lundi 23 mars 2015

Subir la simplicité forcée (Pastiche d'une parution)

Vient de paraître en co-édition: 
Un pas dans la Mouise et Ya de quoi s'Etrangler


Subir la simplicité forcée
Histoire et témoignages


Quatrième de couverture.


Pour agrandir cliquez sur l'image.
"Des habitants de zone urbaine ou rurale vivent sans voiture, sans télévision, sans téléphone portable (incroyable), sans lave-linge, et même parfois sans frigo !… Sans intérêts pour la vie politique administrée par les professionnels (rémunérés) ou par ceux qui ont le temps de s'investir, ils se désinvestissent de la vie locale qui est au bout du compte gérée par la classe de l'encadrement.

Ils soutiennent que l'on ne peut pas vivre sans avoir le minimum vital. Ils se questionnent aussi sur ce qu'est le superflu...

Parmi eux, des jeunes parents précaires, chômeurs, chômeuses, refusent la spirale de la pauvreté et l'impossibilité structurelle d'avoir accès aux produits de première nécessité. (logement, santé,  alimentation, transport, éducation)

Peu diplômés, sans argent, ils subissent l'isolement et la cherté des loyers et sont contraints de vivre dans des lieux de fortune. Victimes des marchands de biens, de sommeil et de la gentrification, ils sont souvent obligés de vivre chez des amis, de la famille sans pouvoir se poser.

De ce fait ils subissent l'isolement, le contrôle social, le flicage et la moralisation de ceux qui pensent qu'un autre "choix" est possible dans monde capitaliste. 

Certains ont carrément abdiqué le combat de classe et vivent coupés du monde en autarcie, isolés de tous. La tendance s'affirme d'ailleurs encore plus avec la vieillesse. Par exemple dans un lieu fort reculé, sans eau ni électricité, ils ont pu construire un abri de fortune et font « de nécessité vertu ». Il ne peuvent plus se déplacer et n'ont plus accès aux différents lieux de socialisation.

Refusant de devenir des petits commerçants, n'ayant pas de capital à investir, sans parents argentés, pour eux avoir un travail c'est presque un "luxe". Même aliénant, le travail se fait rare dans certaines régions où l'on est obligé de quitter sa famille et amis pour s’en aller vivre ailleurs, loin, trop loin. Quelques fois pour ne plus revenir.

Certains ont même eu une vie de smicard ! et sans rouler sur l'or (à deux salaires) la vie était encore possible en se serrant la ceinture. Puis le chômage, la "compétitivité", les restructurations, les délocalisations, ont fait basculer des familles souvent des couples (dans la même entreprise) dans la misère ou l'extrême précarité.  La trêve hivernale est un répit trop court avant l'expulsion.

Exclus du système de santé, ils passent souvent leurs journées dans les lieux administratifs ou dans ce dédale de demandes de formulaires, le temps perdu et l'humiliation sont les conditions pour essayer d’obtenir une allocation de survie. 

Toutes ces trajectoires, bien que très différentes, tentent d’expliquer comment l'on subit certaines choses, certains "déterminismes" plus qu’on ne peut les choisir. Mais aussi que l'ascétisme "choisi" est souvent la pratique coupable d'une petite-bourgeoisie repue, une possibilité de distinction propre d'une classe sociale en mal de reconnaissance. Le principe de la "simplicité volontaire"  que certains prônent, est une démarche volontariste religieuse selon laquelle la vie se trouve "ailleurs" dans une sorte d’au-delà ou dans une vie cénobite ou régulière. 

Ce livre présente une cinquantaine de parcours typiques de déclassés in-volontaires qui nous expliquent les raisons de leurs non-choix, comment ils subissent les rapports sociaux capitalistes mais aussi la manière dont certains fantasment, les liens qu’ils croient pouvoir tisser en dehors des rapports marchands qu'ils croient éviter ou dépasser dans le simple retrait ou dans l'isolement faussement joyeux (pour la galerie militante).

