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dimanche 22 juin 2014

Du "bom" foot jusqu'à la nausée.

De CQFD à Libération c'est le consensus. Il y a d'un côté le bon foot, le "populaire" avec ses idoles aux idées généreuses, un foot des favelas, des miséreux, des petits qui rêvent, "le foot qui relie les hommes", (Nous éviterons ici de parler de la bêtise du foot auto-géré et autres débilités du même acabit *) de l'autre le mauvais, le foot de la finaaance, le foot des puissants, des capitalistes, un foot pervertit par les salaires astronomiques des joueurs (qui gagnent trop), la corruption des instances d'administration du foot planétaire etc...

Dans cette histoire religieuse du foot il y a eu un âge d'or et des saints. Dont l'un des apôtres "non-progressiste" comme Jean-Claude Michéa, nous livre ici et là quelques psaumes aux versets Camusiens. Un foot Maussien (donner recevoir rendre le ballon) un foot "pur", dont il faudrait se débarrasser des mauvais côtés pour retrouver son essence, son esprit.

Le comble de la peste émotionnelle sportive (1) c'est de voir se côtoyer par médias interposés un Cohn-Bendit et un Michéa pour défendre le "beau jeu".

Quant au révélateur de cette "actualité" c'est finalement de comprendre que le dispositif intellectuel et politique des milieux "radicaux professionnels de la démerde" ainsi que celui des défenseurs du marché à visage humain, est le même. Tous sont d'accord pour retrouver ce bon vieux "foot de papa". Celui du bon "vieux temps", celui de l'après guerre, un foot de type CNR quoi ! (Conseil national de la Résistance).

Le problème c'est que le foot n'a pas de visage même si le ballon est rond. Car le terrain de foot c'est la guerre, les frontières et les drapeaux, la xénophobie mais aussi et surtout ....le capitalisme. "Le mondial" en est sa manifestation aussi sémantique que concrète.

Le foot des "riches" comprend celui des "pauvres" et son roman populiste. Comme l'accumulation des richesses d'un coté sous-tends la pauvreté à crever des autres, et dont la figure démagogique est celle petit patron individuel démerdard ou celle du "petit radical filou" qui passe au travers les gouttes du salariat. Pour les amateurs de foot de "gôche" ou "radical" peut-être faudrait-il simplement liquider les pauvres pour que nous soyons tous riches ou pour se débarrasser de la misère ? C'est hélas les conclusions qu'ils nous font tirer avec ce genre d'analyses ras le gazon.

La "radicalité"(2) n'est pas une "pose", il s'agit simplement de tirer des conclusions honnêtes d'un raisonnement ici politique. Le seul avantage d'avoir des nausées dans ces moments-là, c'est de savoir qui nous allons bientôt "vomir" mais surtout, elles nous permettent de comprendre très rapidement que les épiciers de l'esthétique subversive ou branchés ne peuvent servir qu'une soupe rance faite avec les légumes pourris du Marché. Le consensus marchand et la survie du petit commerce obligent.


*

NOTES


* Comme "la boxe populaire anti-fasciste" ! Grand fantasme militaro du milieu gauchiste qui sur ce terrain s'est toujours fait dépasser. Alors que le "coeur" se trouve au niveau de l'attaque collective des rapports de production pas du corps à corps individualiste. Nous attendons avec une certaine impatience le prochain groupe de zozos qui sortira un "Rugby communiste libertaire" ou le "free fight anarchiste". mdr.


(1) On pourra lire: Les Meutes sportives : Critique de la domination Jean-Marie Brohm Editions L'Harmattan ou La tyranie sportive : Théorie critique d'un opium du peuple Editions Beauchesne ou visiter le site de la revue Quel Sport ? et les contributions de Fabien Ollier à ce sujet.

(2) Radicalité au sens de: prendre les choses à la racine. Pour être assez franc l'actualité foot-babalistique ne nous intéresse absolument pas. En revanche cette manière de traiter des questions de l'économie-politique par le biais d'une technique de vendeur d'aspirateurs et du pied dans la porte ou la technique du "versus" celle du "contre" ou du mauvais et du bon coté "de" est des plus qu'affligeante intellectuellement. Par exemple pour les aficionados de ce genre de proudhon-neries voici une liste de thèmes qu'ils peuvent traiter comme ils le souhaitent. (L'esclavage, le fascisme,  la coupe iroquoise, les jeans, la musique folk, l'énergie nucléaire, la guerre d'Espagne, François Ruffin, la samba, etc...)




 Copa para quem  


Complément.

