história e cultura portuguesa na Universidade de Paris VIII e, posteriormente, na Sorbonne.

Personalidade de uma obstinada discrição, pode aplicar-se-lhe o verso programático de Luiza Neto  Jorge «Não me quero com o tempo nem com a moda». Mas a sua veia satírica, embora pouco exposta, surgiu por vezes em textos não assinados como «Desratização», publicado na revista Pravda, em que investe contra os «fabricantes de opinião»: «Subindo pelos canos de esgoto do vedetariado servil, invadiram a imprensa, instalando-se nas redacções, para daí contagiarem, com visível perigo sanitário, as crédulas populações, através de doses de informação mercenária». A sua obra de historiador rigoroso e influente está a necessitar de uma atenção redobrada. Nestas toscas linhas, daqui saudamos a sua memória de homem inteiro.



vendredi 12 mai 2017

Émission impromptue ! (Radio Vosstanie !)

Émission impromptue !

 http://www.mediafire.com/file/uzud2x0efok8xe0/Emission_impromptue_du_8_Mai_2017.mp3
ÉLECTIONS DONT ON A RIEN A F.....

Emission enregistrée en direct le 8 mai à 19h30 - 100 minutes

Fascisme, Démocratie : Choisis ton exploitation camarade ? (Archive du 1er Mai 2002)


Merci à Brunel du Garap et Manu de Travail contre Capital

Un son entre deux émissions du 8 et 14 mai 2017 à 14h sur la

Chronique d’une offensive antisociale annoncée.
(Diffusée en ce moment sur la web radio, et prochainement en téléchargement)


dimanche 30 avril 2017

Fascisme, Démocratie : Choisis ton exploitation camarade ? (Archive du 1er Mai 2002)

Il y a 15 ans on écrivait et distribuait ça.
l'atmosphère n'était pas forcement la même...

Fascisme, Démocratie  
Choisis ton exploitation camarade ?

«Les ouvriers doivent toujours et partout combattre le capitalisme, et peu importe s'il se sert des formes de gouvernement démocratiques ou fascistes. Aussi bien sous le fascisme que sous le démocratie, les travailleurs salariés sont exploités par le capital» Räte-Korrespondenz n°14 déc. 1935
Lorsque l'on sait que la Chambre des députés de 1936, mêlée en 1940 au Sénat, vote en faveur de Pétain par 569 voix contre 80 ; et que, pour l'essentiel, les orientations économiques et sociales du régime de Vichy ainsi que le personnel de l'administration et des affaires sont conservés par la « Libération » , il faut bien que notre temps soit écrasé sous des tonnes d'idéologie pour ne pas voir le peu de réalité de l'opposition entre « fascisme » et « démocratie », « droite » et « gauche ».

Le développement du capital entraîne comme conséquence l'obéissance du prolétariat, par l'intégration douce ou violente des structures de contestations (Gestion de la force de travail par les organismes syndicaux, bureaucratie, folklore de la grève gymnastique, dressage, idéologie, etc.). Sur le terrain de l'extraction de la plus-value, la concurrence avec les autres capitaux s'imposent chaque jour et avec elle, l'intensification de l'exploitation.

Le démantèlement des « acquis sociaux » obtenus par les combats ouvriers et les concessions du capitalisme après la 2ème guerre mondiale, amène certains à redécouvrir une logique qui n'a jamais disparue: le processus capitaliste. Les économistes bourgeois, les régulateurs de tous poils, les marionnettes « Attac-istes » ou les promoteurs du « capitalisme à visage humain », ne font que retarder l'affrontement des classes en aménageant leurs places, aussi précaires soit-elles.

Que le pouvoir puisse être, ou soit, aux mains des Partis ou organisations dites « ouvrières » ne changerait qu'une chose : la démagogie ouvriériste serait encore plus accentuée, mais elle n'épargnerait pas aux ouvriers la répression la plus sévère, si celle-ci devenait nécessaire. Le triomphe du capital n'est jamais aussi total que lorsque les travailleurs se mobilisent pour lui !

Quand les organisations bourgeoises et gauchistes croient faire preuve d'extrémisme ou de radicalité en criant au fascisme et en invitant à se mobiliser pour le « moins pire », elles évitent de critiquer l’État comme outil de gestion du capitalisme.

L'essence de l'antifascisme consiste à lutter contre le fascisme en promouvant la démocratie bourgeoise, donc à ne pas lutter contre le capitalisme.

Pour nous protéger des excès du capital, l'antifascisme n'imagine que de se faire le champion de l'Etat fort et de reprendre « en moins pire » les mots d'ordre du Fascisme : Le bruit et l'odeur, toute la misère du monde, produisons Français, emplois bidons, éloge de l'entrepreneur individuel , poujadisme, militarisation de la société, remise en cause du droit de grève, etc. La fascisation des esprits et de la société a commencé.

La lutte pour la démocratie bourgeoise représente donc un puissant dérivatif pour arracher le prolétariat du terrain des luttes sociales et de l'affrontement inévitable des classes, et l'entraîner dans les voltiges contradictoires où l'Etat opère sa métamorphose de démocratie en Etat fasciste.

La matrice du fascisme c'est le capitalisme qui n'hésite pas à se faire autoritaire et ceci de manière « démocratique » !

Le seul antifascisme conséquent est de lutter partout et à chaque instant contre le capitalisme. Le Fascisme, c'est bien le capitalisme : le meilleurs des racismes, des darwinismes. Plus besoin de théories racistes ! Les forts écrasent les faibles, l'économie fait loi, le profit autorité. La division internationale du travail n'est-elle pas le plus grand des racismes ? Et la loi du profit ou de la plus value accumulée, l'exploitation et la précarité le plus grand des autoritarismes? 
Os Caseiros 1er Mai 2002





VOIR AUSSI 


mercredi 26 avril 2017

La Gauche identitaire contre la classe: aux sources d'une régression (Parution)

La Gauche identitaire contre la classe: aux sources d'une régression (Parution)
 Éditions Ni patrie ni frontières - 12€ 


"Ce livre rassemble des articles d'Adolph Reed Jr, de Loren Goldner et João Bernardo. Goldner et Bernardo sont deux militants qui ont beaucoup écrit depuis les années 70 sur des sujets très divers, mais dont les analyses sont inconnues en France, conformément à une vieille tradition franco-centrée du mouvement ouvrier, de l'extrême gauche et du mouvement anarchiste. Quand à Reed. il s‘est surtout intéressé à l'histoire politique des Afro-Américains et à la critique du rôle politique et des idéologies propagées par la petite-bourgeoisie noire.

Les discussions autour des identités nationales, ethniques ou religieuses prennent de plus en plus de place dans les débats (et même les affrontements physiques) en France. Ces discussions ignorent, d’un côté comme de l'autre, l'origine des concepts brandis ou critiqués.

Loren Goldner, qui participe à la revue marxiste américaine en ligne Insurgent Notes, et milite dans la patrie des théories raciales (de «gauche» comme de droite) et du multiculturalisme, retrace les sources historiques, scientifiques, religieuses et philosophiques du concept de race en Europe et son utilisation spécifique aux États-Unis. Il démonte les contre-vérités sur les Lumières diffusées par les conceptions identitaristes en vogue dans les universités américaines et désormais dans les milieux alterrnondialistes, libertaires et radicaux européens. Pour conclure, il analyse «le moment historique qui nous a produits» depuis un siècle et demi et se demande si la «recomposition du capital» mènera — ou pas — à une révolution mondiale.

