samedi 31 décembre 2011

L'ultra-gauche est morte...c'est pas très grave !!

Nous retranscrivons ici une discussion enregistrée avec des camarades portugais proche du communisme de conseils. Suite à une rencontre à paris au mois d'octobre 2011.

Pour plus de facilité 
CP = camarades portugais
Voss= Vosstanie


CP. Tu peux nous faire une présentation rapide de Vosstanie et nous faire un petit historique ?

VOSS:  rapidement ...je sais pas si je vais y arriver c'est quelque chose qui a déjà presque 15 ans ! avec des apparitions éphémères et puis des disparitions tous ça en fonction de nos vies nos envies et puis des événements.
Pour être chronologique il faut dire que Vosstanie c'est la transformation d'une petite revue clandestine (le chien aboyant à la lune) en groupe d'édition ADEL devenue ADEL-SPARTACUS Ensuite.
ADEL est née en 1996 dans la rue dans une manif autour d'une discussion autour d'une brochure des éditions AB IRATO, brochure qui a pour titre AU-DELA DES PASSE-MONTAGNES DU SUD-EST MEXICAIN brochure écrite par Sylvie Deneuve, Marc Geoffroy et Charles Reeve. Il y a eu un débat sur MARCOS et le nationalisme en milieu libertaire et" l'exotisme" propre à cette lutte qui ne faisait aucune critique de l'éthnisme et de positions qu'on aurait qualifié d'identitaire maintenant. En fait il y a eu un accord sur notre rejet des luttes de libération nationale propre à certaines franges du milieu "anar" au sens large.

Pour certains on venait du milieu anars fédérés et de son anarchisme culturel et un peu folklo dit  "synthésiste" théorisé par Sébastien Faure et teinté de celui de Maurice Grincheux (Joyeux) d'autres venaient de milieux  pro-situ  ou de l'autonomie. C'était un truc en bouillonnement, Debord était mort ya deux ans, c'était 1 an après nov- décembre 1995...


En ce qui me concerne j'étais donc à la FA et je me suis pris Marx dans la tronche par le communisme de conseils (Gorter, Rühle, Pannekoek) et la lecture d'une compilation de la revue Bilan (Revue d'un courant de la gauche communiste Italienne) préfacé par Jean Barrot (Gilles Dauvé) plus précisément son analyse sur la" transition démocratique" au Portugal (la révolution des œillets).

C'est surtout grâce à des rencontres, je vais pas citer les noms des personnes parce c'est un truc perso et que ça n'a pas beaucoup d’intérêt, mais je pense que les rencontres d' individus sont importantes enfin jusqu'à un certain niveau mais on pourra en re-parler après.

CP. Tu as l'air ironique en parlant des anarchistes je me trompe ?

Non pas du tout. Enfin j'ai une expérience simplement mitigée et peut-être paradoxalement nostalgique d'une certaine naïveté. J'ai un profond respect pour les camarades anarchistes mais je connais aussi les limites du courant, ses apories. J'ai autant d'admiration pour la "pratique" anarchiste que de rejet. C'est sa force autant que sa faiblesse. Les anars sont surtout de bons historiens de leur mouvements, le reste, théoriquement je veux dire, est un peu faible mais cette faiblesse est compensée par une pratique forte, radicale, mais qui s'avère avec le temps qui passe plus radicalement réformiste. Peut-être que c'est un peu inévitable pour un groupe, une organisation politique qui ne change pas le monde ! c'est le monde qui te change !
Après paradoxalement les anars fonctionnent un peu comme des léninistes ils sont très avant-gardistes finalement, surtout avec cette ambiguïté de l'orga spécifique et du syndicat. C'est un fantasme FAI(iste) incroyable !


CP.
Vous définissez vous comme communiste de conseils ? et quel rapport entretenez vous avec ce courant parce nous avons regardé vos positions et on a l'impression de lire le programme du CCI  (courant communiste international) .
 
En ce qui me concerne et je parle en mon nom, l'héritage est multiple mais la base de mon engagement me porte à me revendiquer de la tradition du communisme des conseils.
Ceci sans fétichiser une forme, ou la forme conseil qui ne garantie rien ! J'ai nourri mon engagement par la lecture de SoB (Socialisme ou Barbarie ) mais aussi de théoriciens de l'anarchisme (Malatesta, Berneri,) de l'IS jusqu'à l'école de Francfort ceci en évitant l’éclectisme et c'est pas facile d'être rigoureux avec ces références qui te tombent dessus quand tu es ado.

