Emission de Radio Vosstanie du 6,13, 20 septembre 2014

Emission de Radio Vosstanie du 6,13, 20 septembre 2014
Emission de Radio Vosstanie du 6,13, 20 septembre 2014 - 17h26 minutes d'émission + REDIFFUSION A partir de 7h le matin

mercredi 15 octobre 2014

Point de vue image de classe (9)

Plus de batterie. La conversation s'arrête nette. Je n'ai pas pu dire l'essentiel de mon propos à F. qui, pendant qu'il prenait des nouvelles de tous, me disait que mes arguments politiques étaient très durs, implacables. Il me balance enfin ce mot lourd qu'il rumine depuis quelques minutes, un terme qui chargerait mon propos d'une forme d'intolérance: "radical".

Je lui rétorque alors ce qu'est la "radicalité" au sens étymologique, ceci pour dévitaliser la supposée violence du mot qu'il emploie à mon encontre, en insistant bien sur le fait que l'on peut être violemment réformiste mais aussi mollement révolutionnaire.

J'insiste pour qu'il comprenne que la phraséologie n'est rien, qu'elle est finalement à portée de tous. Mimétique. Que l'on frôle presque toujours le prêt à penser avec ses codes de reconnaissance.
Qu'il ne faut pas être impressionné par des effets rhétoriques qui trop souvent ne relèvent que de fantasmes ou d'histoires oniriques que se racontent les "révolutionnaires" qui ont le goût du romanesque. Pour convaincre définitivement F. de mon propos je lui brosse rapidement et de manière empirique une sociologie des individus que je croise dans les milieux "militants".

Il en vient alors à s'interroger.
Lui dans sa petite maison (achetée à crédit) à son poste de cadre confortablement payé, il n'a pas oublié ses origines sociales, le labeur de ses parents, le clapier ou il vivait ce qu'il a pu voir et subir du mépris social et de la désinvolture d'une classe sûre d'elle-même, de ses représentations et de son bon droit à dominer les pauvres, les subalternes, dont sa famille faisait partie. Cette morgue ou suffisance structurée et appuyée par le rapport social qu'est le capitalisme.

F. apprécie le "message", cette “perspective”, mais considère tous cela comme inaudible par tous ceux qui, comme lui, partagent ce petit confort aussi précaire que doux tant que rien ne vient le bousculer. La gestion urgente des affaires quotidiennes et "normales" devient presque rassurante et hypnotique. L'aide journalière assurée par le benzodiazépine télévisuel, distillé en doses massives et à heures fixes, assure la continuité d'une vie qu'un simple sms peut bouleverser...tant il ne s'y passe rien entre deux épisodes du journal télévisés ou d'un feuilleton suréel. Le macabre s'épuise et nous épuise.

Je sais F. incapable de se comporter comme un souteneur du capital.

Après mon écoute attentive de F. de ses paroles presque coupables, je lui réponds alors comme une évidence que:

- Je m'en fou de la réception, de la compréhension par toute cette couche de cadres et contremaîtres, celle des corporate, de ceux qui y croient ou encore des petits patrons qui veulent réussir, du petit loup plein d'illusions, du prolo "qui veux se faire lui même". Je lui objecte que le ressentiment, la frustration et l’envie générés par le monde enchanté des marchandises, ceci comme carburant d’une promotion illusoire, ne mènent qu'a des hauteurs plutôt irrespirables ou l'air n'exhale que de potentiels cadavres.

Quelques fois ça craque, ça pète, ça fissure, mais est-il possible de transformer les blessures, les traumas en quelque chose de combatif et généreux, de solidaire, quand le seul horizon c’est la néantisation ?

Pour illustrer mon propos je lui raconte le genre de préoccupations propre à la petite-bourgeoise, aux cadres et autres larbins de la machinerie capitaliste que je côtoie quotidiennement comme subordonné, c'est à dire tout en bas de l'échelle hiérarchique.

Alors que je change les cartouches d’un copieur, les mains pleines de toner une de mes collègues cadre (et promise à de haute fonction) vient alors pour faire des photocopies. Elle ôte les agrafes dont elle laisse traîner les cadavres sur un coin de table, supposant certainement dans un élan humaniste que cela donnera du boulot à la femme de ménage. Les quelques autres agrafes qui jaillissent et traînent à ses pieds ne suscitent pas plus de réactions mais l’interpellent sur son "trop petit" salaire, et son intention de gagner bien plus à l'avenir. Pris à partie quant à ses velléités professionnelles, j'interviens alors amusé et sarcastique (presque socratique) mes uniques armes face à la bêtise satisfaite.