João Bernardo, marxiste libertaire portugais vivant au Brésil, nous aide à comprendre ce qui est arrivé aux différentes gauches, la vieille gauche réformiste et stalinienne, les nouvelles gauches et les gauches postmodemes. Il dévoile les multiples aspects néfastes du postmodemisme et du multiculturalisme sous le capitalisme actuel, deux idéologies qui imprègnent profondément l'extrême gauche et le mouvement libertaire. Nous publierons bientôt un recueil de textes de Joäo Bemardo contre l'écologie, cette «escroquerie» moderne et traduirons aussi d’autres articles d’Adolph Reed Jr. sur la « question notre » aux États-Unis."

 

lundi 24 avril 2017

Point de vue image de classe (17) - Le vote donc je fuis….je bois donc je nuis.

Point de vue image de classe (17)

Le vote donc je fuis….
je bois donc je nuis.




On ne peut pas douter un seul instant que toutes les vitrines ou s’étalent les marchandises, devront un jour être définitivement brisées. Il en va de même de toutes les vitrines politiques et du racket “citoyen”.

Mais pourquoi est-ce que je trouve la “propagande” anti-électorale aussi épuisante ces derniers temps ? Peut-être parce qu’elle s’invite trop régulièrement comme ses marronniers journalistiques ou ces slogans usés que l’on ressort à dates fixes.

Il est probable que ce qui me fatigue le plus touche à cette injonction à la “révolte” quasi obligatoire. Comme ce slogan vague et presque “libéral” du “prendre ses affaires en main”. Vous reprendrez bien un peu d'insurrection obligatoire ? ou un peu de "contrôle" de "Ta" vie.

Qu’est-ce que cette “propagande” peut bien avoir à dire à l’électeur qui pense qu’être “révolutionnaire” c’est le smic à 1700 euros net ?

A moins que celle-ci ne s’adresse déjà à des convaincus ?

Quant à ceux qui ne le sont pas, ou qui n’imaginent pas même une seconde être concernés par tant d'efforts déployés par les petits bras militants, n'y a t-il pas quelque chose de désespérant ?

Peut-être que le comble est atteint dans cette fameuse antienne du "2ème tour social" qui est devenu ces dernières semaines, et comme par magie électorale (ou opération du Saint Volontarisme) le premier !  Est-il censé légitimer la suite des événements ou les clones et les clowns rivalisent dans le ridicule et le monstrueux ?

Entre des injonctions typique du coaching en "révolution", les appels au changement pour ....bien plus tard, mais qu'on gueule fort ou encore les jérémiades misérabilo-trotskistes mon non-choix est fait:

Je prépare ma bouteille, et ma destination vers des terrains, disons, moins vaseux.

Boire pour oublier ? 

Il s'agit simplement de rejoindre les ami(e)s ! 

On adore regarder les tronches se déconfire et la samba des votes "sans illusions". Il est toujours bon de savoir qui sont les idiots utiles du moment ou de sonder qui bosse pour qui en dernière instance.

L'hydre capitaliste à des têtes improbables.

En couper une ne servirait à rien, et comme nous n'avons pas beaucoup d'imagination il nous restera nos bouteilles....

(on sait jamais) 

et un peu de ce chiffon noir
qu'on aime pas trop agiter
qu'on ira prendre à ceux 
qui adorent le faire flotter
pour nous inviter sans surprise 
A brader !
le peu de ce qu'il nous reste
dans cette triste supérette
qu'on irait bien 
cramer !



Emission La lutte des classes au Portugal (Archives 2014 pour les 40 ans)

Emission La lutte des classes au Portugal
(Sur la révolution dite des "oeillets" ou la transition démocratique portugaise)


Cette émission est dédiée aux prolétaires anonymes, aux insoumis, déserteurs, objecteurs, à ceux qui ne dissocient 
pas les moyens et les fins.


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Téléchargement
Des parties 1-2-3-4-5
durée totale 17h26 minutes


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Émission du  6, 13, 20 septembre 2014


*
 Pour la trame de notre émission nous nous inspirons de l'ouvrage de Phil Mailer.
Portugal: The Impossible Revolution ?  First published by Solidarity (London) 1977.
 Portugal: a revolução impossível ? - Porto Ed Afrontamento 1978.




1ere partie
Enregistrée le 6 septembre 2014

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Présentation
Objet et but de l'émission - A propos de Le Portugal ...? et Après ! - ArqOperaria ?
De la mémoire à l'enterrement. Nos propres limites....

Situation historique et 
données économiques de l'époque.
-
La conception putschiste 
de la révolution sociale. 
Le rôle de l'armée ou la conception bourgeoise de la révolution.
Avec Charles Reeve 
(Autour de l'ouvrage édité aux Éditions Spartacus en 1976) 

Voir aussi notre émission du 25 janvier 2014 
(Itinéraire bio-bibliographique)

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TELECHARGER LA 1ère PARTIE
227 minutes

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Sur les expériences d'auto-organisation.
Commissions de "moradores", commissions de travailleurs, commissions inter-entreprises, occupations des terres, sur le non grand-parti.

Témoignage sur les commissions 
de "moradores" et parcours de:
 José Hipólito dos Santos. 
Ancien membre de la LUAR (Liga de Unidade e Acção Revolucionária) - Des Cadernos de Circunstancia.
Acteur de la révolte da Sé en 1959 et du "Golpe de Beja" le 1er Janvier 1962.
-
TELECHARGER LA 2ème PARTIE
136 minutes


+ Itinéraire En 5 parties.



1- Premiers engagements - Seara nova et Antonio Sergio - La révolte da Sé - Golpe de Béjà, la prison. 
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2 - L'Exil - de L'Algérie au Maroc. 
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3 - Les Cadernos de Circunstância et Mai 1968. 
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4 - La LUAR. 
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5 - Retour au Portugal en 1974 . Des "moradores" au PRP. 
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- Sur les Cadernos de Circunstância - 
41 minutes -

TELECHARGER LA 3ème PARTIE
(Les 5 parties de l'itinéraire en 1 fichier compressé)
274 minutes


Sem Mestres nem Chefes o povo tomou a rua A Revolta de BEJAFelizmente Houve a LUAR - Para a História da Luta Armada Contra a Ditadura
* 

2ème partie.
Diffusée le 13 septembre 2014


L'expérience du Journal Combate (1974-1978)
Avec João Bernardo.
Les forces "politiques" en présence.

Régressions, récupérations et limites. 
De "l'autogestion" au capitalisme d'Etat, de l'autonomie aux élections, la non-révolution culturelle, Une expérience Portugaise ? Pour une critique de la chronologie "politique".

40 ans après quelles perspectives ?
Débat et point de vue autour de "Les Portugais face à la crise - Grèves, manifestations, occupations 2010-2013 " traduit du portugais par le collectif Les Ponts Tournants et édité  par les Edições antipáticas.  Avec le GARAP.

