Prochaine émission de Radio Vosstanie le 2 Mai 2015 à 10h en Direct !

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dimanche 26 avril 2015

Emission spéciale sur le MEXIQUE le 2 Mai [Radio Vosstanie]

Emission spéciale sur le MEXIQUE 

- Le 2 Mai 2015 -

A 10h - EN DIRECT !

Avec un invité.

Radio Vosstanie !

Emission Animée par Travail Contre Capital & Vosstanie


Nous repoussons l'émission sur Dietzgen pour la fin mai.




lundi 20 avril 2015

Emission La lutte des classes au Portugal (Rediffusion le 25/04/2015)

Emission La lutte des classes au Portugal
(Sur la révolution dite des "oeillets" ou la transition démocratique portugaise)


Cette émission est dédiée aux prolétaires anonymes, aux insoumis, déserteurs, objecteurs, à ceux qui ne dissocient 
pas les moyens et les fins.


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Téléchargement
Des parties 1-2-3-4-5
durée totale 17h26 minutes

+
REDIFFUSION
Le 25 avril 2015
A partir de 7h le matin


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Emission du  6, 13, 20 septembre 2014


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 Pour la trame de notre émission nous nous inspirons de l'ouvrage de Phil Mailer.
Portugal: The Impossible Revolution ?  First published by Solidarity (London) 1977.
 Portugal: a revolução impossível ? - Porto Ed Afrontamento 1978.




1ere partie
Enregistrée le 6 septembre 2014

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Présentation
Objet et but de l'émission - A propos de Le Portugal ...? et Après ! - ArqOperaria ?
De la mémoire à l'enterrement. Nos propres limites....

Situation historique et 
données économiques de l'époque.
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La conception putschiste 
de la révolution sociale. 
Le rôle de l'armée ou la conception bourgeoise de la révolution.
Avec Charles Reeve 
(Autour de l'ouvrage édité aux Editions Spartacus en 1976) 

Voir aussi notre émission du 25 janvier 2014 
(Itinéraire bio-bibliographique)

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TELECHARGER LA 1ère PARTIE
227 minutes

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Sur les expériences d'auto-organisation.
Commissions de "moradores", commissions de travailleurs, commissions inter-entreprises, occupations des terres, sur le non grand-parti.

Témoignage sur les commissions 
de "moradores" et parcours de:
 José Hipólito dos Santos. 
Ancien membre de la LUAR (Liga de Unidade e Acção Revolucionária) - Des Cadernos de Circunstancia.
Acteur de la révolte da Sé en 1959 et du "Golpe de Beja" le 1er Janvier 1962.

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TELECHARGER LA 2ème PARTIE
136 minutes


+ Itinéraire En 5 parties.

1- Premiers engagements - Seara nova et Antonio Sergio - La révolte da Sé - Golpe de Béjà, la prison.
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2 - L'Exil - de L'Algérie au Maroc.
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3 - Les Cadernos de Circunstância et Mai 1968.
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- La LUAR.
TELECHARGER

5 - Retour au Portugal en 1974 . Des "moradores" au PRP.
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- Sur les Cadernos de Circunstância - 
41 minutes -

TELECHARGER LA 3ème PARTIE
(Les 5 parties de l'itinéraire en 1 fichier compressé)
274 minutes


Sem Mestres nem Chefes o povo tomou a rua A Revolta de BEJAFelizmente Houve a LUAR - Para a História da Luta Armada Contra a Ditadura
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2ème partie.
Diffusée le 13 septembre 2014


L'expérience du Journal Combate (1974-1978)
Avec João Bernardo.
Les forces "politiques" en présence.

Régressions, récupérations et limites. 
De "l'autogestion" au capitalisme d'Etat, de l'autonomie aux élections, la non-révolution culturelle, Une expérience Portugaise ? Pour une critique de la chronologie "politique".

40 ans après quelles perspectives ?
Débat et point de vue autour de "Les Portugais face à la crise - Grèves, manifestations, occupations 2010-2013 " traduit du portugais par le collectif Les Ponts Tournants et édité  par les Edições antipáticas.  Avec le GARAP.

(Discussions sur "les Portugais face à la crise" du 11 et 13 avril 2014 avec des membres du Collectif des Edições antipáticas)

Télecharger
Rencontre du vendredi 12 avril 2014 à Paris  [Télécharger]
- Rencontre du dimanche 13 avril 2014 au Rémouleur à Montreuil [Télécharger]

Conclusion de l'émission

João Bernardo, Charles Reeve, José Hipólito dos Santos, Eduardo de Sousa de librairie Letra Livre à Lisbonne, au Garap.

