Labyrinthes du fascisme

Labyrinthes du fascisme
Prochaine Emission de Radio Vosstanie !

samedi 29 août 2015

Labyrinthes du Fascisme avec João Bernardo

Prochaine émission 
de la Web Radio Vosstanie !

Labyrinthes du Fascisme avec João Bernardo 
Labirintos do Fascismo


Voir aussi notre émission avec João Bernardo pour connaitre son parcours militant et l'expérience du journal Combate.

Le 26 septembre 2015 à 14H



Autour de son livre édité (en portugais)
une première fois aux éditions Afrontamento  en 2003
Puis en 2015 au format PDF ici

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Lecture de plage.
(Commentaires de A nos amis du Comité invisible)



vendredi 28 août 2015

Revoir Comrades de Bill Douglas

Grande-Bretagne, Dorset, 1834. George Loveless et ses amis, laboureurs à Tolpuddle, sont de plus en plus exploités par les propriétaires terriens, avec la complicité du clergé. Ils s’organisent pour revendiquer des hausses de salaires, et créent en secret la Société Amicale des Laboureurs. Dénoncés par un propriétaire, six d’entre eux sont condamnés à la déportation en Australie. Devenus très populaires et hérauts d’une classe de plus en plus pauvre, ils deviennent les « martyrs de Tolpuddle ».

Un film de Bill Douglas - Grande-Bretagne / 1986 / 3h02 
Avec Alex Norton, Robin Soans, Melda Stauton.






mercredi 29 juillet 2015

Anti-Prod / Radio Vosstanie !

Radio Vosstanie ouvre Anti-Prod
Sur Soundcloud


Radio Vosstanie basculera en diffusion 64 Kbps à la rentrée.

mercredi 22 juillet 2015

Autogestion et technologie (8)

Autogestion et technologie
  Qu'est-ce que l'Autonomie Ouvrière ? (1985)


La technologie, ce n’est pas seulement des machines ou des théories sur la rationalisation du processus de travail. C‘est avant tout la cristallisation de relations sociales de production très précises.

Chaque mode de production crée sa propre technologie. Le capitalisme en a développé une qui est venue répondre à ses nécessités d’augmentation de la productivité. L’augmentation de la productivité dans le capitalisme veut dire augmentation de la plus-value relative qui s’obtient grâce à l’augmentation de la quantité de marchandises produites dans un même laps de temps.

En répondant aux nécessités du capital, la technologie capitaliste cristallise et reproduit de manière chaque fois plus profonde la division entre travail manuel et intellectuel, aspects indissociables du travail humain qui le différencie du travail animal.

Cette scission entre le moment de la conception et le moment de l’exécution du travail, détermine la séparation entre ceux qui planifient, organisent et décident, et ceux qui ne font qu'exécuter. Toute société fondée sur l'exploitation reproduit cette division.

La concentration du capital et l’extraordinaire masse de capitaux que la technologie contemporaine exige pour chaque entreprise ont aboutis au développement des sociétés par actions et ainsi à diversifier les niveaux de propriété et de manière générale, à séparer la propriété de la gestion.

Aujourd'hui, le capitaliste traditionnel et particulier devient de plus en plus un simple usufruitier avec un droit sur une partie des profits, mais il est complètement éloigné de la gestion.

Ce sont les technocrates, le plus souvent séparés de la propriété formelle de la société, qui déterminent le montant de la plus-value dont pourra disposer le capitaliste particulier. Cela donne un pouvoir insoupçonné aux détenteurs des connaissances technico-administratives, qui déterminent des changements très importants dans la classe dominante.

Aujourd'hui la classe ouvrière ne lutte pas seulement contre la bourgeoisie privée. Elle se bat aussi contre la technocratie.

J’entends par technocratie l'ensemble des individus qui organisent les conditions générales de la production (moyens de transport, médias, systèmes énergétiques, appareils répressifs, écoles qui forment la main-d’œuvre pour le capital, etc.).

Ce sont encore des individus qui maîtrisent les connaissances techniques des moyens de production et du processus de travail dont le producteur est absent. Ils détiennent le savoir technique de la gestion du processus de production, dont s’écarte le propriétaire privé en proportion de la concentration des forces productives.

Au moment de l’apparition du mode de production capitaliste, la technocratie avait principalement pour fonction l'organisation des conditions techniques générales du capitalisme.