(Discussions sur "les Portugais face à la crise" du 11 et 13 avril 2014 avec des membres du Collectif des Edições antipáticas)

Télecharger
Rencontre du vendredi 12 avril 2014 à Paris  [Télécharger]
- Rencontre du dimanche 13 avril 2014 au Rémouleur à Montreuil [Télécharger]

Conclusion de l'émission

João Bernardo, Charles Reeve, José Hipólito dos Santos, Eduardo de Sousa de librairie Letra Livre à Lisbonne, au Garap.

Mais aussi à 
Brunel, Blek, Henrique, Lino, Ben, Rosa, Anne-Emilie de Radio Panik, Manuel, Tonio, Judith et les autres....




A suivre...

Pour suivre la compilation de documentation en cours:



Photographie de José Marques


Série de cartes postales éditées sous: A Esquerda da Esquerda documentos para a História de uma
Revolução






mercredi 19 avril 2017

Mudar de Vida, José Mário Branco, Vida e Obra (Disponible en DVD)


Mudar de Vida
José Mário Branco, Vida e Obra


 
Desde o Estado Novo aos dias de hoje a voz de José Mário Branco e sua obra resistem. Amado por uns e temido por outros, as suas canções escritas há mais de 40 anos não perderam a actualidade. Ouça-se o protesto levado ao extremos no tema F.M.I., escrito em 79, canção maldita para os portugueses (proibida de ser emitida nas rádios por ordem expressa do autor). Seguindo os passos de Zeca Afonso, faz deste movimento de protesto um dos marcos mais importantes na arte e cultural do século XX, quer pela sua acção quer pelo seu efeito. Um documentário sobre o cantautor portuense que desde os anos 60 tem contribuído para a reinvenção da música portuguesa.

 
Réalisateurs Pedro Fidalgo et Nelson Guerreiro

avec José Mário Branco
Sérgio Godinho
Camané

Durée 116 Minutes. 

DVD - Sous-titrés : Portugais, Anglais, Français, Espagnol 

Année 2014

 Editeur Alambique

jeudi 6 avril 2017

"Distancier" Brecht ! (A propos de L'exception et la règle de Bertolt Brecht par la Compagnie Jolie Môme.)

"Distancier" Brecht ! 

A propos de L'exception et la règle de Bertolt Brecht par la Compagnie Jolie Môme.


On apprécie la compagnie Jolie Môme. On aime forcément se pointer dans cet espace un peu rouge un peu noir, même si on a toujours du mal en affreux sectaires que nous sommes à y voir la presse des staliniens manqués trôner sur le présentoir de l'entrée. Les "temps sont difficiles" chantait Léo "Rien n'a changé, on tourne en rond"...

On s'est donc rendu à la Belle Étoile à Saint de Denis pour y voir l'Exception et la règle (Die Ausnahme und die Regel) de Bertolt Brecht écrite en 1929/1930. Une pièce dite "didactique" qui s’inscrit parfaitement dans la démarche de la troupe, c’est dire d’un théâtre d’agit-prop.

Brecht intrigue. Peut-être parce que nous n'avons pas été au cœur d'un monde où celui-ci était présent, pesant jusqu'à l’écœurement, et ou les canons brechtiens devaient être respectés religieusement sous la houlette de Hélène Weigel.

Brecht l’exilé, ami de Karl Korsch et de bien d'autres nous est fort sympathique sur certains points, mais bien désespérant pendant les événements du 17 juin 1953 à Berlin par exemple (1). Un Brecht trop "sale" d'être devenu un Stal.

Nous ne sommes pas étrangers à l’univers, au propos Brechtien et la curiosité nous pique chaque fois que l’on s’attaque aux textes marqués au fer “rouge” par l’histoire. S’invite alors la question qui nous traverse régulièrement - Qu’est-il possible d’entendre de ses prises de position esthético-politiques actuellement ? Ne sont-elles devenues que des recettes pour publicitaires ? ou des subterfuges mous pour des militants volontairement chiants de l’amertume ?

C’est le risque du “didactisme” autre mot finalement pour le “pédagogisme” en politique de virer à la leçon et aux exercices, et donc aux rabâchages peut-être même à l’interro par le M. Le professeur-docteur dont on se passe aisément. Il est très difficile d’éviter de tomber dans le piège du “spectateur” consommateur…

L'époque produit bien certainement ses formes de passivités, Brecht en était conscient. (1). La cie Jolie Môme est bien sûr au fait des écueils, et on imagine que l’approche ou le parti pris de la mise en scène défendue par la compagnie œuvre encore une fois à casser cette l’approche purement passive.

Nous ne dévoilerons pas la prise de risque "esthétique" plutôt bien vue ! Qui s’attelle à “distancier” la pièce de Brecht elle-même, et à briser ce qu’il y a de plus plombant dans ce didactisme. Qui selon les moments de sa propre vie ou de son histoire reste audible ou carrément assommant.

“Brechtiser” Brecht en quelque sorte jusqu’à là commedia dell'arte…!

On défendra jusqu'à l’option du jeu sur la verticalité comme dénonciation de la domination de classe …Tout autant la circularité "cirquesque" comme métaphore de ce que l'on voudra (2). Mais la compagnie grâce à la répartition des rôles pousse le propos jusqu’à la critique des rapports sociaux de sexe. Celui-ci prend toute sa dimension à la fin de la représentation.

Ceci toujours en prenant bien soin (grâce à Brecht) de s’éviter de trop personnaliser les rapports sociaux ou de trop lisser les responsabilités des "acteurs de la marchandise". Point de moraline donc ou de solutions toutes faites dans cette “farce” ?

Car on se demande finalement, si à trop “muppetifier” la démarche, la substance du propos, ne parait pas trop écrasée ? voir minimisée par toute l’attention et l'effort demandé au spectateur ? déjà mobilisé par cette “transparence” scénographique ? A trop vouloir “distancier” ne met-on pas trop de distance ?

Si le “qui parle” et par quel “biais” nous paraît réussi, il nous semble que le “de quoi parle t-on au juste” ne nous semble plus très évident.

A défaut de s’être profondément emmerdés nous aurons assisté à une belle performance. Ya du taf comme disait l’autre.

Mais qui de nos jours peut bien décrypter cette approche ? Non pas que le propos soit inaccessible mais parce que le parterre est composé de gens déjà convaincus et c’est peut-être la, que le théâtre “militant” loupe son “objet”. L’a t-il déjà rencontré reste un vaste sujet peut-être déjà tranché par la sociologie et les comportements des consommateurs de culture même radicale, qui viennent pêcher des représentations d’eux-mêmes et conforter des conceptions du monde.

Au delà du débat fond / forme dont l’équilibre reste aussi dense que précaire, il n’en reste pas moins que demeure une question qui nous semble importante. Le théâtre est-il là que pour nous réconforter ? (3) c’est fort possible ! Cela peut paraître désespérant pour certains, pas pour nous….En évitant de se faire chier (c’est évident) mais en faisant tourner quelques neurones on contresigne !