Je lui demande:

- Tu ferais quoi avec un meilleur salaire ? 
- Et bien j'achèterai un appartement pour le louer.
- Ah d'accord et après ?
- J'en achèterai un autre !
- Pourquoi faire ?
- Et bien pour en avoir un en plus !
- D'accord mais à ce petit jeu là c'est quoi ton "but" être la plus riche du cimetière ? c'est interminable !

Interloquée la voila stoppée dans son raisonnement chrématistique par réccurence. Son regard se vide. Mais la voilà qui reprend sa tache. Elle était venue faire des photocopies. Elle repart alors avec un vague - Ah Ouais ! au coin de la bouche en forme de moue méprisante.

J’aurai pu terminer mon échange avec F. en face à face ou je lui aurai affirmé bien des choses mais surtout celles-ci: 

Il ne suffit pas d’avoir les mains calleuses et d’être courbé toute la journée pour avoir une légitimité particulière quant à la contestation de ce monde merdique. Il est vrai que cela te donne un rapport au réel qui est tout autre, un point de vue épistémologique ou de classe * dans la compréhension de ce qu’il faut détruire, combattre et dépasser ou simplement ne plus tolérer. Peut-être une acuité sur les besoins. 
Les points d'entrés pour le “rejet” et le combat sont multiples et imprévus. Ils s’affirment avec le temps, l’âge et les expériences, les limites qui se dégagent. Il y a aussi les rencontres et la rupture d’avec l’isolement. C’est aussi une question de philosophie politique et de dépassement de son point de vue parcellaire et étriqué; c’est à dire d’abolition de sa propre condition (1). Il est difficile de ne pas entretenir une forme de schizophrénie politique et/ou éthique. Mais tenir le “manche” (2), se complaire et alimenter un double discours c’est bien le comble du terrorisme politique, surtout quand il se déguise en moralisme, en une forme d’aristocratisme qui pointe systématiquement un prolétariat jamais à la hauteur de ses “taches” tout cela en se drapant d’un révolutionnarisme verbal qui s’exprime à profusion sur les papiers à forts grammage. L’imposture politique ne se révèle jamais aussi intenable que dans des moments de reflux.

Je préfère encore ta cohérente, sincère, interrogative. Je sais qu’en cas d’assaut général tu seras là.

Qu’une partie de la population (les “classes moyennes”, cette classe de la reproduction, la petite bourgeoisie et les larbins du capitalisme) n’entendent pas la pratique critique posée par les prolétaires en luttes ou qui tentent de réfléchir collectivement à la transformation du monde, à sa perpétuelle remise en question n’est pas une chose étonnante. A un certain niveau il faut même s’en moquer car la révolution ne se revendique pas plus de la “démocratie” du plus grand nombre que de la dictature d’une minorité. En revanche il faut aussi activement la combattre au niveau de ses représentations et de sa capacité à faire de son mode de vie, de ses “valeurs” un faux universel au service de la marchandise. L’acte le plus radical pour cela c’est d’attaquer le coeur, c’est à dire les rapports de production. (3) 

Notes.

* Objet d'une grande émission de Radio Vosstanie dans les mois qui viennent ou Qu'est-ce que la conscience de classe ?

(1) Le communisme n’est possible que grâce au déblayage effectué par le capitalisme. Il est non pas la défense des prolétaires, mais l’abolition de la condition prolétarienne. Il ne porte pas les ouvriers au pouvoir et ne nivelle pas l’ensemble de la population au même revenu. Il en finit avec l’esclavage salarié, le productivisme, l’opposition travail/loisirs. Il permet la réunification de l’activité humaine sur la base de tous les acquits techniques et humains. L’ouvrier n’est plus enchaîné à l’usine, le cadre n’est plus rivé à son attaché-case. Le besoin d’agir n’est plus soumis au besoin d’argent.

(2) C’est à dire assumer des fonctions de répression, de pouvoir (et de sa représentation) dans la production idéologique de la domination ou de l'exploitation n’est pas une chose acceptable.

