Diffusion: LA LUTTE DES CLASSES PENDANT LA LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (1ere partie 1789)

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jeudi 10 mars 2016

Point de vue image de classe (14) : Une question de hashtag valeur

Point de vue image de classe (14)
Une question de hashtag valeur


L’actualité ne semble avoir aucun impact sur le lieu ou l’on "m’occupe" pour que je puisse récolter quelques fonds pour payer mes charges fixes et autres dépenses superflues voire ostentatoires.... Mes collègues même pas trentenaires s’occupent quant à eux d’organiser une visite collective chez un hypnologue dans un superficiel élan hygiéniste et anti-tabagique, aussi soudain que le week-end fut court, ainsi que des sorties festives qu’ils souhaitent récurrentes avec le futur patron.

Dans ces conditions aborder la question du 9 mars était presque inutile. Une tentative à la pause cigarette du matin où la question du temps qu’il fait vient chasser cet épineux sujet, celui qui est susceptible de dévoiler son rapport au monde et aux autres, ceux du quotidien.

Le sujet de la "grève" ne semble même pas tabou puisqu’ils étaient allés manifester il y a quelques mois, sur ordre et pression (propre à la logique de troupe) pour des revendications patronales touchant à leur secteur d’activité.

En ce qui me concerne ma réputation est déjà faite. Une sorte d’écolo, fumeur de pétard un peu trop philosophe pour être honnête et trop en marge du “groupe” grâce à ma fonction de subalterne qui m’aide en cela plutôt bien. C’était d’ailleurs le but de ce job, éviter le plus possible de mettre la main dans la machine infernale tout en arrivant à payer mes factures.

Mais au fur et à mesure de mes discussions, et pour me départir de mon approche parfois méprisante, je dois quitter une analyse qui se veut trop caricaturale.

L’effet de groupe vient moyenniser les propos, le lieu s’y prête, le rapport de force également. Les situations sont toutes particulières. C’est en grattant un peu plus les histoires personnelles qu’on s'aperçoit assez vite dans quelle cage d’acier nous nous trouvons tous.

Je ne peux manquer de constater ce cœur à l’ouvrage et cette volonté de sur-jouer l'intérêt pour le travail où l’on feint pour certain de s’intéresser à ce que l’on fait pour chasser l’ennui, conjurer le stress et se prouver que l’on “vaut” quelque chose.

Cette “valeur”, ce désir de reconnaissance que nous cherchons, c’est aussi se dire peut-être que l’#onvautmieux que ça ? “souhait” dicté par le fait que le travail n’est que le seul biais par lequel on puisse l’exprimer, s’exprimer, s’insérer et être aux Autres comme pour soi, une marchandise qui se “valorise” et aura encore plus de chance dans le futur de se vendre. Il ne reste plus qu’à s’acheter de la “valeur” des qualités, ce qui nous permettra de prolonger le simulacre et la simulation.

Que la réponse de masse à la “loi travail” se fasse sous le signe de sa propre “valeur” ou du “mérite” indique donc que c’est sur deux fronts qu’il s’agit d’opérer une critique communiste forte:

        - Celle de l’idéologie du travail qu’il nous faut reprendre non pas sous la bannière d’une pose petite-bourgeoise. Celle qui consiste à ne pas vouloir "bosser" (1) grâce à l’argent de papa ! Et qui fait de son éthique individuelle et slogan a-historique une pratique qui bien souvent se transforme en une morale aristocratique gonflée de morgue et bien vite dégonflée par le retour du réel... Rien de possible si l’on ne pense pas à se débarrasser du Travail de manière historique. Du travail aliéné, séparé, soumis. Dont on ne peut rien garder y compris dans ses aspects les plus sociaux ou les plus “constructifs” tant il est lié à la logique d’accumulation et à la socialisation marchande.

          - De l’idéologie du “mérite” et de ce qu’elle sous-entend en négatif à savoir que certains ne “mériteraient pas” parce qu’ils seraient, non solvables non “utilisables” non rentables. La logique du “déchet” encombrant et à évacuer n’est jamais loin. Il se trouvera peut-être quelque vert-rouge-brun-orange pour nous re-vendre de “l’inutile” à recycler pour alimenter de manière rédemptrice la boucle marchande sans l'interroger jusqu’au bout.