Notes

(2) De la circulation du capital à l'esclavage salarié....  
(3) Ou nous conforter. 

jeudi 30 mars 2017

Pour une critique de l'idéologie Identitaire (Transcription de l'émission de Radio Vosstanie du 18/06/2016)

Nous reprenons le Communiqué 57 (du mois de Mars 2017) de nos camarades du GARAP ou l'on trouvera la transcription de l'émission du 18 juin 2016 de l'émission de Radio Vosstanie au format PDF :



Pour une critique de l'Idéologie Identitaire



"J'ai envie d'être plus direct, il est temps qu'on fasse de l'oseille
C'que la France ne nous donne pas on va lui prendre
J'veux pas brûler des voitures, mais en construire, puis en vendre"


Kery James, signataire de l'appel à la Marche pour la justice et la dignité du 19 mars (1)


Nous soumettons, ci-dessous, à la sagacité de nos lecteurs la retranscription de l'émission « Pour une critique de l'idéologie identitaire – Contre l'assignation, pour le dépassement & la totalité », diffusée sur Radio Vosstanie. Enregistrée en juin 2016, cette émission conserve – hélas – toutes son actualité, comme l'illustre l'organisation de la marche dite « pour la Justice et la Dignité » du dimanche 19 mars 2017.

Cette infecte procession pro-capitaliste à forts relents identitaires est non seulement cautionnée par bon nombre de débris issus du trotskysme (2), du stalinisme (3), du citoyennisme (4), des Verts (5) ou du Parti Socialiste (6) mais également par moult structures à prétentions autonomes (7), libertaires (8) et antifascistes (9) Ces dernières n'ignorent pourtant rien de la nature et des buts de cette marche. Moyennant cette manifestation commune avec des réacs patentés, il s'agira en effet notamment, pour les forces déclinantes de gauche et d'extrême-gauche (dans leur forme tant partidaire que syndicale et associative), de tenter d'effectuer une récupération politique de la légitime révolte suscitée par les récentes exactions policières à Persan (10), Aulnay-sous-Bois (11) et partout ailleurs.

À défaut de faire reculer d'un pouce les « injustices » (12) – ce qui est pourtant son objet officiel –, la manifestation du 19 mars viendra surtout acter l'avancée croissante du confusionnisme sous-fasciste à gauche, i.e. l'existence de liens de plus en plus ouvertement assumés entre les tenants d'idéologies à prétentions progressistes ou révolutionnaire et certaines franges (patronales, politiques, artistiques) outrageusement réactionnaires de la société. Cette resucée grand-guignolesque du pacte germano-soviétique ne peut évidemment espérer s'imposer qu'en annihilant toute forme d'esprit critique au sein du prolétariat – à qui la manœuvre s'adresse principalement. Les exploités se voient dès lors sommés de mettre leur cerveau en pause et de recourir à la doublepensée (13) – cette forme d'auto-aveuglement acquis permettant de concilier l'inconciliable. Quelques exemples valant parfois mieux que de longs discours, nous relevons, à toutes fins utiles, les incongruités suivantes :

Le 19 mars sera une journée de confrontation-non-violente-avec-la-police :
D'un côté, des LGBT racisé-e-s t'invitent à manifester, car « l'histoire des luttes lgbt, comme toutes les luttes des minorités, est celle de la confrontation avec l'État et ses institutions, dont l'intermédiaire premier et le plus coercitif est la police ! » (14).

Pourtant, ce même-jour, tu auras le droit de t'habiller en noir et de te masquer... uniquement, selon des « ex et futurs membres du cortège de tête », si c'est dans le but de t'insérer démocratiquement dans un black bloc poli et non-violent : « Des familles de victimes de crimes policiers, rejointes par des dizaines d'organisations politiques et de signataires individuel.le.s, ont appelé à la tenue d'une marche non-violente, invitant à ce qu'y défile un cortège révolutionnaire [...] Si les familles des victimes appellent à une marche non violente, allons-y, masqué.e.s, mais en respectant cette idée d'être « non-violent.e.s ». On est dans le même camp, agissons ensemble. [...] La séquence actuelle est différente, on aura d'autres occasions d'exprimer notre rage. » (15) Est-il utile de préciser que ce cortège-de-tête-mais-pas-enragé sera situé... à l'arrière de la manifestation (16) ?

Le 19 mars, des féministes (17) et des LGBT (18) appellent à défiler main dans la main avec des ennemis déclarés de l'égalité entre femmes et hommes et des homophobes notoires, de Houria Bouteldja (« J'en viens à préférer les bons gros machos qui s'assument. » (19) à Kery James (« Hardcore, deux pédés qui s'embrassent en plein Paris [...] Hardcore, le dévergondage des femmes dans le monde entier » (20) en passant par le frère musulman Tariq Ramadan (« Nous n'allons pas, nous, dans le même sens que ce qu'on peut voir dans la société occidentale, en disant : pour véritablement montrer que la femme est libérée, il faut qu'elle puisse devenir maçon ou camionneur. Nous on dit : ça sert à rien ça. On va pas devenir stupides au point de dire : montre ta libération, deviens camionneur, conduis un camion, putain tu vas montrer que... Travaille dans le domaine de compétence qui est le tien à partir du moment où, dans la famille, on a trouvé un équilibre. »(21), le rappeur Tunisiano membre du groupe Sniper (« J'aime pas la BAC, les travelos et les gays [...] « J'aime pas les impôts, les taxes et leur connerie de PACS » (22 ) ou encore le truculent Samy Naceri connu notamment pour avoir harcelé et menacé son ex compagne, agressé une hôtesse de l'air (23), etc.

Le 19 mars, des antifascistes et des libertaires athées (24) nous somment d'aller manifester aux côtés d'intégristes, de racistes et d'antisémites : du rappeur Médine (« Crucifions les laïcards comme à Golgotha » (25), sympathisant du facho Dieudonné, au Parti des Indigènes de la République (PIR) – dont l'admiration pour le Hamas et le Hezbollah (26) pousse certains de ses membres à faire l'apologie de crimes contre des populations civiles en Israël (27) – en passant par les culs bénis de l'Union des Démocrates Musulmans Français (28) (proches de l'Union des Démocrates et Indépendants (UDI) (29) et s'inspirant du Parti chrétien-démocrate (PCD) de la catholique intégriste Christine Boutin (30), liée à l'Opus Dei), ceux de la Islamic Human Rights Commission (IHRC) (31) ou encore l'inénarrable Mohammed Ben Yakhlef (32). Ce dernier veut notamment « créer un ou des syndicats musulmans qui pourront traduire le fruit de mutations progressives dans le monde du travail français » (33) et déplore le fait que « la diabolisation du mouvement syndical dans nos pays d'origines a laissé le champ libre aux laïcistes qui se sont approprié ces fonctions. » (34)

Que les plus affamés d'entre vous se rassurent : ils peuvent reprendre, s'ils souhaitent être vraiment rassasiés, quelques louches supplémentaires de bouillie réactionnaire :

La liste des signataires comprend également une association appelée « Jeunesse ambitieuse de Bobigny » (35). Or cette structure compte parmi ses partenaires (36) les Jeunes Musulmans de France (JMF) – ayant pris part aux processions homophobes de la Manif pour tous (37) – ainsi que les Étudiants Musulmans de France (EMF), connus pour leur opposition aux blocages des facultés (38) lors des mouvements de grève ainsi que pour leurs rapports cordiaux sur les campus avec les bourgeois tendance droite dure de l'UNI.

Le Parti Pirate est également signataire (39). Or cette organisation politique veut favoriser l'entrepreuneriat (40) et est la déclinaison française du Parti Pirate suédois (41), fondé par un patron dénommé Rickard Falkvinge qui se définit lui-même comme « ultracapitaliste » (42) !

