Diffusion: LA LUTTE DES CLASSES PENDANT LA LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (1ere partie 1789)

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mercredi 14 mai 2014

Point de vue image de classe (8)...du 1er mai 2014 à Paris

Rien à faire, je n'arrive pas à suivre mes intuitions, enfin disons les prévisions météorologiques.

L'annonce était pourtant assez franche. Pluie, pluie et pluie.

Notre arrivée au métro Danube où trône désormais et ceci depuis quelques années, un lycée paquebot/caserne (bonjour la croisière), ne préfigurait pas de la pluviométrie concentrée sur notre initiative pénitente.

Les processions cela me connait. Peut-être s'agit-il d'un reliquat d'une vielle histoire.

Des drapeaux flottent. Je n'ai plus cette adrénaline qui monte, comme les "premières fois" ou je savais qu'une drôle de prose allait atterrir dans mes mains.

Notre arrivée par la rue de Crimée n'annonce-t-elle que le début d'une vague manifestation sportive aux couleurs toulousaines ? C'est pourtant maintenant la première impression qui s'exprime dans mon cerveau désolé, et aussi gris que le ciel du jour.

Un autocollant au slogan volontariste, qui confine à la bêtise sous-La Boetienne (1) est placardé ici et là. Décidément la critique de l'économie politique n'est pas le point fort des zanars.

Il est plus facile de coller un  stickers sur un parcmètre que d'attaquer un rapport social. Il ne m'a pas fallut tant d'années que cela pour le comprendre, et cela me rend finalement plutôt optimiste pour le reste de l'après-midi.

Entre clins d'oeil et saluts amicaux, nous opérons une jonction avec des amis qui sont eux aussi peu convaincus de cette présence, qui n'a peut-être jamais été nécessaire, surtout un jour chômé. 

Nos convictions s'affirment alors aussi précipitamment que le déluge d'eau vient tremper nos vieilles dr martens.

Je me protège alors à l'angle de la rue Clavel, non loin du métro Pyrénées. Je commence à comprendre, la main de ma fille dans la mienne, pourquoi je m’obstine malgré la pluie à continuer cette déambulation le jour de la fête de l'aliénation.

L'incroyable slogan sur le partage des "richesses" et du "temps de travail" cesse. Finalement la pluie se charge de remettre les pendules anarcho-syndicalistes à l'heure du temps qu'il fait. On range les baffles.

Un mec du service d'ordre de la manif me balance d'une manière peu avenante:

- Vous pouvez avancer plus vite ?

Je quitte alors le "défilé" pour rejoindre le trottoir. Il me faut donc être productif ce jour-là aussi. C'est une vraie désolation ou la faute de ses trombes d'eau.

C'est alors qu'un bruit de casse vient mettre quelque piment à cette mascarade.

Mon fiston vient me voir interrogatif. Qu'est-ce que c'est ?

Je lui réponds alors:

- Ils cassent une banque. 

Tentent, ou essaient aurait été plus honnête. Le vitrage de sécurité est légèrement atteint mais rien qui ne viendra hélas bousculer la vitrine du "grand capital" coté belleville. 

Une banque fermée voila bien une cible à la hauteur de ce parcours usé. Entre les bruits de verre et le déploiement dis-proportionné de CRS aux couleurs du Crédit Lyonnais, je comprends qu'il est temps de prendre un peu d'avance. C'est la goutte d'eau...

L'excitation de l'urgence, réchauffe mes vêtements trempés. Nous prenons de l'avance jusqu'à la place de la République, carrefour de rencontres improbables et complices, trop rapidement englouties.

Le guet-apens policier se referme au détour de rues étroites, dont on ne comprend plus le chemin. Au compte-goutte, des poignées de militants sortent au fur et à mesure de la prévisible nasse.

Du déjà trop vu.

A moitié abrité par le parapluie d'un camarade, je m'interroge alors sur les maigres enjeux et sur le poids des symboles.

Mon fils me tape alors sur l'épaule:

- Papa regarde (amusé) un CRS Anarchiste !




Je n'éprouve pas particulièrement l'envie de faire oeuvre de pédagogie sur le moment.

Ceci entre la flotte, les militants gazés, la casse, les effectifs réduits de manifestants, la souricière et cet appel surdimensionné aux forces du désordre public. 

Les enfants sont fatigués, ma fille m'indique qu'elle a faim. Nous rejoignons alors d'autres ami(e)s sur le parcours "classique" ou l'ambiance sera aisément plus "festive". Fatigués, il temps de quitter rapidement la kermesse pour rejoindre les Buttes-Chaumont, ou l'odeur de la terre mouillée après la pluie me re-balance sur le terrain de jeu géant de mon enfance. Cette pièce en plus comme un jardin privé, qui permettait à mes parents de me faire quitter la cage de fer rouillé (plus que dorée) ou à deux, nous étions déjà de trop. 

Il est temps de rejoindre notre lointaine banlieue.


(A suivre)

(1) De mémoire: "Il n'y a pas de patrons voyous, il n'y a que notre soumission". Il est plus que certain que nous ne devons pas avoir le même rapport au "travail" et à l'exploitation et des manières de s'en émanciper collectivement.