Mais aussi à 
Brunel, Blek, Henrique, Lino, Ben, Rosa, Anne-Emilie de Radio Panik, Manuel, Tonio, Judith et les autres....




A suivre...

Pour suivre la compilation de documentation en cours:



Photographie de José Marques

Série de cartes postales éditées sous: A Esquerda da Esquerda documentos para a História de uma
Revolução



vendredi 17 avril 2015

LES LUTTES DE CLASSE PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE de Karl Kautsky (vient de paraître)

Vient de paraître un court essai fort stimulant de Karl Kautsky "le pape du socialisme" (qui n'est pas notre tasse de thé habituellement). Nous avouons qu'il est fort étonnant voir ironique de retrouver sous sa plume cette phrase "C'est ainsi que les intellectuels bourgeois prirent possession du pouvoir d'Etat et mirent celui-ci au service de leurs théories, c'est à dire au service des intérêts de la bourgeoisie" p 79. (1) 

Kautsky se livre ici à une véritable analyse de sociologie politique et de la situation et antagonismes des classes qui n'a rien perdue de son intérêt, aussi bien pour la question dont il traite, mais aussi pour la complexité touchant aux réalités des intérêts de classe de manière générale. Si certaines questions sont entendues c'est que l'ouvrage qui date de 1889 (pour marquer le centième anniversaire de la révolution française) était destiné aux militants marxistes lecteurs de Die nue Zeit comme le précise le traducteur Jacques Hebenstreit.

Si Kautsky n'est absolument pas critique de la Terreur c'est qu'il accompagne une certainement conception de la dictature du prolétariat. Sa critique du jacobinisme si l'on peut la souligner et l'appuyer parce que juste, ne se fait que parce que "la tradition jacobine est un des plus puissants obstacles qui se soit opposé à l'apparition en France d'un grand parti social-démocrate unifié et autonome" p.92. Il n'est pas nécessaire ici  de développer ici que c'est pour mieux retomber dans un néo-jacobinisme: l'esprit de ou du Parti.

Un ouvrage à lire donc pour sa peinture des conflictualités de classes forts complexes à la veille et pendant la révolution, exposées ceci sans concessions. S'ouvre alors un autre débat en creux pour savoir si la révolution est une affaire de développement des "forces productives" ? Si le communisme n'est pas possible ici et maintenant ? Questions tranchées par Kautsky avec toutes les ambiguïtés du "progressisme capitaliste". Une étape ? un moment du combat historique ? une victoire dans la défaite ? 

Voici un extrait fort intéressant:

"Si on néglige le fait que le prolétariat salarié moderne est une classe et pas un ordre, une couche de la société qui se distingue des autres couches par une situation économique particulière et non par des institutions légales spécifiques, si on néglige le fait que rien que pour ces raisons, il est inapproprié de parler d'un quatrième ordre. Il reste que le prolétariat existait déjà au sein du tiers état. Ce dernier englobait la totalité de la population qui n'appartenait pas aux deux autres ordres, pas seulement les capitalistes mais aussi les artisans, paysans et prolétaires. On peut aisément imaginer la masse diversifiée que le tiers état représentait. Nous trouvons dans son milieu les contradictions les plus aiguës, les buts les plus divergents, les moyens de luttes les plus différents. Il n'était pas question d'un combat de classe unitaire."p 61

Editions Demopolis 129p. 205 Traduit par Jacques Hebenstreit.

(1) Libre à tous d'utiliser cette analyse pour des événements récents ou futurs.


jeudi 26 mars 2015

Mexique: importante grève des journaliers de Basse-Californie

Mexique: importante grève des journaliers de Basse-Californie


Dans l’État de Basse Californie, des milliers de journaliers migrants mexicains en lutte contre leurs conditions d'exploitation.

La plupart des informations et analyses libertaires ou « radicales » qui nous parviennent concernant le Mexique ne se départent pas d’éternelles illusions gauchistes sur ses mouvements (en premier lieu le zapatisme), exaltant leurs aspects les plus ambigus (communautarisme, revendications identitaires, etc.) ou les masquant (logique militariste et aspects verticaux, discours réformiste et politicien, attitude vis-à-vis d’autres luttes) selon les besoins.