La deuxième révolution industrielle - l'automation - a marqué une nouvelle forme de capitalisme, caractérisée dans les formes de production par les concentrations monopolistes. Dans le rythme de la production, par la soumission du calcul de production au calcul de la distribution (Le Plan) et, dans la base matérielle de production, par la séparation totale du producteur d’avec le processus de travail.

Technologiquement a commencé le développement accéléré des conditions matérielles générales de production. L'unité de production particulière est de moins en moins une unité technologique, elle s’insère dans le processus technique qui englobe et intègre toute l’industrie capitaliste.

Cette séparation des producteurs d’avec le processus de travail a créé un vide comblé par la technocratie qui a permis un saut très important, du champ des conditions générales de la production vers le champ des unités de production individuelles.

Elle a vu de cette manière augmenter le champ de son développement social par le renforcement de l'importance des conditions technologiques générales.

On a vu dans le même mouvement se développer sa fonction sociale qui a comblée la séparation entre le producteur et le processus de travail. Elle avait jusque-là contournée les unités de production particulières, uniquement par les conditions générales de la production, elle pénètre maintenant à l'intérieur même des unités particulières, et achève son développement.

Il s’est créé dans cette première phase, une solidarité d'intérêts entre les représentants sociaux de la nouvelle forme de production (monopoliste) et les représentants sociaux des conditions générales de production et de la nouvelle base matérielle de production fondée sur la séparation du producteur du processus de travail - la technocratie.

Au niveau des formes économiques, l'expression des intérêts communs des deux groupes sociaux sera le plan, à savoir la soumission du calcul de la production au calcul de distribution.

Au début, le rôle de la technocratie était encore réduit. En raison de la manière dont s’est passée l’évolution de la base matérielle du processus de production, la technocratie a d'abord existé dans l'administration et non dans la gestion directe du processus de travail.

Il s’agissait d’une forme encore peu développée de technocratie, très différente de ce que nous connaissons aujourd'hui. Parce qu'ils étaient relativement loin du processus de travail, les technocrates restaient subordonnés à la direction des grands monopoles.

C’est seulement dans les étapes suivantes que la base économique a déterminé le développement de la contradiction entre les technocrates et les propriétaires privés, donnant finalement aux premiers la direction du processus social capitaliste.

Au début, le technocrate était un salarié du propriétaire privé et lui était subordonné, tant en termes de rétribution que dans sa manière de penser et dans sa pratique politique et sociale.

Aujourd’hui elle est une classe tendanciellement dominante, parce qu’ils sont les agents sociaux du passage du capitalisme privé au capitalisme d’État, où est assimilée la bourgeoisie, se reproduisant en bourgeoisie d’État.

Tous ces facteurs mettent en lumière la question technologique. Lorsque la classe ouvrière développe des relations de travail sous une forme autogestionnaire elle se révèle antagonistes au système technologique existant et une solution s’impose :

-  Ou la création d’une nouvelle technologie qui réintègre le travailleur dans le processus de travail, et lui permet de contrôler la gestion de la production et, à partir de ce moment-là, toute la vie sociale

- Ou l'utilisation de la technologie capitaliste qui finira par reproduire d’une manière encore plus profonde/extrême l'exploitation et l'aliénation qui caractérisent l’emploi salarié.

Il n’est pas question de mettre de côté tous les acquis obtenus jusqu'à aujourd’hui et accumulés par l'homme. Il est question de les réadapter, de les transformer pour qu’ils se cristallisent en des rapports sociaux de production communiste.

Nous savons qu’une technologie révolutionnaire déterminée par de nouveaux rapports de production ne peut résulter que d'un processus collectif et relativement fastidieux. À ce jour, le rythme de la lutte de classe n'a pas permis que cela arrive.

Tant que la gestion de la production sera entre les mains d'une partie de la société - des compétents - l'utilisation et l'appropriation de la richesse produite sera un privilège de ce groupe. Tant que les fonctions de gestion et d'exécution seront séparées institutionnellement, l'exploitation perdurera.

Penser une société autogérée où le collectif social des producteurs domine la production implique de penser une technologie qui intègre le travailleur dans le processus de travail, tant au niveau de la propriété et au niveau matériel du processus, que sa gestion et son intégration dans le système de connaissances.

