revolution maintenant !

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dimanche 5 février 2012

Les communistes et le travail théorique aujourd'hui de Tom Thomas (A lire)

Les communistes et le travail théorique
aujourd'hui
 
Tom Thomas
Crise après crise, le capitalisme montre combien s'aggravent les difficultés de sa reproduction, et donc la gravité des catastrophes qu'il engendre, et engen­drera nécessairement. Misère, famines, guerres, ravages écologiques, chacun peut commencer à en avoir une petite idée. Mais quant aux moyens d'y remédier, on n'entend partout, et notamment venant de la gauche qui se dit radicale, que, au mieux, des propositions prétendant améliorer , « réguler », le capitalisme grâce à l'intervention de l'Etat. 

L'objet de ce livre n'est pas de démontrer une nouvelle fois l'absurdité né­faste de cette «solution», ni que seule la lutte de classe révolutionnaire pour abolir le capitalisme et l'Etat peut opposer une voie humaine à ce processus mortelle­ment destructif. Cela est acquis. L'objet est de montrer que cette lutte, pour réus­sir, ne peut se passer d'une compréhension correcte de la réalité, c'est-à-dire des causes réelles de ce processus. Plus exactement il est de montrer qu'une telle compréhension, que chacun croit avoir, ne saurait être le fait de la simple percep­tion ou description des phénomènes tels qu'ils apparaissent, mais nécessite un travail particulier, le travail théorique. C'est parce qu'un tel travail est presque complètement négligé aujourd'hui (ou alors coupé de tout projet révolutionnaire pratique, donc sans vérité concrètement vérifiable) que ce livre vient utilement en rappeler toute l'importance, la méthode, les fondements, mais aussi les limites.

Il montre donc d'abord qu'une connaissance exacte de la réalité sociale ne peut être fondée que sur le matérialisme et la dialectique. Ce qui amène à devoir dire ce qu'ils sont et ne sont pas, notamment en procédant à un examen critique des conceptions fondées sur un déterminisme économique autrefois dominant dans le mouvement communiste. Le stalinisme en fût une expression grossière et systématique, mais l'auteur en relève aussi des traces jusque chez Marx lui-même.
Enfin, examinant le stade historique actuel du développement humain, l'auteur en arrive à la conclusion qu'un mouvement révolutionnaire guidé par une conscience juste de ce qu'il fait est, pour la première fois dans l'histoire, non seulement possible du fait des conditions créées par le capitalisme, mais néces­saire au succès de la révolution communiste — spécificité importante qui la distin­gue de toutes les autres qui l'ont précédée.
Contradictions 4e Trimestre 2008
ISSN-0770-8521 ISBN 2-8709-061-9
116 p., 10 €




TABLE


INTRODUCTION 

Chapitre 1- MATERIALISME ET DIALECTIQUE:
GENERALITES
1.1. Le matérialisme
1.2. Quel matérialisme ?
1.3. La matière du matérialisme.
1.4.Base et superstructure.
1.5 Une époque de révolution sociale.


Chapitre 2 - THEORIE ET ACTIVITE CONSCIENTE
2.1. Pensée et activité
2.2. Connaître la réalité sociale" 
       2.2.1 Essence et apparence.
       2.2.2 La théorie dans la processus de la connaissance.
2.3. Etre social et conscience sociale.


Chapitre 3- DETERMINISME ET CREATIVITE
3.1. Les hommes, auteurs et pas seulement acteurs.
3.2. La révolution communiste: une lutte nécessairement consciente.


Chapitre 4- LES COMMUNISTES ET LE TRAVAIL THEORIQUE




Nous invitons bien sûr à lire la production théorique de Tom Thomas. Même si nous ne sommes pas sur certaines de ses positions. Son travail est clair et accessible. (titre que nous venons d'ajouter à notre bibliographie)


Aussi  et surtout:

L'hégémonie du capital financier et sa critique. Ed. Albatroz, 1999
Karl Marx et la transition au communisme. Ed. Albatroz 2000
L'Etat et le capital (L'exemple français). Ed. Albatroz, 2002
Les mondialisation. Ed. Contradicion / l'Harmattan 2e trimestre 2003
La crise chronique ou le stade sénile du capitalisme. Ed. Contradictions 2e trimestre 2004
Conscience et lutte de classe. Ed. Contradictions 1er trimestre 2006
Propriété et possession, Aliénation et liberté selon K. Marx. Ed. Contradictions 4e trimestre 2006
La crise. Laquelle ? Et après ? Ed. Contradictions 4e trimestre 2009

vendredi 3 février 2012

A Lire sur Article 11 / Occupy, cette agaçante interruption du « business as usual »

Ils ne font plus beaucoup parler d’eux, trêve hivernale oblige. Mais ils sont encore là - à preuve, les 68 arrestations réalisées par la police le soir du jour de l’an, quand des participants d’Occupy New York ont tenté de réoccuper Zuccotti Park. L’hibernation n’est pas totale, donc. Le bon moment pour revenir sur les racines, réussites et échec du mouvement Occupy aux États-Unis.

