Diffusion: LA LUTTE DES CLASSES PENDANT LA LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (1ere partie 1789)

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vendredi 19 août 2016

Autonomie et socialisme (10 et fin)

AUTONOMIE ET SOCIALISME
  Qu'est-ce que l'Autonomie Ouvrière ? (1985)


L’autonomie ouvrière signifie, surtout, création. Création de nouvelles relations sociales qui permettent l'unité des travailleurs dans la lutte contre le système capitaliste de production et de la vie.

Il ne s’agit pas seulement d'une stratégie de simple refus du travail, de l'apologie du loisir. Il s'agit d'instituer de nouvelles formes de travail, de réinventer l'utilisation de l'espace et du temps, de créer une nouvelle technologie qui permet au travail de devenir non une condamnation, mais une source de créativité.

La classe ouvrière est le sujet de la transformation sociale, dans la mesure ou sa pratique anticapitaliste est créatrice d’institutions * qui tendent à se réaliser dans de nouvelles formes économiques.
 
Le socialisme existe comme possibilité et résultat de la contradiction définit par la pratique prolétaire. Il existe concrètement comme embryon, chaque fois que les formes indépendantes de lutte se développent et pendant qu’elles se développent. C’est le point à travers lequel s'articulent deux réalités contradictoires dans un perpétuel mouvement : le capitalisme et le socialisme. Cette articulation configure un moment d'extrême tension entre le passé et le futur.

La lutte autonome du prolétariat, c’est le futur qui intervient dans le présent, qui le nie comme la seule solution possible.

Le socialisme, c’est le pouvoir de tous les travailleurs, la gestion de la production et de la vie sociale par l'ensemble organisé des producteurs. C’est la subordination de l'économie à l'activité et au repos des travailleurs au lieu de la subordination de l'activité et de la vie à l'économie. Il ne se développe pas aux grandes dates officielles, mais tous les jours au fur et à mesure que les travailleurs auto - organisent leurs luttes, leurs temps libres, leurs activités quotidiennes à travers la coopération égalitaire.

Le socialisme implique l'appropriation des moyens de production et la gestion du processus de travail par les producteurs eux-mêmes.

Dans sa forme immédiate, cette appropriation consiste dans le contrôle des moyens de production par l'ensemble des travailleurs d'une entreprise.

Cette appropriation collective doit être comprise à un niveau institué* et jamais personnelle. Ce qui veut dire que le collectif demeure indépendamment de l'entrée ou de la sortie des travailleurs considérés dans son individualité. Par l'union de toutes les commissions d'usine se réalise l'appropriation totale des moyens de production.

Le socialisme, dans cette perspective, c’est le pouvoir des producteurs sociaux organisés directement au niveau des entreprises.

Les occupations d'usine, de terres, l'autogestion de la production, des quartiers, des écoles, des organisations de consommation et de loisir portent en elles le contenu de la société futur - la société autogérée et auto - instituée.

C’est cela le socialisme de notre époque et non la nationalisation des moyens de production, la centralisation des décisions dans l'appareil d'État, l'homogénéisation des individualités, qui exigeant comme voies institutionnelles de réalisation, l'État, le parti, l'armée et le syndicat bureaucratique.

Le passage du monde de production capitaliste vers le socialisme passe par la généralisation de ces relations sociales nouvelles et des organisations autonomes qui vont transformer et déstructurer toutes les institutions capitalistes.

Il ne s'agit pas de la prise du pouvoir par l'avant-garde organisée, mais de la transformation des relations de lutte dans de nouvelles relations de production. Ce qui veut dire que la classe ouvrière est sa propre avant-garde. Il n’y a que le prolétariat qui peut se dépasser lui-même comme classe.

Jusqu'à aujourd'hui, si cette possibilité a existé, elle n'a jamais dépassé les premiers stades et n’a pu se développer au maximum, que dans des formes embryonnaires de courte durée. La non-unification des luttes et la non-expansion au-delà des frontières nationales, comme l'inertie du système technologique hérité ont déterminé la soumission de ces expériences à la structure capitaliste, qui les a détruites.

