Diffusion: LA LUTTE DES CLASSES PENDANT LA LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (1ere partie 1789)

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samedi 5 décembre 2015

Point de vue image de classe (12) Northern Soul !

 A mon poto M.

C’est étrange il y a des gens qui s’interrogent en ce moment pour savoir pourquoi la dynamique portée par le capital fictif a déjà commencé à s'effondrer ? D’autres encore nous proposent de comprendre comment Lire marx, voire même nous invitent à Lire la première phrase du Capital en en faisant un bouquin illisible de quasiment 100 pages !

Et moi, je vais voir un film….Un petit film anglais qui fait du bien. Ce petit “bien” qu’on s’accorde le soir dans des moments de blues et de fatigue, qui n’a rien à voir celui du matin quand on regarde son café tiède et la pendule qui nous indique qu’il faut partir. Ce matin la clope au bec, le casque sur la tête, je me casse… avec Edwin Starr dans les oreilles. 

Ca me conforte sur ce chic film : Northern Soul. Northern soul c’est un genre musical dont il est question, peut-être aussi un style de vie, plus certainement une “sous-culture”. Pas besoin de lire un lourd traité de Richard Hoggart pour comprendre de quoi il est question.

Dans une banlieue ouvrière couleur brique, atmosphère seventies, les ados de la classe ouvrière se font chier. Un système d’enseignement qui ne vient que sanctionner des positions de classes, la famille qui enferme et qui est elle même enfermée par sa propre reproduction et le quotidien qui annihile à petit feu. 

Et puis il y a la révolte, une forme de sensibilité peut-être, on ne sait pas trop contre quoi qui et puis il y a l'empathie. La musique comme partage, comme projet, comme possibilité de création d’un lieu collectif. La musique comme voyage intérieur mais surtout pour rêver de partir vachement loin.

Entre le speed et les fringues, les disques, on comprend la manière dont la classe ouvrière tente de se réapproprier ou de se construire des codes, les siens, c’est le propre de la subversion mais aussi la limite de l’entreprise. La marchandise est impossible à détourner de son but, c’est à dire séparer les groupes, les individus. L’esprit de compétition n’est jamais très loin.

La prise de speed sonne déjà comme une défaite, celle de la perte d’une convivialité et d’une poursuite de la cadence du boulot dans les loisirs. Sa revente comme une fausse alternative au refus du travail et au départ, ou plus exactement à cet éternel souhait de nouveau départ, toujours ajourné parce qu’il manquera toujours du fric.

Dans ce film il y a une histoire d’amour ça me plait bien, ça peut bien paraître vraiment trop mielleux parfois...mais le son est bien là. Rien de hardcore que du plaisir pour la dance et une forme de convivialité.

Parce que ce film parle aussi de ça, de plaisir. Celui d’être ensemble et de partager des bons moments, comme ça pour rien, pour rien se dire mais simplement écouter de la zic et boire. Ça nous empêche pas de refaire le monde….

La musique tourne sur fond de générique de fin et malgré quelques moments tristes me voila plutôt rieur, un peu regonflé de ce que l’on a à privilégier avec les ami(es).

Car au fond l’essentiel de ce film n’est pas forcement la Northern Soul. Tout au plus est-ce un support, une forme, pour parler de révolte de la jeunesse ouvrière assignée, encadrée, et dont les portes de sorties sont limitées.

On aimerait alors croire à une “nature” des sociabilités ouvrières, généreuses, désintéressées et pourquoi pas... Mais qu’est-ce qui aurait épargné plus particulièrement les jeunes prolétaires de l’esprit du temps et des temps à venir ? Peut-être est-ce juste un regard romantique porté sur une époque.


L’un des “héros” le plus “positif” John Clark (Elliot James Langridge) n’oublie pas de se souvenir. C’est bien la mémoire donc qui joue à fond, celle des chansons qu’il détourne pour en faire des slogans peints sur les murs de la ville pour défendre l’amitié et la solidarité au nom d’une d’Utopie.

Il y a dix milles façon de se révolter. Quelques fois il s’agit simplement de se faire son trou ou de se faire enterrer dedans. On se laisse bercer par la jolie petite musique….celle qui accompagne si bien la fête marchande ou l'esthétique de la subversion.

Il s’agit peut-être de refaire nos gammes et de retrouver pourquoi nous voulons partager ensemble, construire ensemble. La solidarité comme moyen, l’amitié comme fin, que l’on ne peut jamais déconnecter de la dimension conflictuelle. Et s’il fallait un temps l’oublier au nom de “principes” transcendantaux….ce n’est pas grave elle s’invite et s’invitera toujours pour remettre les pendules à l’heure de la réalité de classe. 


Note

Northern Soul est un film dramatique musical britannique écrit et réalisé par Elaine Constantine, sorti en 2014.
1h41 minutes.
 
Il y a pas mal d’analogies avec le film Quadrophenia qui parle plus particulièrement des Mods. Il est aussi possible d’élargir à This is England  et à quelques autres....