Non merci!” peut-on lire ici et là à propos de cette “Loi travail” accompagné du hashtag qui lui est accolé et qui contracte ces deux mots en un seul, qui porte en lui une signification assez intéressante. Le travail c’est bien la grande domestication humaine qui impose son ordre, sa Loi. Le rapport social porte en lui une Loi. La Loi c’est le Travail, Le Travail c’est la Loi. (2) Il nous faudra donc nous débarrasser des deux sous peine que l’un ne vienne systématiquement convoquer l’autre. Il ne sera pas superflu de le rappeler surtout quand on nous dit déjà que la "Liberté" (de consommer) c'est le Travail, pour nous éviter d'entendre ensuite que le Travail c’est la Liberté (3) 

NOTES

(1) Ce qui est d'ailleurs fort légitime....mais qui arrive surtout malgré soi, le plus souvent. Quant à l'idéologie du "choix" il s'agit d'une soupe déjà servie par l'idéologie dominante. Il s'agit donc ici d'une analyse de classe. 

(2) On évitera de mélanger comme toujours le travail comme "valeur" comme "possibilité" d'épanouissement personnelle par exemple et la Loi de la valeur : qui veut que la valeur d'échange d'une marchandise soit déterminée par le temps de travail socialement nécessaire à sa production.

(3) Voir à ce sujet la flippante analyse/proposition de Franck Fischbach dans: Le sens du social. Les puissances de la coopération. Lux éditeur - 2015

Autonomie ouvrière et syndicat (10)

AUTONOMIE OUVRIÈRE ET SYNDICAT
Qu'est-ce que l'Autonomie Ouvrière ? (1985)


Le syndicat, tel que nous le connaissons aujourd'hui, n’est plus l'organisation des travailleurs en lutte contre l'exploitation. Dans le monde contemporain, il est devenu la grande institution de l’encadrement des travailleurs dans la dynamique du capitalisme.

Il s’agit d’une fonction structurelle qui ne peut être confondue avec le fait que certaines directions syndicales soient plus ou moins combatives, ou plus ou moins “pelegasées”.(1)

Quand le capitalisme est entré dans sa phase monopoliste, la planification de l'économie est devenue une exigence pratique.

Les capitalistes ont créé leurs organes de planification, des aspects de la production et de la circulation des marchandises. Vint ensuite la nécessité de planifier la répartition de la main-d’œuvre, et son niveau de salaire. Ces organismes sont les syndicats d'aujourd'hui.

Le syndicat est souvent compris comme l'organisation des travailleurs pour la défense de leurs salaires. Alors que les classes capitalistes cherchent à augmenter le taux d'exploitation des travailleurs, les syndicats cherchent souvent à le réduire avec des augmentations de salaire.

Lorsque cela se produit nous pouvons dire qu’en terme de plus-value absolue (augmentation des heures de travail, réduction des salaires) le syndicat est en train de défendre les travailleurs.

Mais en termes de plus-value relative (modernisation des machines, augmentation de l'intensité du travail), les syndicats finissent toujours par céder aux intérêts du capital.

Si la reproduction du capital est basée sur l'augmentation permanente de la productivité, sur le passage constant de la plus-value absolue vers la plus-value relative, nous savons que les objectifs des syndicats coïncident avec ceux du capitalisme.

La célèbre Négociation Collective du Travail * est l'un des aspects les plus importants de l'intégration du syndicat dans le capitalisme. Ce que ces contrats ont de neuf ce n’est pas à proprement parlé les éventuelles augmentations de salaires, mais le fait que ces hausses se produisent à la même époque de l'année et constituent un compromis du syndicat pour ne pas lutter pendant une période de temps donné.

En ce sens, la négociation collective du travail est un élément de la planification de la force de travail, qui sert peu la lutte du prolétariat contre l'exploitation.

Dans le capitalisme qui se développe sous l'influence nord-américaine les syndicats font totalement partie de la lutte du secteur II de la production (biens de consommation) contre le secteur I (matières premières, moyens de production et les biens d'équipement).

Les capitalistes du secteur de la consommation ont tout intérêt à l'augmentation du pouvoir d'achat des travailleurs, car ils ont besoin de l'expansion permanente du marché de la consommation privée.

Ce sont les capitalistes liés au secteur I qui souhaitent absolument baisser les salaires. Il est logique, de manière générale, que tous les capitalistes sans exception aient comme objectif la diminution de la valeur de la force de travail.

