Diffusion: LA LUTTE DES CLASSES PENDANT LA LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (1ere partie 1789)

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jeudi 7 mars 2013

Point de vue image de classe (4)

Le travail rend cinglé...con, agressif. Ce n'est apparemment pas l'opinion de cette publication humaniste que je feuillette tardivement sur mon lit.

On y traite de ses vertus potentiellement épanouissantes, plus spécifiquement dans le domaine de l'enseignement. Le problème c'est que j'ai l'impression qu'ils pensent que le monde est peuplé de ce type de profs occupants leur journées à faire oeuvre d'éruditon.


Finalement l'heure n'est pas si tardive. Mes paupières se ferment quand même. Je tente de lire quelques phrases, histoire de me faire croire que j'ai encore un cerveau, après cette journée où le photocopieur, l'ôte-agrafes, un tampon et son encreur fatigué sont mes meilleurs amis de la journée.

Je crois entendre indistinctement une sonnerie de téléphone, celui que je soulève toutes les 3 à 4 minutes au taf.  Mais il n'en est rien.

Après tout il fallait bien s'y attendre. J'ai du mal à m'investir dans mon/ce boulot. Il vient pourtant me faire chier jusque chez moi.

Je crois qu'avec n'importe quel type de boulot j'aurai du mal à y "croire".


La productivité, le stress, l'urgence, les dégâts sur les relations "inter-personnelles" ont tendance à faire s'équivaloir les jobs. C'est certainement la source de mon manque d’intérêt pour le travail.

Certains ont quand même l’illusion de la maitrise des situations et sont victimes de leur égo caressé dans le sens de la "reconnaissance" ou du portefeuille. Et peut importe s'il s'agit de tenir le manche bien fermement, l'essentiel est qu'ils n'aient pas à recevoir les coups, si humiliants pour les autres.

Il me reste le rire et l'auto-dérision, histoire de prendre du recul sur le ridicule, l'ubuesque. Ridicule parce que je ne peux donner aucun sens à ce que je fais, étant donner que la seule raison pour laquelle je suis présent dans ce lieu de passage qui me sert de bureau, c'est que je n'ai pas le choix, et que je participe indirectement à la reproduction d'un monde rentable.


J'arrive à identifier les rapports de forces, la contrainte sur mon corps, mon esprit et pourtant... le sens et la sujétion quotidienne se diluent.

Ainsi, depuis quelque temps ma voix se robotise j'évite ainsi tout éthos mais aussi de m'investir dans des pseudo-échanges avec des clients mécontents, dont je n'ai strictement rien à faire. J'impose de longs silences et une écoute pseudo-psychanalytique comme système d'auto-défense, pour préserver mon système nerveux et mes relations d'après-le-boulot.

Ne pas donner prise à ce simulacre de dialogue pour les zapper le plus rapidement possible, voila l'objectif. Il s'agit de m'en débarrasser pour traiter mon volume de photocopies de la journée.

Trop longue journée ponctuée par
un étrange exercice de quasi-scansion de cette phrase qu'il m'arrive de répéter, ceci jusqu’à dix fois par jour avec un peu plus d'humanité que les autres.

- Deuxième porte à droite dans le couloir !

Ironie de l'histoire c'est qu'il s'agit des chiottes. C'est peut-être parce que j'y croise chaque matin ma mère, Rosalina à quatre pattes.

Ou parce que il s'agit d'êtres humains qui me posent une question ? je n'ai pas encore tranché...