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Débat sur le texte: Qu'est-ce que l'Autonomie ouvrière ? - Prochaine Émission de Radio Vosstanie!

mardi 26 mars 2013

Point de vue image de classe (5)

Mon sandwich triangle de ce soir ne me changera pas de celui du midi. Le mélange de thon, huile végétale hydrogénée, salade passée, rendent le pain de mie moins sec, ce n'est pas si mal. J'ai quand même l'impression d'avaler quelque chose de déjà digéré.

Ce repas ingurgité, je compte bien me rendre à ce débat. Il faut dire que j'ai bien mis une heure pour venir de ma banlieue. J'ai payé mon ticket au prix fort cette fois-ci, une vraie ruine. C'est à vous dégouter de voyager sur Paris.

Rendez-vous dans le quartier de mon enfance. Entre les Buttes Chaumont et la Place des fêtes. Je monte la rue Compans qui n'en finit jamais. Je l'ai souvent dévalé pour rejoindre l'immeuble haussmannien ou cette étroite loge de concierge nous servait de logement.

A cet angle de rue le troquet a disparu, l'ambiance est brunch et lounge ou l'inverse.

Je comprends alors que j'arrive à destination. Peut-être s'agit t-il de ces barbes ou de ces accoutrements faussement négligés, le coté "plus dans la dèche que moi tu meures".
Finalement cela me rassures. La convivialité du bar de trétraux ou se battent quelques 33 export et de la junk food n'arrivent pas dérider le sérieux militant.

Peut-être manque t-il quelques boisons plus alcoolisées ?...Toujours est t-il que certains sont venus avec du vin de table de bonne qualité, c'est peut-être la meilleur idée de la soirée.

Je piétine seul en glanant quelques propos. Mon oeil est attiré par la petite table de presse, ou je dois convenir que: graphiquement c'est une réussite.

Mes oreilles trainent. Deux thésards de sexe différent l'un vaguement branché Guy Debord l'autre Zizek s'entretiennent in situ.

- Tu savais pas qu'Althusser avait tué sa femme ?

Cela faisait quelques années que je m'évitais de pointer le nez dans ce genre lieux surannées. L'oubli a des vertus apaisantes. Mais la vaccination nécessite son rappel....

Les chaises d'école de ce local associatif s'entrechoquent et les paquets de deux à trois individualités se regroupent pour parsemer la salle qui parait finalement pleine.
Ma modeste compétence en agencement de chaises, m'autorise néanmoins à pointer quelques défauts de dispositions. Réflexions que je me garde bien de proposer pour ne pas passer pour l'autoritaire de service.

Le premier orateur partiellement de dos pour une partie des "auditeurs" se propose de débattre sur le sujet annoncé. Un autre pousse enfin trois ou quatre paraphrases comme une bouteille à la mer...

Certains visages sont familiers. Croisés au détour d'une manif peut-être. Mais il y a le lot des irréductibles spécialistes, fatiguants et fatigués que j'ai déjà croisé ponctuellement depuis vingt ans.

La demi-heure suivante aura raison du débat. Un très ancien défenseur d'un mythique prolétariat, maintenant désabusé, défends mordicus sa nouvelle théorie: - le prolétariat ? c'est "bullchit".

J'accepte alors de me rendre à l'évidence, après quelques minutes d'un débat faussement sémantique, sur les raisons de mon absence prolongée du "spectacle" militant.

Au delà de la représentation des pseudo-sociabilités, c'est à dire apparaitre, se montrer, l'art minimal de mise en scène (même mauvais) est bien sûr prioritairement une obligation de cohésion des groupes politiques. Se fixant ainsi des objectifs aussi bien moraux, qu'intellectuels (la préparation) ils ponctuent la vie des structures pour en forger leurs histoires et leurs déboires et finalement soyons francs, leurs inefficacités.

La récitation des catéchismes, leurs pérennités temporelle, et une forme de jésuitisme racoleur, indique qu'il ne s'y passe plus rien depuis longtemps. Pourtant ces lieux sont les portes d'entrées d'un monde fantasmé pour les béotiens de la "radicalité". Ils sont un moment nécessaire au dépassement de la politique sous sa forme séparée. Le seul souhait c'est qu'ils soient débarrassés à terme, et le plus rapidement possible, des professionnels de la politique même non rémunérés.

