Diffusion: LA LUTTE DES CLASSES PENDANT LA LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (1ere partie 1789)

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lundi 8 février 2016

Point de vue image de classe (13) - Les "bonnes affaires" des Pinçon-Charlot.

Point de vue image de classe (13)
Les bonnes affaires des Pinçon-Charlot


Cela fait quelques années que je ne regarde plus la télé, j’ai déjà le cerveau en purée en arrivant le soir… j’évite donc de me coucher sans pour ne pas l’avoir en bouillie le matin, mais je me souviens très bien de ces émissions où un type avec un euros six centimes monte une boite avec un peu, beaucoup de “volonté” (qu’il nous manque à nous cons de prolos) et d’huile de coude pour devenir, par un obscur financement ou levée de fonds (de papa), un entrepreneur tendance à l’idée super originale et donc sans intérêt.

Je ne sais pas si ce genre propagande continue à être diffusée. En revanche j’ai eu quelques échos sur des émissions où l’on nous dresse à être de bons consommateurs, avertis de toutes les “arnaques” plus particulièrement celle du mauvais luxe, ou le snobisme de la “bonne affaire” concurrence la pathétique idéologie du consom'acteur comme gag politique quand ce n’est pas simplement son antinomie dé-croissantiste.

Jouant à font sur le fantasme de puissance et sur la frustration des "désirs" (ou des manques) , on ne compte plus non plus les longues émissions sur le luxe, les riches et les puissants, leurs affres et leurs caprices dont l’arrogance et l’esprit carnassier sont travesties en exigences et perfectionnisme, voire même en une forme d’hédonisme à faire pâlir les “jouisseurs” soixante-huitards sans le sous.

Rien de vraiment novateur au niveau du type de levier propagandiste de l’idéologie marchande ou alors peut-être sur l’ampleur du déversement et la taille du tombereau. Le contrôle de l’espace et du temps s’invitent dans la démonstration de maîtrise, grâce à la technique du montage sur quelque fond sonore apaisé, lounge ou cadencé speed...

Les “riches” existent….et cette façon d’en parler porte en elle toute les ambiguïtés liées principalement à l’effet de saturation. On n’en peut plus… Mais la police veille sur nos petites économies (aussi bien que sur celles des “riches”) et on nous le fait bien savoir en boucle.

Le riches c’est “écœurant”. Ils le sont trop, riches. A ce petit jeu de la dénonciation des riches Monique Pinçon-Charlot (Chevalier de la Légion d'honneur) et Michel Pinçon en ont fait une vraie spécialité. Au delà du sujet sociologique pour bureau triste de trouveurs du CNRS, il s'agit là d'une véritable “affaire” et d'une bonne (1) ! On ne compte plus les titres qui s'enchaînent sous couvert de sociologie dénonciatrice et de nous dépeindre le Gotha, La violence des riches (non sans déconner ?), Les Rothschild, on nous invite même à faire un Voyage en grande bourgeoisie.

Si le poujadisme invitait les petits commerçants à se “révolter” contre l’Etat qui “taxe trop”, le pinçon-charlotisme enfourche sa caricature quasi en négatif. Celle-ci semble fasciner le front-de-gauchiste moyen jusqu’au prof anarchiste pédagogue et lecteur du diplo, dont les classes sans moyens, “pourraient quand même mieux s’équiper” grâce à ce putain d’argent des “riches” qui se barre à "l'étranger” en Suisse ou ailleurs.

La dénonciation de l’évasion fiscale des “riches” et ces peintures sociologiques sans fin de la bourgeoisie deviennent le summum de la critique du capitalisme... jamais assez bien taxés par de “justes” lois “nationales”, ceci toujours au détriment d’une analyse solide de ce que sont des rapports de production.

Oui les “riches” s’organisent ! Se concentrent et développent un entre soi…. la sociologie, c’est à dire la science des truismes, se transforme ici en une bonne affaire pour flatter l’idéologie du ressentiment, à une époque qui n’avait pas besoin.

S’il ne s’agit pas de nier le rôle des groupes et des individus peut-être faut-il essayer de comprendre ce que sous-tend cette proposition de focalisation sur ce terrain d’analyse, mais surtout à quels types de combats elle nous invite à participer.

Cette forme de populisme a pour conséquence d’évacuer toute utopie sociale, toute philosophie politique concrète, toute praxis de rupture, au profit d’une perspective gestionnaire et re-distributive de cloché et comptable des miettes sociales issus du travail exploité. On nous parlera alors “d’homogénéisation fiscale européenne”. Comment les “critiques” des “riches” peuvent-il ignorer que le capital soit transnational ? Que dans la course à la plus-value et à sa circulation il est toujours question de déshabiller Pierre pour habiller Jacques…quitte à liquider Paul.

Mais finalement quid du travail aliéné et inutile, de l’exploitation, et surtout du communisme ? Qui n’est pas la critique des riches mais l’abolition des classes. C’est bien l’idéologie du ressentiment qu’il nous faut évacuer en critiquant les Pinçon-Charlot celle qui a toujours été manipulée par la gauche du capital comme ersatz de critique du capitalisme, et comme défense du capitalisme national.

Elle évacue bien sûr et comme à chaque fois la nécessité pour ceux “d’en bas” de s’organiser d’une manière féroce contre le monde de la marchandise. Pour laisser la totalité des initiatives aux “gestionnaires” et aux “gens responsables”.

Pas de complot de “sociologues” ou de “riches” pour laisser aux prolétaires l’os pourri, rongé et suintant l'envie ou pour les faire s’affronter les uns contre les autres. La “base matérielle” (infrastructure) s’articule toujours avec les intérêts dominants pour produire les idées les plus mortifères d'une société qui lui permette de tourner vaille que vaille. Rien de fatal, d’écrit à l’avance puisque les hommes font l’histoire. Et si les “riches” la font, nous le pouvons aussi sur d’autres bases.

C’est pourquoi comme être historique (conscient) il est toujours nécessaire de dénoncer l’imposture et l’idéologie dominante et ceux qui se proposent d’écrire l’avenir avec des paradigmes intrinsèquement défaitistes et orientés; ceux qui nous séparent, nous divisent et cassent notre capacité à nous auto-organiser et à comprendre que le communisme n’est pas le nivellement, qu’il est non pas la défense des prolétaires mais l’abolition de la condition prolétarienne. Il ne porte pas les ouvriers au pouvoir et ne nivelle pas l’ensemble de la population au même revenu. Il en finit avec l’esclavage salarié, le productivisme, l’opposition travail/loisirs. Il permet la réunification de l’activité humaine sur la base de tous les acquis techniques et humains. L’ouvrier n’est plus enchainé à l’usine, le cadre n’est plus rivé à son attaché-case. Le besoin d’agir n’est plus soumis au besoin d’argent.

On ne taxera jamais assez "l'argent" des "riches" pour en finir définitivement avec le capitalisme. Voila peut-être pourquoi s’agit au plus vite  de redéfinir ce que n’est pas le communisme...

(1) Il faudra questionner comment et par quel moyen "scientifique" le couple s'autorise ou s'invite ou est invité si régulièrement chez "les riches" ...et même sur une certaine forme de fascination pour son objet.