Cependant, nous pouvons dire qu'il y a une divergence d'intérêts entre les capitalistes qui appartiennent aux deux secteurs. Ces divergences ont tendance à s’accentuer en temps de crise économique et les syndicats se trouvent toujours du coté des entreprises du secteur II.

Nous pouvons trouver un exemple de cela en Allemagne en 1933 lorsque les entreprises du secteur I et la technocratie qui lui était lié (National-socialiste) prennent le pouvoir absolu contre les entreprises produisant des biens de consommation et contre les syndicats contrôlés par les sociaux-démocrates.

Cette divergence entre les secteurs de la classe dominante doit être vue de manière dynamique car, à partir d'un certain niveau, le secteur I a des intérêts identiques à celui du secteur II, une fois que celui-ci constitue un marché de ses produits.

Le point important dans cette séparation, simplifiée, c’est de nous permettre de comprendre de quelle manière le syndicat réalise les intérêts du capitalisme.

Dans les pays capitalistes d’État tels que la Chine, l'Union soviétique, la Pologne, les syndicats sont totalement différents. Intégrés à l'appareil d’État, leurs fonctions sont simplement répressives.

Dans les pays développés qui composent le dénommé monde occidental, l'importance de l'industrie orientée vers la consommation privée (nourriture, vêtements, appareils électroménagers, etc.) détermine la nécessité d'une réévaluation constante des salaires et il est nécessaire que les désaccords et les mouvements des travailleurs ne dépassent pas les limites consenties par les capitalistes.

 Ce sont les syndicats qui cherchent à contrôler les travailleurs, en canalisant leurs luttes pour qu’elles ne soient rien de plus que la périodique expansion du marché de la consommation privée.

Au Brésil, où l'hétérogénéité de la main d’œuvre est très forte, le faible niveau de syndicalisation et l'économie ne sont pas axés sur le développement d'un important marché de consommation privé. Le syndicat a plus fonctionné comme un organisme de rétention des luttes et éventuellement d’assistance.

Ce n’est que lorsque la classe ouvrière lutte directement ou hors du syndicat qu’elle crée de nouvelles organisations comme une caisse de grève, une commission d’usine, des comités de grève, ou ce type de structures que de nombreux dirigeants syndicaux les qualifient démagogiquement de parallèles.

Cependant, il ne peut y avoir aucun parallélisme entre des organisations qui s’opposent.

Syndicat vertical, bureaucratisé, organisé par catégorie professionnelle, liée à l’État, "authentique" ou pas (les adjectifs en soi ne définissent rien), et les commissions d'usine fondées sur l'action directe, ne suivent pas des chemins parallèles. Il ne suivent pas non plus les mêmes objectifs.

Il ne peut y avoir parallélisme qu’entre des structures similaires. Dans le cas contraire, ce qui existe c’est de l’antagonisme, le développement de l’une implique l’assimilation /destruction de l’autre.

Nombreux sont ceux qui défendent la subordination des commissions d’usine au syndicat. Mais au Brésil cela signifie les subordonner directement à l'État, puisque le syndicat lui est lié.

D'autre part, il est utopique de croire que les lois et décrets peuvent assurer la survie des commissions d’usine combatives. Une commission doit avoir la reconnaissance des travailleurs qui l'ont élu. C’est de là que vient sa légitimité et sa force.

Une commission qui demande la reconnaissance de l’État ne peut être que privée de base ouvrière. On ne demande pas de légitimité à l’ennemi.

L’ennemi se combat. D'autre part, il ne sert à rien de lutter pour un syndicat dégagé de L’État si sa forme d'organisation reste hiérarchique et bureaucratique. Si tous les travailleurs restent coupés des processus de prise de décision. S’il n'y a pas de mécanismes de contrôle direct des travailleurs sur l'action de ses représentants élus.

Dans les pays développés les syndicats sont libres dans le sens où ils ne sont pas liés juridiquement à l’État. Mais ce n’est pas pour autant que ces syndicats défendent les intérêts réels des travailleurs.

Le rôle intégrateur des syndicats, que je viens de souligner, se reflète dans leur structuration interne. Avec leurs présidents, directeurs, secrétaires, trésoriers, ils reproduisent la même forme d'organisation existante dans toute entreprise capitaliste.

Bien que les dirigeants syndicaux soient des ouvriers à l’origine, ils finissent par défendre les intérêts de l'organisation au détriment des intérêts de la classe ouvrière, parce qu’ils se trouvent éloignés de la vie quotidienne de l’usine.

