jeudi 28 mai 2015

Le Féminisme illustré ou Le Complexe de Diane. 1974 (Editions Blast & Meor)

Les éditions Blast & Meor viennent enfin de publier leur première brochure :

Du Féminisme illustré.

44 pages A4 de belle tenue, avec de jolies gravures sur bois en illustration ce qui ne gâche rien, au contraire.

La première partie est constituée de l’article « Le Féminisme illustré ou Le Complexe de Diane» paru dans le journal Le Fléau social en 1974. Il est suivi d’un long entretien avec Constance Chatterley (qui signe l’article), réalisé en janvier 2015 à Paris.

éditions Blast & Meor



En savoir plus

vendredi 15 mai 2015

Lire la Révolution Allemande 1918-1923 de Chris HARMAN ?

Oui bien sûr pour les faits, les dates, le déroulement des événements, leurs ampleurs et aussi parce que les ouvrages de synthèse sur la période et en langue française sont plutôt rares ou épuisés voir trop mal diffusés.(1)

Néanmoins la problématique de Harman est celle d'un bolchevik (trostkiste*). L'absence de Parti, de "meneurs", de révolutionnaires "décidés", les trahisons des "chefs", voila toute la panoplie des justifications déployée comme entre autres causes de l'échec. Au delà de la bureaucratisation des organisations, du poids des structures, de la guerre et du contexte national et international qu'il explicite clairement.

L'émancipation des travailleurs doit être l'œuvre des travailleurs eux-mêmes nous répète très justement et systématiquement Harman mais le dirigeant trotskiste qu'il a été, tente aussi de justifier dans cet ouvrage son propre rôle de bureaucrate et de trouver un lien théorico-pratique entre son statut et les "masses" de prolétaires qu'il faut finalement "diriger" "encadrer" et "radicaliser" et qui doivent paradoxalement faire les choses seuls ! Il y a donc dans ce livre un bel exemple de double langage presque typique de la rhétorique des enfants du prophète. Le prix fort lourd à payer de ce "eux-mêmes" est-il l'échec comme apprentissage ? Quel poids/importance pour la "conscience " et les idées philosophico-politiques ? Que dicte la nécessité de la lutte à ceux qui veulent s'organiser ? et que doivent t-il faire au regard de ce qu'ils pensent et doivent faire ? Peut-être faut-il d'abord simplement cesser de penser les interrogations en terme d'extériorité et d'avant-garde ou de sur-stratégiser la centralité de l'organisation des "révolutionnaires" qui ouvre aussi la porte au réformisme à l'opportunisme, et finalement à beaucoup de désillusions. L'organisation de la "pureté" et la fétichisation des "chefs" ou des "masses" n'a jamais donné que de la "trahison" mais aussi son corollaire c'est à dire la fabrication d'icônes et des totems propres à l'esprit religieux.(2)

De l'ouvrage de Harman il se dégage toute de même une énergie qui nous pousse et dont le moteur est la patience et l'acuité qu'il nous faut inlassablement susciter. Car l'essentiel dans ce combat titanesque c'est aussi de durer, de ne pas abdiquer mais surtout pour ne jamais s'installer. Qu'il faille tirer des leçons de l'Histoire (ce cauchemar) c'est une évidence mais peut-être faut-il aussi s'intéresser au fait que finalement nous n'en tirons peut-être pas les justes conséquences...


Editions La Fabrique 2015. Préface de Sebastian Budgen Traduit de l'anglais par Jean-Marie Guerlin.  (En anglais The Lost Revolution: Germany 1918-1923) - Le livre en téléchargement gratuit en français au format PDF sur marxist.org.

* Chris Harman est décédé en 2009 - Voir sa biographie  en début d'ouvrage et son positionnement dans le mouvement trotskiste anglais ses rapports avec Tony Cliff etc... 