Ils nous racontent comment certains croient forcer le réel en dehors du combat organisé (ou pas) de classe ceci avant que la réalité ne leur pète à la tronche, Ils critiquent la critique moraliste du prolétaire sur-consommant ou qui succomberaient à une "hyper-consommation" alors que la plupart ne peuvent que reproduire leur force de travail.


Co-Edition : Un pas dans la Mouise et Ya de quoi s'Etrangler : 20€ (le prix n'est pas décroissant faut quand même bouffer merde !)
"La décroissance une idéologie de curé"


vendredi 20 mars 2015

La Propriété, c'est plus le vol de Elio Petri (DVD)

La Propriété, c'est plus le vol - Elio Petri
La proprietà non è più un furto



Modeste employé de banque, pris de démangeaisons au simple contact de l’argent, Total vit chaque jour dans l’angoisse.

Convaincu des injustices causées par la richesse, il décide de s’attaquer au système, en prenant pour cible un boucher qui étale sa fortune avec ostentation.

Total démissionne pour se consacrer exclusivement à sa nouvelle tâche ! Il observe le comportement de sa future victime, puis passe à l’action …



"La propriété c’est plus le vol décrit une société — la société capitaliste — dans laquelle l’appropriation individuelle est le trait dominant de la structure économique. Le propriétaire est l’archétype de cette société et le voleur n’en est que l’homothétie. Le voleur ni ne conteste ni ne cherche à détruire la propriété : il cherche simplement à acquérir l’objet de ses désirs par des voies différentes de celles des gens honnêtes. Le voleur participe d’un même système que le propriétaire, tous deux sont engagés dans la même course au profit, l’un par une voie légale — qui n’exclue pas d’ailleurs le recours à des méthodes crapuleuses —, l’autre par une voie illégale clairement acceptée comme telle. Entre le propriétaire et le voleur, il n’existe pas de différence de nature, tout au plus une différence de degré. Leur affrontement n’est qu’apparemment inégal : ils contribuent tous deux à la survie d’un système économique dont ils sont de sûrs piliers ; leur conservatisme leur fait également haïr une transformation radicale qui supprimerait la propriété et le vol. Paradoxalement, possédants et larrons ont des intérêts communs, presque des privilèges de classe à défendre : ils ne sont différents qu’au regard de la loi et des organismes chargés de la faire respecter. Pour défendre son bien, le propriétaire peut en effet compter sur l’assistance des forces de l’ordre, la police et la justice (on pourrait sans difficulté y inclure — bien que cela ne soit pas directement indiqué dans le film — l’Eglise dont Petri souligne le caractère conservatoire de toute société établie. L’argent cherche à s’ennoblir en empruntant une sorte de rituel ecclésiastique : la banque de La propriété c’est plus le vol ne ressemble-t-elle pas à une église ?. La police traque les voleurs et en même temps entretient avec eux des rapports de promiscuité. Le policier trouve dans le « milieu » les indicateurs dont il a besoin pour accomplir sa tâche. La police pénètre ce monde particulier qui est celui des « hors-la-loi » mais en même temps se fait pénétrer par lui. Ici l’ambiguïté devient totale et nous renvoie à une constante du film : la mise en lumière de la collusion entre des intérêts apparemment contradictoires mais qui agissent tous pour la survie d’un ordre qui leur est profitable."


« La propriété ne peut rien donner d’autre que la maladie et les malades, elle ne peut qu’amblématiser toute la série des frustrations sexuelles et tenir l’homme prisonnier de celles-ci. Elle est la clef de cette espèce de ceinture de chasteté dans laquelle la société capitaliste a emprisonné l’homme ». Elio Petri.


Un film de Elio Petri avec Ugo Tognazzi - Flavio Bucci / Scénario Elio Petri - Ugo Pirro / 1974 - 126 minutes. 


Film restauré en DVD chez Tamasa Diffusion


mardi 3 mars 2015

Lettre sur la confusion

Lettre sur la confusion
Causes et conséquences des "perturbations" et
de la dés-organisation sur la conscience politique.


