Diffusion: LA LUTTE DES CLASSES PENDANT LA LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (1ere partie 1789)

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dimanche 17 mai 2015

Point de vue image de classe (11)

Il ne manque jamais une occasion dans la vie de s'emmerder. Ça commence dès le matin très tôt en plus. Déjà faut se lever, c'est pénible et toujours obligatoire. Pour aller au petit coin. Le pire c'est que ça ne fait que continuer. Dans les transports, ça pourrait être plutôt cool mais pas moyen d'ouvrir un livre. Serrés comme des poulets dans un poids lourd en transit, les sacs trop gros des touristes des passagers speed, vous demandent implicitement et brutalement de vous repositionner toutes les deux minutes et ça donne pas vraiment envie de se farcir le dernier traité de sociologie critique à la mode ou même l'éternel mauvais polar bâclé.

Après une heure à ce rythme assez soutenu on se dit ça va se calmer, rien qu'en pensant au petit café qu'on pourra peut-être siroter rapidos avant le début du taf. C'est là qu'on se dit que c'était qu'un moyen pour simplement motiver une arrivée dans un lieu qu'on a jamais choisi et qui n'a pour fin que de payer les factures et un tas de conneries inutiles, imposées pour le semblant de socialisation de la fin de semaine.

Le problème quand on s'emmerde c'est que ça dure longtemps, surtout quand on maîtrise pas la durée. Souvent ça s'éternise quand même huit heures ! et je ne compte pas le temps du transport. La journée c'est pareil, on parle à des gens qui nous emmerdent qu'on voudrait éviter, zapper, des fois butter, rien que pour que ça s'arrête. Bon pas vraiment pour qu'ils crèvent pour de vrai quoi, rien que pour qu'ils ferment leurs gueules, quelques instants. Ça vous arrive surtout quand votre collègue de boulot vous balance qu'il est venu bosser gratos un jour férié, la ya franchement rien à dire, enfin si peut-être aller boire ce fameux café lyophilisé. C'est jamais une source de satisfaction de constater que d'autres s'emmerdent plus que vous !

Et puis ça continue l'après midi cette horreur, ça semble sans fin. C'est pas une sinécure de s'emmerder jusqu'à tard. Des fois on fait semblant de bosser, c'est encore plus fatiguant et on s'emmerde encore plus. Une spirale je vous raconte pas. Se faire chier dans la contrainte rien de pire, surtout quand on vient vous rappeler presque toutes les heures qu'on est assigné à ce poste voir même qu'on s'emmerde pour rien tant vous ne servez à rien. C'est limite si on est là et vous «tolère» pour vous aider, du social qu'ils disent.

Bien sûr cela n'a rien à voir, quand on "s'ennuie excessivement" dans une queue interminable, à un guichet "d'aide", à la poste, dans une salle d'attente de médecin, où il vous faut attendre trois heures pour pouvoir demander un certificat qui vous permettra de justifier d'une absence à ce fameux boulot lieu suprême de... l'emmerdement.

Il m'arrive aussi de m'emmerder devant la télévision, surtout après dîner quand j'ai envie de regarder les infos. Mais ça va très vite, au bout de cinq minutes je constate presto que c'est les trucs qui tournent en boucle sur google actus et à la radio. Autant dire que là je vais pas me flageller cinq minutes de plus pour voir un politique ou une émission de promo pour la dernière savonnette culturelle.

S'emmerder c'est surtout un truc qu'on subit ou que les autres nous font subir en fait. Rien à voir avec « ne rien faire » ou c'est moi qui le décide. Il y a un art de la glande, dans les parcs, les cafés, à la plage ou chez soi. Des fois marcher, sans parler, en regardant autour de soi la musique dans les oreilles, se poser sur un banc le soleil sur sa peau c'est ce que j'ai envie de faire quand je suis au turbin j'ai envie de me casser...

Quand mon pote est venu me voir l'autre soir et qu'il m'a dit qu'il voulait aller à la fête de la CNT je lui ai demandé laquelle ? Tu sais celle des Vignoles ! C'est là, et plutôt las que j'ai constaté que j'étais plus à la page. Faut dire ça  m'emmerde tellement ces histoires autant ne pas y consacrer trop de temps, ce temps déjà si précieux. Mais quand il m'a dit qu'il y avait Fréderic Lordon le mec qui pige au Monde Diplo, un social-démocrate plutôt assez anti Anar en plus et qui veux réguler le capitalisme avec ses potes du Front de Gauche et des « citoyennistes », qui a joué l'un des prophètes de l'effondrement du système financier pendant des mois pour mieux vendre ses bouquins faussement érudits mais vraiment chiants (comme sa pièce de théâtre) et plutôt vides intellectuellement, qui au final nous propose simplement une nouvelle politique de ré-industrialisation de la france avec un protectionnisme et, comble de son anti-capitalisme, de taxer le capitalisme financier, je me suis dit mon coco il reste que la bière pour te motiver. Je suis plutôt « volontaire » qui disent à mon boulot et rien à voir avec le baratin de La Boetié ok ? j'ai pas le choix.

Mais là, quand mon meilleur poto me dit, et c'est un bon argument, qu'on va pas manquer de rigoler un bon coup en allant écouter un gars qui propose un « salariat » équitable et généralisé (1) pour tous ! chez des anarcho-syndicalistes ? qui plus est, je me suis dis non non, les occases sont vraiment vraiment trop nombreuses pour aller me faire chier un jour supplémentaire et férié en plus ! J'aime pas trop le cirque ça m'emmerde.


(1) Bernard Friot.