Pour faire un peu pédant je vais dire que
méthodologiquement j'ai surtout été influencé par Rubel et Barrot c'est un drôle de pâté d’alouette on peut dire mais c'est comme ça que j'ai structuré ma pensée et mes analyses. Ethiquement si je peux dire c'est une autre affaire.
Si je fais ce préambule c'est pas pour éviter ta question sur le CCI c'est pour dire que le CCI bien sûr a été sur le chemin (j'ai du faire 2 ou 3 réunions publiques) et ça été très très rapide de zapper cette orga complètement léniniste, paranoïaque et quasi complotiste. Ce n'est pas propre à cette orga. C'est simplement le destin d'une orga qui n'est confrontée à rien si ce n'est, la construction du saint parti et qui sécrète ses propres méthodes, fantasmes, mode de survie pour exister. Je ne parle même pas ici de sociologie parce que là c'est encore plus gros ! ya pas d'ouvriers au sens sociologique chez eux et c'est même pas une critique ouvriériste que je fais, mais ya que des profs et des cadres de la fonction publiques comme dans toutes ses scissions du genre PI (1)!

Pour le programme, les positions n'appartiennent à personne ! On pourrait penser qu'on a nettoyé ce programme de son" scientisme" son "catastrophisme" son "léninisme" mais ce sont simplement les positions de la gauche Germano-Hollandaise systématisée et re-contextualisée. Dont le CCI a été l'héritier un moment au début de sa structuration, avant de basculer dans le lénino-débilisme. Nous pensons que le léninisme est une idéologie de la bourgeoisie c'est à dire élitiste, autoritaire qui ne change rien aux rapports de domination au sens large. Ya qu'a lire Jan WACLAV MAKHAÏSKI et son ouvrage
Le socialisme des intellectuels qui le disait déjà...et dire qu'il nous faut encore le dire c'est désolant.

CP. Rubel et Barrot ? tu dis ! c'est presque inconciliable !
 
Je fais pas de synthèse rassures toi ...et puis j'ai pris de la distance, je parle d'un fond, d'une réflexion qui a été possible grâce à la lecture de ces auteurs.
Après tu fais les expériences que tu peux surtout grâce à des rencontres que tu provoques ou pas. Et puis c'est sans compter avec le temps que tu as pour te pencher sur la chose "théorique" ...c'est pas évident il faut avoir le temps.
Mais je pouvais aussi te dire que l'IS et Janover ça a été important même si j'étais pas d'accord avec ce dernier sur certains points c'était très stimulant... Mais, voila encore un truc inconciliable.
En fait je veux surtout dire que ya pas un auteur particulier Korsch, Mattick Pannekoek sont importants dans la mesure ou ils donnent des outils pour analyser et lutter.
Je suis pas plus Rubélien que Pannekoekiste !
C'est pareil pour Vosstanie la matrice est claire, après libre à toi d'avoir pour référence Rosa Luxemburg dans sa version Spartakiste ou autre chose si tu arrives sur nos positions.

CP. C'est très théorique comme approche il y a des auteurs, des références, mais c'est quoi votre rapport avec les luttes actuelles ? Comment vous situez vous ? N'avez vous pas l'impression de reproduire un discours un peu vaporeux, déconnecté qui fait que" l'ultra-gauche" au sens large est morte aussi de ça !

 
Je suis pas du genre à faire dans l'anti-intellectualisme à vrai dire on réfléchis jamais assez. Dire de quoi est morte l'ultra-gauche
? je peux pas répondre directement c'est tellement vaste, déjà c'est pas très grave ! 
 