Il va sans dire que, devant le nombre effarant de structures et de personnalités appelant à la mascarade du 19 mars 2017, le présent texte ne prétend à aucune forme d'exhaustivité. Bon nombre de sous-fascistes ont donc nécessairement échappé à nos radars. Nous en avons, toutefois, identifié largement assez pour pouvoir faire le triste constat suivant en guise de réponse aux LGBT racisé-e-s susvisé-e-s affirmant « le 19 Mars, les absents seront nos ennemis » (43) : le 19 Mars, les ennemis du prolétariat révolutionnaire seront dans la rue !


https://www.mediafire.com/download/2o1bterhqs3frc4


Notes :

[1] Cf. Cf. http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/02/17/kery-james-lutter-contre-les-violences-policieres-n-est-pas-uniquement-le-combat-des-noirs-et-des-arabes_5081371_3232.html
[2] Olivier Besancenot, Philippe Poutou et le NPA. Cf., ici, la liste des signataires de l'appel à la Marche pour la Justice et la Dignité du 19 mars: https://paris.demosphere.eu/rv/52007
[3] Le PCF, le MJCF, le PCOF, l'Union prolétarienne marxiste-léniniste (section de Paris), Marie-Christine Vergiat (députée européenne Front de Gauche), Hadj Chikh Haouaria (élue PCF dans les Bouches-du-Rhône), Elsa Bardeaux (maire adjointe PCF de Villeneuve-Saint-Georges), etc., cf. la liste des signataires : https://paris.demosphere.eu/rv/52007
[4] Les altercapitalistes d'ATTAC, mais également Paris Debout, Tours Debout, Nuit Debout Rennes, etc. Cf. la liste des signataires : https://paris.demosphere.eu/rv/52007
[5] Cf. dans la liste des signataires (https://paris.demosphere.eu/rv/52007) : Noël Mamère, Patrick Farbiaz, Alima Boumediene-Thiery. Cette dernière, sénatrice jusqu'en 2011, a manifestement un train de vie qui correspond à sa classe sociale d'appartenance : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alima_Boumediene-Thiery#Pol.C3.A9mique.
[6] L'UNEF, cf. la liste des signataires : https://paris.demosphere.eu/rv/52007
[7] Les habitants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, le comité ZAD de Rennes, cf. la liste des signataires : https://paris.demosphere.eu/rv/52007
[8] Alternative Libertaire (AL), l'Organisation Communiste Libertaire (OCL), la Coordination des Groupes Anarchistes (CGA), le Comité Anarchiste Paris 7, le Groupe anarchiste Alhambra, cf. la liste des signataires : https://paris.demosphere.eu/rv/52007
[9] L'Action Antifasciste Paris-Banlieue (AFA), l'Action Antifasciste NP2C, le Groupe Antifasciste Lyon et Environs, cf. la liste des signataires : https://paris.demosphere.eu/rv/52007
[10] Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Adama_Traor%C3%A9
[11] Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Th%C3%A9o
[12] Question à 10 balles : une justice est-elle possible dans le cadre d'une société divisée en classes ?
[13] Cf. George ORWELL, 1984. À défaut, cf.https://fr.wikipedia.org/wiki/Doublepens%C3%A9e
[14] Cf. https://paris-luttes.info/appel-a-tout-o-e-o-s-les-lgbt-et-7632
[15] Cf. https://paris-luttes.info/pour-un-black-bloc-qui-n-a-plus-7725
[16] Cf. la rubrique « Rendez-vous particuliers » ici : https://paris.demosphere.eu/rv/52007
[17] Collectif FéminismeS de Rennes 2, Féministes femmes racisées antispécistes (FFRA), Union nationale de la femme tunisienne, Union des femmes socialistes, Christine Delphy, etc., cf. la liste des signataires : https://paris.demosphere.eu/rv/52007
[18] Cf. l'« Appel à tout-e-s les LGBT et associations à participer à la marche du 19 mars pour la Justice et la Dignité » : https://paris-luttes.info/appel-a-tout-o-e-o-s-les-lgbt-et-7632
[19] Cf. Les blancs, les juifs et nous, Paris, La Fabrique, 2015, p. 78
[20] Ideal J, morceau « Hardcore »
[21] Tariq Ramadan n'est évidemment pas plus ouvert d'esprit sur la question des droits des homosexuels, affirmant notamment : « La question de l'homosexualité doit être posée dans des termes de philosophie de vie : je pense que ce n'est pas ce que je considère comme le projet divin, je pense que c'est quelque chose qui va à l'encontre de ma foi. »
[22] Sniper & Diam's, morceau « J'aime pas »
[23] Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Samy_Naceri
[24] Du moins l'espère-t-on !
[25] Médine, morceau « Don't Laïk »
[26] Selon les mots de Houria Bouteldja, porte-parole du PIR, « Le Hamas et le Hezbollah sont des mouvements de résistance qui résistent... j'affirme haut et fort que ces deux mouvements sont des mouvements de résistance ; c'est clair, net et précis. », cf.https://fr.wikipedia.org/wiki/Houria_Bouteldja#Proche-Orient. La Charte du Hamas est un document antisémite inspiré du Protocole des Sages de Sion, cf. http://iremam.cnrs.fr/legrain/voix15.htm. Quant aux « résistants » du Hezbollah libanais, ils ont été en lien avec le Front National (cf. l'ouvrage de Ras l'front, Petit manuel de combat contre le Front National, Paris, Flammarion, 2004, p. 67), ce qui donne une idée assez claire de la base sur laquelle s'organise leur « résistance » à l'État sioniste. Dans son dernier ouvrage en date, la même Bouteldja écrit : « Le pire, c'est mon regard, lorsque dans la rue, je croise un enfant portant une kippa. Cet instant furtif où je m'arrête pour le regarder. Le pire, c'est la disparition de mon indifférence vis-à-vis de vous, le possible prélude de ma ruine intérieure [...] Pour le sud, la Shoah est – si j'ose dire – moins qu'un "détail". Elle n'est même pas dans le rétroviseur. » (cf. Les blancs, les juifs et nous, Paris, La Fabrique, 2015, p. 54-55). Parmi profusion d'autres exemples, Bouteldja a aussi commis la citation suivante : « L'idéologie selon laquelle les couples mixtes, la rencontre entre deux cultures, c'est beau est vraiment pourrie. », cf. http://indigenes-republique.fr/revendiquer-un-monde-decolonial-entretien-avec-houria-bouteldja/
[27] Le 8 juin 2016, deux palestiniens ouvrent le feu sur des personnes attablées à des terrasses de café à Tel-Aviv, tuant quatre d'entre elles. Le soir même, Aya Ramadan, militante au PIR, publie le message suivant sur son compte twitter : « Dignité et fierté ! Bravo au deux Palestiniens qui ont mené l'opération de résistance à Tel-Aviv. », cf.https://www.marianne.net/politique/une-militante-du-parti-des-indigenes-de-la-republique-felicite-les-auteurs-de-lattentat
[28] Ceux-ci sont notamment des défenseurs zélés de la famille traditionnelle : « [La famille] est le socle moral et fédérateur de la société sur bien des aspects de la vie quotidienne. Malheureusement, depuis plus de cinquante ans, elle est régulièrement attaquée, maltraitée voire ridiculisée jusqu'aux plus hautes institutions de notre pays. Il est de notre devoir de sauvegarder le rôle salvateur de la famille et de la valoriser afin de bâtir une société solide basée sur l'échange, le respect et le partage. À l'heure où des chartes et circulaires douteuses fleurissent en totale contradiction avec les principes et droits internationaux, à l'heure où des élus osent proclamer publiquement que "Les enfants n'appartiennent pas à leurs parents", il est urgent de rappeler l'importance capitale de la famille [...] », cf. http://udmf.fr/social.html. L'UDMF réclame également, outre des aides ciblées au patronat, des moyens supplémentaires pour la police sévissant dans les quartiers pauvres : « Le travail sur ces volets prioritaires permettra de recréer de la mixité sociale en attirant [dans les zones ghettoïsées] davantage de classes moyennes, d'entreprise promptes à s'y installer modulo des aménagements fiscaux et des incitations financières (zone franche). Nous proposons, par exemple, de prévoir une enveloppe d'aide à la création d'entreprise dans ces zones via des crédits à taux zéro pour les jeunes de moins de 30 ans. Ces projets de création seront validés en commission et pourraient avoir comme critères la nécessité d'un retour sur investissement inférieur à 7 ans et la création d'emplois locaux. Il faudra également que les institutions jouent pleinement leurs rôles et soient dotées de moyens supplémentaires pour tirer vers le haut tous nos concitoyens (école, police, mairie, associations etc...). »
[29] Hocine Hebbali, l'unique élu que compte actuellement l'UDFM, l'est, depuis 2014, à Bobigny, dans la majorité municipale. Cette année-là, la ville a été enlevée aux staliniens par l'UDI Stéphane de Paoli, ce dernier s'appuyant notamment sur des réseaux mafieux locaux : cf.https://www.marianne.net/politique/bobigny-le-premier-adjoint-au-maire-condamne-un-stage-de-citoyennete et https://www.marianne.net/politique/comment-la-droite-confie-bobigny-des-petits-caids. Lorsque Hocine Hebbali ne peut pas assister aux conseils municipaux, il se fait représenter notamment par Selimane Abderrahmane (UDI) ou Nathalie Fiore (UDI) : cf., ici, les compte-rendus de conseils municipaux : http://www.bobigny.fr/1276/les-conseils-municipaux.htm. Tapinent ou ont tapiné pour l'UDI l'ancien ministre de la Défense Hervé Morin mais aussi le maire de Cholet Gilles Bourdouleix, qui a eu son heure de gloire en 2013 quand il a affirmé que Hitler n'avait « peut-être pas tué assez » de Tziganes. En vue de l'élection présidentielle du printemps prochain, l'UDI soutien Français Fillon, catholique intégriste mais également délinquant en col blanc.
[30] Cf. https://www.stophomophobie.com/elections-ludmf-hostile-aux-droits-lgbt-en-lice-pour-les-departementales-2015/
[31] La IHRC a notamment mené une campagne de soutien à Omar Abdel Rahman, islamiste emprisonné aux États-Unis pour son rôle dans l'attentat contre le World Trade Center de 1993, ayant coûté la vie à six personnes, cf. http://www.ihrc.org.uk/activities/alert-archive/8532-Alert-Prisoners-of-Faith-Campaign-Pack-US-Sheikh-Omar-Abdel-Rahman
[32] Cf. la liste des signataires : https://paris.demosphere.eu/rv/52007. Mohammed Ben Yakhlef est présenté comme conseiller municipal de Villeneuve-Saint-Georges (majorité municipale PCF), mais il a aussi été membre de l'association Respaix Conscience Musulmane.
[33] Cf. http://www.saphirnews.com/Pour-un-syndicalisme-d-inspiration-musulmane_a18347.html
[34] Ibid.
[35] Cf. la liste des signataires : https://paris.demosphere.eu/rv/52007
[36] Cf. https://www.youtube.com/watch?v=H9clcNn0LSY
[37] Cf. http://www.lavoixdunord.fr/france-monde/gros-bataillon-de-la-region-contre-le-mariage-pour-tous-ia23686b0n955663
[38] Cf. http://www.saphirnews.com/Le-droit-de-greve-doit-aller-de-pair-avec-le-droit-individuel-a-suivre-ses-cours_a2680.html
[39] Cf. la liste des signataires : https://paris.demosphere.eu/rv/52007
[40] Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_pirate_(France)#Id.C3.A9ologie
[41] Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_pirate_(Su%C3%A8de)
[42] Cf. http://www.dn.se/nyheter/politik/pp-ledaren-kallar-sig-ultrakapitalist/
[43] Cf. la conclusion de ce texte déjà cité : https://paris-luttes.info/appel-a-tout-o-e-o-s-les-lgbt-et-7632