(3) Ce qui n'empêche pas d’être sur les différents fronts de la guerre de classe. Sans perdre de vu le coeur de la cible.

mardi 7 octobre 2014

L'agir communicationnel Michéen

Prochain titre avec Alain Minc ?
Ou l'indécence à son comble

Rien de plus risible, de paradoxal voir "d'indécent" que d'entendre le chantre de "l'anti-libéralisme" labellisé par les éditions Flammarion, prônant en direct * sur une antenne culturelle d'Etat, l'autonomie du "Peuple" avec une pointe de mépris social  pour une autre partie de ce même "peuple" mais qui parle le verlan, ceci en donnant du Tu et du je ne suis pas d'accord avec "Jacques" (Julliard) cet éternel thuriféraire du libéralisme de gauche, éditocrate de profession, laquais historique de la CFDT et actuel pisse copie de différents torchons blindés de pubs.

Jean-Claude ! ce qui nous sépare nous (prolétaires) de toi (publiciste-mondain-médiatique) quant à notre critique-pratique du monde c'est que nous discutons pas et ne produirons/créerons (1) jamais quoi que ce soit avec des Juillard ou avec des Causeurs, mais nous leurs crachons au visage. Décidément J-C tu es trop "libéral" pour nous ! Surtout quand tu fais passer des coopératives de petits commerces dits "autogérées" (dans un monde capitaliste) comme une forme avancée et transitoire qui pourrait déboucher en "douceur" (2)  vers ton arrière-monde peuplé de fantômes à la morale de curés. 


Note: Bien sûr nous sommes étrangers à ce concept droitier de peuple. Concept fourre-tout.
Voir aussi  De l'ontologie de Michéa et Conversation sur les spécialistes radicaux des penseurs radicaux


* Emission Les Matins de France Culture du 1 octobre 2014.

(1) Dernière production michéiste d'un livre en collaboration (épistolaire) avec J.Julliard. Nous attendons son prochain dialogue fraternel avec Pierre Gattaz ou François Hollande...

(2) "Par le haut ou par le bas" [sic] Plutôt mal à l'aise avec sa métaphore footballistique qu'il ne se sent pas de filer sur le champ politique.

jeudi 2 octobre 2014

Emission La Lutte des Classes au Portugal

Emission La lutte des classes au Portugal
(Sur la révolution dite des "oeillets" ou la transition démocratique portugaise)


Cette émission est dédiée aux prolétaires anonymes, aux insoumis, déserteurs, objecteurs, à ceux qui ne dissocient 
pas les moyens et les fins.


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Téléchargement
Des parties 1-2-3-4-5
durée totale 17h26 minutes

+
REDIFFUSION 
A partir de 7h le matin


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Emission du  6, 13, 20 septembre 2014


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 Pour la trame de notre émission nous nous inspirons de l'ouvrage de Phil Mailer.
Portugal: The Impossible Revolution ?  First published by Solidarity (London) 1977.
 Portugal: a revolução impossível ? - Porto Ed Afrontamento 1978.




1ere partie du 6 septembre 2014

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Présentation
Objet et but de l'émission - A propos de Le Portugal ...? et Après ! - ArqOperaria ?
De la mémoire à l'enterrement. Nos propres limites....

Situation historique et 
données économiques de l'époque.
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La conception putschiste 
de la révolution sociale. 
Le rôle de l'armée ou la conception bourgeoise de la révolution.
Avec Charles Reeve 
(Autour de l'ouvrage édité aux Editions Spartacus en 1976) 

Voir aussi notre émission du 25 janvier 2014 
(Itinéraire bio-bibliographique)

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TELECHARGER LA 1ère PARTIE
227 minutes

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Sur les expériences d'auto-organisation.
Commissions de "moradores", commissions de travailleurs, commissions inter-entreprises, occupations des terres, sur le non grand-parti.

Témoignage sur les commissions 
de "moradores" et parcours de:
 José Hipólito dos Santos. 
Ancien membre de la LUAR (Liga de Unidade e Acção Revolucionária) - Des Cadernos de Circunstancia.
Acteur de la révolte da Sé en 1959 et du "Golpe de Beja" le 1er Janvier 1962.

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TELECHARGER LA 2ème PARTIE
136 minutes


+ Itinéraire En 5 parties.