Cette absence de logique critique et d’analyses nuancées trace des contours réducteurs (souvent identitaristes et communautaires) autour des nombreux combats menés par les exploité-e-s du Mexique, et ne permet pas de comprendre les liens qui existent entre ceux-ci, dans leur diversité (luttes urbaines, luttes contre le narcotrafic, la spoliation des terres et les projets de développement, contre la répression, le contrôle quotidien, et diverses formes d’autorité et d’exploitation) et donc de dresser un panorama de l’état actuel de la lutte de classes au Mexique. Ce bref article tente, à partir d’un peu d’expérience au Mexique, de quelques recherches et d’échanges, d’y remédier. C’est aussi un appel à discuter et débattre.


Le mouvement de San Quintín

Le 17 mars dernier, plusieurs dizaines de milliers de travailleurs journaliers se soulevaient dans la commune de San Quintín (État de Basse Californie). La grève dure depuis plusieurs jours. Convoquée par une alliance d'organisations de journaliers et/ou indiennes, elle a vu s’affronter des centaines de travailleurs agricoles aux forces de l’ordre (divers corps policiers et militaires), et plusieurs actions offensives. Le secrétaire général du gouvernement local voyait dans les événements des premiers jours, "une situation d'anarchie quasi-totale", avec la principale route (la « Transpeninsular ») bloquée sur 120 km et la vallée de San Quintín pratiquement sous le contrôle des grévistes.

Les affrontements et le blocage de la route se sont produits après le refus des autorités de négocier des revendications portant sur l'amélioration des conditions de travail et de vie sur place (hausse des salaires, diminution des heures de travail, signature de contrats et accès à la sécurité sociale, fin des violences contre les travailleurs et des abus sexuels contre les travailleuses par les contremaîtres, et la liste ne s’arrête pas là). La libération de 200 indiens Rarámuris (Tarahumaras) réduits à des conditions d’esclavage sur une exploitation proche a également contribué à mobiliser.

La municipalité de San Quintín « héberge » dans des conditions de misère extrême entre 60.000 et 80.000 journaliers. Elle fait partie d'une zone, à cheval sur plusieurs états du nord du pays (Sonora, Sinaloa et Basse Californie), où sont exploités des centaines de milliers de migrants venus du sud, et particulièrement de Oaxaca. Les produits des gigantesques exploitations agricoles dans lesquelles ils triment sont essentiellement destinés à l'exportation. Leur vente constitue une partie importante de la richesse de ces États, et les terres appartiennent aux familles qui les dirigent.

Alors que certains représentants des grévistes menacent d’étendre le mouvement dans les zones proches (et peut-être chez les migrants des zones agricoles américaines) à défaut de négociations avec les institutions, des milliers de journaliers restent mobilisés après les manifestations de force des derniers jours.

Sur le Mexique

La situation sociale actuelle au Mexique est marquée par la disparition des 43 étudiants de l'École Normale d'Ayotzinapa (État de Guerrero), fruit d'une collusion entre la police de l'État et le narcotrafic. Le mouvement de Guerrero est puissant (avec des origines dans la lutte armée des années 70, d’inspiration maoïste), et mène des actions quasi-quotidiennes pour s'emparer des municipalités, et parfois établir des formes de gestion communautaires (ce qui marque une nette différence avec la logique historique de conquête du pouvoir).

L'importante capacité d'organisation et d'action des mouvements (en particulier paysan et indien) s'incarne dans une grande diversité d'organisations populaires, très portées sur la gestion communautaire, dans l’esprit du zapatisme historique et aujourd’hui influencées par sa version néo. Elles sont aussi plus traversées que l’on ne l’admet généralement par les tendances gauchistes, et ont une longue histoire de récupérations politiques et de dérives autoritaires, via les autorités traditionnelles des communautés en général.

Les mouvements paysans et indiens sont les principaux acteurs des luttes contre le narcotraffic, avec la mise en place des « Polices Communautaires » dans les communautés indiennes (en particulier dans l’État de Guerrero), que le Pouvoir fait tout pour infiltrer ou récupérer, et des milices d’autodéfense (dans l’État de Michocán surtout), en dehors des communautés, au rôle beaucoup plus trouble. Cela représente donc des centaines de milliers d’hommes et de femmes en armes dans le pays, avec une composante attachée à l’autonomie vis-à-vis des pouvoirs institutionnels. Il n’y a pas en général de références claires à une volonté de changement radical et de révolution à l’échelle du pays, en dehors des quelques organisations armées qui subsistent ou des secteurs gauchistes autoritaires (certains importants en termes d’effectifs) : staliniens, trotskystes et léninistes.

