Diffusion: LA LUTTE DES CLASSES PENDANT LA LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (1ere partie 1789)

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mardi 29 novembre 2016

La foire à la peste est ouverte !

La foire à la peste est ouverte !



Galilée
“Tu vois, moi, Sagredo, j’ai confiance en l’homme, cela veut dire que j’ai confiance en sa raison. Sans cette confiance, mais je n’aurais pas la force de me lever le matin de mon lit.

Sagredo
Et bien moi, je vais te le dire, je n’ai pas confiance. 40 années passées parmi les hommes m'ont toujours fait constater qu’ils ne sont pas accessibles à la raison. Montre-leur la queue rouge d’une comète, donne-leur une sourde angoisse, ils sauteront par la fenêtre et se fracasseront les jambes. Mais dis-leur quelque chose de raisonnable, fournis-leur 36 preuves et ils te riront au nez.

Galilée 
C’est une erreur complète et une calomnie. Je ne comprends pas comment, croyant une chose pareille, tu peux aimer la science. Il n’y a que les morts que les arguments ne fassent pas bouger.”


La Vie de Galilée, de Bertolt Brecht




La grande foire à la “peste” est ouverte ! Patriotisme, nation, identités réifiées. On ne sait plus trop exactement s’il s’agit d’une braderie générale ou d’une “politique de la demande”. Rien à redire des étals, elles sont parfaitement achalandées de toutes les guirlandes idéologiques du ressentiment et des vieux vins rances issues des fonds de cuves du rejet de l’Autre.

Tous sont venus prendre part au petit commerce de la peur, de l’incertitude et des émotions.

Entre la camelote raciste et les bibelots xénophobes quelques stands de la gauche-ridicule proposent une longue canne en plastique pour une pêche aux canards tricolores, d’autres un petit tour dans des antiques et sales trains aux fantômes sadiques. “Freddy Krueger” président !

En embuscades quelques rabatteurs déguisés de bruns et ou de rouges proposent des tickets de réduction pour les voitures tamponneuses identitaires tout en indiquant que ceux-ci sont valables pour toutes les attractions à “sensations”. Montagnes religieuses & chutes vertigineuses garanties...

Les kermesses du mensonge sont toujours à leurs apogées quand tombe la nuit. Néons et éclairages s’entremêlent alors d’odeurs grasses et de saccharose rouge sang de la pomme d’amour de la haine en commun.

On aura presque autant rigolé qu’eu une putain de flippe en ayant failli vomir en sortant de la grande caravelle qui se balance violemment de gauche à droite en feignant toujours le tour complet. L'illusion d’une traversée en restant bien au sec. Quant au vent rien à faire il reste toujours aussi mauvais et pour cause, il ne souffle pas. La “pureté” de la pestilence et des miasmes seront donc garanties 100% stagnants.

Mais c’est l’heure de partir et on y reviendra ou pas.

Le problème c’est qu’on a plus une thune.

Tout est parti dans la machine à pince aux promesses.

Combien de temps faudra t-il pour percer à jour l’arnaque de ce plan foireux ?

De ceux qui s’amusent et s’engraissent des frayeurs enfantines, des angoisses sourdes et sombres, et le font toujours avec un goût de revenez-y.

Car en bons marketeurs ils entremêlent toujours l’abjecte à la sidération, le rire à la fascination morbide. Pour mieux vendre ce désir de fausse unité aux foules désagrégées par l’exploitation, et aux innombrables formes de misères.

Dont les ciments sont la réclusion et l’expulsion, le rejet par la “norme” ou la défense d’un confort précaire.

Le poker pour se “refaire”, comme une attente mystique d’un salut par la providence de sa petite démerde personnelle ou celle de l’attente mythique de l'homme droit dans “ses bottes”.

Face à la déréalisation qui semble totale nous est-il encore possible d’être confiant à l’heure du post-factuel ? Il n’est pas simple de dépasser le dégoût, et de constater le caractère répétitif et névrotique des “signes” du temps.

Si le rationalisme reste notre meilleure arme face au déchaînement du commerce des émotions qui polarise une dynamique d'évacuation de la domination de classe et de l’exploitation c’est aussi parce que nous ne sommes plus en capacité de structurer une vision globale. Aurions-nous évacué toute dimension totale et même utopique de nos engagements ?

Il en va de même de la dimension éthique, non comprise comme morale mais comme comme possibilité. Non comme praxis de l’alternative (1) mais comme historicité de la lutte et de la résistance collective. Non comme la somme des frustrations et des rancœurs des sectes spécialisées, mais comme abolition et dépassement.

Il s’agit d’une piste qui nous donnera peut-être la force de nous lever le matin de notre lit pour éviter de finir un soir par nous jeter sous les roues du wagon scénique de la foire aux fantômes.



Note

(1) La fameuse “utopie concrète” récupérée à toutes les sauces nationales-démocrates et éclatées.