Diffusion: LA LUTTE DES CLASSES PENDANT LA LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (1ere partie 1789)

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vendredi 20 février 2015

Point de vue image de classe (10.1)

Le lieu du rendez-vous ? Au pied de la statut du pape du positivisme ou l’on pouvait y lire “Ni Comte ni Sponville”. C’était plus qu’une habitude. Il n’était d’ailleurs presque plus question d’en discuter, la chose était entendue. 

Après avoir retourné (comme d’hab) la question des avant-gardes artistiques et de leurs illusions nous avions décidé, pour la sortie des Archives Situationnistes Vol.1, (1) majoritairement consacrées à SPUR de nous rendre dans cette “galerie” ? suite à l’annonce commercialo-artistisque qui nous était arrivée aux oreilles. Plutôt sceptique et d’un pas moqueur nous arrivâmes rue de Tournon (non loin du Sénat). Nous étions gonflés à bloc de curiosité critique, la lame dialectique prête jaillir et à fendre en deux toutes les certitudes bourgeoises.

Je ne sais qui a poussé la porte de verre le premier ceci avant un long temps de réflexion-mépris. Il fallait voir…ce commerce de librairie déguisé en tombeau des avant-gardes du XXème siècle.

Ma première interrogation-surprise (2) fut celle d’y rencontrer un respectable professeur d’histoire sociale, “portugais” de son accent, qui conférencait pour le centre Gulbenkian et qui fut un temps proche d’une revue pro-situ portugaise PRAVDA . 

Après quelques échanges de propos autour de vitrines ou se trouvaient enfermées des brochures un temps clandestines et militantes, ce fut comme un malaise coupable qui flottait dans ce lieu ou l’odeur des vieux papiers nous renvoyait alors à notre démarche de publication laborieuse et à tirage micro, limitée par le pognon qui manque.

Je pris un dépliant-tract-affiche à l'esthétique digne d’un traité de Jan Tschichold comme une preuve de mon passage dans ce lieu aussi obscène que fascinant. Quoi ? faire des brochures pour terminer dans des vitrines ? 

Un tirage de L'Unique et sa propriété des Garnautins vendu la moitie d’un smic. Une affiche des Beaux arts de Mai et il faut débourser le double. Les affaires et la spéculation sur la défaite se portent bien. Avec le temps j’ai appris assez cyniquement peut-être à me dire qu’il n’y avait rien de mauvais à prendre des tunes aux petits-bourgeois capables de débourser des sommes aussi indécentes pour des reliques frelatées par le temps. 

Le caractère “gaté” de l’entreprise il ne m’a finalement pas fallu beaucoup de temps pour m’en rendre compte. Que l’on s'étende ici sur l’arnarque, non que les situ n’aient pas joué un rôle dans l’imaginaire subversif de quelques uns mais entre les tartuffes,  les désabusés, les floués, les poseurs, les revirements il y a de quoi se demander si l’IS ne contenait pas dès le départ sa possible escroquerie. (3)

Ce qu’il y a de plus fascinant peut-être c’est d’être passé de l’IS comme source possible de critique du monde marchand à l’IS - Debord support, véhicule de la mondanité à vernis radical, de la vénalité de niche, et à un support de réflexions  pour la compréhension des dérives idéologiques actuelles des groupes politiques (individuelles aussi) en décomposition plus ou moins rapide.


(A suivre)


(1) Archives situationnistes, Contre-Moule Parallèles, 1997.
(2) Avec le recul rien il n'y avait rien d'étonnant.
(3) Pour ceux qui veulent se laisser flouer.