Diffusion: LA LUTTE DES CLASSES PENDANT LA LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (1ere partie 1789)

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jeudi 25 juin 2015

La dynamique du processus (4)

La dynamique du processus
Qu'est-ce que l'Autonomie Ouvrière ? (1985)



Luttes revendicatives et révolution.

Comme nous l’avons précisé, la pratique ouvrière/prolétaire s’inscrit dans une contradiction impossible à résoudre dans le capitalisme. D'un côté la discipline d’usine/entreprise, le prolétariat dans et pour le capitalisme ; de l’autre, les nouvelles relations sociales développées par l’action directe. C'est le prolétariat contre le capitalisme comme fondement du communisme.

Tant que le capitalisme existera, l’un ne se développera pas sans l’autre. La discipline dans l’entreprise suscite toujours des formes de luttes. D’un autre coté les luttes ouvrières contribuent au développement du capitalisme dans la mesure où elle accélère le processus d'extorsion de la plus-value relative ou contraignent le capital à entrer crise et à inaugurer un nouveau cycle d’extorsion de la plus-value relative.

Ce qui veut dire que le prolétariat n’est pas seulement acteur de l'Histoire, il est aussi un produit de l’histoire dans le mesure où il transforme historiquement cette contradiction qui définit la pratique ouvrière.

Il est question d’une contradiction qui se reproduit toujours dans des formes renouvelées. De là provient le caractère fondamentalement changeant des formes de luttes et le fait que, de ces luttes découle l'existence et du prolétariat.

Quelle est la possibilité pour ces luttes revendicatives de se transformer en lutte révolutionnaire contre le système capitaliste ? Ou quelle importance ont ces luttes pour l’avancée du processus de transformation ?

Je pense que c’est le nœud du problème

Les travailleurs exploités réagissent spontanément par des revendications économiques qui ne mettent pas en cause l'ensemble du système comme un tout. Néanmoins, quand ce sont les travailleurs eux-mêmes qui luttent directement, les formes d'organisation créées pour les satisfaire entrent en complète opposition avec les formes traditionnelles d'organisation du travail dans l'usine / entreprise.

Ainsi, ce ne sont pas les revendications en elles-mêmes qui définissent la radicalité d'une lutte. Ce ne sont pas les objectifs immédiatement affirmés qui sont subversifs ou non. Une lutte est révolutionnaire quand elle crée des relations sociales qui permettent l'union des travailleurs. Quand elle permet l'association d'hommes/femmes libres qui en même temps devient la forme et la condition de la transformation sociale.

Lorsque les travailleurs créent des organisations où ils peuvent décider ensemble du cours de la lutte, ils redéfinissent une nouvelle division du travail et des formes collectives d’existence ; ils créent le terrain sur lequel le communisme peut se développer et se généraliser.

Mais pour que cela puisse se faire à un niveau chaque fois plus vaste, il est nécessaire que ce soit les travailleurs eux-mêmes qui luttent et non les directions (syndicales, des partis, des commissions bureaucratisées) qui le fassent en leur nom. à défaut de quoi les relations égalitaires n’émergent pas pratiquement et les relations capitalistes se renforcent.

La technologie capitaliste opère une double détermination sociale ; d’un côté la suppression totale des producteurs de la gestion et de la connaissance du processus de travail ; de l’autre, elle impose à tous une égalité formelle de base qui est celle des exploités.

Aujourd'hui, la division du travail productif n’est plus aussi verticale qu’à l’époque de l’artisanat, dans sa relation maître / apprenti.

Aujourd’hui elle se fait de manière plus horizontale entre des salariés interchangeables où chacun exécute une partie du travail global. La marchandise ne correspond plus à la production de quelqu’un en particulier mais à celle tous. C’est l’œuvre du travailleur collectif.

Cette “égalité” tend à se moderniser chaque fois que la classe combat directement. Ceci est le fondement logique du concept d’’autonomie ouvrière que je viens d’exposer.

La grève est la forme la plus immédiate de la lutte prolétaire. Elle se développe à travers l'occupation du lieu de travail et le contrôle de la production par les travailleurs. C’est un moment déterminant pour la dynamique révolutionnaire. Au cours de la lutte, le prolétariat tend à réorganiser la production selon les mêmes critères égalitaires et collectivistes.

Les répercussions de ces luttes sur le processus de production permettent au prolétariat d’imaginer une transformation totale de la société. Les relations sociales d’un nouveau genre constituent le modèle de la nouvelle société.

Ce sont ces formes de luttes que le capitalisme craint, parce que ce sont les seuls formes de luttes prolétariennes qu’il n’arrive pas à intégrer.

C’est pour cela que tous les moyens sont utilisés pour les détruire ; répression directe par l’appareil policier ou indirect grâce aux médias, à la division entre travailleurs, ou encore à la bureaucratisation des organisations, etc…

La lutte pour des augmentations salariales, contre le chômage ou contre la dictature du capital dans l'usine/entreprise, quand elle est directe et autonome, permet aux travailleurs d'arriver à la compréhension de l'antagonisme qui existe entre les rapports sociaux égalitaires et les rapports de domination/exploitation du mode de production capitaliste.