Enfin, je tiens à dire qu'il n'y a aucune possibilité de concilier l'autogestion avec le capitalisme, qu'il soit privé ou d’État. Le fait que le gouvernement Mitterrand, en France, l’ai placé dans son programme électoral reflète la tentative de la réduire à une simple technique de gestion de la force de travail, en masquant ses potentialités révolutionnaires.

Dans le même temps, cela montre qu’à l'heure actuelle les luttes qui s’occupent directement ou indirectement des questions de gestion du processus de production sont un fait. Même la classe capitaliste et les gouvernants sont obligés de reconnaître son existence.

Cependant l'autogestion n’est seulement possible que comme désagrégation permanente de l'État et de toutes les institutions capitalistes.


Note Vosstanie. 
Nous reviendrons sur la question technologique dans l'introduction / présentation de la brochure.


Autonomie ouvrière et partis politiques
Autonomie ouvrière et syndicats
Autonomie et communisme

-

TÉLÉCHARGER LA BROCHURE



Vosstanie propose une traduction "maison" et adaptée d'un ouvrage de Lúcia Barreto Bruno édité en 1985 au Brésil. Elle sera le support d'une émission de la Web Radio Vosstanie et d'un débat sur la question posée. Il va de soi que nous ne sommes pas en accord avec certains propos, approches du livre (ambiguës sur la question de la "gestion" et "d'auto-gestion" ou de qui a à "gérer") qui a donc 30 ans. Ils posent néanmoins en creux de nombreuses questions, critiques (à faire), de manière très stimulante, dans un débat complexe. Il s'agit donc d'un écrit qui nous permettra de dégager pas mal de perspectives.


O que é Autonomia Operária - Lúcia Bruno. Editora Brasiliense - 1986 . 91p.


A suivre une émission de la Web Radio Vosstanie pour un :
Débat critique / réflexions sur le texte.
et la publication de la brochure.


mardi 7 juillet 2015

La légalisation de la lutte ouvrière (7)

La légalisation de la lutte ouvrière
Qu'est-ce que l'Autonomie Ouvrière ? (1985)


Le Droit ne reconnaît pas la lutte anticapitaliste de la classe ouvrière. Il ne reconnaît pas les mouvements autonomes, les occupations d’entreprises et l’autogestion.
Quand, par l’action, la classe ouvrière rompt avec la logique du capital, elle rompt par là même avec les normes juridiques établies. C’est pourquoi la préoccupation de la classe capitaliste est de tenter d'encadrer les luttes par la légalité en vigueur, spécialement quand la répression policière n’est pas la meilleure des solutions.

Ils tentent toutes les solutions. Ils tentent de canaliser le mouvement vers les syndicats reconnus par l’Etat et les patrons, ils tentent de transformer les entreprises / usines autogérées en coopératives, ou encore, de légaliser les commissions d’usine/entreprise en instituant le contrôle ouvrier.

Le contrôle ouvrier c’est quand un groupe de travailleurs est reconnu par la direction d’une entreprise, et qu’il se transforme en co-gestionnaire du capital. On parle de contrôle direct des ouvriers par d’anciens ouvriers. Il est légalisé dans presque tous les pays développés indépendamment de l’existence ou non de luttes.

Le contrôle ouvrier se fonde sur la délégation de pouvoir et non plus sur l’action directe.

On élit des délégués qui vont représenter les travailleurs et participer à la gestion de certains problèmes de l’entreprise / usine.

De manière générale, on les limite à des questions d’ordre interne à l’entreprise, plus directement liées aux problèmes de main-d’œuvre.
La séparation des délégués élus de l’ensemble des travailleurs est inévitable car ils ne sont l’objet d’aucun contrôle par la base qu’ils disent représenter.

Ils finissent donc toujours par se constituer comme un pouvoir qui se situe au-dessus des travailleurs en re-formalisant la relation dirigeants/dirigés qui caractérise toute société d’exploitation.

Pour qu’une entreprise autogérée se sépare de la logique du profit, en initiant le processus d’édification du communisme, il ne suffit pas d’élire des représentants des travailleurs pour participer de la gestion.