Cher ...,

Je te prie de m'excuser pour le retard pris par ma réponse. Les différents fronts qui touchent à la connerie sont si nombreux en ce moment que quelques fois la tentation d'un retrait de cette injonction à produire un positionnement politique est plus fort.

Je sais qu'il est important de produire une analyse serrée du réel en mouvement pour se dégager des faux combats, éviter certaines dérives mais surtout défendre l’essentiel.

Ce que j'ai peut-être mal exprimé par oral la dernière fois en disant que nous étions toujours le "confus" de quelqu'un, c'est qu'il m'a fallut de nombreuses années pour développer une pensée construite. Celle-ci s'est aussi structurée au regard des confrontations avec d'autres courants politiques dans les débats et les lieux de luttes, grâce à des rencontres et des lectures, mais toujours pour revenir à des fondamentaux au bout du compte.

J'ai donc quelque sympathie/empathie pour des individus qui cherchent leurs mots ou qui peuvent parfois exprimer maladroitement un propos qui reste de bonne foi.

J'ai peut-être réussi à comprendre au fil des années la capacité qu’ont le réel et les idées à se retourner mais aussi leurs possibilités à nous laisser au bord, à coté, avec des certitudes aussi vieilles qu'obsolètes.

Je vais donc complexifier mon propos sur le “confusionnisme” tout en affirmant quelques petites choses et tant pis si je passe pour un affreux "sectaire". Je te dirais d'ailleurs à ce propos que même si c'est une attitude politique peu à la mode en ces temps du démocratisme-équitable de supérette radicale-gnangnan où l'éparpillement des forces prolétariennes nous oblige à resserrer quelques rangs, je ne compte pas brader pour autant mon point de vue.

C'est en relisant Brecht et La vie de Galilée que mon propos sur le "confusionnisme" s'est un peu affiné.

Galilée : […] qui ne connaît la vérité n'est qu'un imbécile. Mais qui, la connaissant, la nomme mensonge, celui-là est un criminel !

Ainsi les individus, groupes, que nous qualifions de "confus" ou de "confusionnistes", sont-ils des imbéciles ou des enfoirées politiques ? Une chose est certaine, c'est qu'il faut les combattre de toutes nos forces mais il faudra aussi éviter le dégoût et l'épuisement car l'abîme est insondable. Peut-être s’agit-il d'interroger comment il faut le faire et avec qui ?

Notre première erreur (je m'inclus dans cette critique / autocritique) c'est d'avoir qualifié la "bêtise", cette saloperie politique, de “confusion”. Peut-être aussi de l’avoir "ismé" pour en faire par extension le “confus-ionnisme”. 

Il subsiste en creux de cet étiquetage politique, par défaut peut-être, un je ne sais quoi de "naïveté" qui serait propre à ce type "démarche" . 

Voyons l'acception commune du terme confus:

"Qui se manifeste à l'esprit, aux sens, sans grande netteté, qu'on a du mal à analyser, à reconnaître ou à identifier clairement" 

ou " Qui manque de clarté ; embrouillé, obscur" 

En qualifiant toute la nébuleuse crypto-soralienne ou chouardo-compatible, les Lordon et Ruffin et autres promoteurs du protectionnisme national taxateur de la finance, par des caudillos peinturlurés de diverses nuances de rouges et les spectateurs pacifiés par d’innombrables “complots”, de "confus”, n'y a t-il pas une prétention à vouloir encore les éclairer de nos “lumières” ou à dénoncer des attitudes sous vocable psychologique là où elles ne sont que politiques ? Car ces gens là ne sont pas “confus” !

Si certains sont des abrutis et des moutons qui n'attendent que sermons et bénédictions (et se retrouvent pour certains en compagnie de religieux), Ils n'en défendent pas moins des options politiques très claires. Elles ne sont ni obscures ou embrouillées, et si nous avons du mal à les identifier c'est notre absence de culture politique qu'il faut remettre en cause et ne pas faire de projection.

Il y a certainement des individus "confus" mais quand ils le sont psychologiquement c'est un autre terrain que je préfère quitter car je n'ai plus l'énergie pour cela. J'ai laissé ma capacité d'écoute libre au vestiaire depuis que je suis dans l'économie de mes moyens et que j'évite de gaspiller mon temps.