Le mouvement syndical, depuis le long règne hégémonique du PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) de 1929 à 1989, est encadré par des syndicats majoritaires verticaux, par secteurs d'activité, à la gestion mafieuse connue de tous. Les grèves sont donc limitées. Depuis la fermeture en 2009 de l'entreprise publique Luz y Fuerza del Centro (distribution d'électricité, et dont le syndicat comprenait des tendances combatives), et un mouvement chez les sidérurgistes d’Arcelor Mittal du Port de Lázaro Cárdenas (important pôle économique du narco-État de Michoacán) en 2009, seule subsiste la CNTE, Coordination des enseignants créée par les tendances combatives du Syndicat des Enseignants (SNTE) pour échapper à son contrôle bureaucratique. Cette Coordination est engagée dans la plupart des États du Centre et du Sud dans des combats assez durs. Elle englobe tout le spectre des tendances gauchistes autoritaires, des minorités qui le sont moins, et une base combative.

 (L’article ne porte volontairement pas sur les tendances et milieux antiautoritaires du Mexique, qui pourront peut-être, plus tard, l’objet d’autres articles).


Sous-comédien insurgé Marco 24 mars 2015

mardi 24 mars 2015

Connaissez-vous Joseph DIETZGEN ? / Prochaine émission de la Web Radio Vosstanie

Prochaine émission de la Web Radio Vosstanie
(Courant Mai) 

Connaissez-vous Joseph Dietzgen ?
- Ouvrier tanneur et philosophe socialiste autodidacte - 

Objet Web-Radiophonique.
(Lectures & sons divers)

* * *

"Le mérite de Dietzgen consiste à avoir fait de la philosophie une science de la nature, comme Marx l'avait fait pour l'histoire. De cette façon, l'instrument de la pensée humaine est débarrassé de l'élément fantastique : il est considéré comme une partie de la nature et son être particulier, concret, qui se transforme et se développe au cours de l'histoire, doit être connu toujours plus profondément au moyen de l'expérience."

"Marx a découvert la nature du processus matériel de la production et a établi son importance décisive comme moteur de l'évolution sociale. Mais il n'a pas expliqué en détail, à partir de l'essence de l'esprit humain, l'origine du rôle qu'il joue dans ce processus matériel. Avec la force traditionnelle de la pensée bourgeoise, cette limitation est une des raisons principales pour lesquelles ses théories ont été comprises de façon si imparfaite et si déformée. A présent, Dietzgen comble cette lacune, puisqu'il a pris justement l'essence de l'esprit pour objet de sa recherche. C'est pourquoi l'étude approfondie des écrits philosophiques de Dietzgen est un outil essentiel et indispensable pour comprendre les œuvres fondamentales de Marx et Engels. Les travaux de Dietzgen nous montrent que le prolétariat détient une arme puissante non seulement dans sa théorie économique, mais aussi dans sa philosophie. Apprenons à nous en servir."

Anton Pannekoek 

Situation et signification de l'œuvre philosophique de Josef Dietzgen Préface à L'essence du travail intellectuel de Josef Dietzgen, 1902



« Le monde en soi n’est pas autre chose que la somme de ses phénomènes. » Ces mots qui nous parviennent du cœur du XIXe siècle rendent un son étrangement actuel. Avoir réduit l’existant à la série d’apparitions qui le manifestent fut, disait-on naguère, le grand mérite de la pensée moderne. Or, celle-ci commence peut-être avec l’autodidacte allemand Josef Dietzgen qui, dans un combat intellectuel post-kantien et post-hégélien, aborde d’un œil neuf, en 1869, le problème de la connaissance. Pour lui, déjà, toute conscience est conscience de quelque chose ; mais le dernier vestige du transcendantal est banni, puisque ce sont les pensées qui constituent l’entendement, et non l’entendement qui forme les pensées. La chose en soi étant définitivement exorcisée, toute « épochè » ou « mise entre parenthèses », ultime refuge de l’idéalisme, est rendue ici superflue : la totalité de ce que notre conscience accueille, y compris les chimères, appartient à la réalité. Dans ce nouvel empirisme qui ne se soumet pas au jugement du scalpel, le recours inutile et même stérilisant à la physiologie est refusé pour l’explication du sens. Certes, la pensée est une fonction du corps mais ses contenus ne sont pas pour autant corporels ; ils sont une expérience « per se » et relèvent de la subjectivité humaine.

Dans un monde débarrassé de ses derniers dieux et de ses derniers fantômes, que l’homme soit la mesure de toutes choses n’est plus une limite, c’est un nouveau départ.