Les fonctionnaires syndicaux ne sont plus exploités par les capitalistes. Ils ne sont plus menacés par le chômage. Ils s’asseyent dans leurs bureaux à des postes relativement stables. Ils sont préoccupés par bonne marche de l'organisation qu’ils dirigent et contrôlent.

Dans les pays industrialisés, le syndicat s’est transformé en patron. En République Fédérale Allemande, c’était pratiquement la totalité de l'appareil syndical. En 1974, la fédération syndicale a créé une société Holding pour contrôler la plupart des sociétés qu'elle possède.

Les actionnaires des entreprises sont les syndicats eux-mêmes et ils contrôlent également les coopératives de consommation. Ses administrateurs sont nommés directement par les dirigeants syndicaux et ne sont pas des ouvriers. Au contraire, ce sont des technocrates.

Comme groupe économique, ces entreprises employaient en 1982, 40.000 salariés. Les dividendes et intérêts perçus en 1977 ont dépassé les 5,4 milliards de marks (équivalant à l'époque à 2,2 milliards $), et ses actifs étaient de 25 milliards de dollars.

En Israël, la confédération syndicale est le deuxième plus grand employeur du pays, L’État étant le premier. En 1977, les exportations des entreprises qui étaient la propriété des syndicats représentaient environ 50% des exportations totales d’Israël.

Aux États-Unis, en 1979, les syndicats détenaient 13,7% de des Holliday Inn; 13,6% de K Mart; 12,6% de Delta Air Lines; 11,4% de J. C. Penney. Cela a été possible grâce à l'utilisation des fonds de pension de retraite des salariés.

Le syndicat minier United Mine Workers of America détient la National Bank of Washington. En outre, il existe de nombreux cas où le syndicat impose des sacrifices salariaux aux travailleurs de l’industrie avec des problèmes financiers sous la menace de fermeture et de licenciements collectifs.

Il y eu un cas curieux avec le syndicat de la métallurgie Independent Steelworkers Union, qui souhaitait acheter une des installations sidérurgiques de l’entreprise National Steel Corp. Ses 9000 employés se sont engagés en Mars 1983 à accepter une réduction de 32% des coûts salariaux. Cela aurait signifié une économie de 120 millions de dollars par année si la transaction était faite.

Il existe des exemples similaires dans de nombreux pays européens, mais je pense que ceux qui sont mentionnés sont suffisants pour montrer le mécanisme par lequel le syndicat se transforme en patron.

En réalité, l'absence de grèves et de combats importants dans les pays développés au cours des dernières années a permis aux syndicats d’utiliser l'argent perçu pour renforcer leur rôle économique dans le capitalisme.

Le capitalisme des syndicats résulte de l'utilisation par les dirigeants syndicaux de sommes extorquées aux travailleurs pour développer la propriété des syndicats.

Dans aucun de ces cas il n’est question de processus autogestionnaire ou même de participation à la gestion de ces entreprises. Il ne s’agit que d'appropriation du capital par la bureaucratie syndicale, où le prolétariat n'a aucune participation.

Dans les pays moins industrialisés, où le marché du travail est plus hétérogène, le syndicat n'a pas de pouvoir au niveau national.

Cependant, dans les secteurs industriels où la force de travail est plus homogène et le marché du travail réglementé, il se développe un processus identique à celui des pays développés.

Le cas du Venezuela, pays exportateur de pétrole, en est une bonne illustration. La plus grande banque privée - la Banco de los Trabajadores - est principalement contrôlée par la fédération syndicale CTV. Le gouvernement ne possède que 30% de cette banque. (1)

Là où se développe le capitalisme des syndicats se développe de nouvelles formes de relation entre le syndicat et la classe ouvrière.

Comme nous l'avons déjà vu, les syndicats cherchent traditionnellement à encadrer les mouvements et à les orienter avec comme l’objectif de leur enlever tout aspect révolutionnaire. D'autre part, ils utilisent les travailleurs comme moyen de pression auprès du patronat, en ayant en vue de renforcer le poids et l’influence des syndicats.

Mais dans la mesure ou ils se transforment en propriétaires, d’importantes modifications se produisent:

   1) Les syndicats eux-mêmes deviennent des patrons d’une main-d'œuvre importante. En temps de crise, le syndicat -patron, comme tout autre patron capitaliste, tend à réduire les salaires et à licencier les travailleurs.