1- Premiers engagements - Seara nova et Antonio Sergio - La révolte da Sé - Golpe de Béjà, la prison.
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2 - L'Exil - de L'Algérie au Maroc.
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3 - Les Cadernos de Circunstância et Mai 1968.
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- La LUAR.
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5 - Retour au Portugal en 1974 . Des "moradores" au PRP.
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- Sur les Cadernos de Circunstância - 
41 minutes -

TELECHARGER LA 3ème PARTIE
(Les 5 parties de l'itinéraire en 1 fichier compressé)
274 minutes


 Felizmente Houve a LUAR - Para a História da Luta Armada Contra a Ditadura     A Revolta de BEJA


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2ème partie du 13 septembre 2014


L'expérience du Journal Combate (1974-1978)
Avec João Bernardo.
Les forces "politiques" en présence.

Régressions, récupérations et limites. 
De "l'autogestion" au capitalisme d'Etat, de l'autonomie aux élections, la non-révolution culturelle, Une expérience Portugaise ? Pour une critique de la chronologie "politique".

40 ans après quelles perspectives ?
Débat et point de vue autour de "Les Portugais face à la crise - Grèves, manifestations, occupations 2010-2013 " traduit du portugais par le collectif Les Ponts Tournants et édité  par les Edições antipáticas.  Avec le GARAP.

(Discussions sur "les Portugais face à la crise" du 11 et 13 avril 2014 avec des membres du Collectif des Edições antipáticas)

Télecharger
Rencontre du vendredi 12 avril 2014 à Paris  [Télécharger]
- Rencontre du dimanche 13 avril 2014 au Rémouleur à Montreuil [Télécharger]

Conclusion de l'émission

João Bernardo, Charles Reeve, José Hipólito dos Santos, Eduardo de Sousa de librairie Letra Livre à Lisbonne, au Garap.

Mais aussi à 
Brunel, Blek, Henrique, Lino, Ben, Rosa, Anne-Emilie de Radio Panik, Manuel, Tonio, Judith et les autres....




A suivre...

Pour suivre la compilation de documentation en cours:



Photographie de José Marques

Série de cartes postales éditées sous: A Esquerda da Esquerda documentos para a História de uma
Revolução



mardi 2 septembre 2014

Album RPM (Solo Etnas)


Diffusion de l'album lundi 8 septembre 2014 à 20h.
Sur RADIO VOSSTANIE

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nuovo album da scaricare / nouvel album à télécharger

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En téléchargement sur le site du groupe Epines

Diffusés en ce moment (en rotation) les morceaux 

N°4 - Senza Radici.
N° 5- A contre-courant
N° 12 - Interlude ça suffit


dimanche 31 août 2014

La synthèse des faux-culs

La synthèse des faux-culs
A propos de: Affinités révolutionnaires Nos étoiles rouges et noires. Editions Mille et une nuits

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Quand un adorateur du stalinien Guevara, adepte du plateau de M.Drucker, vient expliquer dans les shows mondains qu’il ne confond pas la gauche et la droite et donc invite à voter Hollande ceci entre deux trois commentaires sur la belle passe de tel ou tel joueur de foot payé des millions, s’associe avec le promoteur de la théologie de la libération, défenseur depuis 45 ans du christique Che en cumulant le pompeux titre de professeur émérite expert en embaumement de la pensée des révolutionnaires,   tout en adhérant au NPA (1), il y a de quoi se demander de quelle came (encore) frelatée il s’agit ici de nous refourguer ?

Pour un anarchiste intelligent la “synthèse” ça le connaît. Solution de détresse du mouvement anarchiste en décomposition, elle a été la gélatine intellectuelle sortie du cerveau de Sébastien Faure, qui a permis de faire se maintenir dans la flasquitude, toutes les tentations d’inaction ou d’actions molles. Mais elle a aussi permis toutes les audaces caricaturales à faire rougir un bolcheviks, comme celle d’un Georges Fontenis lassé de tant de jelly politique et de Joyeux-series.

Peut-être aussi n'est-til  pas question de résoudre toutes les “antinomies” dans une perspective toute Proudhonienne. Proposition que n’a manifestement souhaité suivre Piotr Archinov.