L'anti-communisme global n'a pas aidé c'est sûr, à la continuité du courant mais ya pas mal de facteurs qui peuvent expliquer sa disparition. (Voir la révolution n'a pas eu lieu
La notion d'ultra-gauche s'est tellement galvaudée...entre les médias et l'absence de culture historique c'est presque le complot de la connerie, et c'est du lourd. (Voir le concept ultra-gauche)

Que l'approche soit aussi théorique c'est inévitable le donné, l'histoire, les faits faut bien les assimiler pour savoir d’où tu viens. Est-ce que ces éléments te donnent la possibilité de savoir ou tu vas c'est peut-être un pré-supposé philosophique, pas plus. C'est un guide pour l'action c'est plus certains. Je pense qu'il faut prendre un peu de recul et c'est grâce à l'analyse des faits sociaux que tu peux comprendre l'histoire, te positionner plus personnellement pour ne pas avoir la tête dans le guidon.
 
Analyser des choses dans leurs complexités pour éviter le « bon sens » et par exemple que le monde tourne autour de soi ..c'est déjà pas mal ! Bon je suis volontairement vague dans mon explication mais l'analyse en profondeur du réel permet de creuser, d'aller au delà de la surface des choses et de pénétrer la matière sociale. Maintenant c'est pas parce qu'on arrive à expliquer qu'on arrive à transformer le réel. 

Théoriquement c'est important de renouer avec l'analyse pour par nous laisser déborder par le pathos et les simplismes. 

Après, la réhabilitation théorique relève déjà une forme de résistance psychique aux catégories du monde capitaliste qu'il faut déconstruire, même si c'est dur au quotidien de résister à un rapport social total. C'est le premier truc que tu peux poser, face aux médias de masse, aux normes, à l'éducation, je pense que c'est déjà un premier pas et c'est quelque chose de pratique !

Mais comme un mouvement de balancier on est tenté de refaire un monde dans sa tête de manière tout aussi déconnectée, et fantasmée...dans tous les cas résister, c'est résister à la fragmentation de la pensée, et à ce que j' appel la pensée dictionnaire. 

Comme cette mode des éditeurs qui vendent depuis quelques années des dictionnaires ultra spécialisés sur tous les domaines. C'est le signe que la fragmentation de la pensée est devenue presque une règle ça joue contre une pensée totale et ça permet pas d'appréhender le réel dans sa complexité.*

C'est un préalable pour aborder les questions de la transformation du monde. Je ne crois pas en la spontanéité, ya toujours plus ou moins de l'organisation au sans large, ça va de l'organisation de sa propre pensée, au militantisme, de l'histoire des luttes, à la mémoire qui circule ...c'est pas très spontané ! si certaines luttes peuvent l'être, ce que je pense, si ya pas de projet derrière, ça peut donner à peu prêt n'importe quoi ! la spontanéité ne garantie rien...mais les idées non plus ! 

Ya plein de petites orga bourrées d'idées avec des schémas qui font peur, sur une ou LA société future mais qui sont déjà mortes sans même avoir développées quelque chose sur le terrain des luttes ou dans l'histoire.

Le nœud du problème c'est toujours le même, une organisation arrive ou trop tôt ou trop tard.
Maintenant si elle est pas là est-ce que c'est la même chose ? Est-ce que ça peut être pire et jouer un frein ?

Bref, notre par rapport aux luttes actuelles parce que je fais des digressions...c'est un rapport d'organisation articulé difficilement avec des vies, d'individus dans le salariat ou pas...chômeurs certaines fois précaires le plus souvent.

Nous sommes très critiques d'un type de militantisme, déjà nous souhaitons pas créer une orga, tu comprends, une de plus ! Qui veux grossir. Tu sais "L' orga" qui se nourrie de militants pour les dévorer...
On "recrute" pas, on vends pas de " cartes " et on invite personne à nous rejoindre ! Plutôt à nous imiter ! ou à s'interconnecter quitte à ce que nous formions quelque chose de plus vaste. Mais le moteur c'est pas un appel à nous rejoindre mais une invitation à l'organisation pour déjà arrêter de s'en prendre plein la tête et de pleurnicher en attendant le "super parti" ou de critiquer les autres structures pas assez ceci ou cela.
Maintenant faut pas se mentir il nous manque plein de choses et ya plein de barrages symboliques et des habitudes, des problèmes matériels liés aussi bien à notre extraction sociale qu'a notre classe.