   2) En se transformant en propriétaires, les syndicats obtiennent des éléments de pression auprès des autres capitalistes, leur permettant la dé-mobilisation des travailleurs.

Mais le syndicat ce n’est pas seulement le sommet de la direction mais aussi sa base. Le problème des dirigeants c’est que bien souvent ils sont incapables de contrôler “les excès” de la base. De plus, de manière générale le mouvement ouvrier est toujours une menace pour les bureaucraties syndicales, parce que rien ne garantit que son encadrement puisse être un frein véritable à l'expansion révolutionnaire d’un mouvement.

En ce sens, ils cherchent à utiliser d'autres moyens de pression sur le patronat. La force économique que contrôle les syndicats leur permet cela.

Dans les confrontations avec les capitalistes privés, ce n’est plus la grève qui est utilisée comme arme, mais la manœuvre financière et le boycott économique permis par le montant du capital investi dont ils disposent.

Ces syndicats affrontent maintenant le patronat non sur le terrain des exploités mais à l’intérieur du processus de la relation inter-capitaliste.

En résumé, les syndicats aujourd'hui sont des organes de gestion capitaliste qui organisent et planifient la force de travail. Plus haut est le degré d'homogénéité atteint par la classe ouvrière, plus est efficace cette activité.

Le syndicat exprime et reproduit l'aspect de la pratique ouvrière intégrée dans le capitalisme, organisé par lui. Les organisations qui découlent de luttes autonomes expriment leur pratique anti-capitaliste, et son auto-organisation.

L'unité du prolétariat ne résulte pas de la discipline d’usine, de l'organisation de la classe ouvrière par le mécanisme de la production capitaliste. Cela ne peut qu'encourager la soumission et la division de la classe, parce qu’elle l’organise comme une extension de la machine, instrument vivant de la technologie qui la domine.

L'unité révolutionnaire du prolétariat résulte de la lutte collective contre cette réalité.



* Contratação Coletiva do Trabalho (CTT)

(1) Nous traduisons littéralement d'après et créons : Vient de “Pelego” : Le terme a été popularisé dans les années 1930 au Brésil . Dirigeant syndical - corporatiste proche du gouvernement Getúlio Vargas - est passé dans le langage courant comme traître et allié du gouvernement et des patrons .
  
(2) (Les données relatives au capitalisme des syndicats ont été prises à partir d'un texte photocopié par un auteur portugais João Bernardo. Vous pouvez le trouver à la ( biblioteca de Pós-Graduação da PUC/SP e na biblioteca da Fundação Getúlio Vargas.)



Note Vosstanie. 

Nous reviendrons sur la question technologique et de la gestion dans l'introduction / présentation de la brochure.


Autonomie ouvrière et syndicats
Autonomie et socialisme

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TÉLÉCHARGER LA BROCHURE


Vosstanie propose une traduction "maison" et adaptée d'un ouvrage de Lúcia Barreto Bruno édité en 1985 au Brésil. Elle sera le support d'une émission de la Web Radio Vosstanie et d'un débat sur la question posée. Il va de soi que nous ne sommes pas en accord avec certains propos, approches du livre (ambiguës sur la question de la "gestion" et "d'auto-gestion" ou de qui a à "gérer") qui a donc 30 ans. Ils posent néanmoins en creux de nombreuses questions, critiques (à faire), de manière très stimulante, dans un débat complexe. Il s'agit donc d'un écrit qui nous permettra de dégager pas mal de perspectives.


O que é Autonomia Operária - Lúcia Bruno. Editora Brasiliense - 1986 . 91p.


A suivre une émission de la Web Radio Vosstanie pour un :
Débat critique / réflexions sur le texte.
et la publication de la brochure.


lundi 7 mars 2016

Nous ne sommes pas venus pour négocier ! (TRACT)

Nous ne sommes pas venus pour négocier !