Une certaine définition du terme "confus" .

- Qui est troublé, embarrassé par le sentiment d'une maladresse, d'une erreur.

Question :

Doit-on penser que les adeptes et promoteurs du dit "confusionnisme" sont embarrassés d'une "maladresse" potentielle ? d'une "erreur" qu'il faudrait alors rappeler à leur bon souvenir comme pour les sauver malgré eux d'égarements psycho-politiques ? 

C'est un peu cette attitude que je constate, dans cette recherche systématique du “confus”, que certains passent au râteau de leurs attentes et de leurs souhaits et fantasmes politiques (qu'ils ne trouveront jamais) les organisations d'extrême gauche ou de cette gauche radicalement molle. Ces organisations sont historiquement pro-Etatistes, profondément nationalistes, quand elles ne cachent pas fort mal la défense d'un républicanisme pour petit mâle blanc. A ce petit jeu on se demande d’ailleurs ce qui nous empêche de demander des “comptes” au PS ou à l’UDI ! 

Les vouloir moins Etatistes ou revenant sur leurs positions génétiquement nationalistes (jusqu'à être identitaires) n'est pas simplement une gageure c'est un combat perdu d'avance. A la fois pour des questions de rapports de forces mais aussi parce qu'infléchir n'est pas les faire changer de positions. Je me demande d’ailleurs si cela ne s’apparente pas à la bonne vieille tactique réformiste ? Il n’y a rien à sauver dans les appareils.

Peut-on y voir une "Stratégie par la confusion" ? Même pas. Mais ils ont bien une stratégie et même une très vieille qui consiste à promouvoir les mêmes solutions de bureaucrates-régulateurs du capitalisme et de l’encadrement des masses (par l'Etat, la nation, l'identité et les hiérarchies). Leur conception du monde s'occupe de “réguler” (grâce à ce package politique bourgeois) l'économie et les esprits. Cette solution clés en main est d'ailleurs la plus efficace dans notre époque de décomposition sociale où le retour à soi (1) se charge aussi de policer les comportements. 

N'y a t-il pas, sous un certain "anti-confusionisme", une forme d’illusion démocrate et nostalgique du gauchisme historique à considérer, non qu'ils se trompent (ce que je crois), mais qu'il y a quelques chose à sauver dans les partis de l'extrême gauche du capital (qui s'accoquinent avec les enfoirés de gouvernement) et qui seraient pervertis, souillés, dupés, floués par des hordes de “confus” ? Il ne s'y trouve pourtant plus de prolétaires ou d'ouvriers depuis belle lurette ! (L'argument historique : il faudrait absolument coller au cul des masses où qu’elles se trouvent !) S’agit-il simplement de sauver ses ami(e)s "profs" qui se trompent ? A moins peut-être que nous n’ayons pas compris tous ce qui rapproche les confusionnistes des “partis”...

Que penser des partis et des groupuscules de “confus” (qui tournent les uns autour des autres) qu'il nous faudrait "redresser" et qui invitent systématiquement à voter en coeur pour le candidat le plus déguelassement racoleur ? Et qui s’offusquent ensuite des politiques à faire pâlir (de peur) ce fameux bleu que toutes les droites arborent. 

Notre écueil majeur c'est peut-être de ne pas redéfinir systématiquement et plus implacablement nos positions politiques propres. Notamment en rompant le plus rapidement possible l'ambiguïté entre la lutte anti-confusionniste comme avatar d’un anti-fascisme modernisé. 

Anti-fascisme qui donne systématiquement des billes à toute cette extrême gauche stalino-trostkiste dont le commerce électoraliste et démagogique nourrie un réformisme pourtant impossible. Il donne, comme toujours et encore, du temps aux capitalistes et à ses larbins d’enfoncer le clou du défaitisme, aux fausses solutions de s’imposer comme “les seules”, les plus “réalistes”, ceci jusqu’à ce que nous soyons totalement laminés par la fatigue, le découragement et le nihilisme.