Nous ne nous voyons pas tracter devant une usine (supermarchés, ou lieu de concentration de salariés) comme les gauchistes faisaient ou pire devant une fac...sauf si nous sommes dedans, de ça tu peux élargir sur pas mal de choses.
Dire que nous sommes solidaires avec les luttes dans le monde arabe, ouais on peut le faire, ça mange pas de pain, mais qu'est-ce que ça veux dire ? alors ok on peu faire un tract de soutien qui sera lu par la même faune militante pas plus. Il est possible de dénoncer les limites des mouvements c'est même trop facile... alors qu'ici on est pas foutu de s'organiser correctement et d'attaquer nos propres bourgeoisies !

Parler des luttes en France...c'est tellement inter-connecté, le niveau ou nous pouvons commencer à réfléchir et à agir, je dis bien commencer c'est l'Europe et encore. Paradoxalement le ciel a jamais été aussi bien dégagé pour une critique claire du capitalisme... Tu peux bien t'agiter dans ton coin pour lutter contre les" délocalisations" je connais des amis, pas dupes d'ailleurs, qui font ça indirectement parce la nécessité les oblige, ok, rien à dire ...parce qu'il faut bien prendre un peu d'argent, histoire de pas crever le lendemain, mais tu vois bien l'impasse de ce type de luttes. Le niveau du débat en ce moment c'est pour ou contre le protectionnisme c'est pas sérieux quand tu as une analyse précise du capitalisme.

Est-ce qu'il faut attendre que la chute tendancielle du taux de profit s'occupe de foutre les gens dehors ? je dis ça ironiquement ok.. Est-ce que c'est ça ce qui se passe dans le monde arabe ?

Dans nos sociétés certains sont paralysés par la précarité et la pauvreté, les autres ou bien ils sont encore plein d'illusions grâce au jeu subtil de la carotte et du bâton quand c'est pas la peur et les dispositifs qui structurent  la mise en condition, c'est une stratégie qui dissuade toutes les remises en cause, toutes critiques. Mais d'ailleurs pour mettre quoi à la place ?
Parce que même du coté des révolutionnaires ça navigue entre le mantra pro-étatique et néo-keynésien et des formules magiques type communisation par l'opération du saint esprit.

Alors quoi ? on garde la même chose et on recommence en plus sympa ?  On distribue les "richesses" tirées de l'exploitation salariée et du travail aliéné !

S'il y a bien quelque chose qu'il faut reprendre c'est une critique globale, totale unitaire du monde...et en finir avec ce bouffe énergies que sont les luttes parcellaires.

C'est donc une organisation unitaire de combat de classe qu'il faut arriver à émailler.


[1] Perspective Internationaliste. Il faudra un jour questionner la sociologie des courants révolutionnaires ceci de manière sérieuse. Sans nous balancer systématiquement qu'Engels avait des usines ou que Kropotkine était un prince.


* Voir Joseph Gabel, La fausse conscience, essai sur la réification. ou plus proche de nous Axel Honneth La Réification : petit traité de théorie critique. 

mardi 13 décembre 2011

Marx et les nouveaux phagocytes de Maximilien Rubel (parutions Février 2012)

Né à Czernowitz le 10 octobre 1905, Maximilien Rubel s'est éteint à Paris le 28 février 1996. Fondateur de la revue Etudes de marxologie (1959), directeur de recherche au CNRS, il a dirigé, en collaboration avec Louis Janover, l'édition en quatre volumes des textes de Marx dans la "Bibliothèque de la Pléiade". On lui doit, entre autres ouvrages, Karl Marx, essai de biographie intellectuelle (M. Rivière, 1957 [rééd. 1971]), Marx critique du marxisme (Payot, 1974 [rééd. 2000]). Il appartient à M. Rubel d'avoir notamment montré, textes à l'appui, que le marxisme n'est autre que l'ensemble idéologique des contresens faits sur l'œuvre de Marx, phénomène historique dont l'auteur du Capital lui-même s'était inquiété et désolidarisé à son aube. Le présent recueil rassemble les textes de M. Rubel consacrés aux questions de l'édition et de la censure de l'oeuvre de Marx - "Karl Marx auteur maudit en URSS" ! - ainsi que la correspondance de l'auteur du néologisme marxien (terme ô combien galvaudé aujourd'hui) avec K. Korsch, B. Souvarine, E. Mandel, G. Badia ou les très staliniennes Editions Sociales... Loin de se réduire à sa seule valeur documentaire et historique, cet ouvrage revêt une portée éminemment critique dont l'actualité ne peut être démentie. Ainsi, les textes de Rubel ici réunis pointent-ils comme par avance les stigmates indélébiles du projet d'ores et déjà bien entamé d'une Grande Edition Marx Engels (GEME), projet dont le parcours politique de ses instigateurs - les nouveaux phagocytes - ne peut que nous plonger dans des abîmes de perplexité. Soulignons que ce recueil fait l'objet d'une longue présentation de Louis Janover ("Oublier Rubel ?") dans laquelle ce dernier s'attache à montrer en quel sens l'oeuvre de cet "empêcheur de tourner en rond" que fut Rubel perturbe aujourd'hui la remise en selle (crise économique aidant) de tous les ex-marxistes ; en quel sens dès lors les écrits du grand marxologue dérangent, au-delà de telle ou telle entreprise éditoriale de récupération, la recomposition idéologique de l'extrême gauche en cours ; en quel sens, enfin, faute d'être pour l'heure assimilable, l'oeuvre de Rubel est vouée à un avenir d'exécration teinté d'amnésie. 