VOIR AUSSI
Déchiquetage de l'idéologie PIRiste 
(critique du livre d'Houria Bouteldja)

jeudi 16 mars 2017

Contribution à la critique du romantisme de l'anti-travail - 1975 (Extrait)

CONTRIBUTION A LA CRITIQUE DU ROMANTISME DE L’ANTI-TRAVAIL, DE L’ANTI-CONSOMMATION ET AUTRE
Ou

La maladie infantile du nouveau mouvement révolutionnaire, considérée sous ses aspects idéologiques et pratique, non violent et violent et comment y remédier.


ANONYME (1975)
 
EXTRAIT




« Le fait indéniable de la modification 
Se reflète pour les formes de conscience 
De l’immédiateté, comme une catastrophe, 
Changement brutal, soudain, venu de l’extérieur 
Et excluant toute médiation ». Lukacs


Ce que nous voudrions montrer, dans cette dernière partie, c’est que l’attitude (« pensée » / « action ») anti-dialectique signifie non seulement fausseté, impuissance, mais déplaisir ou plaisir illusoire, à l’inverse de l’attitude dialectique ; que est finalement la tactique correcte n’est que la loi du plaisir réel.

Dans l’attitude anti-dialectique (ou schizophrénique) tout instant est vécu en dehors du temps et non comme un moment d’un processus, d’une totalité, non comme une médiation entre passé et avenir (historiques).

Qui n’a pas senti un malaise physique en tenant une réunion séparée, en parlant de trucs abstraits, surtout en présence de gens qui se foutaient de votre gueule ? J’ai eu trop souvent la même sale impression, en sortant de certaines réunions anars, que lorsque je sortais du lycée : d’avoir été coupé de la réalité et d’y être brutalement ramené.

Est-ce un hasard si la plupart des écrits conseilleux ou anti ressemblent à des dissertations sans engagement précis pour l’avenir et permettant toutes les interprétations (en particulier sur le problème de l’organisation) ? Le pouvoir lui-même raffole de plus en plus de ces réunions « informelles » où on ne décide jamais rien.

Il ne s’agit pourtant pas de nier qu’une séparation, abstraction soient provisoirement nécessaires. En pensée d’une part, car on ne peut parler de tout à la fois et cela évite les répétitions. Mais cette séparation, abstraction doivent rester un moyen vers la connaissance du tout et non une fin en soi. En actes d’autre part.