Comme je te le disais la dernière fois, je m’inquiète et perds patience face à ce souhait de rétablir un dialogue avec l'extrême gauche la plus merdique et la plus politique, aux prétentions gestionnaires, aux solutions grotesques (au niveau de l'analyse de l'économie -politique) qui sent la préparation d'un possible front républicain inter-classiste. A nous de lever les ambiguïtés à ce sujet. (2)

Bien sûr il nous arrive de retrouver des panels de ces fameux “confusionnistes” sur différents théâtres d'opérations, mais c'est alors qu'il faut se demander aussi si nous sommes sur les bons terrains et les bons lieux.



Notre perception “militante” est peut-être aussi déformée par l’aspect médiatique, le coté viral de la bêtise. Je t’accorde complètement que les idées réactionnaires gagnent du terrain, mais sur qui ? Et est-ce si étonnant dans des périodes de dépression, d’attaques de la bourgeoisie et de replis sur la sphère intime ?

En l'absence de perspectives, les bruits parasites et les rots nauséabonds occupent toujours plus d’espace. Mais n’avons nous pas à remettre tout ceci à sa juste proportion en sortant de nos analyses franco-centrées ? Peut-être que la défaite nous paraîtra encore plus profonde. Mais peut-être aussi que la piqûre de rappel en ce qui concerne la combativité et les résistances ouvrières au niveau international nous paraîtra bien plus à l’ordre du jour !

Les alertes à la “confusion” et aux “rouges-bruns” doivent être définies clairement pour ce qu’elles sont. C’est à dire quelque chose de bien connu dans le mouvement ouvrier, identifiés comme un “socialisme national”, un “national-communisme / bolchévisme”. (*)  Autant dire qu’il n’y a rien de nouveau sous cette entreprise politique de restauration qui est aussi une tactique d’une fraction de classe face au capital (3) . Ces tactiques font se rencontrer les étatistes de gauche et de droite sur le terrain de l’Etat et de la Nation, mais aussi d’un certain anti-universalisme. Il me parait plus sérieux de clairement identifier les nuances des recompositions tout autant que les points de divergences de classes et d'intérêts qui permettent les passerelles. Il faut aussi éviter que des parcours personnels et opportunistes ne donnent des théorisations hasardeuses, jusqu’à nous faire croire à des mouvements tectoniques idéologiques, alors qu’ils ne sont que le lot d’intellectuels déclassés cherchant l’inclassabilité comme marque de fabrique ou de distinction pour mieux s’affirmer dans un marché de la pensée saturée d’autres marchandises. 

Contre quoi et qui devons nous lutter alors ? 

Il nous faut lutter prioritairement contre la matrice historique de ce “confusionisme” à savoir le nationalisme et/ou l'identitarisme, l'Etatisme et la conception hiérarchique du monde. Mais aussi remettre au centre de nos analyses le combat de classe, prolétaire et radical contre la marchandise et son mode d’Etre, les aliénations, l’exploitation, mais aussi pour un dépassement impératif de la condition prolétarienne (son abolition) vers la communauté humaine universelle. 

Cela sonne un peu comme une formule incantatoire mais nous avons trop lâché à ce niveau là pour nous retrouver maintenant face à des conceptions culturalistes et ethniques de la question sociale.

Il nous faut réaffirmer aussi qu’il y a de la lutte de classes dans les idées pour mieux réaffirmer ce qu’est une position de classe, un point de vue de classe, pour mieux combattre les idéologies de la petite-bourgeoisie ascendante ou en pleine déconfiture et qui déguise leurs “radicalités” réactionnaires et satisfaites en faux universalisme.

Il nous faut combattre l'extrême gauche du capital (non pas tenter de la moraliser) car c'est toujours combattre le capitalisme (3)  et ses solutions aussi bourgeoises que conservatrices, qui font tout autant le lit des conceptions réactionnaires du monde que les autres. Le problème n’est pas de mieux “redistribuer” les profits ou de les taxer mais bien d’en finir avec ce cercle infernal de la valorisation.

Nous devons briser la machine capitaliste totalement. 