(1) L'ouvrage de Pierre Broué (trotskiste) Révolution en Allemagne aux éditions de Minuit (épuisé) celui de Gilbert Badia (stalinien) chez Aden mais aussi celui de Denis Authier et Jean Barrot: La gauche communiste en Allemagne chez Payot (Coll. Critique de la politique) (épuisé) Que l'on pourra compléter par l'ouvrage d'Herman Gorter, Réponse à Lénine, Lettre ouverte au camarade Lénine, (1920). La révolution fut une belle aventure de Paul Mattick éditions L'Echappée 2013. - Ni parlement, ni syndicats : Les conseils ouvriers ! Les communistes de gauche dans la révolution allemande (1918-1922) éditions Les nuits rouges.  André et Dori Prudhommeaux Spartacus et la Commune de Berlin 1918-1919 éditions Spartacus et bien sur l'oeuvre de Rosa Luxemburg. Erich Mühsam, La société contre l'État, suivi de La République des conseils de Bavière éd. La Digitale. HISTOIRE DU MOUVEMENT DES CONSEILS OUVRIERS EN ALLEMAGNE 1919-1935 de H.CANNE-MEIER (1938) - Voir aussi le film de  Margarethe von Trotta : Rosa Luxemburg -  Alle Macht den Räten ! Tout le pouvoir aux Conseils ! Récits, exhortations et réflexions des acteurs des révolutions d’Allemagne (1918-21) 

(2) Source des cultes des personnalités, des "héros", des embaumements et finalement de l'enterrement de pensée la critique.


 

dimanche 3 mai 2015

Emission de La Web Radio Vosstanie du 2/05/2015 - Le MEXIQUE

Emission de Radio Vosstanie 
sur le MEXIQUE 

 Du 2 Mai 2015 

En rediffusion toute la journée.


Avec Pierre.

Radio Vosstanie !

Emission Animée par Travail Contre Capital  & Vosstanie





Introduction.

Humour : un peu de philologie "marxiste".
(Spéciale dédicace au pom-pom boy de la critique de la dissociation du fil à couper le beurre )
Pour une analyse plus détaillée

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THEMES développés

Présentation générale.
Economie et Conditions de vie.
Grandes problématiques que connait le pays.
Luttes sociales.
Mouvement révolutionnaire.
Du Zapatisme à la critique du Néo-Zapatisme.



291 minutes

+ du son.

Paquita la del Barrio

Lila Downs

Un corrido des Tigres

Un titre d'un chanteur célèbre, qui était aussi narco...très sentimental dans les chansons qui ne sont pas à la gloire des Capos

Un classique de la chanson sociale

Son typique du barrio des années 70-80, avec le début de l'influence cumbia...

Comme le Mexique a été pionnier du punk...

Un classique punk, qui évoque la jeunesse pauvre des années 90

Ce qui s'ecoute aujourd'hui...une variante de la Cumbia, difficile à danser, très connoté barrio / classes dangereuses

L'hymne de Oaxaca 2006

Un morceau de rap

lundi 20 avril 2015

Emission La lutte des classes au Portugal

Emission La lutte des classes au Portugal
(Sur la révolution dite des "oeillets" ou la transition démocratique portugaise)


Cette émission est dédiée aux prolétaires anonymes, aux insoumis, déserteurs, objecteurs, à ceux qui ne dissocient 
pas les moyens et les fins.


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Téléchargement
Des parties 1-2-3-4-5
durée totale 17h26 minutes

+
REDIFFUSION
Le 25 avril 2015
A partir de 7h le matin


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Emission du  6, 13, 20 septembre 2014


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 Pour la trame de notre émission nous nous inspirons de l'ouvrage de Phil Mailer.
Portugal: The Impossible Revolution ?  First published by Solidarity (London) 1977.
 Portugal: a revolução impossível ? - Porto Ed Afrontamento 1978.




1ere partie
Enregistrée le 6 septembre 2014

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Présentation
Objet et but de l'émission - A propos de Le Portugal ...? et Après ! - ArqOperaria ?
De la mémoire à l'enterrement. Nos propres limites....

Situation historique et 
données économiques de l'époque.
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La conception putschiste 
de la révolution sociale. 
Le rôle de l'armée ou la conception bourgeoise de la révolution.
Avec Charles Reeve 
(Autour de l'ouvrage édité aux Editions Spartacus en 1976) 

Voir aussi notre émission du 25 janvier 2014 
(Itinéraire bio-bibliographique)

  De la Falsification ou du Trotskisme Universitaire. À propos du livre de Raquel Varela aux éditions Agone sur le 25 avril 1974 au Portugal

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TELECHARGER LA 1ère PARTIE
227 minutes

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Sur les expériences d'auto-organisation.
Commissions de "moradores", commissions de travailleurs, commissions inter-entreprises, occupations des terres, sur le non grand-parti.

Témoignage sur les commissions 
de "moradores" et parcours de:
 José Hipólito dos Santos. 
Ancien membre de la LUAR (Liga de Unidade e Acção Revolucionária) - Des Cadernos de Circunstancia.
Acteur de la révolte da Sé en 1959 et du "Golpe de Beja" le 1er Janvier 1962.