Inversement le passage à l’action concrète n’est pas un critère suffisant de vérité. L’activisme et le réformisme sont les deux manifestations symétriques de cette idéologie de la pratique : « faire quelque chose à tout prix » voilà la devise. Bref les activistes qui rejettent (concrètement) la pratique sont également bornés (cf. le « parti politique pratique » et le « parti politique théorique » (Marx).

La dialectique c’est la fluidité retrouvée et l’interaction continuelle. L’anti-groupe est précisément basé sur ces deux notions qu’il ne faut jamais séparer (la dialectique du devenir n’est rien sans la dialectique de la totalité, et réciproquement). Plus de tabous (la théorie pour l’activiste, la politique pour le syndicaliste, l’organisation pour le spontanéiste, etc.). Plus d’idées « fixes », mortes (vive ceci ou cela, à bas tel ou tel truc).

Si on prend l’exemple du couple (a fortiori du groupe), il y a sans doute deux choses « tabous » : parler de la fin du couple (« il y a eu de l’histoire mais il n’y en a plus »), de l’autre parler des relations extra-conjugales, en particulier sexuelles. Au couple s’oppose la relation vivante entre (par exemple) deux personnes qui conçoivent leur liaison comme étant transitoire et totale à la fois. La rupture n’apparaît comme une catastrophe que si le couple est conçu comme éternel. Les relations en dehors du couple ne paraissent inconcevables que si le couple est vécu sur le mode de l’isolement.

Le fait de « vivre dans le présent », de « s’intéresser à l’actualité », de disserter sur la « vie quotidienne » plutôt que sur le passé n’est pas une preuve, au contraire en un sens. Car tout dépend de la façon dont le présent est vécu, conçu: soit à la manière du journaliste englué dans l’immédiat, qui ne parle certes que du présent mais sans le comprendre, de façon purement contemplative ; soit de façon dialectique.

L’immédiateté est également le défaut congénital du « maniaque » (en particulier activiste). Le maniaque n’a pas une autre conception du temps que le journaliste. Le maniaque activiste a tout un arsenal de slogans et de recettes éternels – l’idéal – (sabotage des élections, des entreprises, appel à la grève générale par exemple) à appliquer à tout moment sous peine de trahir les « principes ». Les maniaques de l’insurrection, en particulier, sont généralement sanctionnés par l’échec, sinon par la prison et même par la mort.

Le maniaque refait toujours la même action sans tenir compte des enseignements pratiques, de la situation présente. Son temps est une succession d’instants juxtaposés – comme dans le rêve. Il se peut toutefois que par hasard son action déclenche la révolution ou y contribue.
L’impatience, si elle accorde la préférence systématique à l’offensive, risque de tout compromettre (cf. Clausewitz).

mardi 14 mars 2017

Lettre sur “l’abandon”

Lettre sur “l’abandon”

Autour de: "La progression du FN est la conséquence de l'abandon par la gauche moderne de toute critique cohérente du capital ".



Je peux bien sur te donner mon avis sur cette phrase ! Fera-t-elle pour autant avancer le “débat” je suis moins certain. Je sais qu’elle est le chapô d’un article tiré de Libération (1) et le pathétique inspirateur de X qui plus est. Tu sais ce que je pense de ce tartuffe qui vient s’exprimer, ô ironie ! dans ce journal de la gauche du capital. Tu comprendras donc qu’au niveau “cohérence” mon sourire est en coin.

Dans un premier temps ce que je peux te dire c’est qu’elle exprime un fantasme. Celui du dévoilement.

Celui du voile à déchirer pour que LA réalité dans toute sa dureté puisse mieux s’affirmer. Comme si la barbarie capitaliste ne s’affichait pas ou plus ! et que cela changerait quelque chose si on la comprenait un peu plus “rationnellement”. (je développe un petit peu plus loin ).

Je ne dis pas qu’il ne faut pas analyser le capital dans sa reproduction et ses mécanismes de brouillages, pour prendre du recul sur le jeu des idéologies et des intérêts de classe ceci pour comprendre ce qui in fine désagrège systématiquement la conscience de classe. Mais cette démarche quand elle reste contemplative zappe bien trop souvent à mon goût cette centralité de la conscience, son développement et sa structuration qui se manifeste par les luttes des classes ! et le regroupement de ceux qui, exploités, souhaitent une rupture totale avec  toutes les formes d’aliénations.

En disant cela je ne dis pas non plus que si les choses n'apparaissent pas (comme on l’affirme trop souvent et tu sais que je ne fétichise rien particulièrement) c’est que rien ne se passe, ou qu’il n’y a pas de luttes par exemple. Tu me diras on a tous un référentiel qui nous permet d’entretenir nos illusions ou nos déceptions.

Mais j’explicite simplement que des problématiques descriptives n’indiquent rien du fond ou d’objectifs. Comme les formes n’impliquent pas le fond, ou le mouvement le but si tu préfères. Elles ne dictent pas plus une praxis. A moins d’être dans une démarche qui confine à la révélation ! Et tu sais que je me passe volontiers des illuminés et des mystiques à ce sujet.

Je dois préciser avant de continuer, que ce travail de “sape” de la bourgeoisie ne doit pas être compris comme un “complot” mais comme un tout social en mouvement. Comme tendances ou contre-tendances de la reproduction du social et du capital. Les intérêts peuvent parfois être convergents ou contradictoires. Pour autant on ne peut pas éluder que la bourgeoisie est active dans la défense de ses intérêts historiques. Elle sait reproduire son monde et ses représentations (idéologies, modes de vie) c’est à dire “universaliser” son projet à coup de matraques comme en ce moment. Elle identifie donc son Être à celui de la marchandise. Mais il nous faut mettre dans la balance de l’analyse et pour être honnête jusqu’au bout le fait que certains prolétaires entrent dans la danse des “alliances stratégiques” dans ce que l’on considère comme quelque chose qui va à l’encontre de “leurs intérêts”. Notion bien complexe que certains marxistes analysent avec un tas de justifications dialectiques qui doivent être tranchées par le fameux "mouvement réel" qui se passe comme par hasard bien souvent d'eux ! Quand d'autres sous des œillères anarchistes en viennent à nier les rapports de forces, les dissymétries historiques ou le poids de la reproduction sociale qui reste extraordinaire.

Considérer que la progression des courants réactionnaires et xénophobes peut être contrecarrée par la réhabilitation d’un magistère moral et paternaliste perdu, ce que marque sans ambiguïtés l’emploie du mot “’abandon” ! et que l’on devrait imputer cela à l’absence d’une analyse “cohérente” du capitalisme par la “gauche moderne” ? N’est-ce pas la formulation typique des “professionnels” du racket politique ? Dont l’objet est clairement de nous faire abdiquer la perspective auto-organisationnelle et auto-émancipatrice ? Sous prétexte de quoi au juste ? d’efficacité ? Je te reprécise en passant ici que je ne suis pas spontanéiste pour autant et que je ne pense pas qu’il y ait de prix à payer pour se passer de cette fameuse “efficacité” mais bien un compte à solder.

Par exemple on nous vend en ce moment l’ “Insoumission” ou la “révolution” à peu de frais avec l’aide de vieilles recettes verticales re-marketées, ou la fabrication de méditations supplémentaires que l’on fait passer pour une nouvelle “forme” politique, sous prétexte d'instantanéité et de transparence feinte.