Editions du Sandre 400p. ISBN-13: 978-2358210768

jeudi 8 décembre 2011

La mise à mort du travail Jean-Robert Viallet

Mise à jour de notre liste de films avec:

Un très bon documentaire sans illusions et plus radical qu'il n'y parait. (Vosstanie)

La Mise à mort du travail

1) La Dépossession - 2) L'Aliénation - 3) La Destruction


PRESENTATION du producteur

Dans un monde où l'économie n'est plus au service de l'homme mais l'homme au service de l'économie, les objectifs de productivité et les méthodes de management poussent les salariés jusqu'au bout de leurs limites. Jamais maladies, accidents du travail, souffrances physiques et psychologiques n'ont atteint un tel niveau.
Des histoires d'hommes et de femmes chez les psychologues ou les médecins du travail, à l'Inspection du Travail ou au conseil des prud'hommes qui nous révèlent combien il est urgent de repenser l'organisation du travail.



2009 - France - 68 minutes - 3 épisodes

mardi 6 décembre 2011

Crise sociales mythes et réalités de Karl NESIC

Voici deux livres de Karl NESIC que nous ajoutons à notre bibliographie. Les ouvrages sont clairs et synthétiques et sans verbiage. Ils permettent une bonne compréhension des 30 dernières années.

- Crise sociale mythes et réalités éditions L'Harmattan 1996. 270p.
-Un autre regard sur le communisme et son devenir ( Fragments d'analyse à l'usage des jeunes générations) éditions L'Harmattan 1996.315p.

Présentation de l'ouvrage Crise sociales mythes et réalités par l'éditeur

Jusqu'à aujourd'hui, prolétariat et capital se sont globalement et socialement affrontés sur l'organisation du travail et le développement des forces productives. Aujourd'hui, ce qui est au coeur du débat, du fait même du prodigieux développement du capital, c'est le travail lui-même et sa place dans le processus de valorisation du capital Ceci explique la particularité de la crise sociale actuelle, son ampleur et l' incapacité pour les capitalistes de tracer les moindres perspectives réelles et pouvoir la surmonter. Mais, a contrario, ce coeur permet potentiellement une radicalité communiste, qui, bien que déjà présente dans les luttes du prolétariat, a pu être masquée jusqu'à aujourd'hui par tous les réformismes, ouvriers comme patronaux, qui réussissaient à enfermer le combat des prolétaires dans et pour le développement même du capitalisme. Cette radicalité communiste .a même pour nom l'abolition du salariat et la fin du travail.