Les révoltes du printemps arabe ont fait tomber des gouvernements autocratiques, remplacés dans la foulée par des régimes de démocratie parlementaire, dans lesquels les classes dirigeantes ont pu préserver leur pouvoir — confirmant, une fois de plus, la nature commune de ces deux formes de gouvernement des pauvres. Le mouvement des Indignés, lui, propose une critique des systèmes représentatifs. Et cette critique est maintenant reprise et développée, outre-Atlantique, par le mouvement Occupy. Que ces questions soient posées dans la société constituant la clé de voûte du système capitaliste est en soi d’une grande importance. [SUITE sur le site d'Article 11]

vendredi 27 janvier 2012

L'ultra-gauche est morte...c'est pas très grave !! (SUITE)

CP. Pratiquement ça donne quoi?  au quotidien ? je trouve que c'est assez vague ! Tu peux développer cette mort de l'ultra-gauche ?  

VOSS : Je vais commencer par la mort de l'ultra-gauche...parce qu'il y a un lien évident sur la pratique, le militantisme politique.
Je vais essayer de te faire une réponse construite. Je vais aller du général au particulier...du plus important au plus léger avec pas mal de subjectivité dans cette analyse.

Cette réflexion sur la mort de l'ultra-gauche elle date de la Critique de l'idéologie ultra-gauche (1969)  de J.Barrot, on peut dire que dès qu'il y a idéologie en sens marxien c'est mort. 

Une période révolutionnaire engendre des processus, révèle des groupes, des idées, des combats et des pratiques et dès qu'il y a reflux, les idées issues de ces moments se fossilisent parce qu'elles ne correspondent plus à rien... et donc l'ultra-gauche historique est morte dans les années 30.(1)

Ceci après la victoire des fascismes, la victoire du stalinisme dans une phase particulière de structuration du capital. On peut aussi dire que c'est la défaite du combat prolétaire de manière générale écrasé par ses ennemis.

Je parle de l'ultra-gauche historique pas de l'étrange amalgame qui assimile anars et Gauche communiste germano-hollandaise encore plus grave à mon sens est la faute de l'accoler au Bordiguisme qui est un léninisme, ce genre de conneries c'est bon pour C. Bourseiller et les journalistes qui fabriquent de l'anarcho-autonome pour vendre du papier.

Maintenant ce que je vais te dire c'est pourquoi l'ultra-gauche est devenue une idéologie...une marchandise intellectuelle radicale pour prof pas plus...

Je fais pas du sociologisme là, ou quelque chose pour dénigrer, mon propos c'est d'expliquer comment quelques facteurs articulés, font que maintenant, c'est cette profession que tu retrouves le plus dans le production du  communisme théorique, ou dans des groupes militants, des anars à l'extrême-gauche.

Mais pour l'ultra-gauche est encore plus flagrant et spécifique.

Alors 1)

L'atomisation et le replis sur de petites entités militantes, ce qu'on peut appeler une conception nucléaire du communisme c'est du à la répression et à l'échec du projet révolutionnaire.
Ca tu peux l'articuler aussi à :

2) Une constitution identitaire légitime, mais qui porte ses limites, et son retournement, par rapport au léninisme. L'ultra-gauche s'est sur-déterminée par rapport au bolchevisme à la lutte contre l'avant-gardisme ce qui a donné une idéologie de l’absence dans la durée et le refus de l'organisation (refus du parti) ça au bénéfice de petites structures théoriques ultra-spécialisées autour des textes.

Comment veux-tu qu'avec le temps l’ultra-gauche au sens large, existe encore pratiquement ?

