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« LOI TRAVAILLE ! » - Émission des 8 mai & 14 mai + Émission impromptue !

jeudi 10 mars 2016

Point de vue image de classe (14) : Une question de hashtag valeur

Point de vue image de classe (14)
Une question de hashtag valeur


L’actualité ne semble avoir aucun impact sur le lieu ou l’on "m’occupe" pour que je puisse récolter quelques fonds pour payer mes charges fixes et autres dépenses superflues voire ostentatoires.... Mes collègues même pas trentenaires s’occupent quant à eux d’organiser une visite collective chez un hypnologue dans un superficiel élan hygiéniste et anti-tabagique, aussi soudain que le week-end fut court, ainsi que des sorties festives qu’ils souhaitent récurrentes avec le futur patron.

Dans ces conditions aborder la question du 9 mars était presque inutile. Une tentative à la pause cigarette du matin où la question du temps qu’il fait vient chasser cet épineux sujet, celui qui est susceptible de dévoiler son rapport au monde et aux autres, ceux du quotidien.

Le sujet de la "grève" ne semble même pas tabou puisqu’ils étaient allés manifester il y a quelques mois, sur ordre et pression (propre à la logique de troupe) pour des revendications patronales touchant à leur secteur d’activité.

En ce qui me concerne ma réputation est déjà faite. Une sorte d’écolo, fumeur de pétard un peu trop philosophe pour être honnête et trop en marge du “groupe” grâce à ma fonction de subalterne qui m’aide en cela plutôt bien. C’était d’ailleurs le but de ce job, éviter le plus possible de mettre la main dans la machine infernale tout en arrivant à payer mes factures.

Mais au fur et à mesure de mes discussions, et pour me départir de mon approche parfois méprisante, je dois quitter une analyse qui se veut trop caricaturale.

L’effet de groupe vient moyenniser les propos, le lieu s’y prête, le rapport de force également. Les situations sont toutes particulières. C’est en grattant un peu plus les histoires personnelles qu’on s'aperçoit assez vite dans quelle cage d’acier nous nous trouvons tous.

Je ne peux manquer de constater ce cœur à l’ouvrage et cette volonté de sur-jouer l'intérêt pour le travail où l’on feint pour certain de s’intéresser à ce que l’on fait pour chasser l’ennui, conjurer le stress et se prouver que l’on “vaut” quelque chose.

Cette “valeur”, ce désir de reconnaissance que nous cherchons, c’est aussi se dire peut-être que l’#onvautmieux que ça ? “souhait” dicté par le fait que le travail n’est que le seul biais par lequel on puisse l’exprimer, s’exprimer, s’insérer et être aux Autres comme pour soi, une marchandise qui se “valorise” et aura encore plus de chance dans le futur de se vendre. Il ne reste plus qu’à s’acheter de la “valeur” des qualités, ce qui nous permettra de prolonger le simulacre et la simulation.

Que la réponse de masse à la “loi travail” se fasse sous le signe de sa propre “valeur” ou du “mérite” indique donc que c’est sur deux fronts qu’il s’agit d’opérer une critique communiste forte:

        - Celle de l’idéologie du travail qu’il nous faut reprendre non pas sous la bannière d’une pose petite-bourgeoise. Celle qui consiste à ne pas vouloir "bosser" (1) grâce à l’argent de papa ! Et qui fait de son éthique individuelle et slogan a-historique une pratique qui bien souvent se transforme en une morale aristocratique gonflée de morgue et bien vite dégonflée par le retour du réel... Rien de possible si l’on ne pense pas à se débarrasser du Travail de manière historique. Du travail aliéné, séparé, soumis. Dont on ne peut rien garder y compris dans ses aspects les plus sociaux ou les plus “constructifs” tant il est lié à la logique d’accumulation et à la socialisation marchande.

          - De l’idéologie du “mérite” et de ce qu’elle sous-entend en négatif à savoir que certains ne “mériteraient pas” parce qu’ils seraient, non solvables non “utilisables” non rentables. La logique du “déchet” encombrant et à évacuer n’est jamais loin. Il se trouvera peut-être quelque vert-rouge-brun-orange pour nous re-vendre de “l’inutile” à recycler pour alimenter de manière rédemptrice la boucle marchande sans l'interroger jusqu’au bout.

Non merci!” peut-on lire ici et là à propos de cette “Loi travail” accompagné du hashtag qui lui est accolé et qui contracte ces deux mots en un seul, qui porte en lui une signification assez intéressante. Le travail c’est bien la grande domestication humaine qui impose son ordre, sa Loi. Le rapport social porte en lui une Loi. La Loi c’est le Travail, Le Travail c’est la Loi. (2) Il nous faudra donc nous débarrasser des deux sous peine que l’un ne vienne systématiquement convoquer l’autre. Il ne sera pas superflu de le rappeler surtout quand on nous dit déjà que la "Liberté" (de consommer) c'est le Travail, pour nous éviter d'entendre ensuite que le Travail c’est la Liberté (3) 

NOTES

(1) Ce qui est d'ailleurs fort légitime....mais qui arrive surtout malgré soi, le plus souvent. Quant à l'idéologie du "choix" il s'agit d'une soupe déjà servie par l'idéologie dominante. Il s'agit donc ici d'une analyse de classe. 