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TELECHARGER LA 2ème PARTIE
136 minutes


+ Itinéraire En 5 parties.

1- Premiers engagements - Seara nova et Antonio Sergio - La révolte da Sé - Golpe de Béjà, la prison.
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2 - L'Exil - de L'Algérie au Maroc.
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3 - Les Cadernos de Circunstância et Mai 1968.
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4 - La LUAR.
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5 - Retour au Portugal en 1974 . Des "moradores" au PRP.
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- Sur les Cadernos de Circunstância - 
41 minutes -

TELECHARGER LA 3ème PARTIE
(Les 5 parties de l'itinéraire en 1 fichier compressé)
274 minutes


Sem Mestres nem Chefes o povo tomou a rua A Revolta de BEJAFelizmente Houve a LUAR - Para a História da Luta Armada Contra a Ditadura
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2ème partie.
Diffusée le 13 septembre 2014


L'expérience du Journal Combate (1974-1978)
Avec João Bernardo.
Les forces "politiques" en présence.

Régressions, récupérations et limites. 
De "l'autogestion" au capitalisme d'Etat, de l'autonomie aux élections, la non-révolution culturelle, Une expérience Portugaise ? Pour une critique de la chronologie "politique".

40 ans après quelles perspectives ?
Débat et point de vue autour de "Les Portugais face à la crise - Grèves, manifestations, occupations 2010-2013 " traduit du portugais par le collectif Les Ponts Tournants et édité  par les Edições antipáticas.  Avec le GARAP.

(Discussions sur "les Portugais face à la crise" du 11 et 13 avril 2014 avec des membres du Collectif des Edições antipáticas)

Télecharger
- Rencontre du vendredi 12 avril 2014 à Paris  [Télécharger]
- Rencontre du dimanche 13 avril 2014 au Rémouleur à Montreuil [Télécharger]

Conclusion de l'émission

João Bernardo, Charles Reeve, José Hipólito dos Santos, Eduardo de Sousa de librairie Letra Livre à Lisbonne, au Garap.

Mais aussi à 
Brunel, Blek, Henrique, Lino, Ben, Rosa, Anne-Emilie de Radio Panik, Manuel, Tonio, Judith et les autres....




A suivre...

Pour suivre la compilation de documentation en cours:



Photographie de José Marques

Série de cartes postales éditées sous: A Esquerda da Esquerda documentos para a História de uma
Revolução



vendredi 17 avril 2015

LES LUTTES DE CLASSE PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE de Karl Kautsky (vient de paraître)

Vient de paraître un court essai fort stimulant de Karl Kautsky "le pape du socialisme" (qui n'est pas notre tasse de thé habituellement). Nous avouons qu'il est fort étonnant voir ironique de retrouver sous sa plume cette phrase "C'est ainsi que les intellectuels bourgeois prirent possession du pouvoir d'Etat et mirent celui-ci au service de leurs théories, c'est à dire au service des intérêts de la bourgeoisie" p 79. (1) 

Kautsky se livre ici à une véritable analyse de sociologie politique et de la situation et antagonismes des classes qui n'a rien perdue de son intérêt, aussi bien pour la question dont il traite, mais aussi pour la complexité touchant aux réalités des intérêts de classe de manière générale. Si certaines questions sont entendues c'est que l'ouvrage qui date de 1889 (pour marquer le centième anniversaire de la révolution française) était destiné aux militants marxistes lecteurs de Die nue Zeit comme le précise le traducteur Jacques Hebenstreit.

Si Kautsky n'est absolument pas critique de la Terreur c'est qu'il accompagne une certainement conception de la dictature du prolétariat. Sa critique du jacobinisme si l'on peut la souligner et l'appuyer parce que juste, ne se fait que parce que "la tradition jacobine est un des plus puissants obstacles qui se soit opposé à l'apparition en France d'un grand parti social-démocrate unifié et autonome" p.92. Il n'est pas nécessaire de développer ici que c'est pour mieux retomber dans un néo-jacobinisme: l'esprit de ou du Parti.

Un ouvrage à lire donc pour sa peinture des conflictualités de classes forts complexes à la veille et pendant la révolution, exposées ceci sans concessions. S'ouvre alors un autre débat en creux pour savoir si la révolution est une affaire de développement des "forces productives" ? Si le communisme n'est pas possible ici et maintenant ? Questions tranchées par Kautsky avec toutes les ambiguïtés du "progressisme capitaliste". Une étape ? un moment du combat historique ? une victoire dans la défaite ? 

