Diffusion: LA LUTTE DES CLASSES PENDANT LA LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (1ere partie 1789)

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mercredi 13 février 2013

Point de vue image de classe (1)

Point de vue image de classe (1)

Rosalina est dans le cagibi elle étouffe ses sanglots. A t-elle honte. Personne pour lui dire au revoir. 20 ans à bosser dans cette bouate.

Les cuivres du cabinet à astiquer, à quatre pattes devant les chiottes, ou la merde des bourges et des petits employés venait éclabousser chaque matin sa dignité.

Combien de fois j'ai croisé Rosalina le teint blanc cassé comme son dos creusé par les années. Elle attendait la retraite Rosalina. Elle pourrait être contente Rosalina, elle n'aura plus à nettoyer la merde des autres, que la sienne. Jouer du chiffon, de l'aspi depuis 45 ans ça vous calme.

Je remarque bien sa fureur ce matin, le noir de ses yeux est plus visible que le blanc. La fatigue a rétréci ses globes oculaires. La colère côtoie souvent la fatigue et l'insupportable.

La goute d'eau, qui fait déborder le lavabo bouché, par les détritus qui fait office de poubelle le midi.

***

Il y a quelques semaines de cela nous avons reçu une énorme table livrée par deux types vaguement pas du coin.

Enfin, le genre d'individus qui vous livrent des énormes tables de trois mètres, celles qui se portent à quatre. Sangles obligatoires.

Toujours est-il que les boss(es) sont vraiment super(es) content(e)s, enfin le bureau de réception va avoir un peu de gueule, digne d'un cabinet qui se respecte et tout et tout.

Les livreurs avec un petit billet en sup, déposent et retournent la longue et lourde vitre noire qui sera supportée par des pieds, que les gars fixent le plus rapidement possible, histoire d'éviter que leur camion en double file, ne sème la zone devant l'arrêt de bus.

Le noir nacré et brillant s'accorde parfaitement avec les chaises design italiennes et massives, présentes dans la salle, et qui maintenant sont disposées harmonieusement autour de ce presque autel d'un étrange culte.

Les derniers morceaux de cartons sont retirés ainsi que le polystyrène, qui déjà fout sa merde.

Rosalina grommèle, me prend à témoin seul dans la vaste pièce nouvellement aménagée. 

Je m'approche des chaises et tente discrètement d'en soulever une, rien de probant. Les aspérités toutes pensées, ne conviennent manifestement pas au goût de Rosalina, toute concentrée par le poids des sièges qu'elle ne pourra pas déplacer, c'est sûr me maintient-elle. Je ferais pas le ménage ici qu'ils se débrouillent.