En ce qui nous concerne nous refusons le parti et l'avant-gardisme. Mais si l'ultra-gauche idéologique et morte à culpabilisé son intervention dans les années 70-90, c'est qu'elle se sentait extérieure à la classe en lutte, elle a produit un discours légitimant son extériorité, pour les plus honnête paradoxalement ils sont revenus à l 'idéologie de leur classe, le léninisme, idéologie de la petite bourgeoisie autoritaire (Voir le CCI).

L'ouvrage de la période assez significatif (en ce qui me concerne) d'ailleurs de l'ultra-gauche des années 70 c'est La contre-révolution bureaucratique édité chez 10-18. Il est plein de textes majoritairement et légitiment (pour la période) contre le léninisme.

Même si théoriquement, les choses qui ont été produites peuvent être stimulantes et fournir des outils de compréhension du capitalisme et de son anthropologie, pour certains l'histoire s'est arrêtée dans les années 20 !

3) Le monde du capital c'est le monde de la spécialisation, les groupes militants ont pas échappé à ça ils reproduisent la division du travail dans les groupes militants séparés de fait, avec uniquement des profs intellectuels…ceux qui par leur formation on eu le temps d'accéder à un type de connaissances, dont-ils font très systématiquement commerce (symbolique ou comme marqueur social ou en vive dans les institutions étatiques).

Je me répète un peu mais:

Le caractère sectaire de l'ultra-gauche a été accentué par le reflux de 68 et son repli polico- communautaire, avec ses petits chefs enculeurs de mouche. (sans m'étendre ici sur les égos) C'est l'époque de la glaciation !

Avec ça certains abandonnaient le marxisme ou faisaient des synthèses du type bordigo-psychédélique déconnectées du mouvement réel, puisqu'ils n'y étaient pas.

Entre les déclassés qui cherchent une place et une reconnaissance et les FUTURS profs, avocats, traducteurs ou directeurs du marketing, DRH, ou financier !..tu dois bien comprendre pourquoi l'esthétique radicale et le "révolutionnarisme" était, est un truc...normal.

Bon là c'est mon coté ouvriériste.

Je n'ai jamais rencontré d'ouvriers ou d'employés (ou alors c'est l'exception) au sens sociologique du mot. Et là je fais une digression perso...humainement c'est très superficiel et triste. Entre les fils DE et les héritiers, la petite bourgeoisie est sur-représentée ! Par exemple, elle n'a jamais de soucis pour se défendre en cas de problèmes avec la justice....papa et maman sont jamais loin (etc..). Cela donne une approche du réel complètement différente. (le "prix a payer" pour la révolte et l'engagement n'est pas la même pour tous)


Mais  théorique aussi !
 
Tu connais la phrase de marx : Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c'est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience.

J'en garde sous le coude là...mais avec ce constat tu dois bien te dire qu'il y a des problèmes et qu'il faut redéfinir pas mal de chose pour en finir avec l'hypocrisie et l'idéologie.

C'est comme ce truc de la communisation c'est un truc à la Garcimore ! Je trouve ça marrant ! Abracadabra !



Ya bien sur des éléments mineurs propres aux groupes sociaux repliés sur eux-mêmes, comme la volonté de se distinguer, comme la création d'un charabia théorique (excluant/incluant l'Autre)...au premier niveau et au début, c'est marrant tu as l'impression de déchiffrer du hiératique pour trouver les hiéroglyphes...et puis tu te dis non mais ça doit être crypté en plus ! Mais non c'est simplement la langue d'un type dans son coin qui se comprend. Il n'y a pas de volonté de transmettre, de partager ou de donner. Etre simple c'est pas rompre avec la complexité. Voila une piste à bosser.

Pour moi (le verbiage de plus en plus littéraire d'ailleurs mais c'est une autre histoire) c'est le symptôme de la séparation d'avec le mouvement réel et du clivage d'une classe sociale productrice du discours "théorique communiste" d'avec son objet....la révolution.

Nous sommes tous clivés, attention ! ya pas de pureté à défendre ou une praxis politique qui flotte comme ça dans les nuages ...et puis, faut pas prendre ce que je dis sur les ultra-gauche salonnardes ou les universitaires bourgeois (pléonasme) trop durement. Le mouvement réel se chargera de faire le tri. En attendant ya des choses qui peuvent nous servir !! Peut-être à remettre à l'endroit dans une logique classiste !

Je pense que je termine là pour la mort de l'ultra-gauche, et puis en fait pour connaitre le goût du pudding faut le manger !






[ A SUIVRE ]

1 Voir L'introduction de Serge Bricianer dans Herman Gorter Réponse à Lenine Ed SPARTACUS.