Les relations communistes ne se construiront que si les travailleurs ont déjà acquis la conscience de ces mêmes relations. Cette conscience ne peut venir que de la pratique de la lutte.

C’est dans ce processus pratique que les travailleurs acquièrent une conscience révolutionnaire. C’est l'expérience de l'action collective qui modifie les comportements grâce à l'expérience acquise dans la résolution de problèmes concrets.

La forme d'organisation ne dépend pas du fond pour lequel on se bat. C’est cette dichotomie forme / fond que je rejette.

Le fond des luttes est la forme qu’elles prennent à un moment donné. La perspective communiste est intrinsèque aux types d’organisations égalitaires et collectives qui surgissent dans les luttes autonomes.

Le communisme n’est pas un projet fixe et éternel qui s’impose au mouvement ouvrier de l'extérieur . Mais plutôt une aspiration au contenu toujours renouvelé, qui exprime chaque moment historique des formes de lutte.

Ce n’est pas non plus une question morale. S’il existe une dimension éthique dans la construction d’une nouvelle société, cette éthique découle de la pratique sociale. Le communisme comme possibilité historique découle de la contradiction qui définit la pratique du prolétariat dans le capitalisme.

Le problème actuel du mouvement ouvrier ne se pose pas en termes d'objectifs immédiats (économiques) et de perspectives futures (politiques). L'interrogation relève de la possibilité pour la classe ouvrière de transformer les relations sociales de lutte en de nouveaux rapports sociaux de production. De créer de nouvelles formes d'organisation du processus de travail, qui abolit les hiérarchies et la division capitaliste du travail, qui sépare la décision de l'exécution, et de détruire définitivement le processus de valorisation du capital.

Il n’est pas question de privilégier la lutte économique face à la lutte politique ou vice-versa. Le combat prolétarien est un tout indissociable.

La transformation de la société capitaliste ne se fait pas par étapes où il faudrait revigorer les structures ou les institutions non contrôlées par les travailleurs.

L'histoire nous a montré que seules les formes sociales produites au cours du processus pratique de la lutte, lorsque les travailleurs s’opposent concrètement au mode de production capitaliste, sont subversives ; quand ils/elles nient leurs conditions d’homme/femme- marchandise.

C’est pour cela que toutes les luttes contre la discipline d’usine / entreprise, la division des travailleurs, la différence de salaires, même si elles se déroulent dans le cadre de la production actuelle, sont très importantes. Elles expriment toujours une avancée quant au développement de l’action directe.

Toutefois, cela ne signifie pas que chaque travailleur est un révolutionnaire en puissance. Les travailleurs deviennent révolutionnaires dans la mesure où ils s’associent aux luttes collectives. Ces luttes deviennent révolutionnaires non pas par les caractéristiques personnelles de chacun des participants, mais par les formes d'organisation qui se développent.

Si la classe ouvrière est capable de combattre directement et de manière autonome, elle est également en mesure de comprendre la lutte et de produire les idées nécessaires pour son développement.

Le fondement de la conscience révolutionnaire se trouve dans l'unité prolétarienne et sa pratique anticapitaliste. C’est grâce elle qu’elle prend conscience que la lutte n’a pas seulement pour objet de s’opposer à un patron individuel, mais à toutes les structures capitalistes.

Ce sont les conditions pratiques concrètes qui permettent l’avancée ou le recul des luttes ouvrières et le développement ou non de la conscience révolutionnaire. “L’inconscience” des masses que beaucoup critiquent n’est rien de moins que la limitation de sa pratique à un moment donné.

Quand il ne se pose pas d’alternative révolutionnaire, il peut arriver à la classe ouvrière de renforcer les institutions capitalistes pour rechercher à améliorer sa situation immédiate dans la société existante.

Par exemple lorsqu’elle accepte une politique de « collaboration de classe », de « défense nationale » de « reconstruction de l'économie », ou quand se développent des formes de contrôle de la production dont l’objet est d’assurer le bon fonctionnement de l'entreprise, etc.

Mais quand elle décide collectivement, avec l’élection d’individus, pour l’exécution de tâches spécifiques, et qu’elle contrôle ses attributions, elle développe une pratique de démocratie ouvrière et construit ainsi une nouvelle société.

Ce sont les deux mouvements dans lesquels le prolétariat s’insère. Toutes les luttes prolétaires doivent être analysées sous cet aspect contradictoire.



Autonomie et socialisme

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Vosstanie propose une traduction "maison" et adaptée d'un ouvrage de Lúcia Barreto Bruno édité en 1985 au Brésil. Elle sera le support d'une émission de la Web Radio Vosstanie et d'un débat sur la question posée. Il va de soi que nous ne sommes pas en accord avec certains propos, approches du livre (ambiguës sur la question de la "gestion" et "d'auto-gestion" ou de qui a à "gérer") qui a donc 30 ans. Ils posent néanmoins en creux de nombreuses questions, critiques (à faire), de manière très stimulante, dans un débat complexe. Il s'agit donc d'un écrit qui nous permettra de dégager pas mal de perspectives.


O que é Autonomia Operária - Lúcia Bruno. Editora Brasiliense - 1986 . 91p.


A suivre une émission de la Web Radio Vosstanie pour un :
Débat critique / réflexions sur le texte.
et la publication de la brochure.