Alors que gérer signifie prendre pour soi-même des décisions en tant que personne ou comme collectivité souveraine, ceci en pleine connaissance des informations nécessaires, contrôler ne signifie que superviser ou vérifier les décisions prises par d'autres.

Le contrôle ouvrier implique une limitation de la souveraineté où certains déterminent les objectifs et les d’autres s’efforcent que soient appliquées les méthodes les plus appropriées pour les réaliser.

La légalisation de la classe ouvrière est une des formes les plus efficaces de démobilisation. C’est toujours une forme subtile pour la discipliner. Nous ne pouvons oublier que tout l’ordre juridique capitaliste est, d’un point de vue prolétaire, une légitimation de la violence. Violence de l’exploitation économique, du pouvoir disciplinaire, de la moralité imposée par la classe dominante, du savoir transmis par les moyens de communication, des écoles etc...

Il n’est pas possible de légaliser une lutte autonome, précisément parce qu'elle est la négation de l'ordre que le Droit structure.

La seule pratique prolétarienne qu’il est possible d’encadrer dans système capitaliste c’est sa pratique “d’agent de production” ; de reproducteur du capitalisme. C’est la classe organisée dans l'usine/entreprise par le capital.



Autonomie ouvrière et partis politiques
Autonomie ouvrière et syndicats
Autonomie et communisme

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Vosstanie propose une traduction "maison" et adaptée d'un ouvrage de Lúcia Barreto Bruno édité en 1985 au Brésil. Elle sera le support d'une émission de la Web Radio Vosstanie et d'un débat sur la question posée. Il va de soi que nous ne sommes pas en accord avec certains propos, approches du livre (ambiguës sur la question de la "gestion" et "d'auto-gestion" ou de qui a à "gérer") qui a donc 30 ans. Ils posent néanmoins en creux de nombreuses questions, critiques (à faire), de manière très stimulante, dans un débat complexe. Il s'agit donc d'un écrit qui nous permettra de dégager pas mal de perspectives.


O que é Autonomia Operária - Lúcia Bruno. Editora Brasiliense - 1986 . 91p.


A suivre une émission de la Web Radio Vosstanie pour un :
Débat critique / réflexions sur le texte.
et la publication de la brochure.

dimanche 5 juillet 2015

Comme un chat de Floréal Cuadrado

Souvenirs turbulents d'un ANARCHISTE – faussaire à ses heures – vers la fin du vingtième siècle



La sincérité et la non complaisance de Floréal Cuadrado fait de ce livre un témoignage aussi fort qu'important. Dont la force pratique vaut bien plus et importe plus que toutes les digressions et logorrhées théorique. Ici et là on y apprend quelques vérités révélatrices d'un état d'esprit de certaines couches sociales face au réel "intense".

Passent à la moulinette critique: Les "partis combattants", l'avant-gardisme libertaire / élitaire, Guy Debord, Les déclarations d'Octavio Alberola, Les GARI, L'éthos de Jean-Marc Rouillan, l'impayable Lucio Urtubia. On y apprend par exemple que Cuadrado est à l'origine du faux Monde Diplo et de bien d'autres choses...Pas de grandes questions "idéologiques" mais de la "pratique" et de ses impasses.

L'objet ?

" Ce que je dis de moi ici n’a d’autre but que de montrer comment nous sommes passés du romantisme de la révolution radicale aux chimères de l’action “révolutionnaire” illégale sans poursuivre véritablement de but révolutionnaire ; comment nous sommes devenus, en quelque sorte, des politiciens de l’illégalisme " 

F. Cuadrado de-romantise salutairement sans briser ce qui fait le coeur des choses. Ainsi "Si l'histoire n'a retenu le nom que de quelques militants célèbre, sans les milliers d'anonymes, de sans gloire, le mouvement anarchiste espagnol n'aurait jamais connu un tel essor. Ce sont eux qui, avec une foi quasi religieuse, lui ont donné ses plus belles lettres de noblesse et sa singularité. Illettrés ou presque, ils ont bien souvent tout sacrifié pour las ideas, pour l'idéal. Sans ces militants, ma vie aurait été tout autre. Je n'aurais, de toute évidence, pas choisi la voie des combats incertains ou j'avais tout à perdre et peu à gagner. Leur rigueur morale et leur désintéressement m'ont préservé de bien des erreurs". (p.607)


Editions du Sandre. 680p. Avril 2015