Attaquer plus durement les fameuses solutions “individuelles” ou des petits collectifs auto-suffisants et crypto-religieux dont les pratiques et attitudes réifiés par rapport au réel font le lit d’un irrationalisme pour gourous libertoïdes. Leur égo-localisme est la trame qui permet la rencontre avec les courants les plus anti-modernes sous couvert d’une critique d’une post-modernité dont ils font l’analyse sous des angles aussi idéalistes que leur classe sociale leur permet de tenir. Ainsi notre analyse matérialiste du monde doit être revitalisée contre ce “romantisme” qui nous invite à enjamber joyeusement les cadavres d’un monde de pénurie alors que c’est la valeur d’échange qu’il faut foutre en l’air.

Tu me diras il n’y qu’à laisser travailler le réel qui se charge de dynamiter les petites certitudes entrepreneuriales des militants de l’illusion de l’âge d’or. C’est une option ! Mais à vrai dire je ne compte pas crever comme un esclave ou me laisser escroquer par un le bidonnage néo-régionaliste auto-géré ou le puritanisme moralisant chic et identitaire de l’entre-soi. 

Il y a bien quelque-chose de prioritaire, c’est de balayer dans et devant nos sphères politiques ou la duperie ultime relève de l’art du déguisement sous “marque généreuse”. Comme toujours il s’y présente des individus et des groupements opportunistes qui se servent de l’utopie sociale radicale pour mieux vendre au final la même saloperie que les autres. Il faudra aussi s’interroger sur notre tolérance, (son origine) à les voir déambuler tranquillement dans nos sphères sans que cela suscite quelque émotion. Peut-être aussi faut-il s'interroger sur la capacité actuelle du discours réformiste à se faire passer pour révolutionnaire ?

Au delà de l'interrogation, et pour lutter contre l'atomisation, le repli, porte d'entrée des discours tout aussi confus (dans sa définition première) que "confusionnistes"  il n'y a pas d'alternative au combat de classe et à la réflexion collective, à l'organisation (4) seules démarches capables de briser l'esprit de résignation.


Notes.

Quelques définitions de confusion avec le Larousse.

(*) Voir le différents travaux de Louis Dupeux sur le National-Bolchevisme et la révolution conservatrice. Plus récemment voir aussi le dernière contribution de Philippe Bourrinet

(1) D’ailleurs le souhait de “reconnaissance” n’a jamais été aussi bien instrumentalisé.
(2) Comme le "front-anti djihadiste républicain"
(3) Qui est toujours 
d’aménager la redistribution du produit de l'exploitation, de l'aliénation.
(4) Sous toutes les formes possibles. En évitant de reproduire ce qui ne marche pas ou plus.

Contre les confus et le confusionnisme voir aussi  http://confusionnisme.info/


Voir aussi

samedi 21 février 2015

Emission de La Web Radio Vosstanie du 24/01/2015

# Libertés & expressions 
De la pétition "Contre la censure et l’intimidation dans les espaces d’expression libertaire" 
à Charlie Hebdo.


Emission du 24/01/2015
En rediffusion


Invités : Travail Contre Capital - Le GARAP


TELECHARGER 
(250 minutes)





Débats et analyses.


Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme. Elle veut, en effet, être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. L’histoire du terrorisme est écrite par l’État ; elle est donc éducative. Les populations spectatrices ne peuvent certes pas tout savoir du terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas plus rationnel et plus démocratique.




- THEMES DE L'EMISSION -

A propos de la la pétition (fond et forme) son véritable objet. Un contre feu ?
(Réacs, curés décroissants, bizness éditorial techno-phobe, réformisme radical, néo-freudisme et keynésiens relookés dans le milieu libertaire)
http://www.millebabords.org/spip.php?article27231

Il n'y a pas qu'un seul Charlie Hebdo.
Retour sur les événements et l'instrumentalisation.
Le temps médiatique et les injonctions à "l'analyse" : un piège.
Les débats sous-jacents.
(Retour des religions - multiculturalisme - post-modernité - anti-fascisme et instrumentalisation au bénéfice de qui et de quoi)
Conséquences sur l'affrontement de classe et le mouvement social. 
Théorie du Choc ? 
Sortir du débat franco-centré (Le niveau international de l'analyse).
Perspectives.