Dans cet article, en usant ici du terme de “gauche” (gauche de quoi au juste?) que l’on accole si facilement à “moderne” ! je m’étonne encore que l’on puisse penser un seul instant que la catégorie de “modernité” puisse être mise dans une boucle d’une causalité aussi simpliste qu’idéaliste. Car cette fameuse “gauche” n’a jamais eu de velléités de changements de quoi que ce soit au delà de la luttes des places, et de la gestion du statu quo pour mieux préserver ses rentes de situations. Il faut également cesser d’idéaliser le prolétariat dans ses aspirations qui seraient toutes généreuses et pures et non-contradictoires.

D’un point de vue historique le prolétariat ne se désespère pas d’être “abandonné” par les “politiques” et n’attend pas particulièrement que l’on vienne lui expliquer ce qu’est le capital, rien que pour qu’il retrouve le droit chemin  du juste vote et des “bonnes idées”. Il ne peut pas non plus crier à la “trahison” des bureaucrates et des politiciens sous peine d’entretenir LA grande spirale tautologique et mortifère. Car le prolétariat n’est rien s’il ne s’auto-organise pas contre le capitalisme. Pour la disparition de celui-ci mais pour la sienne également.

Et s’il devait y avoir dans cette accroche journalistique une critique feinte de la “modernité” cette allusion ou connivence n’en demeure pas moins surprenante ! Surtout quand la “gauche” et son “extrême” carillonne déjà depuis quelques années à l’heure de la Post-modernité, et qu’elle a déjà bien su intégrer à son profit les codes de l’“autonomisation”. (2)

Sauf à vouloir réhabiliter de vieux paradigmes comme ceux des leaders charismatiques, des chefs, ou celui de la figure de l’intellectuel comme médiateur et “pédagogue” de ce pauvre petit “peuple” étourdi, masse informe.

De mon point de vue la “critique cohérente” du capitalisme n’y fera rien. Surtout quand celle-ci se déguise en décroissance ou en alternatives chiantes, qui plus est en actes ! Ils demeurent le plus souvent et exclusivement moraux. Pour mieux abandonner la notion même de révolution. Pourquoi au juste ? Nous faire du Podemos “anarchisé” ?.

La critique première du capitalisme nous la faisons tous spontanément et quotidiennement quand nous vivons l’exploitation et le rapport salariat ou le chômage. Il en va de même pour la conflictualité de classe.

Sa seule “cohérence” ne peut-être donnée que dans la lutte frontale contre le capital. Surtout dans la manière que nous avons de nous auto-organiser pour nos propres perspectives. C’est un combat de longue haleine et pas nécessairement linéaire mais il doit être le plus clair possible. C’est peut-être ici que nous manquons de quelque chose ?

Il n’y a que la désarticulation de la classe et le capitalisme (concret) qui fait progresser les idées réactionnaires et l’identitarisme, et bien souvent celles-ci arrivent quand la classe et sa conscience d’elle-même est déjà bien enfoncée dans le marécage boueux du “peuple” et de la nation et dont le corollaire non-paradoxale est l'idéologie du chacun sa gueule.

La “critique cohérente” du capitalisme qui à elle seule permettrait à la réaction de reculer ne dit rien de ce qu’est le communisme pour certains, l’anarchisme pour d’autres et c’est peut-être cela finalement le problème. La “proposition” est-elle simplement suffisamment recevable ou à l’ordre du jour ?

“L’abandonnisme” quant à lui ne dit rien non plus sur la restructuration du capital à l’échelle mondiale que se prennent très concrètement les prolétaires dans la tronche. Il est bien plus redoutable que le “cohérentisme” expliqué…..à l’heure ou l’on trouve d’ailleurs Karl Marx en poche ou dans n’importe quelle bibliothèque municipale.

Dans un monde d’injonctions contradictoires ou l’individu est “libre” de se “vendre” comme n’importe quelle marchandise, rien de mieux que les échecs et la répression pour alimenter la matrice de la désillusion, du retrait, et permettre au marché de la crispation de se déployer le plus confortablement possible. Mais tu sais parfaitement qu’éthiquement parlant mais même stratégiquement, je ne suis pas la pour vendre des “cartes”, des passeports ou des boussoles qui indiquent déjà le nord pour le paradis libertaire.

Une critique cohérente ne mène jamais au delà d’une autre critique cohérente, et si nous nous trouvons aussi face à la résurgence de “sales idées”, (qui peuvent avoir leurs délirantes cohérences) et que “l’arme de la critique ne peut pas remplacer la critique des armes “(3) il nous faut tout de même bien constater que la cohérence théorique ne semble pas saisir “les masses” afin que celles-ci soient poussées à la “radicalité”. C’est à dire à une critique en acte et à la racine. Sauf à tout sur-interpréter, déformer ou projeter ses propres fantasmes.

A mon avis tant que nous n’arriverons pas à définir plus précisément ce qu’est ou n‘est pas le communisme, à renouer avec un peu de sens et des objectifs, on se perdra dans le marécage interprétatif et divinatoire de la “cohérence” de l’analyse du capital, qu’adore l’Augure de la radicalité de salon (4) . Qui ne vit que très rarement l’exploitation, la fatigue et pour qui l’aliéné c’est toujours l’Autre.

Il n’en reste pas moins que l’on sent bien qu’il nous manque quelque chose dans cette affaire de ratiocination. Une pointe de rêve, de folie peut-être, de démesure ou d’utopie chaude probablement. Elle pourrait faire contrepoids à l’esprit réactif et dystopique.

La totalité des outils analyses, situations, histoires, expériences sont à disposition si je puis dire. La “dureté” du capitalisme est toujours aussi incroyable pour des millions de travailleurs. La répression toujours aussi féroce. Si comprendre ce qu’est l’aliénation peut nous aider à surnager c’est bien la seule chose que cela nous permet.

Mais face à l’ennemi de classe il ne nous reste que l’auto-organisation de classe et la mise en avant de NOS perspectives révolutionnaires qui doivent aussi être la plus concrète des critiques.

Ce n’est pas tant les idées de merde du Front qu’il faut faire “reculer” que son monde qu’il faut définitivement détruire car je n’ai pas l’énergie d’un Sisyphe !

Mais je vais ouvrir ma conclusion de manière plus provocatrice: Et si le “prolétariat” souhaitait simplement qu’on lui foute la paix ?


Notes

(1) Article paru dans du journal Libération du 6 février 2017.

(2) Traduction de Empowerment au Quebec ! On peut même pousser l’affaire jusqu’à dire qu’elle tente en ce moment de dévitaliser le sens du mot Autonomie pour en faire un concept démocrateux pour apprenti intellectuel politicien.

(3) Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel. Karl Marx

(4) Quand elle n’a tout simplement pas instrumentalisé la montée des courants les plus réactionnaires pour mieux actionner son fameux anti-fascisme électoral ! et finalement appliquer les programmes les plus antisociaux et les plus rétrogrades économiquement. Défendre l’État son monde et le capitalisme.

(5) Il n’aime pas son confort moral, coupable et se charge de le faire savoir généreusement. Empêtrée qu’il est dans son analyse utilitariste (décroissantisme et productivisme sont les faces d’une même médaille).