Le projet de loi de la ministre du travail El Khomri dite "loi travail", s'inscrit dans cette vision de la société où ce qu’il subsiste encore du fameux “modèle social” doit désormais disparaître. Nous ne rentrerons pas dans un inventaire à la Prévert en la décortiquant car nous en avons compris l’intention. La bourgeoisie se sent à tort ou à raison en position de force et elle commande à son actuel fondé de pouvoir, le Parti Socialiste, de lui ouvrir la voie vers une exploitation quasi sans limite du travail salarié. Pour la bourgeoisie l’époque du compromis relève dorénavant de l’histoire ancienne. Elle a décidé de liquider une fois pour toute les derniers garde-fous concédés en contre partie de l’exercice de son pouvoir. Elle les avait acceptés de bien mauvaise grâce, comme un mal nécessaire.

Allons-nous nous laisser dépouiller sans broncher ?

Une nouvelle fois, l'heure est venue de défendre ce que nos prédécesseurs et nous mêmes avons conquis ou réussi à sauvegarder afin que nos existences ne se résument pas à une insupportable guerre de chacun contre tous pour la survie quotidienne. Nous n’avons que trop perdu ces dernières années. Sur les retraites, sur les fermetures de boîtes, sur les salaires, sur les conditions de travail, sur nos libertés face au patron, face au petit chef, face à l’Etat ... et il est urgent que nous stoppions net cette spirale infernale. Nous pouvons y parvenir, nous pouvons regagner du pouvoir sur nos existences afin de nous extraire de l’emprise des politiciens et des patrons.
L’heure est à l’action et à la coordination de celles et ceux qui ont compris que c’est uniquement par la lutte que nous pouvons gagner. De multiples initiatives ont été prises sur Internet par l’intermédiaire des réseaux sociaux. Elles sont un signe encourageant et participent de la mobilisation mais elles doivent trouver leur prolongement sur les lieux de travail, les lieux de vie, dans les universités et les lycées, dans les quartiers et dans la rue. Cette journée du 9 mars est une première étape, d’autres doivent lui emboîter le pas rapidement afin de construire le rapport de force indispensable à l’abandon pur et simple de cette loi écrite par et dans l’intérêt exclusif du patronat.


Soyons unis, soyons déterminés, soyons offensifs !

Les mouvements menés ces dernières années se sont pratiquement tous soldés par des défaites et ont contribué à décourager nombre de travailleurs, de chômeurs et d’étudiants. Les raisons de ces défaites nous les connaissons mais nous savons aussi que rien ne peut arrêter un mouvement social s’il est impulsé et porté par la grande masse des travailleurs unis et déterminés en dehors des logiques d’appareils quels qu’ils soient. Le mouvement de 1995 fut à sa façon le dernier de ce genre, le dernier qui ne se termina pas sur une défaite. C’est donc à la base et à elle seule, c’est à dire à l’ensemble des travailleurs syndiqués ou non, avec ou sans papier, du secteur public ou du secteur privé, aux chômeurs, aux étudiants, aux lycéens de prendre en main la conduite de la lutte sans se laisser abuser par les tentatives de division que le gouvernement tente déjà de mettre en oeuvre.


Nous pouvons gagner, nous devons gagner !

Des prolétaires enragé-es.



 

Tract reçu par courriel le 7 mars 2016

vendredi 4 mars 2016

La Critique du productivisme dans les années 1930 par Philippe Pelletier (A lire)

