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En ce moment diffusion du son du 1er Août 2017 : Qu'est-ce que l'Autonomie Ouvrière ?

lundi 18 septembre 2017

Point de vue image de classe (19) - Ça ne vous est jamais arrivé ?

Point de vue image de classe (19)
 Ça ne vous est jamais arrivé ?


Ça ne vous est jamais arrivé en vous réveillant ou au boulot de vous dire qu'on a pas envie de “changer le monde” avec certaines personnes ? Des “gens” que l'on peut côtoyer au quotidien ou même certains militants. Pas avec eux ! Qu’on n’a pas envie de le penser, de le faire de le vivre avec eux. Que ça ne changerait rien.

On a beau se projeter, que tout serait reconfiguré par l’opération de la sainte révolution, la connerie en moins mais rien à faire ça ne marche pas, on y arrive pas.

On se pensait un passe-muraille et puis finalement il ne reste sur les étales que des dissertations sur les faïençages possibles.

On croyait en la perfectibilité humaine et puis les discussions commencent ou se terminent toutes sur des questions de contre-pouvoir, de dispositifs anti, de parades contre la bêtise, et les différentes formes d'autoritarismes à l’intérieur des luttes ou des cercles en rotation sur eux-mêmes.

On cesse peut-être alors de “croire” pour se coltiner vraiment le réel. Ce fameux bon réel qu’on dit rationnel et qui finalement se déploie d’une manière trop “réactionnaire” à notre goût.

On l'ausculte alors, on en fait l’anatomie, on en devient le physiologiste pour oublier trop souvent ce qui faisait le fondement de sa révolte.

La défense de vérités théoriques prend alors le pas sur la tension de la vivre. Jusqu’à en oublier ce que le quotidien peut dégager de profondeurs et de nuances.

Exister peut devenir simplement difficile, on se raccroche alors à des absolus mais cela n'empêche pourtant pas de plier les genoux comme une gymnastique obligatoire.

Avec le dressage quotidien, on trouve des tas d'aménagements, des belles justifications à n’en plus finir.

Pourtant chaque journée à sa piqûre de rappel... de rage.

Il n’est pas rare que cette lueur qu’on avait dans les yeux, et qui était capable d’éclairer toutes les pénombres intérieures disparaisse pour quelque temps.

Une de ces lueurs qui ressemble à un feu qui se consume dans la nuit sans personnes autour.

On s’habitue à tout.

Notre horizon a-t-il été asséché par la critique quasi exclusive (même si elle reste fondamentale) de l’économie politique pour se caricaturer elle-même ? et sombrer dans une forme d’économisme vulgaire ou exclusif.

Où sont donc passés les matériaux qui fondaient et attisaient notre engagement ? Ce dernier était alimenté à minima par cette volonté de construire immédiatement de nouvelles relations sociales, ou la bienveillance et l’échange auraient remplacé la concurrence, l’entraide la démerde voir même le cynisme.

Peut-être qu’à trop attendre on s’impatiente et que l'on piétine. Il n'y à la rien de plus idéal pour que les injonctions aux génuflexions cadencées et quotidiennes se fassent sans se poser trop de questions, et donne la possibilité à la porte du pessimisme et de la soumission de se refermer pour un temps trop long. 
  
Il s’agit donc de cesser de se bercer d’illusions tout en restant disponible (ce qui n'est vraiment pas facile) pour reprendre le mouvement vers le possible et une forme de poésie de l’existence. C'est à dire de critiquer dans un premier temps et au plus vite le racket militant et sa pratique sclérosée. Une gageure ?