Pour affiner le propos et pour ceux qui veulent réfléchir au-delà des facilités de lectures ou d’interprétations. Entendons ici que les figures du "radical filou" ou "des professionnels radicaux de la démerde" sont comprises dans le "spectacle"  de la "réussite sociale" ou "du travailleur fier et digne" elles s'articulent, s'entretiennent. Vouloir dénoncer l'une sans l'autre c'est comme de dénoncer le "mauvais foot" sans liquider le "bon". Ces figures s'alimentent comme de fausses oppositions, contestations, qui restent toujours dans le cadre de la saloperie marchande et permettent à cette totalité de se légitimer. Ne pas le comprendre (alors que nous sommes nous mêmes précaires et/ou sous-payés à faire des boulots de merde) c'est ne rien comprendre au totalitarisme de la marchandise et de ses messages, injonctions ou de sa mystification. Moraliser les moralisateurs, du foot, de "l'idéologie de la démerde" comme esthétique ou fausse subversion ou de la "finance à réguler", c'est aussi dénoncer les tartufes de la critique sociale et de l'économie politique, qui font toujours la moitié du chemin ! Le véritable question c'est pourquoi ? Un "pourquoi" qui tire à plus de 10.000 exemplaires et dont nous devrions sans broncher accepter le point de vue (et son "vu dans la presse"). Pour ceux qui veulent polémiquer avec nous quant aux "vertus" du salariat et du "travail comme valeur" (c'est à dire comme idéologie mortifère) et pas comme "Valeur travail" (là il faut relire Marx) veuillez vous rendre sur l'onglet nos positions pour éviter toute perte de temps. 
L'ironie de l'histoire c'est de faire passer toute critique pour du "ressentiment" ceci dans un rapport de force en notre défaveur. Le "psychologisme" en politique est une arme bien connue du déni du rapport de classe et des déterminismes. Nous pouvons ainsi élargir notre propos sur le foot jusqu'à l'idéologie de la "démerde individuelle" car cette approche méthodologique et critique que nous adressons aux postures "anti-travail" (1) n'est absolument pas souhaitée, désirée (2) par la majorité des prolétaires, mais subie ! (3) Attitude que nous renvoyons ainsi à son pendant, c'est à dire l'idéologie du travail. 
Nous ne défendons pas plus une position politique qui serait celle de "l'anti-anti-travail" tout aussi inconséquente, mais la disparition du monde qui permet ce types d'idéologies mainstream, comme celles de la caricature volontariste de l'écolo-gauchiste à poncho ou de l'honnête travailleur à salopette bleue. 

(1) Qui esthétise sa situation de classe, comme rapport au monde surtout quand elle intervient dans les structures journalistiques de "gauche" pour vendre des discours "radicaux" aux classes moyennes, qui sont elles dans des situations de confort. Stade suprême de la marchandise...comme toute l'industrie de la subversion d'ailleurs qui vient alimenter des représentations, mais aussi entretenir une certaine passivité dans cette consommation de succédanés de luttes, attitudes, modes.

(2) Et qui n'arrive décidément pas à "romantiser" cette situation contrairement aux "décroissants joyeux" souvent profs de facs ou aux mondains lookés précaires avec le porte-feuille de papa.

(3) Mot d'ordre toujours à remettre dans son contexte c'est à dire à historiciser, sous peine de virer au moralisme, mépris, élitisme de ceux qui ne pas peuvent assumer ce "choix" d'une période qui a été favorable à ce type d'attitude et qui reste de l'ordre de l'éthique et pas une solution politique, obligatoirement collective.




dimanche 25 mars 2012

Peuple versus Prolétaire

Les rhétoriques s'affutent, les champs sémantiques se mobilisent, les mots s'entrechoquent se confondent, changent de camp quelques fois, soumis aux intérêts bien compris de la circonstance.

Que tous tombent d'accord sur l'emploi des mêmes, annonce bien plus qu'une bataille d'épiciers de la politique.

Ainsi le «peuple» fait-il son retour remarqué, dans toutes les bouches baveuses des démocrates bourgeois, ceci du front de gauche au front national. Ce qui est sûr c'est que tous sont du coté du « peuple ».

Le populus ici convoqué l'est au service du mythique intérêt général, qui n'est autre que l’intérêt de la bourgeoisie et de ses intérêts capitalistes (nationaux et internationaux).

Le «peuple» c'est encore et toujours la négation des classes et de leurs affrontements, de la violence de l'exploitation et des conditions de survie. 

Enfin quoi ! Nous dira t-on, nous sommes tous sur le même bâteau France ! Le problème c'est qu'il y a ceux qui rament, et les autres qui donnent des coups de fouet !

Ceux qui passent par dessus bord pendant ce trop long voyage qui mène au pays infernal de l'accumulation. 

Ainsi le « peuple » est-il ressuscité avec ses rêves de grands murs et de fichages génétiques.  

Ce « peuple » a souvent la peau blanche, c'est souvent un homme blanc, il ne manque plus qu'il soit blond, mais finalement peu importe, la fiction recouvre de son voile opaque les rapports de classes, pour un moment, un de plus.  

Les histoires c'est bon pour le «peuple» masse indistincte et informe, malléable et dominée qui ne rêve finalement que d'une chose c'est qu'on lui foute la paix.  

Après le fix démocratico-républicain, le capitalisme (le meilleur des racismes et des autoritarismes) s'occupe de remettre chacun à sa place.  

Vous avez dit exploité ? dominé ? humilié ? méprisé ? Tu es courbé toute la journée pour un patron, et la logique d'accumulation du capital pour sa, LA rentabilité ceci avec efficacité ? Tu as un travail de merde, sans but, ni logique ? Tu perds ta vie à survivre ?  Peu importe ! Tu fais parti du «peuple» et la nation est la pour te protéger.  

La nation qui tapine encore une fois le « bon peuple » pour la prochaine conflagration mondiale (la guerre économique de tous contre tous) et lui fait admettre, qu'il y a pire ailleurs, qu'il faut être réaliste, qu'il nous faut être compétitif, et : Qu'est-ce qui va faire marché ma climatisation en été ? Il faut bien que « Nous » allions chercher « notre » uranium ! Vendre des armes pour «notre PIB » et nos retraites. Sandwiche ou bol de riz ?

Le « peuple » il veut partir quand il veux à la retraite, il veux être libre, il paraît. Il va surtout être libre de partir avec une retraite de merde. Et être encore plus libre de crever dans la rue, ou d'être libre de travailler jusqu'à 80 ans, pour une autre partie du même « peuple» et de sa même nation.  

Il est sympa « le peuple » surtout parce qu'il n'existe pas. Il regroupe tellement de monde qu'on ne sait même plus de qui on parle, et c'est très bien comme ça...pour certains.