...VOSSTANIE...

...VOSSTANIE...
Débat sur le texte: Qu'est-ce que l'Autonomie ouvrière ? - Prochaine Émission de Radio Vosstanie!

jeudi 1 juin 2017

Point de vue image de classe (18) - De la “non-mixité” au pied de la lettre…

Point de vue image de classe (18)

De la “non-mixité” au pied de la lettre… 
Contre les bureaucrates non-mixitaires.


Chef bureaucrate : [...] Je ne veux plus entendre parler de lutte de classe ! Sinon je vous envoie mes sociologues ! Et, s’il le faut, mes psychiatres, mes urbanistes, mes architectes, mes Foucault, mes Lacan… Et si cela ne vous suffit pas, je vous envoie même un structuraliste. (Les bureaucrates rient)
Extrait de la retranscription du film La dialectique peut-elle casser des briques ? (1973)



Il m’aura fallut du temps pour comprendre que tout ce qui se pointait comme individu dans mon paysage personnel, avec une pointe d’accent hispanisant voir lusophone n’était pas obligatoirement un ancien guérillero marxiste, un “vieux” de la CNT, un déserteur de guerre colonial, un potentiel camarade voir “compagnon” issu d’un possible exil sud-américain. Il est à se demander si l’idéal politique n’est pas le versant sécularisé d’une forme de conception religieuse du monde par moment.

Mes catégories mentales de vieil adolescent furent détruites par quelques rencontres dans des lieux salutairement suspects, comme par exemple celle d’une colombienne thatchérienne à moins que cela soit l’inverse, et d’un entrepreneur esclavagiste du BTP factuellement je le sais maintenant portugais. Sans que je ne conjecture particulièrement à l’époque pour ce dernier cas, sur un atavisme particulier.

“L’expérience” et la vie m’ont permis de me débarrasser de cet “état d’esprit”. Comme celui de considérer les individus sur des clichés seventies et aussi par extension sur ce qu’ils sont censés être d’un point de vue des fétiches du capital, structurées par les séparations transitoires et historiques.

J’ai même poussé la problématique jusqu'à ce qu’ils disent d’eux mêmes ou de leurs beaux idéaux généreux et blablabla...Même si j'entends toujours d’un point de vue littéral ce qu’ils peuvent bien véhiculer et dire d’eux mêmes surtout quand le propos est bien dégueulasse.

Depuis j’ai concentré mes efforts pour casser mes clichés en rentrant dans le lard du concret, du général, vers le particulier. Pas simplement pour casser mes certitudes sensibles mais pour tenter de briser également la boucle infernal des représentations que l’on a de moi et que peuvent véhiculer ma classe et mon phrasé, mon patronyme exotique et ma misérable condition de subalterne. Elles ne disent rien de très profond sur moi finalement, de mes aspirations ou de ce que je crois être mes choix. Cela me permet une forme d’autoconscience et me donne la possibilité de me transformer je le pense, tout en transformant le monde. Au final il s’agit de dialectiser le réel sans jamais s’épargner.

Au delà des déterminismes, dé-essentialiser les regards et les discours sera t-il le combat d’une vie ? Briser le carcan de la “communauté” dont je suis issue et me battre contre son propre enfermement est un combat de chaque instant. Il y a bien sûr toujours des petits crétins pour vous y rattacher, ramener, vous y subordonner et vous y fixer encore et encore.

Ils sont au coin de sa rue, au boulot, et achèvent l’entreprise de soumission mais surtout d’imbrication dans la mécanique de reproduction du monde de la marchandise, ce rivet le plus tenace qui ne sera brisé que collectivement.

Je ne dis pas qu’on ne se complaît jamais, mais c’est toujours par conformisme, fatigue et lassitude parce qu’on reste toujours au niveau de l’écume de ce que l'on a dire ou à développer par pudeur, parce que la profondeur n'est pas permise, la nuance pas plus, et parce que par moment c’est bien pratique.


Vieilles modes & tradi-cons

Que les vieux discours stalino-libertaires faussement vénère pour la galerie du buzz, tapinent pour la “positivité” la “race” et nous demande de nous re-assigner, et de cultiver l’entre-soi comme porte de sortie, il y a la bien plus qu’un malaise non ? Qu’on a déjà critiqué et pour être franc on peut aisément s'en branler.….Mais le comble n’est-il pas que les gentils organisateurs du ressentiment soient tous des entrepreneurs surtout d’eux mêmes ? (on le constate et le constatera de plus en plus) Des associatifs arrosés par le flouz d’Etat, des flics sociaux ? (pléthore de sociologues) Il n’y a qu’à comptabiliser le nombre de profs de facs ou d’enseignants ! ...appointés par des officines para-politiques de la bourgeoisie de prêt ou de loin. De faux précaires de la politique mais des vrais mercenaires du conseil de “comm” de leur visibilité et du management communautaire pour mieux nous canaliser et donc nous faire taire !

On pouvait dire:

“L’intersectionnalité [...], n’a pour le moment produit aucune ligne “politique intersectionnelle” ou un “coeur” de rencontre des “oppressions” si ce n’est de la pondération plate et de la fragmentation concurrentielle. Il n’y a qu’à constater le nombre de chapelles et le genre de métaphysique éthologique où l’on excelle à buscar la quinta pata al gato.