Le "mystère" résidera donc dans la capacité des groupes politiques à s’auto-dissoudre le moment venu, à moins que le mouvement réel ne se charge de la tâche à sa place, et c'est plutôt la dessus qu'il faudra compter.

dimanche 17 mars 2013

Radio Vosstanie le samedi 16 mars à 21h en DIRECT

Radio Vosstanie le samedi 16 mars à 21h

Un invité, nos lectures, les débats du moments ....

Thèmes: Un parcours, critique de la valeur, Michéa et la gauche du capital, la FA, l'organisation, L'antifascisme, l'armée de réserve du capital, digressions diverses...

  Rediffusion le soir à partir de 21h (pendant 15j)

En Téléchargement ici
(fichier au format  mp3)

jeudi 7 mars 2013

Point de vue image de classe (4)

Le travail rend cinglé...con, agressif. Ce n'est apparemment pas l'opinion de cette publication humaniste que je feuillette tardivement sur mon lit.

On y traite de ses vertus potentiellement épanouissantes, plus spécifiquement dans le domaine de l'enseignement. Le problème c'est que j'ai l'impression qu'ils pensent que le monde est peuplé de ce type de profs occupants leur journées à faire oeuvre d'éruditon.


Finalement l'heure n'est pas si tardive. Mes paupières se ferment quand même. Je tente de lire quelques phrases, histoire de me faire croire que j'ai encore un cerveau, après cette journée où le photocopieur, l'ôte-agrafes, un tampon et son encreur fatigué sont mes meilleurs amis de la journée.

Je crois entendre indistinctement une sonnerie de téléphone, celui que je soulève toutes les 3 à 4 minutes au taf.  Mais il n'en est rien.

Après tout il fallait bien s'y attendre. J'ai du mal à m'investir dans mon/ce boulot. Il vient pourtant me faire chier jusque chez moi.

Je crois qu'avec n'importe quel type de boulot j'aurai du mal à y "croire".


La productivité, le stress, l'urgence, les dégâts sur les relations "inter-personnelles" ont tendance à faire s'équivaloir les jobs. C'est certainement la source de mon manque d’intérêt pour le travail.

Certains ont quand même l’illusion de la maitrise des situations et sont victimes de leur égo caressé dans le sens de la "reconnaissance" ou du portefeuille. Et peut importe s'il s'agit de tenir le manche bien fermement, l'essentiel est qu'ils n'aient pas à recevoir les coups, si humiliants pour les autres.

Il me reste le rire et l'auto-dérision, histoire de prendre du recul sur le ridicule, l'ubuesque. Ridicule parce que je ne peux donner aucun sens à ce que je fais, étant donner que la seule raison pour laquelle je suis présent dans ce lieu de passage qui me sert de bureau, c'est que je n'ai pas le choix, et que je participe indirectement à la reproduction d'un monde rentable.


J'arrive à identifier les rapports de forces, la contrainte sur mon corps, mon esprit et pourtant... le sens et la sujétion quotidienne se diluent.

Ainsi, depuis quelque temps ma voix se robotise j'évite ainsi tout éthos mais aussi de m'investir dans des pseudo-échanges avec des clients mécontents, dont je n'ai strictement rien à faire. J'impose de longs silences et une écoute pseudo-psychanalytique comme système d'auto-défense, pour préserver mon système nerveux et mes relations d'après-le-boulot.

Ne pas donner prise à ce simulacre de dialogue pour les zapper le plus rapidement possible, voila l'objectif. Il s'agit de m'en débarrasser pour traiter mon volume de photocopies de la journée.

Trop longue journée ponctuée par
un étrange exercice de quasi-scansion de cette phrase qu'il m'arrive de répéter, ceci jusqu’à dix fois par jour avec un peu plus d'humanité que les autres.

- Deuxième porte à droite dans le couloir !

Ironie de l'histoire c'est qu'il s'agit des chiottes. C'est peut-être parce que j'y croise chaque matin ma mère, Rosalina à quatre pattes.

Ou parce que il s'agit d'êtres humains qui me posent une question ? je n'ai pas encore tranché...