(2) On évitera de mélanger comme toujours le travail comme "valeur" comme "possibilité" d'épanouissement personnelle par exemple et la Loi de la valeur : qui veut que la valeur d'échange d'une marchandise soit déterminée par le temps de travail socialement nécessaire à sa production.

(3) Voir à ce sujet la flippante analyse/proposition de Franck Fischbach dans: Le sens du social. Les puissances de la coopération. Lux éditeur - 2015

lundi 7 mars 2016

Nous ne sommes pas venus pour négocier ! (TRACT)

Nous ne sommes pas venus pour négocier !

Le projet de loi de la ministre du travail El Khomri dite "loi travail", s'inscrit dans cette vision de la société où ce qu’il subsiste encore du fameux “modèle social” doit désormais disparaître. Nous ne rentrerons pas dans un inventaire à la Prévert en la décortiquant car nous en avons compris l’intention. La bourgeoisie se sent à tort ou à raison en position de force et elle commande à son actuel fondé de pouvoir, le Parti Socialiste, de lui ouvrir la voie vers une exploitation quasi sans limite du travail salarié. Pour la bourgeoisie l’époque du compromis relève dorénavant de l’histoire ancienne. Elle a décidé de liquider une fois pour toute les derniers garde-fous concédés en contre partie de l’exercice de son pouvoir. Elle les avait acceptés de bien mauvaise grâce, comme un mal nécessaire.

Allons-nous nous laisser dépouiller sans broncher ?

Une nouvelle fois, l'heure est venue de défendre ce que nos prédécesseurs et nous mêmes avons conquis ou réussi à sauvegarder afin que nos existences ne se résument pas à une insupportable guerre de chacun contre tous pour la survie quotidienne. Nous n’avons que trop perdu ces dernières années. Sur les retraites, sur les fermetures de boîtes, sur les salaires, sur les conditions de travail, sur nos libertés face au patron, face au petit chef, face à l’Etat ... et il est urgent que nous stoppions net cette spirale infernale. Nous pouvons y parvenir, nous pouvons regagner du pouvoir sur nos existences afin de nous extraire de l’emprise des politiciens et des patrons.
L’heure est à l’action et à la coordination de celles et ceux qui ont compris que c’est uniquement par la lutte que nous pouvons gagner. De multiples initiatives ont été prises sur Internet par l’intermédiaire des réseaux sociaux. Elles sont un signe encourageant et participent de la mobilisation mais elles doivent trouver leur prolongement sur les lieux de travail, les lieux de vie, dans les universités et les lycées, dans les quartiers et dans la rue. Cette journée du 9 mars est une première étape, d’autres doivent lui emboîter le pas rapidement afin de construire le rapport de force indispensable à l’abandon pur et simple de cette loi écrite par et dans l’intérêt exclusif du patronat.


Soyons unis, soyons déterminés, soyons offensifs !

Les mouvements menés ces dernières années se sont pratiquement tous soldés par des défaites et ont contribué à décourager nombre de travailleurs, de chômeurs et d’étudiants. Les raisons de ces défaites nous les connaissons mais nous savons aussi que rien ne peut arrêter un mouvement social s’il est impulsé et porté par la grande masse des travailleurs unis et déterminés en dehors des logiques d’appareils quels qu’ils soient. Le mouvement de 1995 fut à sa façon le dernier de ce genre, le dernier qui ne se termina pas sur une défaite. C’est donc à la base et à elle seule, c’est à dire à l’ensemble des travailleurs syndiqués ou non, avec ou sans papier, du secteur public ou du secteur privé, aux chômeurs, aux étudiants, aux lycéens de prendre en main la conduite de la lutte sans se laisser abuser par les tentatives de division que le gouvernement tente déjà de mettre en oeuvre.


Nous pouvons gagner, nous devons gagner !

Des prolétaires enragé-es.



 

Tract reçu par courriel le 7 mars 2016

vendredi 4 mars 2016

La Critique du productivisme dans les années 1930 par Philippe Pelletier (A lire)