Voir aussi

Zones Subversives

A propos de la Pétition

La soupe à l'herbe
https://soupherbe.wordpress.com/2014/12/24/petitionnons/


Voir aussi l'émission de Radio Vosstanie 30 novembre 2013.

Conversation sur les spécialistes radicaux des penseurs radicaux.



(250 minutes)


mardi 17 février 2015

S’organiser face à la montée des discours et des courants réactionnaires (Débat)

S’organiser face à la montée des discours et des courants réactionnaires

Rencontre débat le 20 février à Publico sur la diffusion de plus en plus large des discours nationalistes, sexistes, homophobes, racistes…

Depuis plusieurs années, le discours réactionnaire se propage dans l’ensemble du champ politique, à travers des idéologies telles que :

-  Le nationalisme, économique et/ou culturel,
-  L’essentialisation des "hommes" et des "femmes", des rôles sociaux et des pratiques sexuelles,
- La lecture des antagonismes sociaux en termes de "races", "cultures", religions ; la montée du discours anti-immigration et de différents racismes, anti-arabes, anti-noirs, anti-roms, antisémites,
- L’effacement de la lutte des classes au profit de l’opposition entre le concept interclassiste et nationaliste de "peuple" opposé aux "élites", souvent comprises en ayant recours à des théories conspirationnistes,
- La précipitation envers le premier gourou venu prétendant pouvoir "sauver l’économie", c’est-à-dire "sauver" le capitalisme, le salariat et la division de la société en classes.

Internet, télévision, presse papier, livres, radio, ces discours envahissent les médias. Ils sont portés par des personnalités au passé politique très divers, certains venant de l’extrême-gauche : d’Éric Zemmour à Jean-Claude Michéa, d’Alain Soral à Michel Collon, de Laurent Deutsch à Étienne Chouard, etc. Certains d’entre eux s’expriment dans les médias bourgeois, d’autres dans les médias "alternatifs" et, bien que pouvant rester opposés sur des points particuliers, ils valident l’existence et contribuent à renforcer l’idéologie des mouvements réactionnaires et à répandre ces idées dans l’ensemble du champ politique.

Nous sommes communistes-libertaires, nous n’avons aucune intention de lutter contre les courants réactionnaires en nous alliant à la démocratie parlementaire ; nous voulons au contraire leur opposer l’abolition des classes et des genres, des frontières, de la propriété et de l’État. Nous ne voulons pas nous limiter à lutter contre l’extrême-droite, nous avons suffisamment constaté la perméabilité de notre milieu politique au discours réactionnaire.

Comment nous organiser pour créer une contre-offensive ?

Nous invitons celles et ceux intéressés par cette question à venir en débattre 

Vendredi 20 février à 19h30 à la librairie Publico (145 rue Amelot, Paris 11).

lundi 16 février 2015

Emission de La Web Radio VOSSTANIE du 6/12/2014

Emission de la Web Radio Vosstanie
-
Du 6 décembre 2014


EN REDIFFUSION ET TELECHARGEMENT

Avec Zones Subversives 
et quelques invités de passage.

Séries, cinéma, idéologies et luttes des classes
Autour du cinéma populaire, des blockbusters, des séries et du cinéma dit militant et politique.



Thèmes de la 1ere partie de l'émission:

Retour sur l'émission sur le Portugal - Le blog d’infos, Brest Luttes ! Le journal de la Mouette Enragée vient de sortir. - La critique de la "l'extrême gauche du capital" par la "Nouvelle droite du capital" - Rubrique rions un peu : Abdullah Öcalan "libertaire" !? Un site à visiter Confusionnisme.info (notre analyse d'une démarche nécessaire - peut-on  s'attaquer aux écuries d'Augias et comment ?) - La confusion quelques exemples: Quartier libre (religieux et libertaire ??!!! ) Alexis Escudero, auteur de « La reproduction artificielle de l’humain » - Les "anti-tech" et le vieux débat nature/culture terrain et matrice de la réaction.