On est toujours en retard d’une “oppression” à articuler ou à empiler. Les “luttes” ne seront pas les lieux du dépassement tant qu’une perspective révolutionnaire globale ne sera pas dégagée des vieilles cagettes conceptuelles, ou tant que les acteurs des luttes sociales n'imposeront pas leurs véritables besoins ; c’est-à-dire ceux dictés par les nécessités.

Le coeur du monde marchand : la marchandise et sa reproduction, ne semble d’ailleurs jamais véritablement intéresser les possibilistes du benchmarking politique.”


Dans le cas de la non-mixité “de race” (ou du compartimentage en général) et dans la plupart des débats, rencontres, il n’est déjà plus étonnant que ne soit même plus convoquée l'obsolète intersectionnalité, comme cache sexe de ce funeste débat sur la la “race“. Car finalement il n’a jamais été question de la Classe….car il serait alors question d’interroger véritablement Qui parle ? d'où l’on parle ?!

Il n’y a que le discours à prétention “scientifique” ou universitaire qui a la possibilité de convoquer les débats sous une axiologie dite neutre. Le problème c’est que cette neutralité axiologique est brisée quand sujet et objet s’entrechoquent s'interpénètrent, ou se “politisent” à ce niveau. Il semble alors inévitable dans une démarche complète et sincère de faire le travail jusqu’au bout c’est à dire d'interroger la Totalité (de l’Objet jusqu’au Sujet révolutionnaire, ses moyens et ses fins.). A moins de rester sur une problématique a-classiste ou inter-classiste et donc "neutre" ce qui semble arranger bien des individus.

Dans la majorité des débats c’est la petite bourgeoisie intello qui prend La parole. Se la distribue dans “ses” lieux bobo ou les prolétaires n’y foutent pas les pieds soyons honnêtes.

On préféra les barbecues le dimanche au soleil bord de l’eau.

Toujours est-il que rien ne nous empêche de prendre cette “proposition” politique au “sérieux” et au pied de la lettre d’accord, okay ! et de la développer jusqu’au bout ! Progressons dans cette démarche “non-mixitaire” mais commençons ou terminons par la classe, enfin comme on voudra mais sans l’oublier ! hein...?

On pourra même l’articuler...l’intersectionnaliser ! et là il ne restera pas grand monde chez les “animateurs” du marché de la “race” et même du genre (1)

Il n’y a jamais de patrons donc dans nos luttes ! Pourquoi ? parce que les “bases de classes” font le boulot ! Et si ce “travail” ne s’effectue pas dans ces “milieux” c’est bien normal n’y a pas de classes dans ce monde, pas plus de luttes contre un patron ou contre l’exploitation. La grande porte de l’inter-classisme est donc ouverte.

Bien sûr je parle ici comme premier “concerné” (comme ils disent) par mon exploitation, comme prolétaire aliéné. Je ne suis donc pas extérieur à ma classe comme le font la plupart de ceux qui en parlent.

On peut s'interroger finalement si le bizness de la "non-mixité" n'est pas le nouveau cache sexe de la bourgeoisie intellectuelle qui vient nier / masquer les rapports de classes et qui vient administrer, occuper et pourrir les débats par ses gesticulations médiatiques et sous-gramscistes de fac ?

Est-il le nouveau paradigme des nouveaux gestionnaires de la “diversité” de la marchandise contre l’égalité ? Car disons le aussi clairement, aucun anti-capitalisme (mais un vrai alter-capitalisme méritocrate en revanche), anti-étatisme, anti-partitisme n’est présent chez les auto-entrepreneurs /exploiteurs des vrais malheurs des autres.

Nous savons maintenant qu’il ne se situe que dans une pseudo contestation intégratrice. Qu’ils agitent des mots-valises pour des petits étudiants en sciences humaines et sociales aussi chiants que leur extractions de classes est moyenne.

Il n’est surtout pas question ici d’exprimer que la lutte anti-raciste n’est pas à l’ordre du jour  (elle l'est plus que jamais !) mais elle ne doit revêtir ni des habits religieux ni s’accommoder de ce qui ressemble à une l’alterophobie décomplexée, parce que de gôche, et qui serait ontologiquement immunisée par la bêtise, ou qui serait soit disant traditionnellement présente dans les mouvements des “opprimés” qui doit-on le préciser ici ont surtout une histoire liée aux courants les plus autoritaires.

A nous de réaffirmer sans relâche l’unicité du combat d’émancipation car temps qu’un seul d’entre nous sera aliéné, nié, écrasé pour ce qu’il EST nous ne serons pas libres. Mais ceci est tout aussi valable pour ce qu’il ne veut pas ÊTRE ce qu’on lui impose ! Notamment d’être une chose, une marchandise. Que l’on utilise à des fins d’exploitation économique ou politique.

A nous aussi de ne pas nous laisser entraîner sur les terrains des plus réifiés et de toujours alimenter nos existences de fluidité (non marchande) de surprises et de rencontres. Il n’y a que la lutte contre ceux qui veulent nous assigner et le dépassement constant de nos confortables frusques qui rendra compte de ce que nous pourrons entrevoir collectivement comme perspectives.

 L’idéologie se renforce en s’atomisant.


(1 ) Même si pour cette dernière problématique mon avis peut-être moins féroce car le “référentiel” est moins entaché par le vocable et les référentiels. Ce qui n'a rien à voir avec les rapports sociaux de sexe qui posent d'autres débats et d'autres pratiques.