Pour un marxiste non moins idiot, une synthèse puise sa source dans les fondements d’une problématique Hegelienne et sonne comme dépassement de la contradiction des éléments opposés, qui sont à la fois affirmés et éliminés et ainsi maintenus, non hypostasiés, dans une synthèse conciliatrice voir même réconciliée. Ceci donnant lieux à toutes les “subtilités” c’est dire la recherche “professionnelle” et militante des contradictions dans les innombrables recoins de la matière sociale ceci jusqu’au niveau moléculaire. La synthèse “marxiste” a aussi été un moment Loi d’Etat et justification de la saloperie, au nom d’une dialectique rédemptrice qui allait dans le sens de la flèche du temps en direction de L’Histoire faite par le Parti.

Guevara éternel.... policier.
Pour quelqu’un qui ne serait pas particulièrement anarchiste ou marxiste il y a vraiment de quoi se méfier du mot de “synthèse” surtout quand celui ci est manié par des politiciens d’extrême-gauche (2) qui tapinent pour la gauche du capital tout en pleurnichant ensuite sur la nième “trahison”. 

Nous n’avons bien sûr pas attendu M.Löwy et O.Besancenot pour regarder les faits historiques le plus objectivement possible, c’est à dire au delà de toute justification historique, loi de l’Histoire ou des jeux de pouvoirs, ceci sans tomber dans le panneau du qui a tort ou raison.

Les courants dont ils sont les héritiers ont pour matrice un sens de la “stratégie” qui nous est étranger, lit de tout les opportunismes. Qu'ils déguisent cet opportunisme en auto-critique ou en repentir n'a pour conséquence que de nous conforter dans cette tentative de contre-façon politique qui s'incarne toujours dans la même démarche publicitaire et médiatique.

L’illustration de cette assertion c’est aussi de déformer les parcours. Comme par exemple celui de Walter Benjamin qui s’il peut être considérer comme un “libertaire” dans l’acception très très large du terme ceci en comparaison d’une orthodoxie marxiste d’une époque, n’est pas le “marxiste libertaire” qu’ils prétendent. Car l’étiquette racoleuse ne dit rien de la complexité de ses influences, de son parcours et ne participe que d’amalgames et de raccourcis surtout quand on sait ses relations avec Adorno, Bloch, Brecht etc... 

C’est ici que nous attaquons cette notion de "marxisme-libertaire" chère aux deux promoteurs de ce faux dépassement forcement foireux, qu’ils ont bien sûr préféré à “communisme libertaire” ou soyons aussi délirant qu’eux “d’anarcho-marxisme”.

Obligatoirement foireux car qui sont-ils pour proposer cette invitation en dehors des pratiques radicales des prolétaires? Cette invitation aux odeurs d’oeucumenisme politicien n’est en rien aux couleurs de l’intelligence. 

Même si nous avons nourris notre imaginaire du fameux livre sur l’Anarchisme de Daniel Guérin nous ne faisons pas de celui-ci un “théoricien” particulièrement averti de Marx et dont les aventures et les compagnonnages politiques ont été aussi divers que complexes et n’ont à notre avis, fait qu’apporter de l’eau au moulin de la confusion politique. D’ailleurs nous ne lui connaissons pas (de sa plume)  d’ouvrage équivalent “marxiste” à sa célèbre et stimulante anthologie de l’anarchisme

Le projet des deux compères s'inscrivants dans la proposition de Daniel Guerin s’affirme finalement assez clairement. Dans son sillage peut-être s’agit-il de créer un nouveau PSOP ? pourquoi pas un nouveau laboratoire / auberge espagnole de la récupération politique comme le PSU, dont les ambitions n’ont finalement consisté qu’a être la voiture balais du PS.

S’il faut un jour dépasser quelque chose cela ne sera pas avec leurs propositions au relent de pâté d’alouette électoraliste. La seule chose dont il faut faire l’éloge et non la synthèse c’est de la nuance et de la complexité. De la mise en adéquation des moyens et des fins. C’est à dire de dénoncer la manière qu’ont les partis à vouloir contrôler, structurer et synthétiser, c’est à dire réduire la richesses des pratiques et des idées. 

Le “marxisme libertaire” n’existe pas et nous ne le cherchons pas particulièrement dans un Marx libertaire pas plus que nous nous intéressons de “marxiser” l’anarchisme. Il existe autant de dépassements que d’individus qui se rencontrent et se rencontreront dans le combat de classe, et c’est à notre avis sur ce seul dépassement qu’il faut compter.


(1) Parti "anticapitaliste" qui pense que détruire le capitalisme c'est taxé le capital.
(2) Politicien d'extrême gauche c'est à dire l'extrême gauche du capital.