La Critique du productivisme 
Dans les années 1930
Mythe et Réalités

"Dans ce nouveau livre, le géographe Philippe Pelletier, spécialiste et disciple d'Élisée Reclus, s'en prend à la tendance dite « antiproductiviste » de l'écologisme, pourtant très en vogue aujourd'hui au sein des mouvements les plus radicaux de notre époque. Il y pointe tout ce que ce courant de l'écologie politique doit à la critique menée, dans les années 30 du siècle passé, par ces cercles intellectuels auxquels on accola le qualificatif de « non-conformistes », groupes-ou revues comme la Jeune Droite, L'Homme réel, L'Homme nouveau, XX` siècle, La Jeune Droite, Esprit et surtout, L'Ordre Nouveau, le mouvement animé, entre autres, par Denis de Rougemont et Arnaud Dandieu, l'introducteur en France de la notion de productivisme ainsi que de sa critique. Des cercles intellectuels dont Philippe Pelletier met en évidence l'attirance qu'y exerça le « champ magnétique » des fascismes, comme le montre la « Lettre à Hitler » rédigée par L'Ordre nouveau en novembre 1933, ou encore la participation de certains de ses membres les plus connus au « Congrès italo-français d'études corporatives » organisé entre le 20 et le 23 mai 1935 à Rome. Cependant, Philippe Pelletier ne se borne pas à faire oeuvre d'historien des idées mais, dans la partie plus théorique et la plus polémique de son essai, il va bien au-delà et procède à une forte « critique de la critique » écologiste, à laquelle il a consacré déjà de nombreux écrits. Ce n'est pas seulement à cause de ses accointances avec les fascismes d'avant-guerre qu'on doit refuser la philosophie prônée par les « non-conformistes » des années 30, affirme l'auteur de ce livre, mais aussi, et surtout, parce que cette pensée ne permet pas de comprendre la vraie nature du capitalisme, qui n'est pas de « produire pour produire » mais de « produire pour vendre », pour « développer une logique de marché, de profit, qui passe par une exploitation économique, une domination politique et une oppression sociale ». Et enfin, dit Ph. Pelletier, qui revendique haut et fort son refus de tous les spiritualismes, il faut repousser cette pensée parce que l'écologisme « qui brasse tellement large, avec ses croyances, ses valeurs morales, son culte du catastrophisme, ses prêtres, ses gourous, ses églises, ses schismes, s'apparente à une religion : celle de la nature ». Volontiers provocateur, probablement inacceptable pour bien des lecteurs, discutable sans aucun doute, cet ouvrage appelle en tout cas à la réflexion et au débat sur des sujets qui, aujourd'hui, ne peuvent laisser personne indifférent. rçe n'est pas la moindre de ses qualités."


Table des matières

 AVERTISSEMENT

INTRODUCTION
 
S'interroger sur le concept de productivisme


1. L'ANTIPRODUCTIVISME ET LE ROMAN NATIONAL FRANÇAIS
Un concept ambigu 
L'écologisme n'est pas l'écologie 
Les « non-conformistes » et la critique du productivisme
Le « champ magnétique » du fascisme 
Écriture de l'histoire et « théorie de l'immunité »


2. LE GROUPE DE L'ORDRE NOUVEAU ET LES NON-CONFORMISTES 

 Alexandre Marc, cheville ouvrière de L'Ordre nouveau 
Du Club du Moulin Vert à L'Ordre nouveau (1931-1938) 
Le tandem Dandieu-Aron (1930-1931) 
L'essor de L'Ordre nouveau (1931-1939) 
L'Ordre nouveau (1931-1939) et Esprit
L'Ordre nouveau et Plans (1931-1933)


3. LA CRITIQUE DU PRODUCTIVISME PAR L'ORDRE NOUVEAU 

 Aron et Dandieu : vers la critique du productivisme 
Marc et Dupuis : la critique du productivisme 
L'antiproductivisme, leitmotiv de L'Ordre nouveau et au-delà 
Le courant artistique du productivisme soviétique 
Dans les conseils ouvriers de Turin : un autre versant du productivisme 
Le luddisme petit-bourgeois


4. LA LETTREÀ HITLER (1933) ET LE CONVEGNO À ROME (1935) 
 La connexion allemande des non-conformistes au début des années trente
La connexion allemande de L'Ordre nouveau 
La Lettre à Hitler (novembre 1933) 
Le productivisme et l'antiproductivisme du fascisme
Après la Lettre à Hitler (1933), le Convegno à Rome (1935) 
Le bilan positif du Convegno à Rome (1935)
Les héritiers antiproductivistes du personnalisme


5. L'ANTIPRODUCTVISME, CRITIQUE DE LA CRITIQUE
La critique morale et moralisatrice des non-conformistes 
Crise et décadence 
Critique de la décadence, une idée européenne
Critique du consumérisme et du machinisme
Critique de la technique
Critique du progrès et de la modernité
Critique du matérialisme, promotion du spiritualisme
Prophétisme, promotion d'une élite et de la secte


6. L'HÉRITAGE DE L'ANTIPRODUCTNISME DES NON-CONFORMISTES
Les « années souterraines » 
Le parcours des non-conformistes après 1945 
« Ecoropa, l'Internationale de Denis de Rougemont »
Le nouvel Ordre nouveau d'Écoropa
De quoi « l'écologie politique » est-elle le nom ? 
La problématique du Club de Rome, fondement de l'écologisme contemporain
Démographie et ressources
Club de Rome, club des capitalistes éclairés
Il ne fallait pas désespérer Billancourt 
Une partie moins connue de l'écologisme
Le totem et ses tabous

CONCLUSION : Le capitalisme produit pour vendre

Bibliographie