La Critique du productivisme 
Dans les années 1930
Mythe et Réalités

"Dans ce nouveau livre, le géographe Philippe Pelletier, spécialiste et disciple d'Élisée Reclus, s'en prend à la tendance dite « antiproductiviste » de l'écologisme, pourtant très en vogue aujourd'hui au sein des mouvements les plus radicaux de notre époque. Il y pointe tout ce que ce courant de l'écologie politique doit à la critique menée, dans les années 30 du siècle passé, par ces cercles intellectuels auxquels on accola le qualificatif de « non-conformistes », groupes-ou revues comme la Jeune Droite, L'Homme réel, L'Homme nouveau, XX` siècle, La Jeune Droite, Esprit et surtout, L'Ordre Nouveau, le mouvement animé, entre autres, par Denis de Rougemont et Arnaud Dandieu, l'introducteur en France de la notion de productivisme ainsi que de sa critique. Des cercles intellectuels dont Philippe Pelletier met en évidence l'attirance qu'y exerça le « champ magnétique » des fascismes, comme le montre la « Lettre à Hitler » rédigée par L'Ordre nouveau en novembre 1933, ou encore la participation de certains de ses membres les plus connus au « Congrès italo-français d'études corporatives » organisé entre le 20 et le 23 mai 1935 à Rome. Cependant, Philippe Pelletier ne se borne pas à faire oeuvre d'historien des idées mais, dans la partie plus théorique et la plus polémique de son essai, il va bien au-delà et procède à une forte « critique de la critique » écologiste, à laquelle il a consacré déjà de nombreux écrits. Ce n'est pas seulement à cause de ses accointances avec les fascismes d'avant-guerre qu'on doit refuser la philosophie prônée par les « non-conformistes » des années 30, affirme l'auteur de ce livre, mais aussi, et surtout, parce que cette pensée ne permet pas de comprendre la vraie nature du capitalisme, qui n'est pas de « produire pour produire » mais de « produire pour vendre », pour « développer une logique de marché, de profit, qui passe par une exploitation économique, une domination politique et une oppression sociale ». Et enfin, dit Ph. Pelletier, qui revendique haut et fort son refus de tous les spiritualismes, il faut repousser cette pensée parce que l'écologisme « qui brasse tellement large, avec ses croyances, ses valeurs morales, son culte du catastrophisme, ses prêtres, ses gourous, ses églises, ses schismes, s'apparente à une religion : celle de la nature ». Volontiers provocateur, probablement inacceptable pour bien des lecteurs, discutable sans aucun doute, cet ouvrage appelle en tout cas à la réflexion et au débat sur des sujets qui, aujourd'hui, ne peuvent laisser personne indifférent. rçe n'est pas la moindre de ses qualités."


Table des matières

 AVERTISSEMENT

INTRODUCTION
 
S'interroger sur le concept de productivisme


1. L'ANTIPRODUCTIVISME ET LE ROMAN NATIONAL FRANÇAIS
Un concept ambigu 
L'écologisme n'est pas l'écologie 
Les « non-conformistes » et la critique du productivisme
Le « champ magnétique » du fascisme 
Écriture de l'histoire et « théorie de l'immunité »


2. LE GROUPE DE L'ORDRE NOUVEAU ET LES NON-CONFORMISTES 

 Alexandre Marc, cheville ouvrière de L'Ordre nouveau 
Du Club du Moulin Vert à L'Ordre nouveau (1931-1938) 
Le tandem Dandieu-Aron (1930-1931) 
L'essor de L'Ordre nouveau (1931-1939) 
L'Ordre nouveau (1931-1939) et Esprit
L'Ordre nouveau et Plans (1931-1933)


3. LA CRITIQUE DU PRODUCTIVISME PAR L'ORDRE NOUVEAU 

 Aron et Dandieu : vers la critique du productivisme 
Marc et Dupuis : la critique du productivisme 
L'antiproductivisme, leitmotiv de L'Ordre nouveau et au-delà 
Le courant artistique du productivisme soviétique 
Dans les conseils ouvriers de Turin : un autre versant du productivisme 
Le luddisme petit-bourgeois


4. LA LETTREÀ HITLER (1933) ET LE CONVEGNO À ROME (1935) 
 La connexion allemande des non-conformistes au début des années trente
La connexion allemande de L'Ordre nouveau 
La Lettre à Hitler (novembre 1933) 
Le productivisme et l'antiproductivisme du fascisme
Après la Lettre à Hitler (1933), le Convegno à Rome (1935) 
Le bilan positif du Convegno à Rome (1935)
Les héritiers antiproductivistes du personnalisme


5. L'ANTIPRODUCTVISME, CRITIQUE DE LA CRITIQUE
La critique morale et moralisatrice des non-conformistes 
Crise et décadence 
Critique de la décadence, une idée européenne
Critique du consumérisme et du machinisme
Critique de la technique
Critique du progrès et de la modernité
Critique du matérialisme, promotion du spiritualisme
Prophétisme, promotion d'une élite et de la secte


6. L'HÉRITAGE DE L'ANTIPRODUCTNISME DES NON-CONFORMISTES
Les « années souterraines » 
Le parcours des non-conformistes après 1945 
« Ecoropa, l'Internationale de Denis de Rougemont »
Le nouvel Ordre nouveau d'Écoropa
De quoi « l'écologie politique » est-elle le nom ? 
La problématique du Club de Rome, fondement de l'écologisme contemporain
Démographie et ressources
Club de Rome, club des capitalistes éclairés
Il ne fallait pas désespérer Billancourt 
Une partie moins connue de l'écologisme
Le totem et ses tabous

CONCLUSION : Le capitalisme produit pour vendre

Bibliographie