Néanmoins, il ne sert à rien de critiquer la classe ouvrière sur le fait que ses luttes finissent par être intégrées par le capitalisme ou réorientées vers le capitalisme d'État. Ces critiques ne mènent à rien. L'internationalisation de la révolution ne dépend pas du souhait individuel des travailleurs. Elle dépend de conditions objectives, de crises simultanées du système capitaliste hautement intégré, de la possibilité d’unifier les divers fronts de lutte, de s'attaquer au marché mondial capitaliste.

Comme vous avez dû vous en apercevoir, je privilégie la pratique dans la production comme étant la pratique fondamentale des individus dans la société. De cela, il n’en découle pas une vision économiciste de la réalité.

Je crois seulement que, tant que la survie humaine sera une question de nécessité et non de facilité, la pratique dans la production est fondamentale et basique pour la réalisation des autres pratiques qui ne relèvent pas de la survie immédiate.

Si la pratique dans la production est basique, la classe ouvrière est la seule capable de briser l’épine dorsale du capitalisme, en créant les conditions de transformation des autres institutions (école, famille, etc.). Il faut savoir qu’il ne s’agit que de conditions. La réalisation de la transformation dépend dont la lutte sera freinée dans ces autres champs et dans la possibilité de les articuler avec la lutte dans la production.

Nous savons que les relations de domination ne sont pas seulement fortes dans l'usine, mais dans toutes les institutions sociales existantes. En outre, de la manière dont le capitalisme s'est développé, il a déterminé une diversification à l'intérieur de la classe ouvrière. Aujourd'hui, elle se compose de noires, de blancs, de femmes, d’homosexuels, jusqu’aux indiens qui se voient contraints de vendre leur force de travail comme salariés ruraux.

Toutes ces différences ont été utilisées pour la diviser. Néanmoins, toutes les personnes sont différentes et la conscience de la différence, c’est l'acceptation de la liberté, ou l'égalité, c’est la liberté d'être différent.

Les mouvements sociaux de femmes, d'homosexuels, de noirs, etc... montrent la pluralité de visages de l’opprimé, qui ne se réduit pas à la figure de l'ouvrier industriel.

Il Apparaît donc la nécessité d'articuler les luttes dans la production avec les luttes contre les discriminations ethniques, sexuelles, etc., c'est donc dans ce processus que la classe prolétarienne dépasse ses divisions internes, en s'unifiant.

S'il est important de combattre l'État et l'exploitation du travail, il est tout aussi indispensable de lutter pour des relations égalitaires et libérées entre êtres humains qui préfigurent une société fondée sur la solidarité tant au niveau de l'action comme au niveau de la sensibilité.

Dans le monde actuel il n'existe plus de place pour ceux qui dans la solitude de leurs cabinets se proclament l'avant-garde du mouvement ouvrier ou encore pour ceux qui proclament sa fin. Ces derniers sont d'ailleurs les plus en vogue de nos jours.

Ce ne sera pas dans les universités ou dans les centres recherche en sciences sociales que la révolution trouvera son point de départ ou sa négation. C’est dans le mouvement réel et c’est vers lui que nous devons nous tourner.

Il n’y a que le développement des luttes ouvrières qui pourra nous dire si le socialisme est une utopie possible.

Utopie où se trouve associé le passé qui ne se nie pas, mais se combat comme destin et l'avenir qui s’accepte principalement comme perspective.


N.d.T

* Littéralement faute de mieux.



Autonomie et socialisme

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La totalité de la brochure va être reprise pour corrections - ajouts - notes.

Nous introduirons la brochure en la contextualisant avec deux textes et ferons toutes nos réflexions / critiques de cet ouvrage.



Vosstanie propose une traduction "maison" et adaptée d'un ouvrage de Lúcia Barreto Bruno édité en 1985 au Brésil. Elle sera le support d'une émission de la Web Radio Vosstanie et d'un débat sur la question posée. Il va de soi que nous ne sommes pas en accord avec certains propos, approches du livre (ambiguës sur la question de la "gestion" et "d'auto-gestion" ou de qui a à "gérer" etc...) qui a donc 30 ans. Ils posent néanmoins en creux de nombreuses questions, critiques (à faire), de manière très stimulante, dans un débat complexe. Il s'agit donc d'un écrit qui nous permettra de dégager pas mal de perspectives.


O que é Autonomia Operária - Lúcia Bruno. Editora Brasiliense - 1986 . 91p.


Suivra une émission de la Web Radio Vosstanie pour un :
Débat critique / réflexions sur le texte.
et la publication de la brochure.