Voici un extrait fort intéressant:

"Si on néglige le fait que le prolétariat salarié moderne est une classe et pas un ordre, une couche de la société qui se distingue des autres couches par une situation économique particulière et non par des institutions légales spécifiques, si on néglige le fait que rien que pour ces raisons, il est inapproprié de parler d'un quatrième ordre. Il reste que le prolétariat existait déjà au sein du tiers état. Ce dernier englobait la totalité de la population qui n'appartenait pas aux deux autres ordres, pas seulement les capitalistes mais aussi les artisans, paysans et prolétaires. On peut aisément imaginer la masse diversifiée que le tiers état représentait. Nous trouvons dans son milieu les contradictions les plus aiguës, les buts les plus divergents, les moyens de luttes les plus différents. Il n'était pas question d'un combat de classe unitaire."p 61

Editions Demopolis 129p. 205 Traduit par Jacques Hebenstreit.

(1) Libre à tous d'utiliser cette analyse pour des événements récents ou futurs.


lundi 23 mars 2015

Subir la simplicité forcée (Pastiche d'une parution)

Vient de paraître en co-édition: 
Un pas dans la Mouise et Ya de quoi s'Etrangler


Subir la simplicité forcée
Histoire et témoignages


Quatrième de couverture.


Pour agrandir cliquez sur l'image.
"Des habitants de zone urbaine ou rurale vivent sans voiture, sans télévision, sans téléphone portable (incroyable), sans lave-linge, et même parfois sans frigo !… Sans intérêts pour la vie politique administrée par les professionnels (rémunérés) ou par ceux qui ont le temps de s'investir, ils se désinvestissent de la vie locale qui est au bout du compte gérée par la classe de l'encadrement.

Ils soutiennent que l'on ne peut pas vivre sans avoir le minimum vital. Ils se questionnent aussi sur ce qu'est le superflu...

Parmi eux, des jeunes parents précaires, chômeurs, chômeuses, refusent la spirale de la pauvreté et l'impossibilité structurelle d'avoir accès aux produits de première nécessité. (logement, santé,  alimentation, transport, éducation)

Peu diplômés, sans argent, ils subissent l'isolement et la cherté des loyers et sont contraints de vivre dans des lieux de fortune. Victimes des marchands de biens, de sommeil et de la gentrification, ils sont souvent obligés de vivre chez des amis, de la famille sans pouvoir se poser.

De ce fait ils subissent l'isolement, le contrôle social, le flicage et la moralisation de ceux qui pensent qu'un autre "choix" est possible dans monde capitaliste. 

Certains ont carrément abdiqué le combat de classe et vivent coupés du monde en autarcie, isolés de tous. La tendance s'affirme d'ailleurs encore plus avec la vieillesse. Par exemple dans un lieu fort reculé, sans eau ni électricité, ils ont pu construire un abri de fortune et font « de nécessité vertu ». Il ne peuvent plus se déplacer et n'ont plus accès aux différents lieux de socialisation.

Refusant de devenir des petits commerçants, n'ayant pas de capital à investir, sans parents argentés, pour eux avoir un travail c'est presque un "luxe". Même aliénant, le travail se fait rare dans certaines régions où l'on est obligé de quitter sa famille et amis pour s’en aller vivre ailleurs, loin, trop loin. Quelques fois pour ne plus revenir.

Certains ont même eu une vie de smicard ! et sans rouler sur l'or (à deux salaires) la vie était encore possible en se serrant la ceinture. Puis le chômage, la "compétitivité", les restructurations, les délocalisations, ont fait basculer des familles souvent des couples (dans la même entreprise) dans la misère ou l'extrême précarité.  La trêve hivernale est un répit trop court avant l'expulsion.

Exclus du système de santé, ils passent souvent leurs journées dans les lieux administratifs ou dans ce dédale de demandes de formulaires, le temps perdu et l'humiliation sont les conditions pour essayer d’obtenir une allocation de survie. 

Toutes ces trajectoires, bien que très différentes, tentent d’expliquer comment l'on subit certaines choses, certains "déterminismes" plus qu’on ne peut les choisir. Mais aussi que l'ascétisme "choisi" est souvent la pratique coupable d'une petite-bourgeoisie repue, une possibilité de distinction propre d'une classe sociale en mal de reconnaissance. Le principe de la "simplicité volontaire"  que certains prônent, est une démarche volontariste religieuse selon laquelle la vie se trouve "ailleurs" dans une sorte d’au-delà ou dans une vie cénobite ou régulière. 