Nous assistons actuellement à la fin du cycle de production fordiste et keynésien,- dont le capital ne parvient pas à s'extraire, mais aussi et plus fondamentalement nous assistons à la fin d'un cycle général de développement social qui était donc celui de l'intégration du travail et des travailleurs dans et par le système d'exploitation, intégration sociale et politique par. ailleurs voulue et acceptée par les travailleurs.  Le cycle se retourne, et pour de longues années le capital ne pourra plus rien offrir, plus rien garantir aux prolétaires qui commencent à pouvoir redevenir la « classe dangereuse » du début de ce siècle. Les différentes formes d'encadrement du travail, le réformisme s'effondrent, et l' horizon social s'éclaircit précisément dans l'exacte mesure où la vision d'une société idyllique s'estompe avec la crise et son approfon­dissement. La perspective communiste est donc toujours à l'ordre du jour.
 Table des matières

Quelques images.
Images toujours : Chômage et déqualification sociales
Ford et Keynes.
Les manifestations de la crise et les manifestations de la rupture.  
L'OST et la crise dans le processus de valorisation du capital.
La crise du travail, remarques sur l'idéologie du travail.
Mondialisation du capital.
Quelques remarques sur l'état.
Les prolétaires, hier et aujourd'hui.
Grandeur et limite de l'automation.
Le capital, un système plus fragile qu'il n'y parait.
Post-scriptum.
 

Karl Nesic, né le 10 mars 1945 dans une famille de cheminots et de mineurs, a exercé différents métiers, employé de bureau, agent d'entretien, éducateur de prévention, photograveur. Licencié économique, il est depuis 3 ans chômeur non indemnisé. Père de 3 enfants.  

Depuis plus de 30 ans, il participe de manière anonyme à tous les combats des prolétaires et à tous les débats qui traversent encore et toujours le mouvement. communiste.

lundi 5 décembre 2011

Du spectacle à la Wertkritik

Avec la sortie des ouvrages d'Anselm Jappe Jappe et de Robert Kurz (1)  aux éditions Lignes, ceci aux cotés de l'abruti Slavoj Žižek et du métaphysicien Badiou notre groupe a posé un débat qui produira certainement un petit texte, ceci pour savoir si la critique radicale de la valeur ou courant de la Wertkritik n'est rien d'autre qu'un mauvais marxisme orthodoxe (mécaniste) ou un nouvel avatar d'un sous structuralo-marxisme ?

La radicalisation d'un concept n'a jamais fait une analyse sérieuse, sauf à démontrer une tendance, ceci au prix d'un réductionnisme. Ce réductionnisme a encore une fois la fâcheuse manie de sortir de la scène historique les "acteurs" des luttes, pour les faire rentrer dans les bibliothèques, les facs et y rester*. 

"Exit" donc la lutte des classes, le prolétariat, le pouvoir et la domination de classe, la responsabilité de ceux qui tiennent le manche, puisque nous ne serions que des pantins dans un asile de fous. Là ou l'analyse relève du cas par cas, nous voici donc face à la pondération des responsabilités (2), face à une loi de la valeur quasi démiurgique. Ne nous reste t-il donc que l'annonce de la parousie ? 

Le temps a  dévitalisé le concept de spectacle, assimilé maintenant à "entertainment".
Souhaitons à la critique de la valeur, le même sort que cette théorie de la partie qui veux se faire encore une fois le tout. 

En ce qui nous concerne rien ne nous empêche de résister et de lutter pour un programme maximum négatif (3) ceci même si nous en nous connaissons les limites. La réhabilitation et le combat pour une analyse dialectique du réel est la meilleure parade à la pensée monocausale ou réifiée, objet de niche et d'étude pour nos marxologues radicaux de chaires.

* Nous n'avons rien contre l'étude mais les radiateurs des amphi ne chauffent pas pour NOUS.

(1) A lire, même si nous n'avons pas trouvé d'annonce "sérieuse", les ouvrages ne rivalisent pas avec "Nostradamus". Accordons à ces compilations d'écrits d'être au moins un coup de pied de plus dans le consensus gélatineux d'une critique "anti-capitaliste" pleine de pathos, qui en est réduit à quémander à la TV, la nième augmentation des effectifs dans les services publics.
(2) Le prolétaire n'est pas autant responsable que le bourgeois ou les capitalistes qui luttent aussi pour la défense d'intérêts de classe. Ceci au profit d'une "logique" qui serait folle par essence, et qui lisserait les degrés d'implications et de responsabilités. Prométhée n'a bien sur pas sa place ici, quand à l’anthropologie et aux différentes analyses tirées des sciences sociales... nous voici maintenant au courant, c'est la faute du travail abstrait !

(3) De ce que nous ne voulons plus et pas. (voir nos positions)