Cet ouvrage parut pour la première fois en 1869 à Hambourg.



lundi 23 mars 2015

Subir la simplicité forcée (Pastiche d'une parution)

Vient de paraître en co-édition: 
Un pas dans la Mouise et Ya de quoi s'Etrangler


Subir la simplicité forcée
Histoire et témoignages


Quatrième de couverture.


Pour agrandir cliquez sur l'image.
"Des habitants de zone urbaine ou rurale vivent sans voiture, sans télévision, sans téléphone portable (incroyable), sans lave-linge, et même parfois sans frigo !… Sans intérêts pour la vie politique administrée par les professionnels (rémunérés) ou par ceux qui ont le temps de s'investir, ils se désinvestissent de la vie locale qui est au bout du compte gérée par la classe de l'encadrement.

Ils soutiennent que l'on ne peut pas vivre sans avoir le minimum vital. Ils se questionnent aussi sur ce qu'est le superflu...

Parmi eux, des jeunes parents précaires, chômeurs, chômeuses, refusent la spirale de la pauvreté et l'impossibilité structurelle d'avoir accès aux produits de première nécessité. (logement, santé,  alimentation, transport, éducation)

Peu diplômés, sans argent, ils subissent l'isolement et la cherté des loyers et sont contraints de vivre dans des lieux de fortune. Victimes des marchands de biens, de sommeil et de la gentrification, ils sont souvent obligés de vivre chez des amis, de la famille sans pouvoir se poser.

De ce fait ils subissent l'isolement, le contrôle social, le flicage et la moralisation de ceux qui pensent qu'un autre "choix" est possible dans monde capitaliste. 

Certains ont carrément abdiqué le combat de classe et vivent coupés du monde en autarcie, isolés de tous. La tendance s'affirme d'ailleurs encore plus avec la vieillesse. Par exemple dans un lieu fort reculé, sans eau ni électricité, ils ont pu construire un abri de fortune et font « de nécessité vertu ». Il ne peuvent plus se déplacer et n'ont plus accès aux différents lieux de socialisation.

Refusant de devenir des petits commerçants, n'ayant pas de capital à investir, sans parents argentés, pour eux avoir un travail c'est presque un "luxe". Même aliénant, le travail se fait rare dans certaines régions où l'on est obligé de quitter sa famille et amis pour s’en aller vivre ailleurs, loin, trop loin. Quelques fois pour ne plus revenir.

Certains ont même eu une vie de smicard ! et sans rouler sur l'or (à deux salaires) la vie était encore possible en se serrant la ceinture. Puis le chômage, la "compétitivité", les restructurations, les délocalisations, ont fait basculer des familles souvent des couples (dans la même entreprise) dans la misère ou l'extrême précarité.  La trêve hivernale est un répit trop court avant l'expulsion.

Exclus du système de santé, ils passent souvent leurs journées dans les lieux administratifs ou dans ce dédale de demandes de formulaires, le temps perdu et l'humiliation sont les conditions pour essayer d’obtenir une allocation de survie. 

Toutes ces trajectoires, bien que très différentes, tentent d’expliquer comment l'on subit certaines choses, certains "déterminismes" plus qu’on ne peut les choisir. Mais aussi que l'ascétisme "choisi" est souvent la pratique coupable d'une petite-bourgeoisie repue, une possibilité de distinction propre d'une classe sociale en mal de reconnaissance. Le principe de la "simplicité volontaire"  que certains prônent, est une démarche volontariste religieuse selon laquelle la vie se trouve "ailleurs" dans une sorte d’au-delà ou dans une vie cénobite ou régulière. 

Ce livre présente une cinquantaine de parcours typiques de déclassés in-volontaires qui nous expliquent les raisons de leurs non-choix, comment ils subissent les rapports sociaux capitalistes mais aussi la manière dont certains fantasment, les liens qu’ils croient pouvoir tisser en dehors des rapports marchands qu'ils croient éviter ou dépasser dans le simple retrait ou dans l'isolement faussement joyeux (pour la galerie militante).

Ils nous racontent comment certains croient forcer le réel en dehors du combat organisé (ou pas) de classe ceci avant que la réalité ne leur pète à la tronche, Ils critiquent la critique moraliste du prolétaire sur-consommant ou qui succomberaient à une "hyper-consommation" alors que la plupart ne peuvent que reproduire leur force de travail.


Co-Edition : Un pas dans la Mouise et Ya de quoi s'Etrangler : 20€
"La décroissance une idéologie de curé"