* * *

Discussion autour de Snowpiercer (Joon-ho Bong), Fight club (David Fincher), La trilogie Batman (de Christopher Nolan), La Grande Aventure Lego (Phil Lord), Very Bad cops ( Adam McKay), A Touch of Sin (Jia Zhangke), The Wire, Breaking Bad etc... Pierre Carles le clown triste alter-caudilliste à bout de souffle.



Durée 316 minutes



Voir aussi 



mercredi 28 janvier 2015

CYCLE LA LUTTE DES CLASSES PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (AU REMOULEUR)

Les deux présentations sur la lutte des classes pendant la Révolution française ont pour objectif de montrer comment les travailleurs urbains et ruraux ont mené des luttes autonomes pour un monde meilleur, dépassant ainsi le contenu bourgeois de la Révolution et forgeant des expériences pour les combats à venir. Cette approche entend rappeler que la lutte des classes n'est pas un concept forgé de toute pièce. Aujourd'hui, face aux ravages du capitalisme dont les origines remontent à la fin du XVIIIe siècle, les prolétaires d'ici et d'ailleurs ne peuvent rien attendre d'un réformisme qui n'en finit pas de nous resservir les mêmes recettes miracles pour « humaniser » ce système.




VENDREDI 6 FÉVRIER A 19H30 PROJECTION DE 1788

De Maurice Failevic (1978, 1h40)

Dans un village en 1788, des paysans entrent en conflit avec le seigneur qui vend les terres communales et les dépossède ainsi d'un moyen de subsistance essentiel. Face à la crise économique et politique que traverse le pays, la perspective des États généraux et la rédaction des cahiers de doléances proposés par le roi, redonnent espoir aux paysans. Ce film décrit de façon éclairante la société rurale et les conflit de classes qui la traversent à la fin du XVIIIe siècle.


SAMEDI 21 FÉVRIER A 18H PRÉSENTATION ET DISCUSSION SUR LA LUTTE DES CLASSES

PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE, 1ère PARTIE : 
De la crise de la monarchie à sa chute (1787-10 août 1792)

En 1789, la monarchie absolue et les structures économiques et sociales féodales sont en contradiction avec la montée en puissance de la bourgeoisie. La société est aussi traversée par la crise économique : hausse des prix, chômage, manque de terres pour les classes populaires et dette financière pour l’État. Alors que les conflits sociaux s'amplifient, la bourgeoisie espère des réformes : égalité des droits, libertés politiques et libéralisation de l'économie pour favoriser le commerce et l'industrie naissante. Les États généraux sont convoqués le 5 mai 1789 afin de régler le problème financier. Or, les événements qui en découlent vont permettre à la bourgeoisie d'accéder au pouvoir, alors que la mobilisation des travailleurs va mener à une radicalisation du processus révolutionnaire.

DIMANCHE 22 FÉVRIER A 16H PRÉSENTATION ET DISCUSSION SUR LA LUTTE DES CLASSES

PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE, 2ème PARTIE : 
De la République au coup d’État de Bonaparte (1792-1799)

La République proclamée, les divisions entre bourgeois s'accentuent. Les Montagnards, proches des petits propriétaires, réalisent que l'appui des travailleurs est nécessaire au triomphe de la Révolution. Mais la bourgeoisie girondine, proche des milieux d'affaires, ne n'entend pas ainsi. Elle est éliminée grâce aux travailleurs parisiens qui réclament, dans un contexte de guerre et de crise économique, la Terreur contre les accapareurs, les spéculateurs et les contrerévolutionnaires. Les dirigeants montagnards au pouvoir institutionnalisent et retournent la Terreur contre les travailleurs. La chute des premiers, le 9 Thermidor (27 juillet 1794), ne fera qu'amplifier le processus contrerévolutionnaire

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Le Rémouleur 
106, rue Victor Hugo 93170 Bagnolet 
(M° Robespierre ou M° Gallieni)