Ce livre présente une cinquantaine de parcours typiques de déclassés in-volontaires qui nous expliquent les raisons de leurs non-choix, comment ils subissent les rapports sociaux capitalistes mais aussi la manière dont certains fantasment, les liens qu’ils croient pouvoir tisser en dehors des rapports marchands qu'ils croient éviter ou dépasser dans le simple retrait ou dans l'isolement faussement joyeux (pour la galerie militante).

Ils nous racontent comment certains croient forcer le réel en dehors du combat organisé (ou pas) de classe ceci avant que la réalité ne leur pète à la tronche, Ils critiquent la critique moraliste du prolétaire sur-consommant ou qui succomberaient à une "hyper-consommation" alors que la plupart ne peuvent que reproduire leur force de travail.


Co-Edition : Un pas dans la Mouise et Ya de quoi s'Etrangler : 20€ (le prix n'est pas décroissant faut quand même bouffer merde !)
"La décroissance une idéologie de curé"


vendredi 20 mars 2015

La Propriété, c'est plus le vol de Elio Petri (DVD)

La Propriété, c'est plus le vol - Elio Petri
La proprietà non è più un furto



Modeste employé de banque, pris de démangeaisons au simple contact de l’argent, Total vit chaque jour dans l’angoisse.

Convaincu des injustices causées par la richesse, il décide de s’attaquer au système, en prenant pour cible un boucher qui étale sa fortune avec ostentation.

Total démissionne pour se consacrer exclusivement à sa nouvelle tâche ! Il observe le comportement de sa future victime, puis passe à l’action …



"La propriété c’est plus le vol décrit une société — la société capitaliste — dans laquelle l’appropriation individuelle est le trait dominant de la structure économique. Le propriétaire est l’archétype de cette société et le voleur n’en est que l’homothétie. Le voleur ni ne conteste ni ne cherche à détruire la propriété : il cherche simplement à acquérir l’objet de ses désirs par des voies différentes de celles des gens honnêtes. Le voleur participe d’un même système que le propriétaire, tous deux sont engagés dans la même course au profit, l’un par une voie légale — qui n’exclue pas d’ailleurs le recours à des méthodes crapuleuses —, l’autre par une voie illégale clairement acceptée comme telle. Entre le propriétaire et le voleur, il n’existe pas de différence de nature, tout au plus une différence de degré. Leur affrontement n’est qu’apparemment inégal : ils contribuent tous deux à la survie d’un système économique dont ils sont de sûrs piliers ; leur conservatisme leur fait également haïr une transformation radicale qui supprimerait la propriété et le vol. Paradoxalement, possédants et larrons ont des intérêts communs, presque des privilèges de classe à défendre : ils ne sont différents qu’au regard de la loi et des organismes chargés de la faire respecter. Pour défendre son bien, le propriétaire peut en effet compter sur l’assistance des forces de l’ordre, la police et la justice (on pourrait sans difficulté y inclure — bien que cela ne soit pas directement indiqué dans le film — l’Eglise dont Petri souligne le caractère conservatoire de toute société établie. L’argent cherche à s’ennoblir en empruntant une sorte de rituel ecclésiastique : la banque de La propriété c’est plus le vol ne ressemble-t-elle pas à une église ?. La police traque les voleurs et en même temps entretient avec eux des rapports de promiscuité. Le policier trouve dans le « milieu » les indicateurs dont il a besoin pour accomplir sa tâche. La police pénètre ce monde particulier qui est celui des « hors-la-loi » mais en même temps se fait pénétrer par lui. Ici l’ambiguïté devient totale et nous renvoie à une constante du film : la mise en lumière de la collusion entre des intérêts apparemment contradictoires mais qui agissent tous pour la survie d’un ordre qui leur est profitable."


« La propriété ne peut rien donner d’autre que la maladie et les malades, elle ne peut qu’amblématiser toute la série des frustrations sexuelles et tenir l’homme prisonnier de celles-ci. Elle est la clef de cette espèce de ceinture de chasteté dans laquelle la société capitaliste a emprisonné l’homme ». Elio Petri.


Un film de Elio Petri avec Ugo Tognazzi - Flavio Bucci / Scénario Elio Petri - Ugo Pirro / 1974 - 126 minutes. 


Film restauré en DVD chez Tamasa Diffusion